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EAN : 9782714481481
240 pages
Éditeur : Belfond (14/03/2019)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 145 notes)
Résumé :
C'est l'histoire de Pauline et Clémence, deux fillettes inséparables, deux sœurs vivant près des champs de cannes à sucre, qui un jour, en allant chercher de l'eau à la rivière, sont enlevées, jetées dans un avion, séparées, et qui devront affronter bien des épreuves avant de comprendre ce qui leur est arrivé. Il ne s'agit pas d'un conte pour enfants, même cruel, mais de la véritable histoire des exilés de la Creuse, un transfert massif d'enfants venus de l'île de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (87) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  31 mai 2020
L'exercice était difficile , relater un épisode peu glorieux du " transfert " dans les départements français en "mal d' équilibre démographique " d'enfants de la Réunion....Le " terrain " était "ciblé " , les familles en grandes difficultés pour qui la métropole représentait pour l'avenir de leurs enfants un incroyable Eldorado , une planche de salut salvatrice pour des milliers d'enfants ...Sauf que le véritable dessein était bien loin de cet élan de générosité de la " mère nation " , en témoigne le peu de documents relatant cette " déportation " , et surtout , cette omerta , cette chappe de plomb qui "couvrait " l'événement.." Dans les années dont on parle , j'allais au lycée de garçons de Guéret et jamais je n'ai entendu parler d'un quelconque trafic d'enfants , et si nous avions dans les classes de jeunes à la peau plus mate que l'ensemble des autochtones , ils étaient nos copains , on partageait avec eux les avantages et inconvénients de la vie lycéenne, on draguait , on jouait au foot , sans exiger de savoir , de vérifier, de contrôler.....C'était les copains , les copines , on se marrait, on s'engueulait parfois , on se prenait un coup pour avoir trop longtemps lorgné sur la petite amie d'un plus grand ....C'était ça la vie avec , parmi nous , des jeunes dont la" différence " n'était qu'un mystère de plus dans la longue liste des parcours souvent chaotiques des jeunes insouciants que nous étions....
Par contre , l'âge aidant , les blessures se rouvrent , au hasard de la découverte d'un document mal caché, d'une remarque , d'une interrogation , d'une information qui éclate comme une bombe et vient détruire " un ordre " finalement bien établi ....La naïveté, l'insouciance , la résignation s'estompent face au besoin de savoir ...On ne peut vivre indéfiniment sans comprendre qui on est , d'où on vient ....Souvent , on puise sa force dans l'obstination de " suivants " les enfants de la seconde génération qui , avec le recul , veulent , avec raison , je crois , retirer tous les liens de leur passé .
C'est par le " biais " de ce profond désir de vérité qu' Ariane Bois nous fait partager le quotidien de Pauline Isabelle et l'entêtement de Caroline ....C'est alors l'humain qui s'exprime , qui se prend en charge pour reconstituer le labyrinthe de l'existence , qui pallie l'hypocrisie d'une administration bien silencieuse et d'une population bien ignorante .
Grâce à Ariane Bois , j'ai pu remonter" un peu" , un tout petit peu à cette époque où....Un roman plein de sensibilité, de peur , d'effroi , d'incompréhensions , d'interrogations , de "beaux" personnages qui , à un moment de ma propre histoire , se sont trouvés là, près de moi ....Ceux et celles que j'ai côtoyés portaient sur eux l'envie de vivre , mais quelles interrogations peuplaient leurs pensées , peuplaient leurs rêves....Quant à nous , potaches creusois , la seule excuse me vient de Daniel Guichard , " Mais quand on a juste quinze ans , on n'a pas le coeur assez grand , pour y loger toutes ces choses - là, tu vois , c'est con...".
Un sujet difficile traité avec tact . Un roman qui mérite l'attention du plus grand nombre d'entre nous .
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cardabelle
  01 avril 2019
.
1963 ...
L'île de la Réunion présente une situation démographique explosive et un fort taux de chômage . En métropole , l'exode rural provoque la désertification de certains départements comme la Creuse , le Gers ou la Lozère .
Alors , Michel Debré , premier ministre de Charles de Gaulle et député de la Réunion décide d'organiser la déportation d'enfants réunionnais , des bébés parfois . Déplacés comme de simples choses . Leur traumatisme est complètement occulté .
Ils sont choisis dans les familles les plus démunies : souvent analphabètes , les parents se laissent duper . Sur promesse d'avenir meilleur , on leur arrache leurs enfants , ils ne les reverront jamais .
On leur avait pourtant dit qu'ils reviendraient pour les vacances ...
Et , s'ils se rebellent , ne veulent par partir , c'est le foyer disciplinaire sur l'île " Hell-Bourg " , un bagne pour enfants pour les forcer à accepter ce voyage sans retour .
Déracinés , ils arrivent bien souvent en souffrance extrême car séparés et effrayés .
Certains , les plus chanceux seront adoptés , d'autres iront en famille d'accueil et parfois , placés dans des fermes , ils seront exploités comme des esclaves . La maltraitance n'est pas le souci premier des services sociaux .

C'est sur cette tragédie historique qu'Ariane Bois a bâti son ouvrage .
On va suivre l'évolution de deux petites filles et de leur descendance qui nous réserve bien des surprises ...
L'accent est mis sur la quête d'identité entravée par les non-dits ou les mensonges , le déni et autres impacts psychologiques .
Elle aborde aussi les méthodes éducatives de l'époque et les droits de l'enfant inexistants .

Malgré la connaissance de ce drame , plonger vraiment dans l'effroyable réalité est un bouleversement .
Ce récit , s'il prend une allure fictive , a cependant la force et la justesse d'un excellent documentaire et ses personnages , judicieusement choisis , le servent parfaitement .
De surcroît , c'est vivant et bien écrit .
Malgré la dureté du sujet j'ai beaucoup apprécié cette lecture . Il n'y a pas d'excès , pas de voyeurisme , pas de pathos . Les choses sont dites , le ton est juste .
Je remercie beaucoup l'équipe de Masse Critique et les Éditions Belfond .
Un cadeau qui m'a permis de revenir vers Ariane Bois .
Après " Dakota Song " , c'est le deuxième ouvrage de l'auteure que je découvre et que j'apprécie . Alors ... à suivre bien sûr !
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diablotin0
  16 février 2020
Hé non, dans « l'île aux enfants » ce n'est pas toujours le printemps, ce n'est pas non plus le pays heureux des enfants joyeux ! Casimir nous aurait-il menti ?
Ariane Bois nous fait part ici à travers ce roman social de la tragique pratique qui a sévit des années 60 jusqu'au milieu des années 80, pratique qui consistait à enlever des enfants de l'île de la Réunion pour repeupler les régions désertiques de la France et principalement la Creuse !
Ce roman nous fait part, à travers l'enlèvement de Pauline et sa soeur Clémence du scandale humanitaire orchestré par Michel Debré. Ces deux petites filles se retrouvent, comme bien d'autres, déracinées et placées en famille d'accueil. A leur arrivée en France, ces deux petites filles 6 et 4 ans sont séparées. On va suivre avec beaucoup d'intérêt le destin de Pauline dans la première partie du livre puis on fera dans la seconde partie , connaissance de Caroline, la fille de Pauline. Avec cette dernière, on va renouer avec l'île de la Réunion et tenter de retrouver, de retisser, de renouer des liens avec les racines de Pauline et Clémence . On partira alors avec Caroline…
Ce livre est émouvant et met en avant, une fois de plus, les secrets de famille, les non-dits, l'identité. Ce livre est très agréable à lire mais je le trouve un peu léger. le thème est grave et la façon dont est traité ce sujet ne met peut-être pas assez l'accent sur l'effet destructeur de l'horreur qu'a connu tous ces enfants. le côté romanesque, presque « feel good » permet de passer un moment très agréable mais fait aussi relativiser l'aspect tragique de l'histoire ce qui peut être dommage.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  28 avril 2019
Parfois un livre dénonce. Raconte des événements presque inimaginables.
C'est le cas de celui-ci.
Pauline et Clémence, deux soeurs vivent à la Réunion au début des années 60. Elles vont être kidnapées.
Pour palier à une natalité très importante sur l'île et à la désertification des campagnes de la métropole, le ministre de l'époque organise le « rapatriement » d'enfants de l'île en tentant de convaincre les parents, qui ne reverront jamais leur progéniture, du bien fondé de l'opération.
Roman, car il s'agit bien d'un roman, très documenté, qui dénonce des événements effroyables. Qui se sont réellement déroulés.
Un livre choc. Qui dénonce et qui frappe fort à travers les destins de ces enfants déracinés.
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Nat_85
  08 avril 2019
Je remercie Babelio ainsi que les éditions Belfond pour l'envoi de ce roman.
Ce roman révèle un scandale d'Etat, des vies dérobées par une politique du déracinement. » L'île aux enfants « d'Ariane Bois, paru en ce printemps 2019 aux éditions Belfond, nous conte cette trahison.
Île de la Réunion. 3 Novembre 1963.
Pauline et Clémence rentrent de la rivière du Mât, les bras chargés de cette eau précieuse. Leur père est dans les champs occupé à couper la canne à sucre. Leur mère est hospitalisée depuis deux semaines. Alors se sont elles, ces deux jeunes soeurs inséparables qui ont la responsabilité de ramener l'eau à la case.
Mais lorsque la 2CV camionnette rouge, dite loto rouz, s'approche d'elles, il est déjà trop tard. Elles sont enlevées et jetées dans un avion avec des dizaines d'autres enfants, direction la métropole. Clémence la cadette ne réalise pas qu'elles sont à des milliers de kilomètres de chez elles. Pauline, quant à elle, est abasourdie mais ne lâche pas la main de sa soeur, de peur de la perdre.
p. 60 : » Elle ne croit plus ces adultes évasifs, menteurs, qui la trimbalent d'un endroit à l'autre, comme un vulgaire paquet. Elle est l'animal effrayé dont on change la cage, celle qu'on pousse dans une voiture, l'enfant si loin des siens. «
Elles arrivent à Guéret dans cette Creuse profondément rurale, et voient défiler des couples qui repartent avec des enfants. Pauline réalise soudain qu'elles vont être séparées. C'est dans un déchirement physique que Pauline voit sa soeur partir. Quant à elle, est est accueillie par M. et Mme Granger. Elle découvrira l'indifférence et la maltraitance. Rien n'est fait pour faciliter leur intégration. Dépaysement traumatique.
p. 35 : » Pauline ne comprend pas tous les mots qui sortent de leur bouche. On dirait une autre langue, une langue qui se plaît à l'exclure, à la couper davantage de ces gens-là. «
Même à l'école, les regards et les moqueries anéantiront ses derniers soupçons d'insouciance infantile…
p. 55 : » L'hiver règne aussi dans son coeur, le chagrin est un vertige, un compagnon de tous les jours. «
Après un incident dramatique, les services sociaux la confieront à un autre couple M. et Mme Gervais. Pauline tombe gravement malade, échappe à la mort, mais y laisse une partie de sa mémoire. Celle de ses souvenirs sur l'île.
p. 66 : » Qui est-elle ? Elle a laissé son identité près de la rivière, sur la route bordée de flamboyants. Elle a oublié les siens, sa langue, son pays, l'ordre du monde d'avant. «
Alors, entourée et aimée par ses nouveaux parents, elle leur fait confiance en acceptant d'être adoptée et en changeant de prénom. Pauline Rivière est désormais Isabelle Gervais.
Par un malencontreux hasard, Isabelle va découvrir les papiers de son adoption, cachés dans un tiroir de la chambre de ses parents. de là, une colère inextinguible monte, envers et contre tous. Tous ceux qui lui ont menti toutes ces années durant, lui cachant volontairement sa véritable identité. Comment cette adolescente surmontera-t-elle cette révélation ? Des années plus tard, elle prendra conscience que ce drame s'est joué à une échelle bien plus importante encore.
p. 98 : » Flash d'informations : » Entre 1963 et 1982, plus de mille six cents enfants ont été arrachés à leur île, La Réunion, à leurs familles, à leurs racines. Ces mineurs, dont certains n'étaient que des bébés, furent transférés dans notre région, la Creuse. Devenus adultes, certains s'interrogent aujourd'hui sur ce qui a pu motiver un tel exil forcé. «
C'est donc sur cette tragédie que l'auteure, Ariane Bois construit son oeuvre. Si la petite histoire reste une fiction romanesque, la grande est la triste responsabilité de l'Etat français dans ce drame humanitaire. Une tâche de plus sur l'ardoise de la honte et des mensonges. Un traumatisme moral irréparable.
