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Bernard Hoepffner (Traducteur)
ISBN : 2070787192
Éditeur : Joëlle Losfeld (17/04/2008)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 47 notes)
Résumé :
En 1915, dans un village du comté de Donegal, au nord de l'Irlande, la famille Goold Verschoyle s'épanouit dans un manoir animé par les rires de leurs prestigieux invités. Mais le cours de l'histoire menace l'équilibre de ce petit paradis. Dans une Europe déchirée, chacun va devoir affronter son destin. "Toute la famille sur la jetée du Paradis" suit l'extraordinaire itinéraire de ces personnages impliqués dans les combats pour l'indépendance, la grève générale en A... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
mariecesttout
26 février 2014
Illustration de couverture:photographie de Friedrich Adolf Paneth ( détail) 1925 National Media Museum.
Ce n'est en fait pas un roman, mais le récit-romancé, mais tout récit n'est-il pas romancé- d'une histoire familiale, celle de Sheila Fitzgerald, née Goold Verschoyle. Dans la post-face, Dermot Bolger explique qu'il a rencontré pour la première fois Sheila Fitzgerald en 1977, elle vivait dans une petite caravane, près de son ancienne maison transformée en refuge pour animaux. C'est en 1992 , alors qu'elle avait presque 90 ans, qu'elle lui a raconté l'histoire de cette famille irlandaise . Et que c'est à partir de ce récit , que ce livre a été écrit.
"La fiction ne peut jamais dire toute la vérité, cependant elle peut sans doute dire des vérités altérées et tout aussi importantes. Les biographies et même les autobiographies ne peuvent pas non plus révéler toute la vérité. Nous voyons invariablement notre vie à travers le prisme de la version de la réalité que nous avons construite à partir d'un choix de souvenirs, de sorte que notre passé finit par être composé non pas à partir de ce qui est arrivé mais à partir de ce que nous nous souvenons nous être arrivé..."
Issus de fantassins hollandais qui bâtirent leur fortune en louant des taudis à Dublin, détail que la légende familiale a pris soin d'effacer, les Goold Verschoyle coulent, en cette année 1915, des jours paisibles dans le Donegal, loin des révoltes qui commencent à naître à Dublin. Comme chaque été, c'est dans le cadre enchanteur de Manor House qu'amis, cousins et voisins se retrouvent autour de cette famille respectée, aimante, décrite dans cette scène idyllique de pique nique au bord de mer, scène à laquelle se raccrocheront tous les enfants dans les drames de leurs vies individuelles. le paradis définitivement perdu...
En effet, tout va se gâter. Ce monde s'apprête à disparaître dans le fracas du premier conflit mondial et les déchirements d'une guerre civile sanglante. Passionnante est d'ailleurs la peinture que Bolger fait de cette classe aristocratique protestante dépossédée du pouvoir après l'établissement de l'Etat libre (1921) et qui, chaque jour davantage, se sent étrangère dans son propre pays.
Les Goold Verschoyle finiront, comme tant d'autres, par s'exiler en Angleterre. Ils laisseront derrière eux, à l'orée de l'âge adulte, des enfants avides d'aventures et d'idéaux. Staline et les goulags, la guerre d'Espagne , ces enfants irlandais se lanceront dans de grandes utopies , et deux n'en reviendront pas.
Grande fresque familiale et historique que Dermot Bolger s'est décidé à écrire après avoir lu que Sheila Fitzgerald admirait les artistes qui avaient le courage de s'emparer de la réalité et de la transformer en quelque chose de nouveau.
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maevedefrance
30 juin 2012
Un roman envoûtant, un roman fascinant : ce sont les premiers mots qui me viennent après l'avoir refermé. Je découvre ici Dermot Bolger, écrivain irlandais protestant, par ce gros pavé de plus de 650 pages écrit serré. Quel régal !
Eva, Brendan, Maud, Art et Thomas sont les cinq enfants de la famille Goold Verschoyle qui vit à Manor House, grande propriété ancestrale. Les Goold Verschoyle sont protestants et cette maison représente la fortune amassée par leurs aïeux, qui ont spolié les terres aux Irlandais de "souche", les catholiques. Seulement, cette famille, à commencer par "Père" et "Mère" ne sont pas comme tous les autres protestants d'Irlande : ils ont un complexe par rapport au passé. Ils cherchent donc à réhabiliter leur nom par la générosité et l'ouverture d'esprit. Tout de suite, on les aime, mais on les trouve aussi un peu naïfs...
Leurs meilleurs amis s'appellent les Ffrench (avec 2 F) et ils sont communistes. Mr French décide un jour d'aller faire un séjour en Union soviétique, vivre dans un kolkhose. Seulement voilà, il est perçu là-bas comme un capitaliste pété de fric (ce qu'il est, pour le fric). Victime de préjugés de la part des communistes russes, la vie qui lui sera faite sera tout sauf idyllique. Il rentrera dans le Donegal sans toutefois révéler la vérité. Ce qui est bien dommage, car son idéal communiste va déteindre sur l'aîné des garçons Goold Verschoyle, Art, mais aussi sur le petit dernier de la famille, Brendan, qui n'a d'yeux que pour son frère. Eva, quant à elle, paraît bien plus conventionnelle, même si elle est artiste dans l'âme et surtout grande rêveuse. Quant à Maud et Thomas, si le lecteur sait qu'ils existent, ils sont quasiment absents du roman, retenus en Afrique du Sud à cause de leur nom.
Les Goold Verschoyle ont tout pour être heureux : leur magnifique demeure mais surtout un environnement digne du Paradis avec la jetée sur la mer qui se trouve à Dunkineely, où il fait bon plonger dans les vagues. La forêt, qui entoure la proriété, qui est le meilleur des refuges pour artiste en herbe. Seulement, cette famille a un souci d'identité : en Irlande, parce que protestant et donc non irlandais de "souche" de par l'histoire du pays, ils sont considérés comme des étrangers et surtout des intrus par les catholiques qui sont pauvres. C'est donc, en quelque sorte pour se faire une place respectable dans la société irlandaise que Art et Brendan vont se convertir au communisme, suite aux éloges faites par Mr Ffrench. La redistribution des richesses et la solidarité envers les plus pauvres sera leur cheval de bataille. Un programme ambitieux et utopique ! Mais nos héros sont des romantiques jusqu'au bout des ongles et c'est ce qui va les détruire, surtout lorsqu'en plus L Histoire s'en mêle pour les transformer en pantins...
Le lecteur suit la vie de cette famille de 1915 à 1946 et va traverser avec eux l'Enfer de l'Histoire, en espérant retrouver le Paradis du début du livre !
Les personnages sont à la fois attachants et agaçants, surtout Art ! Il veut tellement arriver à son idéal sociétal qu'il oublie de penser par lui-même, bien trop endoctriné par le stalinisme qu'il a appris par son séjour en Union soviétique. On a même envie de lui coller des claques, parce que nous, lecteur, nous savons ce qui est arrivé à son petit frère Brendan (je ne peux le révèler sous peine de "spoiler" mais c'est vraiment terrible !). Il va se retrouver pieds et poings liés.
J'ai beaucoup plus apprécié le personnage d'Eva : aussi romantique que ses frères, mais dans un autre genre: c'est l'éternelle jeune fille, qui, même mariée et mère de famille, se retourne sans arrêt sur son enfance et son premier amour qu'elle a laissé filer... Mariée à Freddie Fitzerald (nom d'origine anglo-normande), un protestant caricatural, elle parviendra tout de même à se concocter un petit paradis, fragile comme une bulle de savon.
Ensuite, Eva est celle qui délivre les fantômes. Parce que oui, ce roman a un côté gothique ! Et ça ce fut une vraie bonne grosse surprise littéraire ! Les grandes demeures de Manor House et Glanmire House se transforment en ruines, au fur et à mesure que l'on avance dans l'intrigue. Mais surtout, l'ancienne cave à vins transformé en chambre de Manor House est habité par un fantôme qui demande qu'on le délivre ! Dermot Bolger m'a soufflée par cette touche d'originalité !
Reste un style magistral, à la fois simple et poétique, qui vous fait voyager loin ! On ne s'ennuie pas un seul instant, les rebondissements vont bon train. Dermot Bolger règle son compte à toutes les doctrines et comportements extrêmistes, que ce soient ceux de l'IRA, des fascistes ou des soviets - même si je l'ai trouvé dur avec l'IRA !!
Ce roman est tiré d'une histoire vraie...
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clairejeanne
16 septembre 2014
Maud, Eva, Art, Thomas et Brendan sont les cinq enfants du couple Goold Verschoyle, habitant Manor House, dans le petit village de Dunkineely en Irlande. Dans cette famille protestante, l'auteur a choisi de suivre plus particulièrement le devenir de trois des enfants, Eva artiste et rêveuse, Art l'aîné des garçons et donc l'héritier de Manor House et Brendan le petit dernier qui adore et admire son frère aîné au delà de tout. L'histoire débute en 1915 et on se rend vite compte qu'une très belle enfance et des parents attentifs et aimants n'ont pas empêché la survenue de problèmes : les garçons, Art en tête, sont devenus de fervents communistes. A une époque où la misère était très profonde en Irlande, un certain nombre de gens ont cru que le marxisme était "amour et bienveillance" et Art pensera toute sa vie que le communisme pourrait venir en aide aux enfants affamés et sans chaussures ... Les filles de la famille Goold Verschoyle se marient et Art part vivre en Russie ; Eva a sans doute laissé partir le grand amour de sa vie et épouse Freddie dont elle essaiera d'être une bonne compagne. La force de l'auteur est de suivre la famille durant toute cette période très troublée allant de 1915 à 1946 ( la grande guerre et ses terribles conséquences, la guerre civile irlandaise (1922 /1923) qui opposa les indépendantistes irlandais entre eux, la guerre d'Espagne où se rendra Brendan, la deuxième guerre mondiale), de lier en quelque sorte la petite et la grande histoire; il y a en particulier une dénonciation terrible du communisme et de toute tentation extrémiste, à travers les mésaventures de Art et de Brendan.
Malgré leur destin plutôt tragique, les enfants Goold Verschoyle gardent tout au fond de leur coeur le souvenir de leurs étés d'enfance, des pique-nique et des baignades à la jetée du Paradis ; et c'est ce qui les aidera à traverser l'enfer de la première moitié du XXème siècle.
Dermot Bolger a réussi un livre superbe, fascinant, extrêmement prenant et formidablement intéressant sur le plan historique; loin d'être un nième livre sur l'Irlande, il s'agit ici d'une histoire "presque" vraie, construite à partir de ce que lui a raconté de sa vie et de celle de sa famille, une certaine Sheila Fitzgerald devenue Eva dans le livre. Les personnages, les lieux sont attachants et la belle écriture sublime une histoire magnifique.
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missmolko1
08 novembre 2011
Je m'attendais à un roman léger, un saga familiale comme on en voit souvent et bien je me trompais et j'ai très vite été mis au parfum avec les premières pages. On y découvre une famille décimée par les événements historiques de l'époque (un des fils est en route pour le goulag, l'autre est interné dans un camps de l'IRA). Et puis ensuite on fait un bond de 30 ans en arrière et l'on apprend a connaitre cette famille bourgeoise vivant dans le nord de l'Irlande.
L'écriture de Dermot BOLGER est très belle, les faits historiques sont très bien relatés mais ce roman reste très noir et très sombre.
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Rhodopsine
17 janvier 2013
Si vous attendez une saga familiale, passez votre chemin. Si vous attendez un rappel sur la "question irlandaise", passez votre chemin. Si vous attendez une dissertation sur les extrémismes du siècle passé, passez votre chemin. Si vous avez envie d'un roman qui vous tienne en haleine, alors foncez!
Le prologue donne le ton: le bombardement d'un convoi de prisonniers russes pendant la seconde GM. Puis saut dans le temps, et par courts chapitres, l'évolution d'une famille protestante originaire du Donegal. Les parents et cinq enfants: tous auront des destins bien distincts, inattendus et déroutants. Idéalistes, dogmatiques ou rêveurs, ils traversent le siècle troublé, sur fond de guerre en Irlande (De Valera, l'IRA , l'Empire britannique, l'Eglise... personne n'est épargné par D.Bolger), de tentation communiste (aveuglement de Art, de Brendan qui le conduit à sa perte), en passant par la guerre d'Espagne, les taudis dublinois, Londres sous la blitzkriek, les tourbières irlandaises. Si vous connaissez l'Irlande, vous reconnaitrez les lieux, tant les descriptions sont nettes et loin du folklore.
A ne pas manquer:
( Un roman conseillé par le prof d'histoire en dernière année de lycée en Irlande: belle ouverture d'esprit!)
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_02 octobre 2016
Mrs Ffrench traversa la pelouse devant Bruckless House et arriva sur l'allée de gravier qui menait à la petite jetée. Des années plus tôt, au cours d'un pique-nique où la famille Goold Verschoyle s'était demandé s'il fallait l'appeler la jetée de Bruckless ou la jetée de Mrs French, Eva avait insisté pour qu'en fait on lui donne le nom de jetée du Paradis parce que c'était vraiment un paradis.
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RhodopsineRhodopsine17 janvier 2013
Cinq enfants couchés dans une meule de foin et imaginant leur avenir, cinq enfants pique-niquant sous la pluie, cinq dauphins dans les eaux de ce qu'ils appelaient alors la jetée du paradis, cinq aiglons prêts à s'envoler vers le soleil, éblouis et charmés.
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line70line7019 mars 2011
Ma maîtresse, à l'école, elle se moque toujours que je sais pas dessiner une ligne droite.
- Tu n'es pas obligée de dessiner seulement ce qui est dehors. Dessine ce que tu as dans la tête, dessine tes émotions. Elles ne sont pas faites de lignes droites, pas vrai ?
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NikozNikoz30 août 2015
Nous vivons notre vie en avançant mais nous ne la comprenons qu'en regardant derrière nous, c'est ce que dit Père.
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graslionelgraslionel28 mars 2012
"Elle voulait que ce soit lui qui l'occupe et non une force étrangère. Mais une autre partie d'elle serait horrifiée s'il tendait un doigt pour toucher son épaule. Son désir était parfait parce qu'il ne pourrait jamais se réaliser. Ce dont elle avait tant besoin, c'était de savoir qu'il la désirait toujours, pas seulement dans ses souvenirs mais au présent, sous toutes les strates de responsabilité."
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Video de Dermot Bolger (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dermot Bolger
Dermot Bolger - Ensemble séparés .Dermot Bolger vous présente son ouvrage "Ensemble séparés". Parution le 18 août 2016 aux éditions Joëlle Losfeld. Trad. de l'anglais (Irlande) par Marie-Hélène Dumas. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : Notes de Musique : Jig of Slurs. Dublin Reel - Merry Blacksmith. The Mountain Road by Sláinte. Free Music Archives. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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