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Emile Martel (Traducteur)Nicole Fyfe-Martel (Traducteur)
EAN : 9782268065526
185 pages
Éditeur : Les Editions du Rocher (29/05/2008)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 43 notes)
Résumé :
En septembre 1968, pour échapper à la police qui envahit l'université de Mexico, Auxilio Lacouture, Uruguayenne amie des poètes et de la poésie, se cache au quatrième étage de la faculté de philosophie et lettres et passe treize jours et treize nuits dans les toilettes des femmes. " J'étais à la faculté ce fameux 18 septembre quand l'armée viola l'autonomie de l'université et entra sur le campus pour arrêter ou tuer tout le monde. " Dans cet isolement, elle raconte ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sachenka
  09 février 2016
Le 18 septembre 1968, la police entre dans l'Université de Mexico et y arrête un grand nombre d'étudiants et de professeurs. Roberto Bolano s'est inspiré de ce fait pour écrire Amuleto et imaginer une femme, Auxilio Lacouture, qui se serait cachée dans les toilettes d'une faculté pour échapper à la purge. Ce sera le point central, le moment charnière de l'existence de cette femme. Là, elle réfléchira aux événements qui l'y auront menée puis, par la suite, elle y retournera en pensée. Lacouture, Urugayenne de naissance mais Sud-Américaine dans sa tête. Amie des poètes, voyageuse dans l'âme, résistante jusqu'au bout, elle est débarquée dans la capitale mexicaine quelques années plus tôt et s'y est fait son nid. Très rapidement, elle s'est liée avec les écrivains, les acteurs et les philosophes. Sans un sou, elle a occupé divers petits jobs à l'université, elle a fréquenté plusieurs personnes comme Arturo Belano et Lilian Serpas, lu les bons auteurs comme Pedro Garfias.
Je préviens tout de suite les potentiels lecteurs : il ne se passe pas grand chose dans ce roman, l'entrée de la police dans l'université n'occupe pas une place importante. C'est le prétexte. Amuleto évoque le destin de quelques uns des jeunes et moins jeunes amis de Lacouture. Mais il est surtout question de cette génération perdue de Latinos qui auraient pu faire une plus grande différence. C'est surtout un roman d'ambiance, selon moi. Personnellement, j'adore ! Ce style nostalgioque, presque mélancolique. Des poètes, des acteurs, des philosophes d'occasion, discutent, imaginent un monde meilleur, osent espérer le changer. Un peu comme Modiano (Dans le café dela jeunesse perdue) ou Guenassia (Le club des incorrigibles optimistes). Mais avec cette touche sud-américaine, cette perspective unique. J'ai tellement apprécié que j'ai hâte de lire d'autres oeuvres de Roberto Bolano.
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MarianneL
  26 avril 2013
Auxilio Lacouture, uruguayenne, amie du Mexique et des poètes, a débarqué à Mexico en 1965. Celle qui se surnomme la mère de la poésie mexicaine se rend utile en nettoyant la poussière dans les rayonnages de livres des grands poètes, en trainant dans l'université, où elle trouve des petits boulots, en lisant les textes des jeunes poètes mexicains, dans un récit qui dès le départ s'effiloche vers le drame et la décomposition. Elle rencontre en particulier le jeune Arturo Belano, le double romanesque de Bolaño présent dans toute son oeuvre, qui n'a alors que dix-sept ans.
En septembre 1968, les soldats et les chars de l'armée envahissent l'université du DF, arrêtent ceux qui sont là, battent et tuent. Auxilio, qui lisait les poèmes de Pedro Garfias aux toilettes, va rester seule dans l'université, devenant une résistante passive, restant terrée là pendant treize jours..
