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ISBN : 2714481485
Éditeur : Belfond (14/03/2019)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 63 notes)
Résumé :
C'est l'histoire de Pauline et Clémence, deux fillettes inséparables, deux sœurs vivant près des champs de cannes à sucre, qui un jour, en allant chercher de l'eau à la rivière, sont enlevées, jetées dans un avion, séparées, et qui devront affronter bien des épreuves avant de comprendre ce qui leur est arrivé. Il ne s'agit pas d'un conte pour enfants, même cruel, mais de la véritable histoire des exilés de la Creuse, un transfert massif d'enfants venus de l'île de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
cardabelle
  01 avril 2019
.
1963 ...
L'île de la Réunion présente une situation démographique explosive et un fort taux de chômage . En métropole , l'exode rural provoque la désertification de certains départements comme la Creuse , le Gers ou la Lozère .
Alors , Michel Debré , premier ministre de Charles de Gaulle et député de la Réunion décide d'organiser la déportation d'enfants réunionnais , des bébés parfois . Déplacés comme de simples choses . Leur traumatisme est complètement occulté .
Ils sont choisis dans les familles les plus démunies : souvent analphabètes , les parents se laissent duper . Sur promesse d'avenir meilleur , on leur arrache leurs enfants , ils ne les reverront jamais .
On leur avait pourtant dit qu'ils reviendraient pour les vacances ...
Et , s'ils se rebellent , ne veulent par partir , c'est le foyer disciplinaire sur l'île " Hell-Bourg " , un bagne pour enfants pour les forcer à accepter ce voyage sans retour .
Déracinés , ils arrivent bien souvent en souffrance extrême car séparés et effrayés .
Certains , les plus chanceux seront adoptés , d'autres iront en famille d'accueil et parfois , placés dans des fermes , ils seront exploités comme des esclaves . La maltraitance n'est pas le souci premier des services sociaux .

C'est sur cette tragédie historique qu'Ariane Bois a bâti son ouvrage .
On va suivre l'évolution de deux petites filles et de leur descendance qui nous réserve bien des surprises ...
L'accent est mis sur la quête d'identité entravée par les non-dits ou les mensonges , le déni et autres impacts psychologiques .
Elle aborde aussi les méthodes éducatives de l'époque et les droits de l'enfant inexistants .

Malgré la connaissance de ce drame , plonger vraiment dans l'effroyable réalité est un bouleversement .
Ce récit , s'il prend une allure fictive , a cependant la force et la justesse d'un excellent documentaire et ses personnages , judicieusement choisis , le servent parfaitement .
De surcroît , c'est vivant et bien écrit .
Malgré la dureté du sujet j'ai beaucoup apprécié cette lecture . Il n'y a pas d'excès , pas de voyeurisme , pas de pathos . Les choses sont dites , le ton est juste .
Je remercie beaucoup l'équipe de Masse Critique et les Éditions Belfond .
Un cadeau qui m'a permis de revenir vers Ariane Bois .
Après " Dakota Song " , c'est le deuxième ouvrage de l'auteure que je découvre et que j'apprécie . Alors ... à suivre bien sûr !
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La_Bibliotheque_de_Juju
  28 avril 2019
Parfois un livre dénonce. Raconte des événements presque inimaginables.
C'est le cas de celui-ci.
Pauline et Clémence, deux soeurs vivent à la Réunion au début des années 60. Elles vont être kidnapées.
Pour palier à une natalité très importante sur l'île et à la désertification des campagnes de la métropole, le ministre de l'époque organise le « rapatriement » d'enfants de l'île en tentant de convaincre les parents, qui ne reverront jamais leur progéniture, du bien fondé de l'opération.
Roman, car il s'agit bien d'un roman, très documenté, qui dénonce des événements effroyables. Qui se sont réellement déroulés.
Un livre choc. Qui dénonce et qui frappe fort à travers les destins de ces enfants déracinés.
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Nat_85
  08 avril 2019
Je remercie Babelio ainsi que les éditions Belfond pour l'envoi de ce roman.
Ce roman révèle un scandale d'Etat, des vies dérobées par une politique du déracinement. » L'île aux enfants « d'Ariane Bois, paru en ce printemps 2019 aux éditions Belfond, nous conte cette trahison.
Île de la Réunion. 3 Novembre 1963.
