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EAN : 9782130633532
206 pages
Éditeur : Presses Universitaires de France (17/02/2016)
3.7/5   5 notes
Résumé :
Ne le disait-on pas condamné sous l’assaut des chaînes de restauration rapide, des fast-foods et autres snackings ? Le bistrot fait de la résistance.
Lieu de passage où l’on papote en mangeant un morceau ou en buvant un verre, lieu d’échange où l’on discute de sport, de politique ou de soi-même entre amis ou avec de parfaits inconnus, lieu de rencontre où s’ébauchent relations amoureuses et projets de tous ordres, havre de tranquillité, sas de décompression e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
fanfanouche24
  11 février 2016
Un récit passionnant d'un sociologue, spécialiste du monde du travail, sur les bistrots parisiens... et plus spécifiquement sur un patron de bistrot, passionné, et devinez de quel terroir: l'Auvergne, pardi !
Ce patron impliqué, fort sympathique, Monsieur Yves. ..j'ai eu le plaisir de croiser son chemin, dans un autre bistrot...celui de sa ville de domiciliation et de la mienne depuis peu, c.a.d Issy-Les-Moulineaux, chez notre "Momo national", lieu convivial
par excellence ...autre bistrot irremplaçable...dans un autre style !
"J'ai les mêmes relations avec tous mes clients quel que soit leur statut, grand patron comme petit employé. Pour moi , ce qui compte, c'est la qualité de la relation humaine."
Cette heureuse disposition permet le mélange harmonieux des genres, des styles et des milieux. C'est cela, avant tout, l'esprit bistrot d'aujourd'hui: la coexistence insouciante
des catégories sociales, des générations et des styles vestimentaires dans l'oubli momentané de la hiérarchie sociale et des statuts devant le comptoir. "(p. 179)

Ce texte très vivant , aussi instructif que plaisant, m'émeut et m'interpelle à de nombreux niveaux... Ce récit-essai sociologique m'évoque l'univers professionnel où j'ai
grandi: mon père, auvergnat, ambitieux, bosseur âpre, qui, des anciennes Halles de Paris (à Châtelet) dans les années 1955-1958, où il est monté de son Rouergue natal, avec "sa valise en carton", sans exagération... a tenu gérance puis s'est installé à son propre compte...a construit deux affaires...à Ermont et Orly...entre 1965 et 1975-80

Pierre Boisard est un observateur spécialisé dans le monde du travail, et à travers le parcours atypique et affirmé de ce patron auvergnat, passionné, Yves... Il revisite toute l'histoire de cette communauté unique: celle des Auvergnats de Paris...sans omettre même l'historique de ce journal à tendance socialiste, et anti-colionaliste, fondé en 1882, l'"Auvergnat de Paris"...et par extension, il narre l'histoire des
bistrots, à travers les époques et la littérature !....
L'auteur, Pierre Boisard a également un grand mérite: celui de fustiger les préjugés, les a-priori négatifs à propos des bistrots ..de leur réputation, de leur mauvaise image Ces bistrots, d'utilité publique" restent un lieu magique pour réunir des individus, des personnes qui dans la vie ordinaire n'auraient pas même eu l'occasion de se croiser...

"Ce préjugé n'est pas mérité. Les discussions qui se mènent au bistrot ne sont pas de moindre qualité que celles qu'abritent les salons ! Certes, on y entend beaucoup de sottises mais n'en entend-on pas partout ? Il s'y échange tout autant de réflexions profondes et de remarques incisives. Il est vrai que le cadre particulier du bistrot suscite un style de conversation qu'on ne rencontre nulle part ailleurs. La liberté d'expression y est totale, il ne s'y exerce aucune censure, toute parole est autorisée, ouvrant un large éventail d'opinions et de sentences définitives, allant du pire au meilleur. (p. 190-191)"


Je ne regrette qu'une chose.... ne plus pouvoir le faire lire à mon père, disparu....depuis 2006...qui était si fier d'être Auvergnat, ainsi que de son parcours laborieux ,opiniâtre...et férocement ambitieux !

J'adore les deux pages d'épilogue... mais je ne vous en dirais pas plus. !!!..

