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ISBN : 2072494761
Éditeur : Gallimard (29/08/2013)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Martin, haut fonctionnaire irlandais d’une cinquantaine d’années, rattaché à un ministère en bout de course, se retrouve, le temps d’un voyage officiel en Chine, seul dans sa luxueuse chambre d’hôtel.

Accablé par une existence terne, entre son épouse et ses trois filles, il décide de s’offrir un massage durant son séjour. La jeune femme chinoise qui vient le masser ne parle pas sa langue et ne partage rien de sa vie : mère célibataire, elle peine à j... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  05 février 2017
« Peut-être avait-elle alors compris que toute réalité est essentiellement fabriquée. »
Un très beau moment d'introspection. Que reste-t-il de nos vies ? Qu'avons nous fait pendant toutes ces années ? A cinquante-cinq ans Martin, seul dans un hôtel chinois, regarde son reflet dans la vitre, un verre à la main, et refait le cours du temps. Loin le temps de sa jeunesse, loin le temps de son premier grand amour, Rachel, loin le temps où il protégeait ses bébés en les portant dans ses bras. Maintenant, Rachel est à la retraite, sa femme depuis des décennies s'isole de lui, ses bébés sont devenues trois adolescentes bientôt femmes et lui, que lui reste-t-il de ses envies et de sa fougue de sa jeunesse ? Il est devenu un fonctionnaire lambda, malléable au point d'être invisible de tous, qui s'est illusionné pendant trente ans...
Le retour sur les années avec Rachel est superbement décrit, la chute du couple se fait étape par étape mais rien n'y manque.
« Il ne saurait jamais ce qu'elle pensait véritablement, car il ne l'avait jamais vraiment vue. »
Il est seul. Dès lors, une main chaud sur son corps devient une obsession car on ne l'a plus touché depuis si longtemps. Pendant cette visite en Chine, alors qu'il accompagne le sous-sous-sous-secrétaire d'État, il dispose d'une soirée pour se retrouver seul. La journée il doit être dans son rôle : amabilités, respect des convenances, sourires imposés, thés verts pour accompagner toutes les réunions qui permettront au retour en Irlande de la délégation gouvernementale, de dire que le pays a conclu de nombreux échanges fructueux avec l'Empire Céleste. Mais ce soir, il peut enfin être seul, vidé de toute l'énergie dépensée la journée à être dans son rôle. Seul il va, à l'occasion d'une envie – cette main chaude qui lui apporte le massage qu'il n'osait demander- pouvoir revoir son passé, sa vie réelle et se demander si tout n'était pas qu'illusion.
« Il se demanda si la mort serait aussi peu mémorable, un pétard mouillé sous le mystère du symbolisme dans lesquels les gens se drapaient, bien qu'ils passent leur vie entière à s'y préparer. »
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Missbouquin
  02 novembre 2013
Pour mon premier Dermot Bolger, je me suis attaquée à un petit roman, presque une nouvelle avec ses 120 pages bien tassées. Mais cela a eu l'avantage de me propulser directement dans le monde de l'écrivain irlandais, et d'apprécier pleinement une plume condensée, poétique, puissante.
La trame est assez simple : Martin est un haut fonctionnaire qui accompagne son ministre référent – en réalité un simple sous-secrétaire – dans un voyage diplomatique en Chine. Un blanc dans son programme lui permet de reprendre son souffle dans le tumulte des dîners, réunions et conciliabules à huis clos. A la manière du film Lost in Translation, il connaît alors un sentiment de désorientation totale, se demandant ce qu'il fait là, qui il est vraiment.
« Martin se sentait un imposteur. Il n'était en réalité qu'un fonctionnaire relativement insignifiant : un homme de confiance, agréable, doué pour les relations humaines et doué pour les chiffres. Mais on ne l'avait envoyé ici que pour faire exactement la même chose que ces filles incroyablement minces au sourire parfait qui se pressaient derrière les portes vitrées du hall de l'hôtel : construire le décor de la scène et, par sa soumission effacée, laisser croire à l'importance de l'autre. »

Dans un long monologue intérieur, il décortique son rapport dérisoire au pouvoir, la désillusion de ses idéaux, et l'hypocrisie des politiques en général.
Puis insensiblement, ses réflexions s'orientent vers sa vie de couple et la relation avec sa femme après plus de 30 ans de mariage. de la même manière que pour sa carrière, il mesure le grand écart entre les premières années d'amour et le jour où sa femme lui déclare qu'ils feront chambre à part : « c'est juste que je t'aime différemment, sans toute cette intensité adolescente. L'amour change forcément quand nous changeons. Je veux dire qu'est arrivé à la magie qui émanait de toi au début de notre mariage, à la façon dont tu arrivais toujours à me faire rire ? Sans vouloir
te blesser, Martin, qu'est-ce qui t'a rendu si ennuyeux ? »
Il prend alors conscience de plusieurs vérités importantes, qui le déchargent d'une grande part de culpabilité - « Je suis devenu ennuyeux le jour où tu as décidé que j'étais ennuyeux. » mais qui ne le rendent pas plus heureux.
Retournant au présent, il se décide à faire venir de la compagnie sous la forme d'une masseuse chinoise.
« Il ne s'était pas senti comme quelqu'un d'insignifiant, ni comme un imposteur : il avait été l'objet de l'attention et de la gentillesse sincères de quelqu'un d'autre. »
Mais tout ne se passe pas vraiment comme prévu, et prouve qu'il n'y a pas de solution miracle à un mal être général installé depuis des années …
On ne peut s'empêcher d'avoir le coeur serré face au désarroi de Martin, un gars intelligent et simple qui souffre du mal du siècle, confronté à l'individualisme, le manque de chaleur humaine, l'hypocrisie des rapports entre les hommes. Dermot Bolger ne nous apprend rien, il ne révolutionne pas non plus la littérature, mais il fait son devoir d'écrivain : nous faire réfléchir sur ce qui nous semble évident mais ne l'est pas tant que ça ; nous montrer qu'il n'est jamais vraiment trop tard, mais que pour se sauver, il faut avoir conscience de sa propre évolution à tout instant, c'est-à-dire lever la tête du guidon et faire le point régulièrement, pour ne pas se laisser engluer dans le quotidien.
Pour conclure donc, un roman bref mais intense et très intéressant.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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nath45
  03 novembre 2014
Ce roman est huit clos d'une nuit dans une chambre d'hôtel, Martin fonctionnaire irlandais est en voyage officiel à Pékin. La délégation est partie pour l'ambassade, Martin préfère rester seul dans sa chambre d'hôtel. Il fait le point sur son pays et sa situation personnelle.
Son pays a fait faillite, il ne se fait pas d'illusion sur son rôle politique, on lui a même proposé de prendre une retraite anticipé, du côté familiale, ce n'est pas très brillant non plus, ses trois filles ont grandi et n'ont plus besoin vraiment de lui, sa femme Rachel à la retraite depuis un an vit mal le vide crée par l'absence de travail. Depuis quelques années, ils font chambre à part, ne se touchent plus, elle va même lui proposer de s'inscrire sur un site spécialisé d'Internet
« Honnêtement, si tu le faisais, je ne verrais rien à y redire, Martin. Je sais que ce ne serait qu'une histoire de sexe, et le sexe ne m'intéresse plus. Je ne voudrais pas me montrer égoïste. Il n'y a aucune raison pour que tu ne prennes pas de plaisir. Nous sommes adultes ».
Pour tromper sa solitude, il décide de faire quelques longueurs, en revenant vers le hall, il passe devant un salon de massage, des jeunes hôtesses aux sourires irrésistibles, il remonte dans sa chambre boit encore un verre et se décide à appeler la réception et demande une masseuse.
Cette partie du roman raconte la relation entre Martin et la masseuse même s'ils ont du mal à communiquer par manque de compréhension du langage, une relation s'installe entre eux, Martin comprend qu'elle vit seule avec sa fille de huit ans, que le père est parti. le massage le détend, il se sent bien, il prend un réel plaisir du contact des mains qu'il ne connaissait plus. La masseuse lui propose une seconde d'heure qu'il accepte. Martin se pose des questions, peut-il aller plus loin avec elle ? Est-il capable de tromper Rachel ? Cette partie du roman est pleine de délicatesse, les sentiments très bien décrits, c'est tout simplement beau.
Dermot Bolger nous offre encore un très beau texte sur les hésitations et le désarroi d'un homme faisant le bilan de sa vie.
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maevedefrance
  24 novembre 2013
Martin, haut-fonctionnaire irlandais quinquagénaire accompagne dans son dernier souffle le gourvernement que la crise financière qui frappe l'île d'émeraude fera chuter. Epuisé moralement tant par son couple qui bat de l'aile que par son boulot ingrat, Martin en voyage officiel en Chine, décide de se faire masser. L'idée ne lui vient pas d'emblée mais après réflexion, de manière plus ou moins détournée par une employée chinoise qui lui force presque la main, en lui expliquant qu'elle va lui envoyer quelqu'un dans sa chambre, de manière discrète et profesionnelle.... Notre homme se laisse pièger par l'idée tentante de se faire du bien... jusqu'à croire à la sincérité de sa masseuse...alors qu'il ne s'agit que d'une illusion passagère.
Martin est la personnification de la chute du pays. le titre original du livre est d'ailleurs The Fall of Ireland. Un roman très court (une novella) mais au goût de vitriol. Dermot Bolger n'y va pas par quatre chemins :
"L'Irlande avait été ruinée par les banques et les investisseurs, par les partis politiques déterminés à se supasser les uns les autres dans leur générosité vis-à-vis des électeurs qui avaient pris l'habitude d'attendre ce genre de largesses - tous emprisonnés dans une illusion vertigineuse qui ne pouvait que se terminer par une chute."
Autement dit chacun en prend pour son grade ! Les Irlandais qui se sont plus à croire à l'illusion de moyens financiers qu'ils navaient pas, illusion que leur permttaient les banques qui prêtaient sans compter, elles-mêmes autorisées par les politiques. L'illusion d'un bon massage, mais quand ça s'arrête, ouille la réalité n'en est que plus douloureuse ! Un mensonge organisé qui a ruiné le pays.
J'ai vraiment aimé l'habileté de Dermot Bolger à amener la question de ce mensonge par l'idée du massage. Martin fait mal au coeur, on le trouve un peu bêta mais on ne lui en veut pas. On se laisse prendre au jeu et on s'interroge nous aussi sur la sincérité de la masseuse que l'écrivain met malgré tout en suspens. On a finalement un tout petit doute qui subsiste parce qu'elle lui dit qu'il est un homme gentil. Oui, mais la Chine qui dit ça à l'Irlande, la Chine, pays qui achète le reste de la planète et dont le voyage officiel de Martin est justement d'aller vendre son pays, ça fait réfléchir...
C'était ici mon troisième rendez-vous avec Dermot Bolger, découvert avec l'excellent Toute la famille sur la jetée du Paradis. Une chose est sûre : j'y reviendrai encore et toujours !
Et voilà encore un chouchou irlandais qui gagne à être connu en France ! Je regrette que son roman n'ait pas été davantage sur le devant de la scène pendant cette rentrée littéraire. Parce que Dermot ne fait pas dans la qualité littéraire moyenne, il fait dans l'excellent !
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Bazart
  22 novembre 2013
Dermot Bolger est un écrivain irlandais dont j'avais beaucoup aimé le précédent roman publié en France , "une seconde vie", roman ambitieux et ample, sur la société irlandaise, ses secrets tout cela sous fond d'accident de voiture et de recherche de maternité (voir ma chronique ici même)
Pour son nouveau roman, publié en cette rentrée littéraire, toujours chez Joelle Losfeld, Bolger est plus modeste et dans le fond et dans la forme, puisqu'il opte pour du récit très court ,entre la nouvelle et le roman, et qui va déroule dans un espace temps très limité (une soirée et une nuit d'hôtel), dans dans le huis clos d'une chambre d'hôtel de Luxe en Chine.,
Un haut fonctionnaire, Martin, diplomate un peu usé, revit les bons et mauvais moments de sa vie conjugale et familiale. Une remise en cause, voire une auto-critique profonde se produit loin de ses repères, dans cet hôtel où sa rencontre avec une masseuse va être le catalyseur de cette auto analyse. Un roman qui peut se voir comme un long monologue intérieur profond et au fond de l'air assez dépressif, mais dont le charme est évident, grâce au talent incontestable de l'écrivain qui réussit parfaitement à nous faire ressentir les déchirements intérieurs de cet être touchant malgré lui.
La rencontre sentimentale, entre Martin et cette masseuse chinoise, à des années lumières de son monde à lui, pourrait frustrer le lecteur par son manque de passion, et sa vraie brieveté, mais en même, ce refus du sensationalisme et de l'attendu, est également un des atouts indéniables de cette belle Illusion Passagère qui laisse un plaisir durable à la fin de la lecture.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (1)
Lexpress   10 octobre 2013
Un conte cruel, terriblement acide, où les rêves de bonheur ne sont que des illusions passagères.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   05 février 2017
Martin se demanda si c'était dans un hôtel semblable à celui-ci que la police chinoise avait enfoncé la porte d'une chambre pour battre l'artiste Ai Weiwei jusqu'à ce qu'il s'évanouisse puis l'arrêter, sous prétexte d'évasion fiscale, mais en réalité parce qu'il avait osé publier sur son blog la liste complète des enfants enterrés vivants pendant le tremblement de terre de Sichuan sous les décombres de leurs écoles construites à la va-vite. Deux ans plus tôt, Weiwei avait été félicité pour sa participation à la conception du stade olympique "Nid d'oiseau" de Pékin, jusqu’à ce qu'il refuse d'assister à la cérémonie d'ouverture en expliquant qu'elle présentait une version imaginaire d'un État totalitaire où, derrière une façade de nouveaux gratte-ciel et autoroutes, rien n'avait fondamentalement changé. Mais la police ,'aurait jamais agi de la sorte dans un hôtel comme celui-ci, où des témoins étrangers auraient pu voir punir quelqu'un qui avait simplement utilisé Twitter et son blog afin de percer à jour les illusions soigneusement tissées par le gouvernement.
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BazartBazart   04 novembre 2013
Elle s’apprêta à sortir. Mais une fois la porte ouverte, elle revint en courant le prendre dans ses bras. Elle l’embrassa vite, presque furtivement, sur la bouche, et il sut de façon certaine qu’elle n’avait plus rien à lui vendre ; c’était un cadeau d’adieu, un instant de dévoilement de ce qu’elle était vraiment.
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MissbouquinMissbouquin   02 novembre 2013
« c’est juste que je t’aime différemment, sans toute cette intensité adolescente. L’amour change forcément quand nous changeons. Je veux dire qu’est arrivé à la magie qui émanait de toi au début de notre mariage, à la façon dont tu arrivais toujours à me faire rire ? Sans vouloir
te blesser, Martin, qu’est-ce qui t’a rendu si ennuyeux ? »
Commenter  J’apprécie          110
AmbagesAmbages   04 février 2017
Mais l'actuel secrétaire d’État de Martin - la première chose qu'apprenait tout fonctionnaire qui travaillait avec un sous-secrétaire d’État était qu'il devait bannir le mot "sous" de toute conversation - accomplissait ses devoirs de sherpa avec bonne grâce.
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AmbagesAmbages   06 février 2017
Était-il trop vertueux pour être infidèle, ou simplement trop lâche ? Fallait-il absolument répondre par l'un ou l'autre ? Il n'était que lui-même, la somme de ses contradictions et erreurs passées, un homme à qui, dans un luxueux hôtel étranger, son foyer manquait soudain, et terriblement effrayé par l'impression récente que ce foyer lui échappait.
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Video de Dermot Bolger (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dermot Bolger
Dermot Bolger - Ensemble séparés .Dermot Bolger vous présente son ouvrage "Ensemble séparés". Parution le 18 août 2016 aux éditions Joëlle Losfeld. Trad. de l'anglais (Irlande) par Marie-Hélène Dumas. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : Notes de Musique : Jig of Slurs. Dublin Reel - Merry Blacksmith. The Mountain Road by Sláinte. Free Music Archives. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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