Pauline et Clémence rentrent de la rivière du Mât, les bras chargés de cette eau précieuse. Leur père est dans les champs occupé à couper la canne à sucre. Leur mère est hospitalisée depuis deux semaines. Alors se sont elles, ces deux jeunes soeurs inséparables qui ont la responsabilité de ramener l'eau à la case.
Mais lorsque la 2CV camionnette rouge, dite loto rouz, s'approche d'elles, il est déjà trop tard. Elles sont enlevées et jetées dans un avion avec des dizaines d'autres enfants, direction la métropole. Clémence la cadette ne réalise pas qu'elles sont à des milliers de kilomètres de chez elles. Pauline, quant à elle, est abasourdie mais ne lâche pas la main de sa soeur, de peur de la perdre.
p. 60 : » Elle ne croit plus ces adultes évasifs, menteurs, qui la trimbalent d'un endroit à l'autre, comme un vulgaire paquet. Elle est l'animal effrayé dont on change la cage, celle qu'on pousse dans une voiture, l'enfant si loin des siens. «
Elles arrivent à Guéret dans cette Creuse profondément rurale, et voient défiler des couples qui repartent avec des enfants. Pauline réalise soudain qu'elles vont être séparées. C'est dans un déchirement physique que Pauline voit sa soeur partir. Quant à elle, est est accueillie par M. et Mme Granger. Elle découvrira l'indifférence et la maltraitance. Rien n'est fait pour faciliter leur intégration. Dépaysement traumatique.
p. 35 : » Pauline ne comprend pas tous les mots qui sortent de leur bouche. On dirait une autre langue, une langue qui se plaît à l'exclure, à la couper davantage de ces gens-là. «
Même à l'école, les regards et les moqueries anéantiront ses derniers soupçons d'insouciance infantile…
p. 55 : » L'hiver règne aussi dans son coeur, le chagrin est un vertige, un compagnon de tous les jours. «
Après un incident dramatique, les services sociaux la confieront à un autre couple M. et Mme Gervais. Pauline tombe gravement malade, échappe à la mort, mais y laisse une partie de sa mémoire. Celle de ses souvenirs sur l'île.
p. 66 : » Qui est-elle ? Elle a laissé son identité près de la rivière, sur la route bordée de flamboyants. Elle a oublié les siens, sa langue, son pays, l'ordre du monde d'avant. «
Alors, entourée et aimée par ses nouveaux parents, elle leur fait confiance en acceptant d'être adoptée et en changeant de prénom. Pauline Rivière est désormais Isabelle Gervais.
Par un malencontreux hasard, Isabelle va découvrir les papiers de son adoption, cachés dans un tiroir de la chambre de ses parents. de là, une colère inextinguible monte, envers et contre tous. Tous ceux qui lui ont menti toutes ces années durant, lui cachant volontairement sa véritable identité. Comment cette adolescente surmontera-t-elle cette révélation ? Des années plus tard, elle prendra conscience que ce drame s'est joué à une échelle bien plus importante encore.
p. 98 : » Flash d'informations : » Entre 1963 et 1982, plus de mille six cents enfants ont été arrachés à leur île, La Réunion, à leurs familles, à leurs racines. Ces mineurs, dont certains n'étaient que des bébés, furent transférés dans notre région, la Creuse. Devenus adultes, certains s'interrogent aujourd'hui sur ce qui a pu motiver un tel exil forcé. «
C'est donc sur cette tragédie que l'auteure, Ariane Bois construit son oeuvre. Si la petite histoire reste une fiction romanesque, la grande est la triste responsabilité de l'Etat français dans ce drame humanitaire. Une tâche de plus sur l'ardoise de la honte et des mensonges. Un traumatisme moral irréparable.
p. 146 : » – Michel Debré (alors Premier ministre du Général de Gaulle) voulait moderniser l'île, éduquer les enfants. Il s'est appuyé sur un dispositif existant, le Bumidom, qui organisait l'émigration volontaire d'adultes de l'île. Il imagine aussi envoyer des petits Réunionnais dans des départements ruraux, en voie de désertification comme le Gard, la Lozère, le Gers, la Creuse. le but ? Désengorger l'île, vider les bidonvilles et au passage repeupler les campagnes françaises, y injecter su sang neuf. Un coup double, asséné sur l'échine des plus faibles. «
D'une qualité d'écriture admirable, ce roman ne tombe pas dans le piège du pathos. En plaçant sa narration du point de vu de l'enfant, Ariane Bois place le curseur sur l'innocence même, et la sincérité. Divisé en deux parties, le roman exploite ingénieusement la transmission générationnelle de ce drame, dans une quête perpétuelle de l'identité. C'est un sujet bouleversant, dont le silence si longtemps de mise, n'a fait qu'accroître le sentiment de caution.
