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ISBN : 2246818168
Éditeur : Grasset (29/08/2018)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 129 notes)
Résumé :
Dans une France rurale aujourd'hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide.
Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère qui la littérature effraie et qui, pour cette raison, le met tôt à la boxe. Le second ses tourne vers les écritures plus saintes et devient abbé. Mais jamais les deux anciens gamins ne se quittent. Aussi, lorsque l'abbé propos... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  27 septembre 2018
Quand l'auteur d'un livre m'est inconnue, dés les premières pages la prose prime sur le sujet, et influe sur mes ressentis pour la suite. Il n'est pas nécessaire qu'elle soit exceptionnelle ou autre, il suffit que je m'y sens bien. Là chez Guy Boley, loin de me charmer, ni me laisser indifférente, elle m'a mise mal à l'aise. Pourquoi ? Tout simplement j'y ai senti un style imagé forcé, alambiqué, maladroitement exprimé à mon goût, où souvent la longueur des phrases en rajoutent . “......si courette est le diminutif de petite cour, on devrait dire ruette pour une petite rue alors qu'on dit ruelle. Décidément, les voies de la grammaire, semblables à celles du Seigneur, lui sont impénétrables.”, et je vous épargne le début de la première phrase, cinq lignes à rajouter..... M'ont lassée aussi le Petit Larousse illustré du papa et les répétitions d'expressions , comme « paf, entre deux wagons, comme une crêpe, le pauvre », sa grand-mère qui parle de la mort de son grand-père paternel..... et ça a l'air de l'amuser, pas moi. Quand au sujet, un père qu'on estime sur le tard sur une base d'auto-fiction romancée, un sujet banal, qu'uniquement une plume séduisante, aurait pu rendre original ou insolite. Ce qui est loin d'être le cas ici.
Dans cette rentrée littéraire, sur le même sujet, j'ai lu beaucoup mieux. Toujours la boxe et relation père-fils, “Le blues du boxeur “, premier roman d'un auteur danois Michael Enggaard. Pour être bref, aucune émotion, aucune empathie pour les personnages, d'autant plus que l'histoire de “La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ” avec C/G.Grant ou Tarzan dans la jungle des femmes, ne m'ont pas du tout emballée. Difficile d'aimer dans ces circonstances là. Pour moi le charme malheureusement n'a pas opéré.
Merci blandine, et désolée.....
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fanfanouche24
  14 septembre 2018
"Il faut l'imaginer, mon père ce héros, roi du monde et boxeur, assis dans la cuisine, les doigts encore gourds de tousles martèlements, les mains encore pleines d'escarbilles et de foudre, ouvrir son dictionnaire, son -Larousse illustré-, et recopier des mots, au hasard de leurs formes, de leurs sonorités, de leur place dans les lignes, de leurs bizarreries ou de leur orthographe. Ou ne pas recopier et simplement tomber sur l'un deux dont il se demande comment il parviendrait, dans son quotidien, à le tordre sous sa langue pour construire avec lui des phrases aussi belles et volubiles que les fers emmêlés qu'il façonne dans son atelier sans même se demander comment il faut s'y prendre tant la chose va de soi quand ses mains lui racontent le chemin. (p. 90-91)"

Je débute cette chronique par cet extrait aussi touchant, qu'explicite, qui dit déjà beaucoup... Je découvre avec jubilation cet écrivain, avec ce deuxième roman, qu'une camarade-libraire ( Librairie "Caractères" / Issy ) m'a prêté, ayant eu le coup de coeur... Grand bien lui a fait...car je me suis plongée dedans, avec délice...
Le style est d'une fluidité confondante, entremêlant poésie, émotion, de l'humour...ironie et dérision, mais l'ensemble reste incroyablement bienveillant etchaleureux.... Une très belle échappée qui fait la part belle à l'amitié de deux jeunes garçons, d'origine modeste, vivant dans une Franche-comté rurale et populaire...et plus précisément à Besançon, sa capitale et celle de l'horlogerie ! L'un , orphelin de père, qui doit se mettre à travailler comme forgeron dès ses 14 ans... Il vit avec une mère, d'origine paysanne, âpre et se méfiant de la lecture et de la littérature...
Elle préfère faire faire de la boxe à son unique fils... pour être "plus sûr" ...qu'il devienne un homme !!
Et de l'autre, Pierrot, passionné de lectures aussi et de mythologie... Il deviendra prêtre. René, le forgeron- boxeur restera toute sa vie ami, et même comme un frère avec son Pierrot, qu'il ne peut plus, par contre appeler par son prénom depuis que son ami a embrassé la carrière ecclésiastique...tellement il a été secoué. Pierrot n'a plus droit qu'à un ironique et affectueux "Monsieur abbé " !!! Leur complicité, leur amitié sont restées , par ailleurs, aussi fortes et sincères...
De nombreuses observations sur le monde "des gens de peu"... avec leurs extraordinaires courage, dignité et richesses...remarques mordantes sur l'Eglise, et les fossés entre classes sociales...
Tout cela sur un ton, qui m'a parfois fait penser à un mélange de Desproges... et surtout de Jean-Louis Fournier !!!...
"Nul ne contredit l'abbé : personne dans le quartier, ne connaît Shakespeare. Ni aucun autre auteur de génie. Ni autre auteur tout court. C'est un quartier populaire, d'ouvriers et de cheminots, on y aime la boxe, l'opérette, le musette accordéon, on n'y lit quasiment pas, la culture est une affaire d'élégants , d'oiseux, d'aristocrates. Car lire est dangereux, ça instille dans les coeurs des mondes inaccessibles qui ne portent au fond d'eux qu'envies et frustrations; ça rend très malheureux quand on est gens de peu, de savoir qu'il existe, dans un ailleurs fictif, des vies sans rides, ni balafres, où les rires, l'argent, la paix, l'amour poussent aussi joliment que du gazon anglais. (p. 79)"

Un hommage extraordinaire d'un fils à son père... Père d'origine modeste , qui n'a pu faire des études, mais cela ne l'aura pas empêché de se battre du mieux qu'il pouvait...et avec un panache certain ! Un livre qui fait du bien, tant il est rempli de joie de vivre et de bienveillance...
Un très beau livre... qui va me faire me précipiter sur son premier roman, "Le Fils du feu", paru en folio, tout récemment....que j'ai hâte de lire !!
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nadiouchka
  29 août 2018
Que cette rentrée littéraire 2018 est riche ! Un livre intéressant, celui que je vous présente aujourd'hui :
Avec son livre « Quand Dieu boxait en amateur », Guy Boley fait un rapprochement de Dieu avec la boxe, il fallait en avoir l'idée et c'est ce qui a donné cet ouvrage.
Nous sommes à Besançon : « Besançon est une petite ville de l'est de la France qui, sous ses airs de ne pas y toucher, n'en est pas moins capitale de la Franche-Comté et de l'horlogerie, préfecture du Doubs. » (p.13) où « un fleuve en forme de lyre, le Doubs, sertit comme un bijou ce bouclier de toitures et d'âmes subséquemment nommé centre-ville. » (p.14)
Petite précision géographique s'il en était besoin ce dont je doute mais l'auteur a préféré le faire…
On passe rapidement au moment crucial, le décès du père et c'est de sa vie que va parler l'auteur :
« Car c'était lui, mon père, qui fut tout à la fois mon premier homme, ma première parole, ma première étincelle et ma première aurore. « (p.21).
On va lire l'histoire de deux gamins qui vont devenir inséparables, René le père de Guy, que sa mère envoie de bonne heure faire de la boxe et Pierrot, le copain de toujours qui deviendra abbé.
Le père court toujours après son « Petit Larousse illustré », où il puise son savoir, apprend des mots compliqués ou vérifie l'orthographe, mais il le fait en cachette de sa mère.
En effet, il écrit : « Il lit beaucoup, mon père. Quel âge peut-il avoir ? Entre quatorze et quinze. Disons quarante et demi, et elle n'aime pas ça, ma mère, les livres ; elle dit que ça vous zigouille les méninges et que ça abîme les yeux ; les histoires inventées, elle les nomme des romances de gonzesses. Raison pour laquelle elle l'a inscrit, au début de l'année, au club de boxe, pour faire de lui un homme. » (p.39).
Cet ouvrage est ainsi consacré aux deux vies, celles des gamins devenus des hommes. Tandis que l'un s'acharne à la boxe, l'autre devenu abbé, voulant apporter du renouveau dans son église, propose un jour à son ami, d'interpréter le rôle de Jésus, revisité à sa façon, pour l'adaptation de « La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ ». Une adaptation tout à fait spéciale, novatrice, et qui attire des foules. Les ouailles (surtout des femmes) reviennent à cause du physique avantageux de René qui, déguisé en Jésus, est absolument séduisant.
Mais entre-temps, toute la vie de ces personnages est bien racontée. C'est une histoire touchante, avec beaucoup d'humour, l'amour filial est très fort.
On voit donc que Guy Boley a réussi à décrire son père en Dieu et pourquoi Dieu boxait.
C'est ainsi qu'il a réussi à remplacer la couronne d'épines par une couronne de fleurs, un petit miracle.
Un roman fort, tout en douceur, une écriture toute simple, sans fioritures, ce qui démontre qu'il n'en est pas besoin pour obtenir un bon livre. L'auteur a bien su faire sortir les mots du coeur, son affection sans faille et ne jamais tomber dans le pathos.
Une rentrée littéraire 2018 bien prometteuse.
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blandine5674
  14 septembre 2018
C'est avec une boule à l'estomac que je referme à l'instant ce livre et après avoir pleuré à la page 174 (il y a longtemps que cela ne m'est pas arrivé). Mais on rit aussi, rassurez-vous ! Quelle force de mots ! Quelle émotion ! La sensibilité de Guy Bolet me fait penser à celle de Chalendon, c'est peu dire… L'auteur met en scène son père boxeur et forgeron et son ami d'enfance qui deviendra abbé. Mais c'est surtout la relation fils-père que j'ai rarement vu aussi bien décrite. Enfant qui admire son père, adolescent qui s'en moque, puis retournement de sentiments. Mon premier roman de la rentrée est un vrai coup de coeur qui sera difficile d'égaler. Fils de feu m'avait déjà rendue admirative de sa prose. Un monsieur qui a fait mille métiers, que la vie a secoué et c'est pour moi ce qui fait la différence, parce qu'il écrit avec ses tripes. BRAVO et merci pour la lectrice que je suis !
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si-bemol
  19 décembre 2018
Autobiographie ou autofiction, Guy Boley rend ici hommage à son père auquel le lie un amour fusionnel : « Dans nos doigts fusiformes liés et alanguis reposait quelque chose comme Dieu, ou l'idée qu'on s'en fait, c'est-à-dire notre amour, son amour paternel et mon amour filial. »
170 pages de respect, de tendresse et d'amour pour ce père dont Guy Boley nous raconte le parcours de vie, atypique et mouvementé, tour à tour – ou tout ensemble – forgeron, boxeur, acrobate et vaguement acteur, orphelin de père élevé à la dure, qui n'a connu que « l'école au rabais » et très tôt l'apprentissage, mais amoureux depuis l'enfance des livres et des mots : « Il faut l'imaginer, mon père ce héros, roi du monde et boxeur, assis dans la cuisine, les doigts encore gourds de tous les martèlements, les mains encore pleines d'escarbilles et de foudre, ouvrir son dictionnaire, son « Larousse illustré », et recopier des mots, au hasard de leurs formes, de leurs sonorités, de leur place dans les lignes, de leurs bizarreries ou de leur orthographe. Ou ne pas recopier et simplement tomber sur l'un deux dont il se demande comment il parviendrait, dans son quotidien, à le tordre sous sa langue pour construire avec lui des phrases aussi belles et volubiles que les fers emmêlés qu'il façonne dans son atelier sans même se demander comment il faut s'y prendre tant la chose va de soi quand ses mains lui racontent le chemin. »
Un homme habité de rêves secrets, d'ambitions contrariées par le destin et par la vie et qui transparaissent dans un petit carnet d'écolier que son fils retrouve après sa mort. Une découverte, un choc pour ce fils qui comprend que du père tant aimé, tant admiré pourtant il ne connaissait rien, ou pas grand-chose, et surtout pas l'essentiel : « J'ignorais que mon père avait des rêves si grands. Toujours on sous-estime les gens qu'on aime trop, ou ceux qu'on aurait dû aimer davantage. » Et le portrait, la vérité intime, secrète et émouvante de ce père méconnu de lui, le fils, comme de tous, c'est à nous que l'offre Guy Boley au travers de ces pages, en guise de « devoir de mémoire » filial et bouleversant : « Il me faut désormais le recoudre, ce passé déchiré, assembler pièce par pièce le manteau d'Arlequin, puis frapper les trois coups pour que le rideau s'ouvre et que sur les tréteaux, glorieux et souverain, apparaisse cet homme que je pourrai sacrer : mon père ce héros. Mon roi d'éternité. »
Un livre beau et fort, infiniment respectueux et digne, que j'ai beaucoup aimé.
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critiques presse (3)
Culturebox   18 décembre 2018
Guy Boley peint avec justesse et pudeur les sentiments qu'un père suscite dans le cœur de son fils, des sentiments qui peuvent à l'adolescence s'altérer, et laisser un goût amer quand il s'agit de la honte. L'amitié est aussi au centre de ce roman, qui fait le récit de ce lien si particulier qui unit deux amis d'enfance, pareils à "deux lierres à jamais enlacés".
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaCroix   22 octobre 2018
Après Fils du feu, Guy Boley poursuit son évocation d’un monde ouvrier disparu et comprend trop tard quelles furent les aspirations de son père qu’il méprisait.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Culturebox   12 octobre 2018
Avec "Quand Dieu boxait en amateur" (Grasset), Guy Boley rend hommage à son père, boxeur et comédien amateur. Ce deuxième roman après le très primé "Fils du feu", conjugue histoire d'amour filial, lien d'amitié nouée dans l'enfance et hymne à la littérature et aux mots. Encore un très beau roman de cette rentrée 2018.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   13 septembre 2018
Nul ne contredit l'abbé : personne dans le quartier, ne connaît Shakespeare. Ni aucun autre auteur de génie. Ni autre auteur tout court. C'est un quartier populaire, d'ouvriers et de cheminots, on y aime la boxe, l'opérette, le musette accordéon, on n'y lit quasiment pas, la culture est une affaire d'élégants , d'oiseux, d'aristocrates. Car lire est dangereux, ça instille dans les coeurs des mondes inaccessibles qui ne portent au fond d'eux qu'envies et frustrations; ça rend très malheureux quand on est gens de peu, de savoir qu'il existe, dans un ailleurs fictif, des vies sans rides, ni balafres, où les rires, l'argent, la paix, l'amour poussent aussi joliment que du gazon anglais. (p. 79)
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nilebehnilebeh   29 octobre 2018
« Oui, père abbé, ne faites pas ces yeux de merlan frit, vous le savez tout aussi bien que moi : il n'est plus possible d'échapper à toute cette chair étale, le sexe est maintenant partout. Jusque dans la rue ! Et même si on ne veut pas les voir, on est désormais obligé de les regarder, de les subir, toutes ces publicités qui dévoilent les chutes de reins de femmes sous la douche alors que nos bonnes vieilles réclames, elles, ne montraient que les savons. [...]le septième art a trivialement remplacé les six autres et jette à la face de tous ces infidèles entassés comme des porcs dans des salles obscures, des baisers de quatre mètres sur deux et des maillots de bain décolletés vingt-quatre fois par seconde ! 
[...]
Et je ne parle même pas de ces femmes mûres qui, sous prétexte qu'elles se sont libérées des corvées ménagères, ont rouvert à leur façon les salons littéraires des siècles passés : Madame de Sévigné, vautrée dans son living, vend des Tupperware à la criée ; Madame de Pompadour fume des blondes américaines en buvant du gin-fizz ; Jeanne d'Arc frotte son heaume au tampon Jex. »
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fanfanouche24fanfanouche24   14 septembre 2018
Il l'aime, cette salle. C'est grâce à elle et à son indigence qu'il est devenu champion. C'est contre ça, aussi, qu'il s'est battu. Par fierté. Pour être au-dessus de cette misère, financière ou littéraire, maternelle ou orpheline, et se prouver à lui, et à tous ceux du club, que l'essentiel est en chacun, que le destin est comme un fer rougi à blanc que l'on peut plier sur l'enclume et auquel on peut donner la forme que l'on veut. (p. 117)
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nadiouchkanadiouchka   03 septembre 2018
Il fera donc de la boxe puisque sa mère le veut. C’est le sport populaire, le sport du populo. (…) Ça fait les hommes, la boxe, affirme sa mère. Tout comme la gnôle, les tranchées, l’enclume, ou le pas de l’oie. C’est pour ça qu’elle l’a inscrit au club, afin qu’il entre, en costaud, dans le troupeau des mâles, qu’il accède à l’âge adulte en gentleman couillu. P.47/48
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fanfanouche24fanfanouche24   13 septembre 2018
Tableaux de son enfance qui serait triste et vide s'il n'existait l'humain pour lui donner une âme.
Et l'humain, pour René, se condense en un seul : Pierrot, l'ami des origines, le copain de toujours. Le frère incontournable. Ils sont tous deux semblables à Oreste et Pylade. Ou Castor et Pollux. Unis du berceau au tombeau. De la pointe d'un canif ils ont piqué leurs doigts et mélangé leurs sangs : à la vie à la mort. On connaît la formule qu'avait écrite Montaigne lorsqu'il tentait de dire pourquoi La Boétie avait empli son coeur : " parce que c'était lui, parce que c'était moi. " Et vice versa, il va de soi. C'est l'image qu'on aura de mon père et son ami Pierre : deux lierres à jamais enlacés. (p. 53)
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