Un texte doublement, triplement intéressant... Car Pierre Boisard, en dehors du récit du parcours étonnant d'Yves, parle aussi de tous les vieux métiers, et de tous les anciens métiers que les Auvergnats ont pu exercer...et de leur solidarité à toute épreuve...
J'achève cette modeste critique avec deux derniers extraits hautement significatifs... Ce récit-chronique- essai sociologique sur un univers professionnel très riche, difficile et insuffisamment "respecté"... est montré à sa juste valeur par l'auteur ; le "Bistrot", qui à l'origine qualifiait non pas le lieu, mais le "tenancier" du lieu !!! constitue un vrai carrefour social, éminemment précieux, à préserver impérativement...
"Dès lors, toutes les catégories sociales se côtoient: ouvriers, petits employés, cadres de direction et retraités fortunés. Ce mélange inhabituel est l'un des tours de magie que seuls parviennent à réaliser les vrais bistrots. le jardinier municipal plaisante le médecin ou l'héritier fortuné. Les différences sociales s'estompent le temps d'un café. La république du bistrot, c'est l'égalité au comptoir. (p. 53)"
"Dans - A la chaleur des hommes-, publié en 1966, Roger Rabiniaux, écrivain truculent, chante les louanges des bistrots: "Heureux bistrots ! Où les hommes se retrouveraient-ils mieux que dans ces salles communes où la satisfaction de manger et de boire créé des complicités que ne permettent pas la rue ? [...]Heureux bistros ! petites églises de la fraternité populaire" (p. 171)



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LaBiblidOnee
  14 juin 2016
Ce petit livre presque sociologique m'a été offert par les Masses critiques Babelio et les Presses Universitaires de France, que j'en profite pour remercier. Je l'ai choisi parce que j'aime beaucoup cette ambiance authentique des vrais bistrots que j'ai connue étant petite : Mes grands-parents ont eux-mêmes suivi le parcours classique de ces Auvergnats montés à Paris, qui ont fait commerce du charbon et tenaient l'un de ces fameux bistrots parisiens.

« L'Auvergnat est un magicien qui, ayant peut-être habité un jour cette région imaginaire nommée Auvergne, a la faculté rare de transformer en or le Plomb du Cantal par les vertus du zinc parisien ».

Comme l'indique le titre de son livre, Pierre Boisard tente ici de définir, de décrire et de nous faire vivre avec lui la vie de bistrot dans tous les sens du terme - le mot « bistrot » désignant à la fois l'établissement et le tenancier - car les deux sont étroitement liés : On retrouve donc tout d'abord l'ambiance de ces établissements, très bien retranscrite à travers l'exemple principal du bistrot « le Martignac » où l'auteur trouve refuge ; Puis nous tentons avec l'auteur de mieux comprendre l'origine de cette ambiance inimitable et ses particularités, en plongeant dans la vie du tenancier qui l'anime – au sens de donner son âme à.

Qu'est-ce que « la vie de bistrot » ? Loin du chic artificiel des brasseries qui se donnent de faux airs d'authenticité, le « vrai » bistrot possède une signature populaire et conviviale unique, que l'on distingue instinctivement des divers pubs, brasseries et autres bars et cafés à la mode. Lieu de vie, de rencontre, d'attente ou de restauration, il englobe et transcende ces définitions pour fournir ce petit plus inimitable et introuvable ailleurs : C'est pourquoi il résiste encore et toujours aux envahisseurs que sont les télévisions, le cinéma, l'internet, mais également l'interdiction d'y fumer ou encore les 35 heures, qui pourtant avaient annoncé sa fin.

« Lieu de passage où l'on papote en mangeant un morceau ou en buvant un verre, lieu d'échange où l'on discute de sport, de politique et de soi-même entre amis ou avec de parfaits inconnus, lieu de rencontre où s'ébauchent relations amoureuses et projets de tous ordres, havre de tranquillité, sas de décompression entre vie professionnelle et foyer : le bistrot est tout cela à la fois. Et parce qu'il y règne un état d'esprit entretenu au quotidien par le patron ou la patronne, il nous transforme en citoyen de comptoir accrochant au perroquet son statut social avec sa veste. »

Il permet à tous et à chacun de se rencontrer ou de rester seul mais dans un endroit plein de vie. Pour cela, il a attiré moult écrivains depuis toujours : Par exemple Hemingway les fréquentait beaucoup, comme on prend plaisir à le lire dans son « Paris est une fête », ou même dans la très belle biographie romancée intitulée « Madame Hemingway », de Paula McLain. le bistrot est aussi utilisé dans les romans, parfois presque comme « personnage » à part entière et est parfois décrié, comme dans « L'Assommoir », d'Emile Zola. Mais, accusé d'être le poison du peuple, il est, en y regardant de plus près, celui qui le sauve de beaucoup de maux : Vous pourrez découvrir pourquoi et comment en lisant ce bel hommage à la profession. Vous y découvrirez aussi sa naissance, y retrouverez peut-être des sensations, et aurez certainement envie de vous y (re)plonger !