Lien : https://missbook85.wordpress..
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AgatheDumaurier
  26 avril 2019
1963, La Réunion. Pauline et Clémence, six et sept ans environ, sont arrachées à leur île et à leur famille. On les emmène elles ne savent où, et se retrouvent dans une sorte de pensionnat, puis...en France, en hiver, dans la Creuse. Et elles sont...séparées ! Et chacune recueillie dans une famille, sans plus avoir aucune nouvelle l'une de l'autre...C'est une histoire de kidnapping, de trafic d'enfants d'une mafia quelconque...Non ! C'est l'Etat français qui a organisé ces enlèvements, sur une idée lumineuse de Michel Debré : pour repeupler les départements français désertés à cause de l'exode rural, qu'imaginer de mieux que les redensifier par l'apport de sources nouvelles : des enfants des îles miséreuses de l'océan indien...Adieu La Réunion, bonjour la Creuse et le Limousin. C'est tellement abracadabrantesque, traumatisant et raciste qu'on a du mal à croire que c'est arrivé il y a si peu de temps...Et pourtant c'est vrai : de 1963 à 1982, des services sociaux de l'Etat français ont participé à ce mensonge et à cette traite. Merci à Ariane Bois de nous le raconter. Bien entendu, on ne s'en vante pas, et je n'en avais jamais entendu parler.
Ariane Bois crée le personnage de Pauline, qui sera renommée Isabelle, pour raconter cette histoire, et celui de Caroline, la fille d'Isabelle, qui part à la recherche de ses origines. le début est excellent : il est raconté à hauteur d'enfant, l'enlèvement tel que le vivent Pauline et Clémence, l'arrachement, l'arrivée en France, la première famille, son comportement, l'absolue incompréhension des enfants livrés aux mains d'adultes inconscients...La suite est très bonne aussi : la jeunesse d'Isabelle, sa vie dans le déni de son traumatisme...mais il ne faut pas trop en dire.
Je remercie vivement Babelio et les éditions Belfond pour l'envoi de ce livre extrêmement instructif, et qui dénonce en France des comportements récents d'un racisme primaire, barbare et primitif, qui font honte et qu'on espère disparu pour toujours.
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AudreyT
  14 juin 2019
****
Pauline Rivière est une petite fille oubliée... Elle a été enlevée des bras de sa famille par l'administration française, elle a été effacée de sa propre mémoire, elle a été oubliée à elle-même... On lui a volé ses racines, son enfance, son innocence... Plus que cela, on lui a ôté l'essence de ce qui la faisait elle... Et tout ça aux yeux du monde, sans que cela ne choque personne...
Dans ce très beau roman, Ariane Bois lève le voile sur des faits terribles mais bien réels qui se sont déroulés en France au début des années 60. Alors que les familles de l'île de la Réunion avaient du mal à vivre décemment, on a tout simplement décidé de prendre, de kidnapper, de voler, d'arracher des jeunes enfants pour les envoyer en France, dans des régions qui ne demandaient qu'à être repeuplée...
À quel prix a-t-on mesurer la souffrance et le traumatisme de ces enfants ? Comment a-t-on pu imaginer qu'une vie loin des couleurs et des odeurs réunionnaises serait meilleure pour eux ? A-t-on imaginé quelles blessures à jamais ouvertes ces enfants devraient endurer une vie entière ?
Pauline Rivière a choisi d'oublier... parce que c'était plus simple, moins douloureux, plus tolérable. Mais sa fille Caroline elle, a besoin de connaître la vérité. Elle va enquêter, voyager, creuser et déterrer cette affaire indicible, inavouable et inimaginable...
Un roman très bien écrit, touchant et révoltant. Un roman qui montre combien il est important de mettre des mots sur des silences... Pour comprendre, pour grandir, pour vivre...
Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Belfond pour leur confiance...
