AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2707306304
Éditeur : Editions de Minuit (01/09/1982)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 25 notes)
Résumé :

Sortie d'usine : le moment même de la sortie, la débauche, cette bousculade. Mais aussi la sortie définitive : la mort, au quotidien de l'usine, ou l'accident, la mutilation, Ou parce qu'on envoie un jour sa lettre de démission, sur un coup de tête, longtemps retardé : et qu'une fois parti se révèle la peur, que jusque dans les rêves persiste la peur de la machine, de l'usine-maison, de l'enfermement dans un te... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Sivoj
  20 février 2017
Les 25 premières pages sont à elles-seules déjà époustouflantes et valent bien la lecture du livre ; un des plus beau incipit que j'ai lu (« Une gare s'il faut situer, laquelle n'importe il est tôt, sept heures un peu plus, c'est nuit encore. ») ; l'auteur nous plonge dans un monologue intérieur, ou plutôt un courant de conscience dans ce cas, à travers une syntaxe malmenée, déstructurée, de manière à recréer sous nos yeux les pensées réalistes du personnage et à nous plonger en lui. Et ça fonctionne, on s'y croirait ; le trajet quotidien pour aller au boulot, pointer, enfiler son bleu et rejoindre son poste de travail, tout se déroule naturellement, plaçant d'emblée l'atmosphère, celle du travail déshumanisé et des hommes usés jusqu'en eux mêmes. Une des meilleurs introduction possibles à un roman.
La suite du récit revient à un monologue plus narratif (mais qui se refait intérieur par moment), et se divise en quatre chapitres pour raconter quatre semaines ; de combien sont-elles éloignées les unes des autres, se suivent-elles d'affilé, dur à dire. L'auteur ne nous raconte jamais deux fois la même chose et ces chapitres permettent en réalité de présenter des aspects différents de la vie en usine : les accidents de travail, la solidarité des hommes et l'humour nécessaire à survivre sous une hiérarchie impitoyable, le vieillissement précoce et la chair marquée à vie, les maladies, les morts en usine et la cérémonie funéraire traditionnelle pour leur rendre hommage, la grève et le soulèvement face à la direction, les destins qui cherchent à fuir ce travail oppressant mais y reviennent inexorablement... la tentative de suicide... la démission, l'adieu à l'usine, la nostalgie malgré tout.
L'auteur parle à la fin, pour la première fois, à la première personne, et non plus à la troisième (ce roman est d'inspiration biographique) ; il a fini d'écrire, il n'a plus besoin de se distancer ; il revient devant les lieux de son ancien travail une dernière fois. Difficile de ne pas avoir la gorge serré à la fin de ce livre, ni d'oublier la fortitude dont font preuve ces hommes pour ne pas briser et trouver face à la pression constante un exutoire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
ignatus-reilly
  04 novembre 2010
Comment décrire ce livre? C'est assez difficile en fait.
Le sujet : une usine en banlieue parisienne et un ouvrier.
Ce livre nous raconte le quotidien de la vie en usine, le bruit, la poussière, les machines,la grève, la mort, l' accident, la déprime, la dépression et l'ennui surtout l'ennui. le temps figé, monotone, les tâches tellement répétitives que le moindre incident créé une distraction bienvenue.
A la fin du roman, le narrateur revient sur les lieux après avoir démissionné. Fraîchement débarqué à Paris, c'était son premier job trouvé par le biais d'une boîte d'interim.
L'écriture est très particulière, la syntaxe aussi. Ce qui se passe dans ce livre pourrait se passer en une journée ou en cent ans. Tout se passe et rien ne se passe pourtant. En plongeant dans le coeur de l'usine, c'est dans sa non-vie que nous nous trouvons immergé, le vide jusqu'à l'écoeurement.
Commenter  J’apprécie          40

critiques presse (1)
Telerama   14 septembre 2011
Sortie d'usine, premier roman de François Bon, reste une oeuvre qui saisit le lecteur, portée par une écriture tendue, à l'image d'un quotidien sans perspective.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
jsjs   07 octobre 2011
Il y aurait eu à en raconter sur ces gars vites expédiés, la rentabilité n’avait pas beau jeu devant le conforme pendant les trois mois de la période d’essai, et comment on s’y prenait tous ensemble et sans qu’aucun directement pas même le chef ne s’en mêle, les tours de main, les combines, les trucs du boulot qui ne se donnaient pas, les ratés loupés que le gars prenait sur la gueule, le surnom comme une claque, cela diffus dans le rang, les riens. Le jeu bouffonnant des dialogues à voix de châtrés était cette activité d’un ordre assimilé, intériorisé, et dès la veste dépouillée pour le bleu la blouse, c’est la civilité qu’on laissait au vestiaire comme au feu rouge pour une inattention une vitre à côté se baisse et passe une tête rougeaude qui crie eh pédé, la parole la plus ordinaire était traversée de cet abcès abêti, usé à la trame. Mais ces correspondances entre ordre et obscène, les décrire aurait été en fin de compte laisser beau jeu à l’ordre établi qui décèlerait toujours dans le dit le pas tout à fait vrai, le qui veut démontrer exagère, elles fuyaient sous les mots, multiplement présentes, mais aussi fragilement que ces pages enlevées aux magazines pesaient peu face aux tonnes de la machine qui s’en parait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ignatus-reillyignatus-reilly   04 novembre 2010
Tout : l'outil, l'acier, le cri, moteurs, air comprimé, tout ce qui était susceptible de manifestations bruyantes, dans cette seule condition de libérer une sonorité qui ne soit pas en deçà du bruit général mais atteigne l'intenable où cela commence vraiment à faire mal. Non pas un instrument de plus dans le tohu-bohu général, mais un bris du son même dont la règle n'était que de l'en faire jaillir à l'excès dans la provocation sans limite des choses.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
ignatus-reillyignatus-reilly   04 novembre 2010
Et la meilleure des résistances, au bout du compte, même pour qui se refusait à cette simagrée peu orthodoxe, le défilement du cadavre, pour qui méprisait ce jeu du mausolée, était bien de faire encore plus de bruit que les autres, quitte à en rire ouvertement, ne serait-ce que pour se maintenir dans le délire agressif des bruits tout au long du Passage.
Commenter  J’apprécie          20
ignatus-reillyignatus-reilly   05 novembre 2010
Arrêt, huit quinze jours, le toubib refusera pas. Et si celui-ci refuse il ira chez un autre, plutôt paumer les cinquante balles le premier aura lui paumé un client. Et il lui faudrait à nouveau prendre des trucs à faire dormir, la même ordonnance que d'habitude, une pour le grippe une pour la déprime il les connaissait avec même les variantes, par cœur. Autant en faire collection. Sans oublier les vitamines pour se regonfler se requinquer, se réconcilier avec la vie quotidienne dirait le maitre de l'art. [...]
Reposez-vous bien dirait-il. Non, pas possible de revenir demain, continuer dans cet état. Depuis la première fois qu'il s'était évanoui, trois de ça, qu'on lui avait raconté ses crises, la nuit raide accroché aux montants du lit, une force paraît-il on ne pouvait le retenir quand il se cognait le crâne contre Avant de retomber dans des soubresauts, des crampes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
brigetounbrigetoun   05 novembre 2011
Comme éviter parfois de se salir une main c’est un jeu pour y retrouver sur le tard, le plus tard possible, l’odeur sous un ongle du plaisir. La pensée incessante et qui n’a pas le droit d’interrompre le métier des gestes réglés, positionner sur la machine la pièce, serrer les écrous : un tour de clé suivant les diagonales, puis un quart de tour encore partout, à bloquer. Lever la table, la main gauche sur le volant lourd, la droite sur la manette plus étroite de l’avance transverse, faire tangenter. Un crissement, une fumée vaguement bleue, un goût de graisse brûlée, l’acier blanchi brille par-delà sa peau oxydée. Reculer la table, régler le vernier la profondeur de passe on y voit mal, les divisions sales sous la lampe jaune, toute la journée, dont le bras vert articulé ne tient pas en place, enclencher l’automatisme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Lire un extrait
Videos de François Bon (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Bon
François Bon - L'incendie du Hilton .Le 22 novembre 2008, en pleine nuit, alerte incendie au Hilton Montréal. Quinze étages plus bas, sur trois niveaux souterrains, le Salon du livre. Les écrivains logés là, les footballeurs professionnels de la Gray Cup sont parmi les 800 personnes évacuées dans les couloirs du métro, une patinoire vide et le Tim Hortons, le bar de la gare centrale. Soudain la ville et ses buildings vus à l'envers, depuis les coulisses. Et tous ces livres dans le sous-sol vide. Construire les quatre heures d'un récit qui se tiendrait au plus près des quatre heures à errer dans la nuit, de 1h50 à 5h50 exactement, entre rencontres réelles ou rêvées, et l'idée renversée de la ville. Un incendie dans le livre ?Après Daewoo (2004), voici le grand retour de François Bon au roman.
+ Lire la suite
autres livres classés : ouvrierVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
1959 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre