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Adélaïde Bon (Autre)Sandrine Roudaut (Autre)Sandrine Rousseau (Autre)
EAN : 9782021513165
60 pages
Seuil (26/08/2022)
3.52/5   43 notes
Résumé :
Androcène, l’ère de l’homme. Enfin, de certains. L’ère au cours de laquelle une poignée d’oppresseurs, différents selon les lieux ou les époques, ont exploité et asservi la multitude pour leurs intérêts propres. Une ère dont nous pourrions sonner la fin, dans nos intérêts communs.

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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Un livre dont je recommande chaudement la lecture.
Les auteures y décrivent extrêmement clairement l origine de l androcène, l état actuel des choses et les conséquences de cet Androcène.
Entendez par Androcène : un système fait d oppression et qui bénéficie à quelques uns. Un système qui nous envoie dans le mur par une volonté de croissance infinie dans un monde fini.
Les auteures nous détaillent brièvement l origine de cet androcène et cette capacité à conquérir des territoires ou du pouvoir, à gouverner, à construire.
Elles dressent un tableau de l état actuel du monde.
Enfin elles proposent de déconstruire le système actuel en remettant de la sensibilite au coeur de la politique afin que face à la mort des espèces, la mort d enfants par cancer quand l eau se fait poison, les maladies liés aux pesticides ne règne plus l indifférence et l inaction des politiques.
Je retrouve des similitudes avec le livre d Aurelien Barrau ( j espere qu il ne m en voudra pas de dire cela ;-) ) : il faut une revolution politique, poétique et philosophique.
Les 2 ouvrages proposent
De remettre de l ethique au coeur de la politique
De changer notre fonctionnement : l economie n est qu une construction sociale , il ne tient qu à nous de changer les regles du jeu et face à un problème systemique il ne peut y avoir qu une reponse systémique.
De reflechir à ce qui fait sens, au monde que l on souhaite pour demain et remettre des valeurs fondamentales au coeur de la politique
Et enfin d être un peu poète et d inventer un autre reel, un nouveau récit sans oppression ni violence. Un monde plus juste pour tous les vivants humains et non humains. Dis comme cela la formule peut paraitre un peu simplette et facile mais remettre un peu de bienveillance au coeur du vivre ensemble est un minimum si l on veut survivre. Car le monde actuel ultra violent (notre système actuel est en train de tuer la vie sur Terre, ce n est pas tout à fait un detail, les animaux vivent des calvaires dans les abattoirs alors qu on sait que ce sont des êtres sensibles et soumise à l angoisse, nos corps s abiment à cause du travail pour servir l economie)

Bref , en sortant de cette lecture, j ai l impression que les solutions sont là, écrites dans ce livre et qu il ne manque qu une impulsion pour tout changer.
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J'aime beaucoup cette collection d'essais. Courts, accessibles, clairs.

Le sujet de celui-ci est la sortie de l'androcène, nécessaire si on veut se sortir de la crise du climat.

Dans la première partie, "Ecouter le monde et l'époque", elles font le lien entre la domination par l'homme, l'ancien chasseur, et le clivage nature/culture.

Dans la seconde partie, "ressentir", elles dénoncent la dureté de l'époque, insensible aux émotions et aux ressentis des vivants, et prônent une réhabilitation du sensible.

La troisième partie, "déconstruire", donne des pistes pour déconstruire (!) notre rapport à la consommation, puis notre rapport à la nature, singulièrement malsain.

"Se réconcilier" dénonce les violences, appelle aux prises de responsabilités et à la construction d'une réelle solidarité, notamment écologique.

"Etre radicales, radicaux", nous invite à retourner aux racines de ce qui fait l'humain, indépendamment du PIB.

Au final, un éclairage féministe bienvenu sur les causes des difficultés actuelles, et des pistes pour en sortir. Malheureusement, on ne ressort pas spécialement optimiste de cette lecture. Les solutions réellement efficaces devraient être portées par le collectif, et le temps passe, inexorablement, sans que ça bouge assez vite pour éviter une catastrophe...
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Un pensum indigeste de 60 pages truffé d'absurdités à la mode... il faut dénoncer l'Androcène, à savoir « l'ère au cours de laquelle une poignée d'oppresseurs, différents selon les lieux ou les époques, ont exploité et asservi la multitude pour leurs intérêts propres ».

Et de proposer alors « cinq pistes pour congédier les mécaniques qui ont abîmé la Terre et les êtres, pour établir de nouveaux accords et équilibres. Cinq accords pour passer d'un sentiment d'impuissance à l'exercice de notre puissance. » Rien que ça.

Malheureusement, on constate vite que Platon, Marx et Hannah Arendt sont bien loin.


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Ce'livre court et percutant remet en question notre société profondément raciste, destructrice pour l'écosystème, capitaliste et misogyne. On est en tant que lecteur.ice invité.e à réfléchir de manière transversale sur l'ensemble du squelette qui soutient la société que nous habitons.

Je connaissais la plupart des faits et concepts édictés dans l'ouvrage, mais le côté exhaustif et court m'a beaucoup plu.
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Encore une fois c'est un livre choisi après avoir écouté 2 des 3 auteures (Sandrine Rousseau n'y était pas) et elle parlent très bien de leur livre, trop bien peut-être.
Ce livre se lit très vite et nous engage à réfléchir sur ce qui fait notre société et ces règles et nous ne pouvons que nous en réjouir mais je n'ai pas appris grand-chose. Je savais déjà que le mode de vie masculin consomme bien plus d'énergie que le mode de vie des femmes j'ai vu suffisammment de statistiques économiques sur ce sujet. Pas d'idée nouvelle, pas d'étonnement.
Je ne fais peut-être pas partie du public visé par ce livre. Si on est un tant soit peu sensible au féminisme il n'y a rien de particulier qui en ressort. Si on est contre tout ce qui permet un peu plus d'égalité entre les sexes il ne sera même pas ouvert (surtout avec Sandrine Rousseau sur la couverture ! « Vade retro Satanas ! ». Alors qui reste-t-il ? Des lecteurs curieux ? Sans opinion particulière, qui recherchent une lecture rapide ?
Je ne crois pas que ce livre puisse révéler leur situation à des femmes souffrant des inégalités existantes entre les 2 sexes.
Bref ! un peu déçue.

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critiques presse (1)
LesInrocks
08 septembre 2022
Dans “Par-delà l’androcène”, texte militant assumant sa part de radicalité politique, trois activistes féministes, Adelaïde Bon, Sandrine Roudaut et Sandrine Rousseau, mettent au jour la logique des rapports sociaux de domination à l’œuvre dans ce système de domination patriarcale baptisé “androcène”.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Nier sa sensibilité n'est pas sans conséquence : à trop retenir nos larmes, nos peurs et nos colères, nous nous empoisonnons.Derrière les faux-semblants, les renoncements et les postures, nos désirs, nos élans, nos idéaux étouffent peu à peu, s'étiolent. Car enfin pourquoi s'attaquer à l'injustice et à l'impunité si elle nous indiffèrent ? Comment défendre le vivant contre des logiques cupides si nous n'y sommes pas viscéralement attaché.e.s ? Comment tenir face au lobby économique sans cette loyauté supérieure envers ce que l'on ressent ? Il n'est pas raisonnable de garder aujourd'hui son calme. Nous devrions au contraire nous alarmer et transformer notre colère en action. Nous ne changerons pas une réalité en niant son existence. Cette réalité nous menace autant qu'elle nous attriste. Les oiseaux disparaissent, les forêts se consument, la températures monte et les glaciers fondent. Le temps de la révolte contre cette ordre social est venue. Notre sensibilité nous exhorte à l'action, elle est l'unique garante de notre intégrité.
P33
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L'androcene a érigé le calcul, l'organisation et la rationalité en seule valeur noble de ce monde. Mais quand les scientifiques du GIEC alertent, l'androcène n'écoute plus. La rationalité au fin de profit et de croissance reste insensible au désordre qui viennent. Les émotions ont été cantonnées à une place désignée.
Il est possible d'être ému par une œuvre d'art, mais il est condamnable de l'être pour un migrant traversant la Méditerranée. Un chef d'État peut avoir le cœur qui bat pour une équipe de foot, mais impossible de faire preuve d'empathie dans l'exercice du pouvoir. Cette intelligence là se limite a du calcul d'opportunités et de risques. Les grands de ce monde nous sont présentés comme dépourvu d'émotion, c'est même là leur marque. Qu'ils s'appellent Napoléon ou Vauban, Elon Musk ou Christophe Colomb, tous ont pour eux la capacité à construire, gouverner des empires ou conquérir des territoires inconnus. Aucun n'est connu pour son empathie, son respect de l'altérité.
P24
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Si Descartes n a pas précisé ce qui relevait de la nature, d'autres, plus tard s'en sont chargés. Le mythe du sauvage. Cet état de nature dont l'homme aurait à s'extraire pour atteindre la civilisation et la culture. Depuis Montaigne, il n'a guère été remis en cause. Distinguer nature et culture, civilisé et primitif, sauvage et discipliné, nous oblige à tracer une frontière, une ligne et à hiérarchiser. Malheur à qui se retrouve remisé du côté de la nature.
La culture érigée en opposition à la nature, la civilisation brandit contre la sauvagerie, la rationalité contre les croyances ont servi d'attribut du pouvoir et de bannière à l'assignation, la colonisation, l'esclavage. Ceux-là même qui ont théorisé cette séparation absurde se sont identifiés à la culture et, évidemment à l'action et à la noblesse. Ils ont relégué tout le reste, les animaux comme les femmes, les autochtones, les esclaves et les enfants, à la nature et à la soumission.
P11
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En 1767, Nicolas Beauzée écrit : "le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mal sur la femelle", et c'en est fini de la règle de proximité. Il peut y avoir 1000 femmes, il suffira désormais d'un homme pour toutes les effacer. Sitôt apprend-on à parler, à écrire et à lire qu'on nous enseigne l'invisibilité. Auteur, peintre, ténor, tribun, héros ne se décline qu'au masculin ...blanc, le plus souvent.
En 1685, dans le Code Noir, Colbert évacue l'homme et la femme noir.es du genre humain : "déclarons les esclaves être meubles".
En 1887 le code de l'indigénat continue de spolier les droits humains au nom de cette prétendue frontière entre la civilisation et la sauvagerie. Ce grand mouvement de hiérarchisation du monde n'épargne ni les animaux ni les végétaux. Longtemps jugés incapables de culture, dépourvus d'esprit, ils sont disséqués, hachés, classés, théorisés.
P17
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Nous aurons à renoncer à certains récits, et pas des moindres, ceux de puissance, de maîtrise et de domination. Une hécatombe du vivant a lieu sur la planète entière. Les activités humaines sont directement responsables de cette extinction de masse. Pour maintenir la possibilité de vivre dignement nous devons transformer nos modes de vie, maintenant. Le monde politique, économique, médiatique est sourd à cette impératif. Dans son écrasante majorité, il s'attache à conserver le statu quo. Et pour se justifier, ce monde égrène des mots devenus vide de sens, transformés en slogan et outils de discipline collective, comme la croissance ou le pouvoir d'achat. Il nourrit l'illusion : votre pouvoir réside dans le fait d'acheter ce que les autres produisent. Toujours plus vite, de la mine à la poubelle, de l'extraction à l'enfouissement, cette pensée shadokienne, close sur elle-même est le propre de l'androcène.
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Videos de Adélaïde Bon (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Adélaïde Bon
Et si l'homme, le sexe masculin, était seul responsable de la situation écologique alarmante que nous vivons ? C'est ce qu'affirment Sandrine Rousseau et ses co-autrices Adélaïde Bon et Sandrine Roudaut dans un essai paru fin août, "Par-delà l'Androcène". L'environnement serait-il une affaire de femmes ?
#androcene #genre #ecofeminisme
_____________________ Découvrez tous les invités des Matins de Guillaume Erner ici https://www.youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDroMCMte_GTmH-UaRvUg6aXj ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins
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