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
ChristlbouquineChristlbouquine   18 juin 2019
Ma mère refusait vivement de parler de sa courte vie avec ses parents. En accord avec mon père, je respectais ce silence, taisais mes questions, quitte a paraître indifférente. Pourquoi ? Peut-être parce qu’un froncement de sourcils, une moue soudaine, un regard qui s’assombrissait me signifiaient qu’on pénétrait dans une zone de sables mouvants, de siphons dévastateurs. Et dans l’égoïsme de l’enfance, puis de l’adolescence, cela me convenait.
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Nat_85Nat_85   09 avril 2019
Entre 1963 et 1982, plus de mille six cents enfants ont été arrachés à leur île, La Réunion, à leurs familles, à leurs racines. Ces mineurs, dont certains n’étaient que des bébés, furent transférés dans notre région, la Creuse. Devenus adultes, certains s’interrogent aujourd’hui sur ce qui a pu motiver un tel exil forcé.
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mamansand72mamansand72   07 avril 2019
La fillette se souvenait du père Granger, craignait le retour des pas lourds, des réflexions acides, des doigts dans sa bouche pour la gaver comme une oie… Elle se rappelait ses séjours sous la table, les disputes entre les fermiers, la peur qui tordait ses entrailles, les coups infligés à ce pauvre Gaétan. Elle se le rappelait, mais comme dans un brouillard, cette brume qui enveloppait la ferme Granger. Cet homme-là, Jean-Paul Gervais, le mari de Martine, avait mis du temps à apprivoiser la fillette. Et puis, un jour, elle l’avait surpris à dessiner de drôles de personnages sur la table de la cuisine. S’approchant timidement, elle avait découvert tout un univers de fées, de dragons, de licornes, de palais en chantés. Jean-Paul Gervais avait le trait fin et sûr. Ses dessins ravissaient la petite, qui les accrochait en éventail autour de son lit. Un jour, il lui avait offert du matériel, une mallette « professionnelle », avait-il répété dans un gentil sourire, avec trente-deux couleurs ; pour la première fois, ils avaient crayonné ensemble, en silence, mais côte à côte, et elle s’était en confiance, en paix.
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cecillececille   19 mars 2019
Soudain, sur la route bordée d’hibiscus rouges, Pauline perçoit un bruit de moteur caractéristique qui se rapproche. Elle crie à sa sœur de se cacher, mais devant elle Clémence poursuit sa route, chantonne sans l’entendre. Dissimulée derrière un arbre, pétrifiée, Pauline se met alors à trembler. Cette voiture, c’est la 2 CV camionnette rouge, dite loto rouz5, celle dont tout le monde dans l’île sait qu’il ne faut pas s’approcher, comme si elle était hantée.— Clémence ! La camionnette ralentit à hauteur de la petite, une portière s’ouvre, un bras musclé l’arrache à la terre, en faisant valser son seau dans une gerbe d’eau. Un homme sort de l’habitacle et jette sa proie à l’arrière du véhicule. Effrayée mais prête à tout pour sauver sa sœur, Pauline quitte son abri. Une femme, une zoreille6 à en juger par ses habits impeccables, l’interpelle :— Bonjour, toi, koman i lé7 ?

Tiens, l’inconnue sait le créole, mais les sonorités paraissent différentes, les lettres roulent dans la gorge de façon bizarre.
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mamansand72mamansand72   07 avril 2019
- Il y a pire, tu vas voir. Certains gosses avaient encore leurs parents – miséreux, malades, imparfaits, parfois alcooliques, mais présents. Il a fallu les disqualifier, les persuader aussi de lâcher leur progéniture.
- Comment ?
- Eh bien, les assistantes sociales ont menti, affirmé que les petits rentreraient au pays pour les vacances, entreprendraient de bonnes études, seraient choyés en métropole. Un piège pur et simple.
Nous roulons vers le sud. Parfois, j’aperçois par la fenêtre les hautes cheminées des usines du temps où la canne à sucre, je l’ai lu, régnait sur l’île.
- Les parents, le plus souvent, n’ont pas eu de nouvelles, reprend-il. Pour certains, on leur a même annoncé la mort de leurs gamins en France. C’était faux, mais comment vérifier si loin de chez vous ? Il s’agit d’un mensonge à très grande échelle.
Il ponctue ces mots en frappant le volant et continue :
- Résultat : des familles lacérées, des histoires brisées, des deuils mensongers. Une saleté.
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