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Robert Amutio (Traducteur)
EAN : 9782267020861
412 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (08/04/2010)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 76 notes)
Résumé :
Udo Berger, vingt-cinq ans, est passionné par les jeux de guerre. En compagnie de sa fiancée, Ingeborg, il part quelques jours sur la Costa Brava, dans l’hôtel tenu par la belle Frau Else. Dans sa chambre, Ugo installe une grande table afin de d’établir de nouvelles stratégies pour son jeu, le Troisième Reich. La nuit venue, le couple rencontre deux autres Allemands, Charly et Hanna. Lorsqu’ils descendent sur la plage, l’imprévisible Charly leur présente certains lo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
JIEMDE
  19 juillet 2020
Dans le Troisième Reich, c'est le rythme lent qui surprend au départ, comme si le livre et ses personnages étaient totalement abattus par la chaleur du soleil de la Costa Brava.
Dans ce décor balnéaire, Udo erre comme un zombie entre son jeu de rôles où il refait la guerre -une guerre où l'Allemagne gagne quasiment à chaque fois- et les personnages fantômes et métaphoriques qui l'entourent : Charly l'ami disparu, Frau Else l'image de la mère, le Brûlé qui va faire basculer sa vie en retournant son passé.
Un livre étrange, peu rationnel, mais dont le style simple sert une mise en abime du lecteur qui se laisse entraîner dans une ambiance lugubre, un monde parallèle, une spirale qui ne mène finalement nulle part.
C'est épuré, lent et inattendu, mais pour une première incursion dans l'univers de ce grand auteur que je découvre, c'est suffisant pour me donner envie d'explorer davantage le reste de son oeuvre.
Commenter  J’apprécie          240
henrimesquida
  10 août 2017
Au moment de commencer, l'histoire du livre paraît tellement simple qu'on ne peut que se demander quel sera le tournant prit. Udo, jeune Allemand de 25 ans part en vacances en Espagne là où il allait traditionnellement avec ses parents il y a plusieurs années. Udo, accompagné de sa fiancée Ingeborg, est à un tournant de sa vie, il compte se consacrer pleinement à sa passion, les wargames. de nombreux personnages viennent perturber les premiers jours au soleil du couple, notamment le loueur de pédalo qui semble vivre sur la plage et qui s'avérera un redoutable adversaire sur plateau pour Udo. Petit à petit, les relations entre eux vont se complexifier et le héros se trouvera bien esseulé.
Que ce soit les Espagnols, l'adversaire d'Udo, le brûlé, les patrons de l'hôtel ou bien le gênant autre couple allemand en vacances, toutes les personnes qui interviennent dans la vie du couple le font de façon théâtrale. Je les ai imaginé parler fort en faisant de grand geste tout le temps. Chacun joue son rôle et n'en dévie pas de telle sorte que l'atmosphère de cette ville revêt un lustre irréel. Roberto Bolaño jongle entre le réel et le fantastique, la ville semble n'être que le décors du piège qui se referme sur Udo. Ses relations avec l'Allemagne qui se limitent à de brèves conversations téléphonique avec son meilleur ami Conrad, se tendent jusqu'à elles aussi sembler artificielles. le simple récit de vacances passe des chroniques de bronzage à la crainte d'un homme pour sa vie.
Si l'atmosphère moite et angoissante s'installe progressivement à merveille, la fin est tout de même décevante. Trop de pistes ont été évoquées pour expliquer les événements, pour finalement n'en creuser aucune. le choix du titre du roman qui prend le nom du jeu disputé entre le héros et le brûlé laisse à penser que l'héritage de la seconde guerre mondiale est au coeur du roman. Quelques réflexions sur la nationalité d'Udo abondent en ce sens. On imagine un lien avec l'histoire personnelle de son adversaire mais il doit me manquer des clés pour comprendre réellement la portée du thème et ainsi rassembler les pièces du puzzle.
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Commenter  J’apprécie          60
Apoapo
  08 février 2016
Chacun connaît la loi du fusil de Tchekhov.
Imaginez maintenant un ouvrage dans lequel le procédé aurait été délibérément inversé, en lançant presque à chaque page une multitude de pistes narratives sans lendemain.
Envisagez ensuite qu'il y ait, dans cette kyrielle, une intention de créer un climat dérangeant et nauséeux de gêne, de crainte, de suspicion, de menace – ingrédient de certains polars – qui, lui aussi, est frustré par la procrastination et enfin par le manque d'événement. La première action – et la plus significative – se déroule à plus d'un tiers du livre. le sentiment de malaise, lui, est permanent.
Figurez-vous à présent un nombre réduit de personnages, dont certains aux noms énigmatiques (le Brûlé, l'Agneau, le Loup) qui n'atteindront jamais, eux non plus, la consistance minime indispensable à dénouer ne serait-ce que leur propre énigme ; ces personnages, et même tous les personnages, ont croisé le parcours du narrateur – pendant son récit ou non – et s'en éloignent de différentes manières (sortie de scène, au théâtre), même dramatiquement, sans que cela provoque un dénouement quelconque chez le protagoniste. D'ailleurs ce dernier ne fait guère exception : à la fin du roman, les hypothèses sur sa personnalité et sur ses motifs s'avèrent infondées.
Songez encore à un jeu de guerre sur plateau, éponyme du roman, qui commence à avoir du poids seulement à partir de la moitié de celui-ci, mais dont il serait vain de chercher des correspondances avec la fabula – c'eût été trop satisfaisant pour le lecteur… - même lorsqu'une liste de plus d'une page (328) de noms et surnoms de généraux nazis (réels ou imaginaires ? je n'ai pas eu le coeur de vérifier…) est jetée en pâture sans suite et sans raison. le déroulement du jeu ne reproduit ni des étapes textuelles (lesquelles ?!) ni celui de la véritable Seconde Guerre mondiale.
Croyez enfin que l'idée faite miroiter par la quatrième de couverture, sur « […] les formes étranges que peut prendre le nazisme ou l'idée que la culture – les jeux ou la littérature – se confond avec la réalité », je ne l'ai pas aperçue, et si bien même elle avait été abordée, elle aurait été NOYÉE dans une chaude mer d'insignifiance…
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Livresse_des_Mots
  29 octobre 2013
J'ai découvert Roberto Bolaño en Mars 2011 avec son magistral roman « 2666 » (cliquez sur le titre pour découvrir mon avis) qui avoisine les 1300 pages en version poche. Je l'ai lorgné un long moment sur la table de la librairie dans laquelle je faisais un stage, avant de me jeter à l'eau et de ressortir de cette lecture absolument conquise ! J'ai poursuivi ma découverte de cet auteur Chilien avec « Les Détectives Sauvages », autre roman à la taille conséquente, tout aussi déroutant et extraordinaire. Rien n'a pu me dissuader de lire ces pavés, et Roberto Bolaño a gagné une place privilégiée dans le top de mes écrivains préférés.
Et récemment, je suis tombée sur « le Troisième Reich ». Un titre qui ne manque pas d'attirer l'attention du lecteur, n'est-ce pas ? Un titre qui rend curieux, on se demande ce qui peut bien se dissimuler derrière. S'agit-il d'un énième roman sur ce sujet moult et moult fois abordé ? Détrompez-vous ! Ce livre est étonnant, et sort des sentiers battus !
Ce roman est certes en dessous de la qualité des précédents que j'ai lu de Bolaño, mais il s'agit là d'un très bon livre tout de même, dans lequel on retrouve l'ambiance étrange et les personnages complexes, torturés, propres à cet auteur. Un livre lent dans lequel il ne passe presque rien, mais un livre envoûtant, inquiétant, mystérieux, lancinant, qui nous poursuit longtemps après l'avoir reposé.
Udo est un jeune Allemand, et un joueur professionnel. Un joueur de Wargames. Il est le spécialiste du jeu « le Troisième Reich », un jeu de plateau qui met en scène la Seconde Guerre Mondiale et tous les pays impliqués dans le conflit. Lors de vacances estivales passées en Espagne, sur la Costa Brava avec Ingeborg, sa compagne, il passe beaucoup de temps enfermé dans sa chambre d'hôtel à potasser de nouvelles stratégies, tandis que son amie rencontre des gens singuliers, un couple d'Allemand et trois locaux, le Brûlé, le Loup et l'Agneau. Quelles relations les lient, qu'est ce qui rapproche des gens si différents ? Ces vacances vont prendre une tournure particulièrement inattendue, qui ne laissera personne indemne.
L'intrigue atypique ainsi que les personnalités fascinantes et fouillées des personnages sont mises en scène avec une grande maîtrise. le cadre estival de l'histoire enrichit le récit d'une atmosphère paisible, mise en péril par une épée de Damoclès que le lecteur devine au dessus des têtes des protagonistes. On attend le pire, mais on ne sait pas sous quel forme il apparaîtra. C'est puissant, c'est original, c'est désarmant. J'adore.
En revanche, pour ceux qui souhaiteraient découvrir cet auteur, je ne vous conseillerai pas de commencer avec ce titre. Lancez-vous plutôt dans « Les Détectives Sauvages ». L'univers de Bolaño est particulier, complexe, difficile à appréhender, et il ne faut pas s'attendre à une simple lecture divertissante. Bolaño s'amuse, Bolaño expérimente, et le lecteur est un cobaye contraint de se plier à ses fantaisies. Bolaño frise l'excellence, mais il se mérite.
Lien : http://www.livressedesmots.c..
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MarianneL
  26 avril 2013
«Le Troisième Reich» est l’un des premiers livres de Roberto Bolaño, écrit en 1989 et demeuré inédit, découvert sur le disque dur de son ordinateur après sa disparition, comme les textes publiés dans «Le secret du mal». Il a été publié en 2010, dans une traduction française de Robert Amutio pour les éditions Christian Bourgois.
Ce roman est écrit sous la forme d’un journal au ton impersonnel, le journal du personnage principal, Udo Berger. Jeune champion allemand d’un jeu de stratégie sur plateau, Le troisième Reich (un jeu qui existe réellement sous le nom Third Reich), Udo passe des vacances sur la côte espagnole avec sa fiancée Ingeborg. Il y fait preuve dès son arrivée d’une certaine arrogance, en exigeant du personnel de l’hôtel une table de jeu aux dimensions inhabituelles, amorce du portrait de ce personnage inepte et froid, qui passe l’essentiel de son temps reclus autour de son plateau de jeu.
Ces vacances sont vides de sens, ennuyeuses et improductives pour Udo qui souhaiterait perfectionner sa stratégie de jeu. Elles sont ponctuées de nuits d’ivresse avec Charly et Hanna, un autre couple d’allemands rencontrés sur place, bientôt en compagnie de personnages locaux interlopes et plutôt inquiétants, le Loup, l’Agneau et enfin le Brûlé, un homme d’origine sud-américaine, loueur de pédalos sur la plage, au physique terrible, affreusement défiguré par des brûlures dans des circonstances énigmatiques.
«Jamais comme à ce moment-là, dans ces circonstances, le Loup n’a porté aussi bien son nom ; le visage d’Ingeborg, lumineux, frais, bronzé, attirait son regard comme la lune les lycanthropes dans les vieux films de terreur.»
Initié sous la forme (presque) innocente d’un placide journal de vacances, le roman bascule peu à peu dans une atmosphère trouble et angoissante, tout d’abord parce qu’Udo renoue avec l’attirance éprouvée lorsqu’il était adolescent pour la gérante de cet hôtel où il a séjourné maintes fois avec ses parents, Frau Else, puis avec la disparition inexpliquée de Charly. La vie d’Udo dans cette station de la Costa Brava prend des allures de plus en plus irréelles, décousues. Il entame une partie de troisième Reich avec Le Brûlé, seules séquences pendant lesquelles le déroulement de l’action – le jeu de guerre – semble précis et cohérent.
Avec la fin de l’été, la station balnéaire se vide et devient lugubre. La partie de troisième Reich prend un tour inattendu, et le pas sur tout le reste ; la déchéance d’Udo grandit, épuisement, douleurs, cernes horribles, pâleur grandissante et manque d’argent.
Roman de jeunesse, «Le Troisième Reich» est néanmoins un texte fort, où l’essentiel est dit dans les insinuations, autour de la fascination esthétique pour la guerre et le fascisme, du rapport entre le jeu, la fiction et la réalité. Chaque livre de Bolano semble contenir l’ensemble de son oeuvre et ce texte des débuts est déjà porteur des thèmes qui l’obsèdent, la violence souterraine, les formes étranges et persistantes du nazisme, la mélancolie et la fascination pour le mal, en prélude à «Étoile distante» et à «La littérature nazie en Amérique».
«Je me suis souvenu du joueur que Quelqu’un voit d’en haut, rien que tête, épaules, dos des mains, et le plateau et les pions comme une scène où se déroulent des milliers de débuts et de fins, éternellement, un théâtre kaléidoscopique, unique pont entre le joueur et sa mémoire, sa mémoire qui est désir et qui est regard.»
Éric Bonnargent parle magnifiquement de ce roman dans le dernier numéro de la revue Europe consacré à Roberto Bolaño et qui vient de paraître. Il sera l’invité de la librairie Charybde le 6 juillet prochain en soirée, en compagnie de Melina Balcázar Moreno et de Jean-Baptiste Para pour fêter la parution de cette revue.
Retrouvez cette note de lecture sur le blog Charybde 27 ici :
Lien : https://charybde2.wordpress...
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critiques presse (1)
Actualitte   04 août 2016
Une curiosité et un suspense qui nous accrochent, un texte fluide qui se lit avec avidité, même si les finales se concluent dans la grisaille.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
JIEMDEJIEMDE   04 juillet 2020
L'orage n'a pas mis longtemps à éclater et maintenant la pluie frappe le balcon ouvert comme une main très longue et osseuse, obscurément maternelle, qui voudrait m'avertir des dangers de l'orgueil.
Commenter  J’apprécie          70
ignatus-reillyignatus-reilly   30 octobre 2011
Et si je te dis que je sens quelque chose d'intangible, de bizarre, tournant autour de moi, menaçant, tu me crois ? Une force supérieure qui m’observe. je laisse de côté, bien sûr, ton veilleur de nuit, bien que lui aussi s'en soit rendu compte, inconsciemment, c'est pourquoi il me repousse. Travailler la nuit met en éveil certains sens.
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ignatus-reillyignatus-reilly   30 octobre 2011
Aujourd'hui, après une longue promenade à pied, j'ai dit à Conrad que, à bien y réfléchir et pour tout résumer, nous étions tous pareils à des fantômes qui appartenaient à un état-major fantôme s'exerçant sur des plateaux de jeux de guerre.
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michelekastnermichelekastner   09 avril 2019
Le Brûlé sourit férocement (et, dans sa férocité, il est possible de deviner les traces d'une géométrie précise et démente) avec la certitude que ses pédalos seront sur la plage même si tous les pédalos de la ville prennent leurs quartiers d'hiver ; la forteresse persistera sur la plage, lui persistera à m'attendre ou à attendre l'ombre bien qu'il n'y ait pas de touristes ou que les pluies arrivent. Son obstination est une sorte de prison.
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ignatus-reillyignatus-reilly   30 octobre 2011
L'amour, on le sait, est une passion exclusive, bien que, dans mon cas, j'espère concilier la passion pour Ingeborg et mon inclination ardente pour les jeux.
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Video de Roberto Bolaño (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roberto Bolaño
Roberto Bolano - Entre parenthèses .Ignacio Echevarria vous présente l'ouvrage de Roberto Bolano "Entre parenthèses" aux éditions Bourgois.http://www.mollat.com/livres/roberto-bolano-entre-parentheses-9782267021455.html
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