p. 146 : » – Michel Debré (alors Premier ministre du Général de Gaulle) voulait moderniser l'île, éduquer les enfants. Il s'est appuyé sur un dispositif existant, le Bumidom, qui organisait l'émigration volontaire d'adultes de l'île. Il imagine aussi envoyer des petits Réunionnais dans des départements ruraux, en voie de désertification comme le Gard, la Lozère, le Gers, la Creuse. le but ? Désengorger l'île, vider les bidonvilles et au passage repeupler les campagnes françaises, y injecter su sang neuf. Un coup double, asséné sur l'échine des plus faibles. «
D'une qualité d'écriture admirable, ce roman ne tombe pas dans le piège du pathos. En plaçant sa narration du point de vu de l'enfant, Ariane Bois place le curseur sur l'innocence même, et la sincérité. Divisé en deux parties, le roman exploite ingénieusement la transmission générationnelle de ce drame, dans une quête perpétuelle de l'identité. C'est un sujet bouleversant, dont le silence si longtemps de mise, n'a fait qu'accroître le sentiment de caution.
Lien : https://missbook85.wordpress..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   20 septembre 2019
D'une blancheur étincelante, les tombes croulent sous les fleurs naturelles, les bouquets artificiels, les ex-voto. Rien de funèbre, contrairement à l'usage ne métropole, ici, la vie insiste, se faufile entre les centaines de sépultures. Les Réunionnais vouent un culte fervent à leurs ancêtres. Nous cheminons en silence sur un sentier bordé de frangipaniers, penchés vers le sol comme par une main invisible qui nous rappellerait au recueillement, à l'humilité. Des monuments hindous parés de rouge vif ou de rose, des sacrifices, des offrandes chinoises cohabitent harmonieusement. Ce cimetière réunionnais est un voyage à lui tout seul : les religions s'y côtoient, partagent la même mémoire, patientent dans la même espérance. Nous voilà dans la partie la plus modeste du cimetière, celle où les pirates, m'apprend-on, sont inhumés au voisinage des naufragés de catastrophes maritimes.
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Nat_85Nat_85   09 avril 2019
Entre 1963 et 1982, plus de mille six cents enfants ont été arrachés à leur île, La Réunion, à leurs familles, à leurs racines. Ces mineurs, dont certains n’étaient que des bébés, furent transférés dans notre région, la Creuse. Devenus adultes, certains s’interrogent aujourd’hui sur ce qui a pu motiver un tel exil forcé.
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ladesiderienneladesiderienne   19 septembre 2019
Elle a toujours aimé les fleurs. Celles que Jean-Paul rapporte à sa femme, des tulipes, des dahlias, des roses rouges pour son anniversaire, mais aussi les inaccessibles, comme les orchidées et leurs robes de grandes dames hautaines, les yeux jaunes des tournesols, et celles qu'on cueille au gré des promenades, les pâquerettes, boutons-d'or, clochettes, gentianes, marguerites. Elle sait leurs noms depuis toujours et se les répète dans son lit en chantonnant pour s'endormir dans leurs parfums. Les fleurs sont ses amies, ses complices.
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AproposdelivresAproposdelivres   18 février 2020
Par chance, il y a Gramoune, leur grand-mère, avec son visage altier raviné de rides, sa tête auréolée d’une opale noueuse qu’elle relève sur son cou, et l’odeur de beignets dont elle semble se parfumer. En cette heure, elle doit trier le riz, composer les marmites du repas du soir dans la cour, le cœur de la maison. Ce cœur s’étend au potager, où des poules et des chèvres vivent en gentils serviteurs. Aux rares moments où leur Gramoune ne s’affaire pas, elle emmène les gamines prier saint Expédit. La Réunion fourmille de petits oratoires rouges édifiés en son honneur, garnis de fleurs artificielles et d’ex-voto. On vient demander au saint un mari, un travail, un bébé ou qu’une mère époumonée retrouve la santé et revienne à la maison.
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ladesiderienneladesiderienne   19 septembre 2019
Avant d'atterrir, je me suis dévissé le cou au hublot pour distinguer l'ourlet blanc de la barrière de corail, la forme de caillou de l'île jetée dans l'océan, les montagnes couleur d'ardoise, le toit des cases. Mais à l'ouverture des portes, c'est la chaleur qui fait les présentations. Un instant, je crois qu'il s'agit du souffle des réacteurs, tant celle-ci vous saute au visage, animal avide, s'accrochant à votre cou, faisant palpiter votre sang. Mais ce n'est que l'air qui circule, alangui, raréfié, en ce début d'été austral où La Réunion ressemble à une étuve.
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