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Robert Amutio (Traducteur)
ISBN : 2267019760
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (06/03/2008)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 48 notes)
Résumé :
L'univers inquiétant et fantaisiste de ces cinq nouvelles est du meilleur Bolano. Des lapins sauvages et féroces investissent la pampa ; des rats s'entretuent ; des poètes tristes errent dans la nuit tandis qu'un écrivain argentin plagié se rend à Paris sur les traces du coupable, qui est aussi son meilleur lecteur. Dans cet univers entre onirisme, humour noir et violence latente, des doubles et des triples de l'auteur se combattent dans des jeux de miroirs déformés... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Ingannmic
  07 juin 2019
Roberto Bolaño est l'un de mes auteurs préférés, dont je n'ai cependant pas encore exploré toute l'oeuvre (mais peu s'en faut). Ce recueil, par ailleurs dernier ouvrage de l'auteur, écrit alors qu'il était gravement malade et condamné. Si j'ai apprécié de retrouver son ton inimitable, et sa façon à la fois subtile et poétique d'exprimer le désenchantement, j'avoue que l'ensemble m'a laissée un peu perplexe, la disparité des textes nuisant à sa cohésion. J'y ai tout de même retrouvé avec grand plaisir son écriture si belle, et cette alchimie entre fantaisie et tristesse qui caractérise son oeuvre.
La nouvelle qui a donné son titre au recueil, à la fois mélancolique et vaguement mystérieuse, est celle que j'ai appréciée le plus. Nous y suivons Hector Pereda, ancien juge respectable qui, lors de la crise économique argentine, soupçonnant de durs temps à venir pour les habitants de Buenos Aires, décide de se retirer dans sa propriété à la campagne. Là, s'entourant de vieux gauchos perdant la mémoire, il mène une existence de plus en plus fruste, parcourant à cheval les vastes étendues de la pampa, s'étonnant de son invasion par des cohortes de lapins, le tout avec un serein désoeuvrement, comme s'il se livrait à une errance un peu désordonnée.
"Jim", texte très bref, ouvre le recueil. Un narrateur anonyme y évoque sa rencontre avec "le nord-américain le plus triste qu'il ait jamais vu", ancien combattant du Vietnam devenu allergique à la violence, dorénavant "poète et cherchant l'extraordinaire pour le dire avec des mots courants et banals". Lors de leur dernière entrevue à Mexico, il le trouva, en larmes, fasciné par le spectacle d'un cracheur de feu.
"Le policier des souris" m'a surprise, l'auteur s'essayant ici au genre fantastique, en mettant en scène dans une évidente allégorie une souris policière oeuvrant dans le labyrinthe des tunnels souterrains où vivent ses congénères. Enquêtant sur plusieurs morts naturellement imputées à quelque prédateur, il en vient à soupçonner le coupable d'être l'une des leurs, soupçons qu'il est invité à taire par ses supérieurs, le fait qu'une souris soit un meurtrier étant, et devant rester inconcevable.
Dans "Le Voyage d'Alvaro Rousselot", un écrivain sud-américain plagié par un cinéaste français, part à la recherche de ce dernier, l'aboutissement de sa quête le plongeant dans un morne désespoir.
"Deux contes catholiques", enfin, constitue une variation habile, littérale et amusante -bien qu'en même temps très sombre-, sur le fait que l'habit ne fait pas le moine...
Le recueil se termine par la transcription de deux conférences, l'une où l'auteur s'interroge entre autres sur la signification de la notion de voyage dans la littérature, plus précisément dans la poésie du XIXe siècle, et l'autre où il règle ses comptes avec une certaine littérature unanimement reconnue, soumise aux lois du marché et aux compromissions politiques, citant notamment parmi les "vendus" Gabriel Garcia Marquez ou Isabel Allende... un mot de la fin -un "testament littéraire" ?- qui peut sembler un peu amer, mais les lecteurs de Roberto Bolaño savent bien que son intransigeante sévérité n'est motivée ni par l'envie ni par la malveillance. Car si l'on ne devait reconnaître à l'auteur chilien qu'une seule qualité, ce serait en effet cette intégrité avec laquelle il a toujours exercé son art, indifférent au consensus ou à la reconnaissance, lui qui a pourtant été reconnu comme "le plus important romancier de sa génération" par des romanciers latino-américains lors d'une conférence internationale tenue à Séville six semaines avant sa mort.

Je laisse pour finir la parole à Rodrigo Fresán, romancier et ami de Roberto Bolaño :
"Roberto s'est affirmé comme écrivain à un moment où l'Amérique Latine ne croyait plus aux utopies et où le paradis était devenu enfer. Ce sentiment de monstruosité, de cauchemars éveillés et de fuite perpétuelle de l'horreur imprègne 2666 et toutes ses oeuvres. (...) Ses livres sont politiques, mais de façon plus personnelle que militante ou démagogique, plus proche de la mystique des beatniks que du "Boom". (...) il était tout à fait singulier, travaillait sans filet de sauvetage, se donnait à fond, sans se refréner, et ce faisant, il a créé une nouvelle manière d'être un grand écrivain latino-américain".
Bon, si après ça, vous n'avez pas compris...
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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MarianneL
  26 avril 2013
Retour avec bonheur vers Bolaño, avec cette sensation agréable qu'on éprouve en pénétrant à nouveau dans une maison aimée.
Ce recueil a été remis par Bolaño à son éditeur quelques jours avant sa mort. Il rassemble cinq nouvelles et deux beaux textes émouvants sur la littérature et la maladie et sur les auteurs à succès.
La nouvelle «Le gaucho insupportable » est dédiée à Rodrigo Fresán. Son personnage central, Hector Pereda, est un homme attachant, un visionnaire - il prévoit la crise argentine avant tout le monde, un homme de conviction - il choisit la carrière de juge plutôt que celle de député, malgré une rémunération bien moindre, et enfin un homme qui aime profondément ses enfants.
Après une brève introduction sur sa vie, on le voit ici âgé, choisissant pour survivre au moment de la crise argentine de retourner vivre dans sa ferme abandonnée, au centre du pays, pampa en déshérence abandonnée à des lapins pullulant et qui peuvent se montrer féroces. Vieillard charismatique et bon, il rassemble autour de lui les gauchos des environs, en général totalement incompétents. La nouvelle montre les dégâts du péronisme, de la crise économique, mais aussi de l'homme qui s'est détourné de la nature.
Les cinq nouvelles de ce recueil ont souvent des accents borgésiens, et notamment « Le voyage d'Alvaro Rousselot » qui raconte le voyage à Paris d'un auteur argentin, pour rencontrer le cinéaste qui a plagié ses œuvres, et qu'il considère comme son meilleur lecteur.
Roberto Bolaño nous donne dans ce recueil une dernière illustration de son monde, sa vision de la littérature et aussi du temps qui passe, pour notre plus grand bonheur.
« La pérennité a été vaincue par la rapidité des images vides. Le panthéon des hommes illustres, nous le découvrons avec stupeur, est le chenil de l'asile d'aliénés en feu. »
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oiseaulire
  08 février 2018
Bolano a composé cette oeuvre en même temps que 2666 et l'a remise à son éditeur la veille de sa toute dernière hospitalisation. Elle contient plusieurs nouvelles (les deux plus belles à mon sens étant "le gaucho insupportable" et "le voyage d'Alvaro Rousselot") ainsi que son testament littéraire. Il y rend hommage à ceux qu'il considère comme les deux plus grands poètes français : Baudelaire et Mallarmé.
L'entrée en littérature de cet homme s'est donc faite par la poésie, et la fin de son chemin fut éclairé, autant qu'il l'a été possible, par la poésie. Il a vécu surtout pour elle et lui a été fidèle jusqu'au bout. C'est émouvant.
En plus du romancier que nous connaissons, cet homme fut un grand poète chilien.
Adios Roberto Bolano !
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bolano-fan
  05 mars 2015
L'ombre de la mort à inspirè à Bolano des textes d'une beauté rare.
On à souvent était surpris par la folie de cet auteur, par la dimension que ces textes prennent, ces nouvelles et essais le confirment.
Il se lache complétement, laissant libre son imagination si fertile et inclassable...
Ces textes sont vibrants, ils crient leur singularité à la face du monde , s'extirpant de la masse pour venir prendre au piége le lecteur.
On est plus le méme quand on à découvert Bolano, et le retour au commun laisse un gout amer dans la bouche.
L'impact de ces quelques textes, ultimes créations de cet auteur unique, sont le reflet de son ame qui ne pouvait trouver sa place dans ce monde, et qui s'évade par la création.
Le coté fantastique de l'oeuvre de Bolano n'est pas dans la lignée de King et consorts, ces textes sont à des années lumiéres de ces faiseurs de supermarchés. Bolano livre dans ces derniéres lignes une réflexion intense qui doit étre découverte par le lecteur qui en sortira grandi.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ophrysophrys   22 novembre 2010
Les livres sont finis, les rencontres sexuelles sont finies mais le désir de lire et de baiser est infini, il dépasse notre propre mort, nos peurs, nos espoirs de paix.
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ophrysophrys   22 novembre 2010
Notre capacité d’adaptation au milieu, notre nature laborieuse, notre longue marche collective après un bonheur dont nous savions dans le fond l’inexistence, mais qui nous servait de prétexte, de scénographie et de rideau de théâtre pour nos héroïcités quotidiennes, étaient condamnées à disparaître, ce qui signifiait que nous, comme peuple, nous étions aussi condamnés à disparaître.
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