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EAN : 9782369145332
Éditeur : Libretto (22/08/2019)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Dans sa préface à La tête de Lénine, Alexandre Zinoviev écrit : " Ce petit livre est paru à Moscou en samizdat il y a quelques années et il a produit immédiatement une forte impression dans le milieu des lecteurs de la littérature proscrite. Je sais qu'il y circule toujours avec le même succès. Et cela ne m'étonne pas. Je suis en effet convaincu que tout propos sérieux et objectif sur la littérature russe des années soixante et soixante-dix, ne peut plus, désormais,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
ODP31
  17 novembre 2019
Certains livres valent autant par ce qu'ils racontent que par les circonstances de leur écriture.
La Tête à toto Lenine est un météore littéraire blasphématoire publié clandestinement dans le Moscou des années 70, à l'occasion du centième anniversaire de la naissance du mythe sculpté à la faucille et au marteau. Une jubilation anti-jubilé.
Nicolas Bokov décida de sortir sa caisse à outils pour déboulonner la statue du Commandeur, au sens malpropre du terme.
Il composa en trois semaines l'histoire d'un jeune pickpocket qui, par pénurie de portefeuilles, va voler la tête de Lénine, dont le corps et les idées momifiés sont exposés au mausolée de la Place Rouge.
A la différence de tous nos saints nés avec 15 orteils, 8 bras, 10 pieds et 3 b… afin de pouvoir satisfaire la demande des reliquaires de toutes nos églises, Lénine n'avait qu'une seule tête.
Panique au Polit Bureau. Des têtes vont tomber. Ce sacrilège ne doit pas être ébruité et les militaires cherchent le coupable et une parade…
Ils finissent par remplacer le gisant par un acteur, sosie de feu Vladimir Ilitch Oulianov, chargé de jouer le rôle de sa vie, interpréter la mort devant les visiteurs du mausolée. Un rôle de décomposition qui va faire trembler le Kremlin, camarade.
80 pages qui ridiculisent joyeusement la propagande et le régime totalitaire soviétique.
Texte distribué sous le manteau élimé de l'histoire, l'auteur poussa la subversion en le signant du nom d'un autre écrivain, nostalgique stalinien.
La clandestinité et l'urgence expliquent la brièveté de ce récit qui eut en son temps les honneurs d'« Apostrophes ».
En attendant un jour une suite avec, je ne sais pas… le scalp d'une moumoute orange par exemple, vous pouvez foncer lire cette farce, tête baissée.
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mh17
  16 février 2021
La Tête de Lénine est un petit livre bidonnant publié d'abord clandestinement en 1970.
La préface de l'auteur (2017) est très intéressante et très drôle également. L'idée a germé pendant les préparatifs des festivités du centenaire de la naissance de Lénine ; on découpait alors en rondelles, les morceaux de gras dessinant le chiffre cent, on vendait de la vaisselle ou des chaussettes à la gloire du Guide. Boskov accompagnait la fille de sa compagne devant le Mausolée et il a eu alors cette idée formidable. Il a ensuite écrit son livre très vite et quelques amis ont partagé avec lui le risque de cette entreprise, tellement jubilatoire. "Le samizdat présentait lui aussi son cadeau pour le centenaire : " La Tête de Lénine".
Vania est un jeune pickpocket moscovite. Alors qu'il fait les poches des gens faisant la queue sur la Place rouge, lui vient une idée géniale et lucrative. Il va voler la tête de Lénine et en tirer des millions quand il l'aura vendue à Rockfeller, qui collectionne des têtes momifiées, comme chacun sait. Aussitôt dit aussitôt fait. Vania se mêle à la foule, se cache derrière une tenture, se débrouille pour faire sombrer les gardiens du temple déjà bien alcoolisés, fouraille dans sa boîte à outils d'orfèvre de la cambriole, soulève le couvercle vitré et décapsule adroitement la tête du Grrrand Bâtisseur...
Comment le jeune Vania va-t-il bien pouvoir s'échapper ? Comment les autorités peuvent-elles dissimuler cet odieux sacrilège au bon peuple pèlerin ?
J'attends vos hypothèses, chers amis. Sachez que des péripéties croquignolesques vont s'enchaîner. Alors certes, on n'atteint pas la profondeur du Maître et Marguerite mais c'est quand même une sacrée bonne farce. L'auteur s'en prend au culte idolâtre de Lénine , à l'obsession du secret, à la désinformation et à la propagande soviétique, à la bêtise des généraux ( Biglov et Sourdinguov) . Sont évoqués aussi au passage les privations et la corruption du système.