Cette séquence est la scène primitive autour de laquelle passé et présent se cristallisent, le révélateur des événements passés et futurs. Personnage seul et souvent triste, Auxilio est une sorte de Don Quichotte féminine, le témoin de la terreur et du désespoir de l'Amérique Latine, comme un double de Belano qui douterait de ses paroles et de ses actes. Elle est le témoin de l'espoir mort-né, une observatrice survivante des massacres de 1968, et en parallèle des espoirs éteints d'une avant-garde poétique condamnée à disparaître prématurément.
Belano, lui, repart au Chili pour faire la révolution avec Allende et revient au Mexique après son emprisonnement en 1974. Il revient, changé par le regard et l'attente de ses amis mexicains, le malentendu de ceux qui pensent qu'il peut tout affronter, que sa peur s'est évanouie dans les événements du Chili.
Le roman s'enlise en son centre mais il contient déjà la beauté de ce rapport fragmenté au temps et à l'espace qu'on retrouve souvent chez Bolaño, comme dans un rêve oscillant entre terreur et mélancolie.
« Et Remedios Varo me regarde et son regard me dit : ne t'en fais pas Auxilio, tu ne vas pas mourir, tu ne vas pas devenir folle, tu maintiens le flambeau de l'autonomie universitaire, tu sauves l'honneur des universités de notre Amérique, le pire qui pourrait t'arriver ce serait que tu maigrisses horriblement, le pire qui pourrait t'arriver ce serait que tu aies des visions, le pire qu'il pourrait t'arriver ce serait qu'ils te trouvent, mais ne pense pas à ça, reste forte, lis le pauvre Pedrito Garfias (tu aurais bien pu apporter un autre livre aux toilettes, voyons) et laisse flotter librement ton esprit dans le temps, depuis le 18 septembre jusqu'au 30 septembre 1968, pas un jour de plus, c'est tout ce que tu as à faire.
Et alors Remedios Varo referme la porte. Dans le dernier regard qu'elle lance pour qu'il vienne éclater dans le mien, je comprends, sans recours aucun, qu'elle est morte.»
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croquemiette
  25 novembre 2018
Une écriture haletante et par moments incantatoire, un récit onirique qui entremêle passé, présent et futur, par un Chilien aujourd'hui considéré comme l'un des grands écrivains contemporains de l'Amérique latine. Publié en 1999.
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vivianpb
  27 décembre 2017
Est-ce un roman ou un poème ?
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   05 février 2016
Les Latino-Américaines, que je sache, nous ne faisons qu'une bise. Une bise sur une joue. Les Espagnoles en donnent deux, les Françaises, trois. Quand j'étais petite, je pensais que les trois bises que donnaient les Françaises voulaient dire : liberté, égalité, fraternité. Maintenant je sais que çe n'es pas le cas, mais j'aime continuer à le penser.
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SachenkaSachenka   31 janvier 2016
Je pense, et qu'on me permette cette incise, que la vie est pleine de choses énigmatiques, de petits événements qui n'attendent qu'un contact superficiel, notre regard, pour se déchaîner dans une série de faits qui, plus tard, vus en perspective, ne peuvent nous causer que frayeur et épouvante.
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SachenkaSachenka   03 février 2016
La relation entre le maître et le disciple est comme ça : le disciple apprend et le maître apprend aussi.
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StockardStockard   09 mars 2016
Ça va être une histoire de terreur. Ça va être une histoire policière, un récit de série noire, et d'effroi. Mais ça n'en aura pas l'air. Ça n'en aura pas l'air parce que c'est moi qui raconterai. C'est moi qui parlerai et, à cause de cela, ça n'en aura pas l'air. Mais au fond, c'est l'histoire d'un crime atroce.
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SachenkaSachenka   03 février 2016
L'argot mexicain est masochiste. Et il est parfois sadomasochiste.
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Vidéo de Roberto Bolaño
Roberto Bolano - Entre parenthèses .Ignacio Echevarria vous présente l'ouvrage de Roberto Bolano "Entre parenthèses" aux éditions Bourgois.http://www.mollat.com/livres/roberto-bolano-entre-parentheses-9782267021455.html
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