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ISBN : 9791097515249
Éditeur : Editions la Trace (21/11/2019)

Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Julien est un jeune peintre à la bouillonnante ardeur, obnubilé par la mort, victime semi-consentante d’un système psychiatrique....

Ce texte est une plongée dans les affres intimes de la création, la nécessité absolue de respirer par l’art, l’abandon total et implacable à la peinture… le génie qui frôle la folie et qui fait peur au commun des
mortels... Avec une question : être normal, quel en est le critère ? Qui sont ces personnes qui nous e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Krout
  07 février 2020
Hypersensibilité transcendante libératrice
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Où ? Vert
Tripes à l'air
Premier cri

Homme à la terre
Vers de trouvère
Au chant d'honneur
Bleu de peau
Soupir Aïe
Clic-clac Kodak
C'est dans la boîte
A horreurs

Rouge aplat
Le sang fait toile
Soleil couchant
Levant dans les voiles
Splich-splach
J'en pince oh ouuuui
Belle toile Etes-vous con
Quise à ma guise ?
Et patati et patata
Dernier cri

Yards des yards
Monter la cote
Remonter les cotes
De maille qui m'aille
Vaille que vaille
Champagne !
Génie ?
Folie ?
Seule une petite
Ligne blanche
Snif, snif
Du talent renié
Pour des talents
S...s et trébuchants

Snif, snif
La chute
D'un rien
Petite fille éthérée
La mort
Encore
Vaporeuse
Ensorcelante
Clic-clac
Verrou
Mais qui est le plus fou ?
Clap de fin
La mort en toute liberté
Laisse courir son imagination
Liquide sans modération
Hors du cadre normatif
Surprend à tous les coups
La mort aussi est une artiste
…………………….incomprise

Flute
Demain je pourrirai plus
De vers
Traversières

https://www.youtube.com/watch?v=90X62itERcY&list=RD90X62itERcY&start_radio=1&t=87

Tous mes remerciements à Babelio pour cette masse critique et aux éditions La trace pour cette vertigineuse plongée dans les profondeurs de l'univers intérieur d'un artiste peintre et écrivain dans un roman sur la créativité qui pose la question de la norm-alité.
Profond. Passionné. Impressionant.
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Leraut
  29 novembre 2019
Emouvant, sensible, digne d'un génie évident, « Crève la fin » est un récit essentiel, grave. L'incipit « Inquiet d'une naissance, que l'on disant négligeable, je m'étais recherché jusque dans la conception de mon innocent embryon. » enclenche une histoire tourmentée, caustique, crissures sur une vitre givrée. le style est époustouflant. Habitué à la valse grammaticale, aux notes relevées soyeuses d'un verbe qui se lie à la lumière sans crainte aucune. L'aérienne fusion avec les faits, les rebondissements, bien plus qu'un alliage dont on observe la naissance subrepticement « Crève la fin » est un récit sombre dont la beauté se love dans les courbes, les dires, ce ciselé qui annonce un pictural déchiré par un cutter gorgé de doutes. Nous sommes en plongée directe dans un thriller psychologique, une tragédie en trois temps. « -Quels sont vos peintres préférés, alors ? -Sautine, Menessier, Bacon, ceux qui vont plus loin que les autres, qui se dépossèdent de leur âme, je les adore… » Julien, le narrateur, est un peintre. Fragile, décalé, envoûté par la mort, ses toiles sont des lambeaux de son âme torturée. Kaléidoscope de toutes les angoisses des peintres dont les toiles sont des exutoires. Des corbeaux dans un champ où l'imaginaire croasse à en déchirer les parois d'un ciel apocalyptique. « Nomade migrateur, attifé clodo, accoutré de mes hardes fanées, j'arriverais par la rue de Turenne. A chaque pas, je me demandais ce que je fichais là, avec mes deux croûtes sous chaque bras. » Julien va tomber insidieusement dans un piège. L'histoire enfle, charrie telle une boue malsaine, les fragilités de Julien, ses névroses, ses obsessions ténébreuses. Enfermé dans ses psychoses, il va devenir une proie pour les autres, un mobile de destruction mentale. « Aujourd'hui, je suis certaine que tous les lexiques du monde, ne suffiraient pas à m'offrir les mots que je cherche pour exprimer mon dedans clandestin. -Toi aussi, t'es bouclée dans ce grand bazar ? Ce parc d'attraction pour âmes en vrilles. Dommage les murs…. » Julien est pris dans une embuscade. L'histoire est glaçante, bouleversante. Manichéenne, elle déforme ce spectral et encense l'humanité de cet homme ravagé. Ce Diogène des temps modernes dont on aime les traits déformés par cette folie sournoise et implacable. « J'aime bien ce final parce que je suis fou de folie, dont la mienne et qu'elle me fait décoller dans des univers qui me rassurent. Même si je ne parviens plus me déterminer, je sais que j'existe. Dans le peu qui fait de moi quelqu'un, même d'approximatif. » Ce récit ploie sous la gravité d'une rare contemporanéité. Elle peut déranger, faire peur à en perdre le souffle. C'est dans cette double lecture que « Crève la fin » s'élève. Les manipulations, les mensonges, les diktats d'un enfermement parabolique sont décriés. Les femmes sont machiavéliques. Sous des allures de soignantes, de maîtresses femmes, elles sont des monstres. « Elles cherchent des preuves contre toi, pour que le directeur te garde ici ! « Mature, le pictural de Jack Boland dévore les conséquences, foudroie les apparences. « Tout à l'heure, j'irai dans le parc, ce lieu salvateur est devenu nécessaire à ma survie. Il y aura aussi Xéno. - Tiens ! salut ! Je lui dirai ça au jardinier. On parlera des jardins de mousse du Japon, des sequoias d'Amérique, aussi de cet imago de sphinx qui dort sous la branche d'un aulne, on parlera de trucs à nous, nous aurons des respirations. » C'est ici le point d'arrêt. L'instant de clarté, le bruissement d'une plénitude qui ne demande qu'à éclore. La vie qui survient. Un tableau de maître en devenir, un espoir. Que va-t-il se passer ? L'instant de vérité est à portée de vue. Jack Boland sait peindre. L'art en son summum épuré, la justesse, la finesse subtile et délicate. Les torpeurs et les doutes, les trahisons, les gouffres des différences, les rejets d'autrui. Il emblématise la vie en rouge sang, bleu nuit, en larmes et en craintes. L'inaltérable dévore les parois de ses inspirations en paroxysme de sincérité. « Autoportrait aux yeux bleus » « A vendre- Vingt-deux décembre. » « Crier la fin » est une métaphore puissante et bénéfique. La folie, un abîme. La lucidité est criante. L'intelligence en posture d'un garde-à-vous légitime. « Crève la fin » est une satire, une tragédie inoubliable. Un récit dont on ne sort pas indemne. Une pure merveille à déposer dans les musées paraboliques. (A noter une première de couverture peinte par l'auteur lui-même en autoportrait subjectif » Publié par Les majeures Editions La Trace.
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fuji
  12 février 2020
« Sans être différent des autres, je sortais d'un moule qui n'était pas homologué par la norme. On me reprochait de frayer avec la mort. »
Gamin, Julien Tuilery s'interrogeait sur la mort, sa meilleure amie.
Cela creusait un fossé avec le monde réel.
Sa mère morte, à 18 ans il fut poussé dehors par un père qui lui signifia que c'était sans retour.
Comme l'oiseau, profitant de la cage ouverte, il prit sa liberté à tire-d'aile quitte à en payer le prix fort.
« Je peins pour exorciser ma vie, je représente mes travers, mes pulsions un peu barrées, m'accuse-t-on souvent. Je défigure des guerriers violents, pétris des nus érotiques et charcute des portraits d'agonisants, mais, j'aborde surtout le thème de la mort… »
Tel est son portrait de peintre, pendant ses années de bohème.
Puis dix ans plus tard, il rencontre Sigismonde La Barre, jeune galeriste branchée « Art contemporain ».
Ils feront un bout de route ensemble.
Le succès arrivant, il va y plonger mais avant de s'y noyer il refera surface comme lui l'entend.
En effet ce succès fulgurant est bâti sur « le côté trash » de ses peintures, les acquéreurs n'y voient que spéculations et ne s'intéressent nullement à celui qui les a peintes ni au pourquoi.
En traînant son blues sous les ponts il trouve une population plus proche de son être que de son paraître.
La célébrité l'a transformé en objet que l'on s'arrache, tout ce qu'il exècre. Grande déstabilisation.
Et le piège se referme.
Même sentiment que lorsque j'ai lu pour la première fois L'étranger de Camus.
Comme Meursault, Julien Tuilery est sans filtre. Il ne se force pas à répondre aux codes sociaux, c'est sa force et sa faiblesse. Cela entraîne incompréhension, rejet etc.
Une question comme une antienne : « suis-je normal ? »
Une autre, comme son image déformée à la surface de l'eau est celle de la solitude que cela induit.
De façon à la fois très cache, mâtinée de poésie, Jack Boland nous raconte dès lors sa course pour amasser le non visible, le non palpable pour le quidam.
Le décompte s'enclenche car lui sait « qu'un jour, il tuera la Mort. »
Ne pourrait-on pas dire, que vu de l'extérieur, l'oeil se pose et ne retient que ce qu'il ne comprend pas. C'est comme si le cerveau restreignait son champ de vision et l'oeil son champ de compréhension en un cercle vicieux.
Un livre que chacun lira selon son vécu et son approche de la différence.
Heureusement l'écriture et les portraits cocasses offrent des bulles d'air à ce livre qui parle d'un homme broyé par le diktat de l'uniformisation et l'absence d'amour dès le départ.
C'est une plongée sans bouteille qui nous interroge jusqu'à Crève la fin.
©Chantal Lafon-Litteratum Amor 12 février 2020.
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SBys
  02 février 2020
Comment dire... Crève la fin est l'histoire d'un homme pris au piège. Il a le sentiment d'être mis de côté, d'être un moins que rien, à crever de faim, comme un artiste maudit, préférant s'acheter des tubes de peintures que de manger. Ensuite, l'amour, le succès, et tout le jet set possible et inimaginable, mais encore, cage dorée où il se fait manipuler par sa femme, jusqu'à ce qu'elle le dénonce, et vlà, notre peintre se retrouve enfermé dans un lieu étrange qui pourrait bien être un asile. Et jusqu'à la fin, il le sera, piégé : par ses pensées, par lui-même... Ce Julien, peintre-artiste, sera révolté contre tout, tout le monde, sous l'idée principale qu'il est incompris, pas tellement ses tableaux, mais sa passion pour la mort, pour la fin (d'où le titre !) de la vie .
Comment dire... Crève la fin ne fait pas dans la finesse. C'est peut-être bien parce que Julien est enragé contre tout la terre, qu'il est le seul être bien et pur sur cette planète et que tout le monde profite de lui, ce qui le rend un tantinet révolté. C'est d'ailleurs cette rage qui fait tout le charme de ce livre et qui fait qu'on le lit jusqu'à la fin. Je ne dirai pas que c'est la langue, parfois les métaphores sont assez pauvres, mais c'est le rythme, la gnaque ! La façon qu'il peut se défouler, ce n'est pas rien. L'auteur, par le biais de l'artiste-peintre, il nous déballe et remballe une énergie qui permet d'accepter plusieurs raccourcis narratifs.
Comment dire...Les premières pages simplifient les choses à un point qu'il faut bien se tenir pour ne pas abandonner la lecture. (Ayant reçu ce livre par masse critique, je me sentais un peu obligé d'aller jusqu'à la fin). Ça commence, comme on l'a dit, l'artiste crève la faim, mais qui est tellement génial, marginal, que dès qu'une dame « coincée » du milieu de l'art le voit, elle jubile, n'jamais rien vu d'pareil ! Évidemment, elle tombe amoureuse de cet artiste en loque, et ils vivent une « grande » histoire d'amour sur 2 ou 3 pages, avant la débandade, parce que notre Julien découvre un cadavre de petite fille et qu'on l'accuse, à tord, bien évidemment, d'être le coupable. le problème vient qu'on ne croit ni à l'histoire d'amour, ni au fait qu'on l'accuse, ni à sa marginalité,... ni à son talent de peintre.
Tous personnages, à l'exception de Julien, bien évidemment, sont peints de manière simplifiée, voire caricaturale. C'est peut-être secondaire, finalement, mais cela agace. Par chance que Julien passe une bonne période seul à ruminer ses idées, ça permet de belles envolées que l'on suit et qui nous font oublier le reste.
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Pilly
  17 février 2020
Est-ce que l'histoire est réaliste et plausible ? Je ne sais pas.
Est-elle trop caricaturale pour l'être ? Je ne sais pas. Parfois les vies sont leur propre caricature, donc pourquoi pas.
Tout ce que je sais, c'est qu'elle nous permet d'entrer dans la tête d'un artiste, d'un véritable artiste... jusqu'à sa déchéance. Qu'elle nous amène à peut-être revoir notre "jugement" sur la norme. Et à voir la mort autrement à travers ses yeux. Rien que pour ces choses, elle vaut le coup d'être lue.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
PillyPilly   17 février 2020
Ceux qui me jugeront, ne sauront jamais que derrière l'homme qu'ils considèrent malade, se tient un inconnu qui, à son tour, les introspecte et les condamne, un homme banal, rationnel et logique ; de par sa logique d'aliéné...
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PillyPilly   16 février 2020
J'observe une mouche noire, entêtée à se cogner contre la vitre qu'elle ne perçoit pas. Elle veut s'élancer vers cette belle lumière bleutée qui traverse l'invisible matière, si dure, qui la sépare de la liberté. Elle ne comprend pas pourquoi elle est prisonnière. Moi non plus, pourtant, je suis d'un niveau supérieur à une mouche... Enfin, je crois !
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PillyPilly   17 février 2020
Il me manque tellement de "normes" pour paraître identique aux autres, pour être l'un d'eux, ne serait-ce qu'un instant ; il me manque de savoir comment être normal, ce que veut dire le mot normal et par rapport à qui ?
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KroutKrout   14 février 2020
- Quant à la mort, reconnaissez monsieur, que c'est la rencontre la plus importante de notre courte vie ! Il convient d'y bien réussir. Je n'aimerais pas mourir à l'improviste, inconscient du phénomène, pas pendant mon sommeil, ce que nombre d'imbéciles nomment une belle mort. J'aimerais surtout être lucide.
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PillyPilly   16 février 2020
Je n'ai jamais voulu faire partie des "civilisés", m'affirme Lydia, parce que je refuse d'adhérer à la confusion des idées universelles. Je ne désire que rompre avec ce qui n'est qu'une mode dans un mode de vie, soi-disant idéal. Cet idéal de vie n'est qu'un mimétisme communautaire fait pour séduire et englober les imbéciles entre eux.
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CRÈVE LA FIN - Jack BOLAND - Éditions La Trace
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