AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Robert Amutio (Traducteur)
ISBN : 2267018179
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (09/03/2006)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Dans ce « roman » constitué d’une trentaine de biographies d’écrivains et d’artistes américains, la plupart latino-américains, le lecteur est mené à travers le XXe siècle, de la Patagonie aux prisons du Sud des États-Unis, de la bourgeoise mexicaine conservatrice aux supporters de l’équipe de football d’Argentine. On trouvera ainsi, thématiquement disposées, et se chevauchant parfois, la biographie d’une famille d’admirateurs argentins d’Adolf Hitler, celle d’un pré... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Ingannmic
  28 juillet 2015
J'ai mis un certain temps à comprendre où voulait en venir Roberto Bolaño...
"La littérature nazie en Amérique" se présente comme une anthologie d'auteurs nés entre la fin du XIX e siècle et les années 50/60, hommes et femmes issus de milieux sociaux divers, que l'écrivain a regroupé en catégories aux titres parfois poétiques ("Les héros mobiles ou la fragilité des miroirs", "Mages, mercenaires, misérables"...).
En lisant les premières biographies, plus ou moins brèves, l'une occultant la précédente et la reléguant dans un oubli quasi instantané, je me suis dit que je me trouvais là face à un exercice de style qui allait vite devenir barbant. Enfin, je ne me le suis pas dit trop fort tout de même, parce que... Bolaño, quoi ! Il y avait forcément quelque chose à comprendre derrière cette suite de portraits, d'autant plus que le deuxième sentiment que leur découverte a assez rapidement suscité, est celui d'un malaise sourd mais néanmoins bien présent, qui m'a fourni l'une des clés permettant de comprendre -du moins je crois- le but de l'auteur.
Dire que l'anthologie imaginaire de Roberto Bolaño traite de la "littérature nazie" pourrait paraître erroné, dans la mesure où les oeuvres de certains des auteurs qui y sont présentés, d'après les informations qui nous communiquées, abordent des thèmes sans relation aucune avec leurs tendances politiques. Par ailleurs, les idéaux fascistes, la sympathie éprouvée par d'autres pour un Hitler ou un Mussolini, ne sont souvent évoqués que de manière anecdotique, comme des caractéristiques pittoresques et un peu ridicules de la personnalité des auteurs.
Les biographies de "La littérature nazie en Amérique" se présentent comme de froids recensements composés d'éléments factuels sur la vie et l'oeuvre des auteurs, ne comportent ni jugement ni condamnation sur leurs accointances politiques. Et même quand certains d'entre eux sont passés des idéaux aux actes, en participant par exemple aux escadrons de la mort argentins ou en s'engageant dans l'armée franquiste, c'est présenté, à l'instar de ensemble, de manière neutre.
Le lecteur pourrait s'y laisser prendre : voilà donc ces fameux auteurs nazis ? Exception faite de ceux qui, comme évoqué précédemment, ont "fait" le mal, et ne sont pas contenté de le penser ou de l'écrire, ils ne semblent ni dangereux ni vraiment mauvais. Des individus comme les autres et a fortiori comme nous, auxquels nous pourrions éventuellement reprocher nos divergences d'opinions... D'ailleurs, certains d'entre eux ont été très proches de personnalités d'extrême gauche... et voyez cet écrivain qui fit partie du Ku Klux Klan, il avait aussi des amis noirs...
Et c'est bien là le génie de la démonstration de Roberto Bolaño, qui, mine de rien, fait ainsi passer son message : en faisant de presque tous ces auteurs des individus ordinaires, il signifie que la barbarie est une possibilité enfouie en chaque homme (ou femme), et rappelle surtout qu'on ne doit transiger avec aucune forme de nazisme, de fascisme, quelles qu'en soient les manifestations, évidentes ou allusives, actes ou pensées. Démonstration, mais aussi critique féroce d'une société incapable de s'émouvoir, de se révolter face aux dites manifestations. Ce qui nous amène à une autre problématique, également soulevée ici : faut-il dissocier l'écrivain de son oeuvre, ou bien doit-on, au nom des idéaux qu'il défend, le condamner à la censure, ou tout au moins à l'opprobre ?