Un livre drôle et instructif sur les années Brejneviennes.
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ninamarijo
  05 avril 2020
Livre écrit en 1970, année où l'URSS se prépare à fêter les 100 ans de la naissance de Lénine. le jeune Nicolas Bokov alors étudiant écrit au péril de sa vie ce pamphlet qui circula clandestinement à Moscou. Nicolas Bokov écrivain dissident est finalement obligé de s'exiler en France. Ici, il est plus aisé de faire circuler son récit, il est réédité en France en 1982 avec en en-tête une préface de Bokov lui-même, actuellement ce sont les éditions Noir sur Blanc qui ont repris ce texte.
Des débuts périlleux donc, et, un récit dangereux. Bokov ridiculise ouvertement Lénine. Notre héros Vania Tchmotanov un petit voleur a l'idée saugrenue de voler la tête de Lénine exposé dans le mausolée. Dans ce récit ubuesque il faut justement ne pas la perdre… la tête !
Heureusement les notes du traducteur nous aident a bien replacé le récit dans son contexte.
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saigneurdeguerre
  14 décembre 2019
Vania. Vania Tchomatonov ! Qui est cet homme au demeurant bien ordinaire ? Est-ce un minable petit voleur ? Un suppôt du capitalisme ? Un agent au service d'une puissance étrangère hostile au Paradis des Prolétariens ? Un révolutionnaire ? Un contre-révolutionnaire ? Un contre-contre-révolutionnaire ?
Vania est dans le train qui roule vers Golokolamsk. le contrôleur s'approche de lui. Que faire ? Vania pense à tous ces portefeuilles volés qui sont répartis dans les différentes poches de son manteau… Va-t-il corrompre le gros contrôleur ? Non, il a une meilleure idée… Il ouvre son sac… Et là, horreur ! Que voit notre joufflu contrôleur ? Sur un lit de coton moelleux, repose, figée pour un éternel sommeil… une tête ! Les traits du visage sont célèbres dans le monde entier : la barbiche, les fortes pommettes, le grand front fuyant, la large calvitie…
Critique :
Me voilà avec un avis assez mitigé quant à cette farce imaginée par Nicolas Bokov dans les années '70 en pleine période soviétique où il ne fallait pas grand-chose (parfois même rien) pour être envoyé au goulag au fin-fond de la Sibérie ou dans un asile « psychiatrique ». Bokov a pris un risque énorme en publiant cette courte histoire sous forme de « samizdat ». Mais qu'est-ce donc qu'un « samizdat » me demandez-vous mû par une curiosité bien compréhensible ? Prenons donc la définition offerte par Wikipédia : « le samizdat (en russe : самиздат) était un système clandestin de circulation d'écrits dissidents en URSS et dans les pays du bloc de l'Est, manuscrits ou dactylographiés par les nombreux membres de ce réseau informel. » Il faut imaginer une personne recevant ce texte et le recopiant à la main ou en le dactylographiant pour le diffuser… Un texte que les autorités soviétiques ne sauraient tolérer…
Bokov a une idée de génie… Et si un petit voleur décidait de voler la tête de Lénine dont le corps embaumé repose dans un mausolée sur la place Rouge à Moscou ? Oh, rien de politique dans cet acte ! Juste l'appât du gain ! L'espoir de la vendre à un milliardaire américain contre une petite fortune…
Mais quelles pourraient bien être les conséquences d'un tel acte ? C'est ce que Nicolas Bokov se plaît à imaginer. On est dans la bouffonnerie, dans la grosse farce, celle qui se moque sans ambages du Paradis des Travailleurs, et surtout de la cupidité de ses dirigeants. Pas un pour sauver l'autre…
Pour nous, Occidentaux, qui n'avons pas eu le déplaisir de connaître cette « merveille » que fut le communisme russe avec ses privations, non seulement de liberté, mais aussi alimentaires ou de produits de première nécessité, le texte de Bokov nous révèle la haine que l'on peut porter à un tel régime qui écrase tout, qui balaie tout. L'auteur se plaît à le mettre à terre, non avec un super héros à l'américaine, mais avec un petit voleur dénué de grands idéaux.
Les notes qui précèdent l'histoire en elle-même nous livrent le contexte de cette création et sont révélatrices des conditions de vie en Union soviétique.
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Apikrus
  27 septembre 2019
Les parties que j'ai préférées dans cet ouvrage (édition Libretto), sont l'avant-propos (14 pages) et le post-scriptum (une page) !
En préambule, l'auteur explique ce qui l'a inspiré, et la manière dont ce court récit a été publié (en samizdat, autrement dit en autoparution) puis diffusé sous le manteau.
Le post-scriptum fait quant à lui partie du récit puisqu'il figure avant le mot « FIN ». L'auteur y impute son oeuvre à Vsevolod Kotchetov, écrivain soviétique membre du PCUS (1912-1973, décoré de l'Ordre de la Révolution d'Octobre, de l'Ordre de l'Etoile Rouge, et deux fois de l'Ordre de Lénine, il était nostalgique de l'ère stalinienne...), dont l'auteur s'est payé la tête (au sens figuré).
L'idée première du récit est amusante et originale : un voleur décide de s'emparer de la tête de Lénine dont la dépouille repose dans un mausolée et fait l'objet d'un culte organisé. Ce « crime » de lèse-majesté est jubilatoire pour tout opposant à la dictature et à la propagande soviétique. Les conséquences de cet événement sont ensuite volontairement outrancières. On s'amuse à lire quelques situations, et les noms des personnages (les généraux Biglov et Sourdinguov, la vieille militante Maria Conspiratovna). La caricature du pouvoir soviétique aurait cependant été largement plus drôle si elle n'avait pas été poussée à l'extrême.
Une lecture amusante, qui peut aider à faire comprendre la manière dont la propagande soviétique a réécrit une partie de l'Histoire, transformant la vie et les actes d'un ancien chef d'Etat.
Les autorités soviétiques et leurs discours étaient ridicules, comme Bokov le souligne. Néanmoins, ce jour, lendemain du décès de Jacques Chirac, les médias et politiques de tous bords n'en font que des éloges, omettant trop l'unique condamnation pénale dont il fit l'objet (et celles auxquelles il échappa.). Gardons-nous donc de donner des leçons au reste du monde…
Merci aux éditions Libretto et à Babelio (opération Masse Critique).
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critiques presse (1)
Lexpress   24 juillet 2017
Merveilleusement subversif. A lire la tête haute.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
nath45nath45   03 juin 2017
La propagande préjubilaire s'emballait : on vendait du saucisson dans lequel, lorsqu'on le découpait en rondelles, les morceaux de gras dessinaient le chiffre 100, ainsi que des services de vaisselle et des chaussettes arborant les lieux à la mémoire de Lénine. La presse officielle condamnait cette vulgarisation du thème sacro-saint, tandis que dans le peuple on s'esclaffait en racontant une blague où un nouveau lit à trois places pour jeunes mariés etait présenté ainsi : "Lénine est toujours avec nous." (Avant-propos page 11)
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ninamarijoninamarijo   01 avril 2020
Tchernobyl a dissipé l'euphorie des dictateurs soviétiques.
La grande prison des peuples s'est lézardée. Elle menaçait d'ensevelir les puissants sous les décombres. Le démontage a commencé.
Le KGB est sorti renouvelé de ce processus. Libéré de la peau morte du "communisme". Trois groupes d'officiers supérieurs se sont battus pour le pouvoir, et de ce casting mortel, c'est l'équipe de Poutine qui est sortie vainqueur. Ce n'est rien d'autre qu'une junte.
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cvd64cvd64   12 septembre 2020
Dans la capitale dévastée par la guerre de six jours qui avait opposé Biglov et Sourdinguov, les rumeurs allaient bon train. Les citoyens cependant, accordaient peu de crédit à la nouvelle de la résurrection. Ils adoptèrent, par contre, la version selon laquelle on aurait vendu le corps à l'étranger, pour des devises.
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saigneurdeguerresaigneurdeguerre   14 décembre 2019
L'Etat soviétique avait son côté sentimental, quand il se faisait appeler "mère patrie" et exigeait des cadeaux. Pour le centenaire de Lénine on construisit de nouveaux tanks, colossaux, et la fonte sortait des usines à jet presque continu.
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cvd64cvd64   12 septembre 2020
On va dormir ici, et demain on poussera plus loin. Comme il n'y a plus d'horaires, ni de signaux, on ne sait jamais: on risque la collision à tous les tournants !
Pagaille et corruption, et pas un poil d'ardeur au travail ! S'indigna Vania, mais il se tut.
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