Huysmans écrivait avec beaucoup de justesse que « Certains breuvages présentent cette particularité qu'ils perdent leur saveur, leur goût, leur raison d'être, quand on les boit autre part que dans les cafés ». Il s'accorderait certainement à dire, avec Pierre Boisard, que « Ce n'est pas seulement pour un café ou un pastis qu'on s'arrête, c'est parce qu'on attend un supplément de vie. »

Passionnant, foisonnant, le bistrot est un formidable lieu de vie qui n'attend plus que vous !

Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
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kiki23
  05 juillet 2016
Venez rejoindre Yves, patron du Martignac, dans la tranchée* et passez avec lui une journée qui ne sera pas de tout repos !
La journée sera prétexte pour évoquer le chemin de vie d'Yves, l'auvergnat, mais aussi les origines du bistrot, l'économie de la profession, le rôle social du café, les liens entre le foot, les écrivains et les cafés (et oui le bistrot réunit ces deux « espèces » qui d'habitude sont plutôt chien et chat).
Le bistrot est multiforme, ce qui rend difficile une description synthétique. Il est le résultat des hommes (et des femmes) qui le font vivre. Chacun peut y trouver ce qu'il cherche : de la compagnie, de la solitude, un lieu de travail, un lieu de loisir, un lieu de rencontre, un lieu d'attente, un refuge, une parenthèse, de l'amitié, de l'amour, y manger, y boire, y jouer, y discuter, y écrire, y polémiquer
Ce petit livre à la fois récit et document est orchestré par un sociologue. Il se lit bien, même si l'on ne fréquente pas les bistrots (ce qui est mon cas), un peu à cause de la truculence de son personnage principal, qui comme tous les passionnés arrive à faire partager sa passion.
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diadelosmuertos
  08 novembre 2016
Ce livre m'a rappelé l'époque où nous tenions un bar avec mon conjoint... Mais il pourrait plaire à tout le monde ! Un petit verre de rouge, du saucisson et on s'y croit !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   10 février 2016
Ce n'est pas pour raviver une inspiration en panne que certains écrivains vont se mêler aux habitués des bistrots, mais à la fois parce qu'ils s'y plaisent et parce que ces lieux sont pour eux des fenêtres sur le monde. Le bistrot concentre dans un petit espace une grande diversité de personnages, de scènes, de propos et d'interactions. C'est un observatoire privilégié de la vie sociale et des types humains. (...) Quand Henry Miller arrive des Etats-Unis en 1928, il ignore tout de la vie parisienne. C'est dan un café qu'il va l'observer à son aise, comme il le raconte dans-Jours tranquilles à Clichy-
"D'un côté de la place de Clichy se trouve le café Wepler, qui fut longtemps mon repère préféré. Je m'y suis assis , à la terrasse et à l'intérieur, par tous les temps et à toutes les heures du jour et de la nuit. C'était pour moi un livre ouvert" (p. 202)
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fanfanouche24fanfanouche24   10 février 2016
On peut aller au bistrot seul pour lire ou écrire tranquillement- ou espérer une rencontre. C'est un espace qui offre une intimité et un abri et même une relative tranquillité. on peut s'y montrer, voire s'y exhiber, mais aussi s'y cacher, parler ou se taire, participer à une activité collective, ou rester seul pour rêver dans son coin ou tromper son ennui à regarder ceux qui semblent croquer la vie avec plaisir. (p. 40)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 février 2016
De son côté, le sociologue Edgar Morin constatait qu'il y " a plus d'opinions personnelles devant le zinc d'un bistrot que dans un cocktail littéraire". Suivre une conversation de bistrot demande de l'attention car tout va très vite, sans souci de cohérence. (p. 191)
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fanfanouche24fanfanouche24   10 février 2016
Ce préjugé n'est pas mérité. Les discussions qui se mènent au bistrot ne sont pas de moindre qualité que celles qu'abritent les salons ! Certes, on y entend beaucoup de sottises mais n'en entend-on pas partout ? Il s'y échange tout autant de réflexions profondes et de remarques incisives. Il est vrai que le cadre particulier du bistrot suscite un style de conversation qu'on ne rencontre nulle part ailleurs. La liberté d'expression y est totale, il ne s'y exerce aucune censure, toute parole est autorisée, ouvrant un large éventail d'opinions et de sentences définitives, allant du pire au meilleur. (p. 190-191)
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fanfanouche24fanfanouche24   10 février 2016
"J'ai les mêmes relations avec tous mes clients quel que soit leur statut, grand patron comme petit employé. Pour moi , ce qui compte, c'est la qualité de la relation humaine." Cette heureuse disposition permet le mélange harmonieux des genres, des styles et des milieux. C'est cela, avant tout, l'esprit bistrot d'aujourd'hui: la coexistence insouciante des catégories sociales, des générations et des styles vestimentaires dans l'oubli momentané de la hiérarchie sociale et des statuts devant le comptoir.
(p. 179)
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