Le choix de Bolaño semble se porter sur la deuxième proposition. Existe-t-il une juste réponse à cette question ? "La littérature nazie en Amérique" a en tous cas le mérite de nous engager dans une réflexion non seulement sur ce point, mais aussi sur la vigilance qui est de la responsabilité de chacun d'entre nous, quant à la propagation des idéologies fascisantes.
Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
MarianneL
  26 avril 2013
Comment se pose la question du mal ? En retraçant la vie et les oeuvres d'une trentaine d'auteurs fictifs du XXème siècle fascinés par le fascisme ou le nazisme, cette anthologie de l'infâme, mais délectable par sa forme, trouve une voie unique pour poser cette question.
« La littérature nazie en Amérique » est un livre fascinant et vertigineux, par la profusion de détails dans l'invention, dans la biographie des auteurs et leur classement par catégories, par les précisions apportées sur la correspondance, les notes, les dédicaces, les soutiens, les listes de critiques et insultes dont sont abreuvés les auteurs, les détails sur la structure des poèmes, les supputations sur les intentions des auteurs, les liens entre les auteurs fictifs, etc.
«Parmi les qualificatifs employés par ses critiques relevons les suivants : paléonazi, taré, porte-drapeau de la bourgeoisie, marionnette du capitalisme, agent de la CIA, rimailleur aux intentions crétinisantes, plagiaire d'Euguren, plagiaire de Salazar Bondy, plagiaire de St-John Perse [...], sbire des cloaques, prophète de pacotille, violeur de la langue espagnole, versificateur aux intentions sataniques, produit de l'éducation provinciale, rastaquouère, métis halluciné, etc.»
Un livre vertigineux aussi par ses double-fonds, quand il raconte des anecdotes elle-même inventées dans des vies qui le sont tout autant, ou encore quand Bolaño évoque des manuscrits qui n'ont jamais existé, brûlés par leur auteur faute d'éditeur.
«Sur sa vie à la Havane après sa sortie de prison, on raconte une infinité d'anecdotes, pour la plus grande part inventées. On dit qu'il fut un indicateur de police, qu'il écrivit des discours et des harangues pour un célèbre homme politique du régime, qu'il fonda une secte secrète de poètes et assassins fascistes, qu'il se rendit chez tous les écrivains, peintres, musiciens en leur demandant d'intercéder pour lui auprès les autorités.»
Un livre fascinant enfin par l'ironie et la mansuétude avec laquelle sont ici traités les auteurs (« son manque de rigueur verbal accidentel est compensé par son enthousiasme infini »), pour ne jamais perdre de vue que la "véritable" littérature est elle aussi le véhicule de la barbarie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Bartleby
  10 juin 2008
Extrait :
Roberto Bolaño est un écrivain chilien décédé à l'âge de 50 ans en 2003. En France, son oeuvre est éditée chez Christian Bourgois. Trois de ses livres viennent de paraître dans la collection de poche "Titres" : La littérature nazie en Amérique, Etoile distante et Nocturne du Chili. Bolaño est fasciné par les manifestations du mal et plus particulièrement par les liens qu'entretiennent étrangement l'art et le mal. Chacun de ces trois petits livres explore les différentes manières dont le mal et l'art s'accouplent pour donner naissance à ces artistes monstrueux qui nous apprennent tellement sur l'humain.

I. La littérature nazie en Amérique : la banalité du mal.
La banalité du mal est un concept développé par Hannah Arendt à l'occasion du procès d'Eichmann qu'elle couvrit d'avril 1961 à mai 1962 pour le New Yorker. de cette expérience, elle tirera un livre intitulé Eichmann à Jérusalem et dont le sous-titre est : "Rapport sur la banalité du mal". La thèse qu'elle défendit fit scandale et suscite toujours de vives polémiques, comme en témoignent les réactions au film d'Olivier Hirschbiegel, La Chute ou au livre de Littell, Les Bienveillantes.
Lien : http://bartlebylesyeuxouvert..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Charybde2
  17 mars 2013
Imaginer 30 écrivains représentant la littérature nazie sud-américaine...
Ce gros recueil de nouvelles de Roberto Bolaño, publié en 1996, typique du versant borgésien et du caractère violemment politique de son oeuvre, tel qu'ils s'exprimeront surtout in fine dans le formidable "2666", fonctionne en réalité comme un véritable roman.
Ayant inventé de toutes pièces plusieurs dizaines d'auteurs représentatifs de la "littérature nazie sud-américaine", dans leurs moindres détails biographiques et bibliographiques, Bolaño les assemble et les thématise en treize grands chapitres, parcourant ainsi familles littéraires ou individus atypiques, usant de registres de langage variés allant de la "pure" biographe à la critique littéraire journalistique, en passant par l'anecdote amicale, la charge fondée sur des rumeurs, ou encore la notice nécrologique, tissant des liens entre ses personnages, leurs laudateurs, leurs détracteurs et lui-même, avant de conclure par un hilarant (et très pince-sans-rire) récapitulatif bio-bibliographique d'ensemble...
Un incroyable tour de force qui constitue sans doute la meilleure introduction à l'oeuvre du poète romancier chilien, éternel exilé au Mexique puis en Espagne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          32
de
  19 octobre 2011
A travers d'une trentaine de « biographies », l'auteur traite de la fascination pour le fascisme ou le nazisme. Ces parodies, inscrites dans les réalités sud américaines des années 80, ne sont pas que des exercices de styles.
Elles parcourent ou utilisent une bonne partie des possibilités de la littérature. Je ne cite que quelques regroupements évocateurs : « Héros mobiles ou la fragilité des miroirs », « Précurseurs et adversaires des Lumières », « Poètes maudits », « Vision, science fiction », « Mages, mercenaires, misérables », « La fraternité aryenne » ou « Épilogue pour des monstres ».
Au lecteur, à la lectrice, de passer de la reconstruction de passés plus ou moins imaginaires, aux présents plus ou moins réels, de suivre les inventions sérieuses, comiques ou grinçantes de Roberto Bolano.
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   18 mai 2011
Écrivain de science-fiction à succès, Zach Sodenstern est le créateur de la saga de Gunther O'Connell, de la saga du Quatrième Reich et de la saga de Gunther O'Connell et du Quatrième Reich, qui naît de la fusion des deux sagas en une, ou alors qui commence quand Gunther O'Connell le comploteur puis leader politique de la côte Ouest, réussit à pénétrer dans le monde souterrain du Quatrième Reich du Middle West américain.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
brigetounbrigetoun   18 mai 2011
Le manifeste s'intitulait "L'Heure de la jeunesse argentine", et selon les dires de Schiaffino il s'agissait d'"un coup de gueule" à la manière de von Clausewitz pour tirer du sommeil les esprits les plus inquiets de la patrie. Il ne tarda pas à devenir une lecture obligée, au moins dans les cercles les plus durs des anciens ultras de Castiglioni.
Commenter  J’apprécie          10
LandulpheLandulphe   03 octobre 2015
Andres Cepeda Cepeda (...) paléonazi, taré (...) rimailleur aux intentions crétinisantes (...) sbire des cloaques, rastaquouère, métis halluciné (...)
Commenter  J’apprécie          30
brigetounbrigetoun   18 mai 2011
En quelques nuits il crut toucher du bout des doigts le corps de l'Homme nouveau. Il maigrit de vingt kilos. Ernst et Léni baisaient dans le ciel pour lui. Et il comprit que ce n'était pas une vulgaire, quoique brûlante, thérapie hypnotique mais la véritable Hostie de Feu.
Commenter  J’apprécie          10
brigetounbrigetoun   18 mai 2011
Il mourut à la maison de retraite pour personnes âgées de Villa Luro, avec pour tout bien une valise pleine à craquer de vieux livres et de manuscrits inédits.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Roberto Bolaño (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roberto Bolaño
Soirée d'hommage 1ere partie
autres livres classés : littérature chilienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1541 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre