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EAN : 9782841002481
174 pages
Bartillat (01/02/2001)
4/5   1 notes
Résumé :
La Charte des langues régionales adoptée il y a quelques années par le Conseil de l'Europe a soulevé en France certaines polémiques, le Conseil constitutionnel en ayant censuré plusieurs dispositions. Afin d'en expliquer les enjeux, Y. Bollmann retrace la genèse du texte, s'interroge sur les motivations des institutions allemandes en la matière, puis s'intéresse au cas français.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
lanard
  15 août 2010
Ce pamphlet dénonce l'ethnicisation du problème des langues régionales en Europe par des idéologues et responsables politiques européens, en particuliers allemands et autrichiens (rôle de la revue Europa Ethnica anciennement Nation und Staat (fondée à Vienne en 1927 mais d'initiative allemande). Selon l'auteur ces idéologues éthnicistes ont instrumentalisé la Charte européenne des langues régionales et minoritaires (déclarée non constitutionnelle par le CC le 15 juin 1999 car elle "porte atteinte aux principes constitutionnels d'indivisibilité de la République, d'égalité devant la loi et d'unicité du peuple français") en vue de casser les Etats nations (en particulier la conception française de l'Etat) pour laisser place à une Europe des régions dans laquelle les différents groupes "ethniques" européens retrouverait un droit à l'autodétermination.
« Il faut aussi retirer son aura morale à la prétendue défense des "minorités", dont se targuent les promoteurs de la Charte. Sous celle-ci court en effet une sorte d'infratexte, où ne comptent plus que les minorités "ethniques". Or, ainsi que l'a exprimé Alfred Grosser, "l'ethnisme est un racisme", et la Charte, au fond, défend donc ce qu'elle prétend combattre. C'est, suivant la formule forgée par Karl Kraus, la maladie qui se prend pour sa propre thérapie. La protection des minorités, ainsi conçue, à servi les intérêts de l'Allemagne tout au long de son histoire récente, et continue de la faire. Que, dans cette guerre, la France soit la cible de toutes les attaques, ne saurait surprendre, car son choix politique - le refus de reconnaître des minorités sur son territoire - fait désordre dans le paysage européen. On ne peut toutefois parler de ces choses sans utiliser le vocabulaire de "l'ethnisme", et sans en assurer ainsi, malgré soi, la propagande. » (p.12)
C'est ainsi que Bollman montre comment, lors de la consultation de 80000 jeunes de toute l'Union pour le choix d'une devise pour l'Europe, ont a fait de tous ces jeunes européens « Les perroquets involontaires d'Europa Ethnica » pour aboutir au choix de la devise « Unité dans la diversité » (p. 34)
Par ailleurs, le lecteur aura la surprise d'apprendre comment l'ethnisme allemand pourrait être à l'origine de la tragédie Rwandaise (pp. 76-80). « "L'étude de l'"ethnogenèse" au Rwanda, pour l'époque où s'est produit l'aiguillage déterminant, montre que la conception ethniste de la société, et les mesures qu'elle a entrainée, ont modifié en profondeur les structures sociales existantes, et ce malgré la courte durée de la domination allemande, à peine deux décennies, de 1897 à 1916. »(p. 77)
Que conclure de ce livre au ton plutôt anti-allemand? Après tout que l'Allemagne veuille dominer l'Europe serait-il si gênant si elle y parvient pacifiquement, sans armes en respectant les droits de l'Homme. Les européens sont-ils si niais pour se laisser entraîner par des réflexes identitaires régionaux qui les feraient user de la violence politique? C'est probable tant il est vrai qu'il est encore des malfrats pour commettre des attentats meurtriers pour la cause basque ou la cause corse et qu'une ethnisation des problématiques régionales pourrait en s'exacerbant donner lieu à de nouvelles violence en Europe (voir l'histoire du Rwanda et de l'ex-Yougoslavie). Cela ne fait pas pour autant de la conception française de l'Etat nation un exemple à suivre. La notion d'égalité devant le droit des individus sans considération de "race", de religion ou je ne sais quelle particularité est elle tellement spécifique à la France? Et ne relève t-elle pas plus du fantasme que de la réalité car quel que soit le régime politique que l'on considère n'y a t-il pas partout des citoyens « plus égaux que les autres ».
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