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EAN : 9782253115663
219 pages
Le Livre de Poche (18/04/2007)
3.14/5   35 notes
Résumé :
Consciente d'être parvenue à un tournant de sa vie, Sarah a trouvé refuge dans une villa de la Belle Époque, sur les hauteurs d'Arcachon. La maison, à la chaleur de serre, la fascine. Entourée d'un paysage délavé de gris, Sarah se prend à rêver des passions et des fièvres dont la Ville a été jadis le théâtre. Quel mystère hante la villa Teresa ? Un poète italien du siècle dernier, une Russe à la beauté inquiétante, un bibliophile expert en curiosa érotiques, une ado... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Voici une lubie que je n'ai toujours pas réalisé , dormir un soir dans la ville d'hiver à Arcachon, ce lieu ayant toujours été source d'attraction, d'aspiration aux rêveries d'une vie d'antan.
Certains univers sont propices à l'évasion, au retour à ses propres sources, et comme le personnage du roman, je me souviens d'un jour , me baladant, le nez au vent devant tant de beauté, avoir entendu un air de jazz sorti par enchantement de nulle part et qui a fait de moi pour quelques instants une aristocrate en cure à Arcachon.
C'est un peu ce que nous raconte Dominique Bona, Sarah, la quarantaine, journaliste dans un magazine d'Art , voit sa vie basculer. Perte de son emploi et de son dernier petit ami, elle vient pour quelques jours s'installer dans la « Villa Teresa » , au coeur de la ville haute d'Arcachon. Bercé par le silence des lieux, elle explore chaque pièce dans l'idée de découvrir qui fut cette Teresa , suffisamment envoûtante pour qu'on donne son nom à cette maison, et le comte Iffla Horus, propriétaire des lieux. Horus, comte et égyptien, tout cela est bien intriguant et c'est là toute la saveur du roman.
Sarah, au fil de ses rencontres avec le libraire, le pharmacien à la retraite, collectionneur de Curiosa (livres érotiques ), et André ,un russe noyé dans son passé, déroule le fil des existences du passé. Et nous voilà plongé dans les amours romanesques du poète Gabriele d'Annunzio, qui s'installa au Moulleau, pour échapper à la passion dévorante de la sublime Goloubeff. Incandescente amoureuse , dont les seins sublimes furent sculptés par Rodin, et qui escalade les grilles de la villa pour exhorter Gabriel à la rejoindre, jetant la stupeur et la colère dans le quartier chaste de l'époque. Quel plaisir de voguer entre ses personnages, Romaine Brooks, l'amante américaine au corps de garçon, le poète D Annunzio ,volubile dans l'amour, Natalia la sensuelle comtesse russe qui finit ruinée dans les rues parisiennes, Teresa la sublime tuberculeuse et son amoureux éploré Horus. Faire revivre la Belle époque d'Arcachon, voilà le talent de ce roman, mais la partie contemporaine affadit la lecture. C'est pas grave, le reste vaut vraiment le détour, amis bordelais ou amoureux du bassin d'Arcachon laissez vous tenter par la magie des lieux et moi cette année, c'est juré, je me paie ma nuit dans la mythique ville d'hiver.
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La ville d'Hiver est l'un des quatre quartiers d'Arcachon, divisée en "Ville de printemps" - "Ville d'automne" - "Ville d'été" - "Ville d'hiver". C'est dans cette section de la ville que se situe la luxueuse Villa Teresa. On peut en trouver sur le net des photos à profusion. Dominique Bona l'a choisie comme personnage principal de son roman un peu triste et mélancolique. Sarah, parisienne, approchant la cinquantaine, vient y passer quelques jours pour soigner son vague à l'âme après une rupture sentimentale et surtout professionnelle.

Le roman s'ouvre sur un prologue où l'auteur s'attache à décrire le lieu, particulièrement les cyprès et un palmier qui entourent la villa, avec un parfum de citron dans l'air ambiant. Son écriture emporte d'emblée, et on ne peut qu'être séduit par le charme évoqué.

Bien sur, son protagoniste ne va pas se laisser aller à l'oisiveté. Elle est curieuse. Elle est journaliste. L'endroit fait aussi écho à un épisode de sa jeunesse. Elle va chercher des informations et se documenter sur la ville et son histoire, et les personnages qui ont séjourné dans la villa. Elle commence par dépoussiérer la bibliothèque. Mais c'est une autre bibliothèque, celle du pharmacien collectionneur de livres anciens, qui lui est utile, car elle recèle des documents sur la ville d'hiver et la villa Teresa.

D'Annunzio compte au nombre des personnalités qui y ont séjourné. Sarah est séduite. Elle est aussi fascinée par d'autres figures de la ville, telle que l'étrange et mélancolique Eva, ex-femme du pharmacien, Maréchal.

L'écriture, agréable et fluide, s'accompagne d'un humour subtil, présent par exemple, dans le portrait du pharmacien ou de D'Annunzio en pyjama. Elle est aussi emplie de sensualité et souvent un peu canaille. Ce sont là des aspects de la personnalité de Sarah – plutôt aventurière en amour-, auxquels fait écho la vie turbulente de D'Annunzio. Quelques éléments énigmatiques viennent ponctuer le récit et y semer un certain suspense : l'air d'Aïda que Sarah entend sans savoir d'où provient la musique, la silhouette adolescente d'une anorexique aperçue dans la ville, et surtout Teresa, l'inconnue qui a donné son nom à la villa. L'auteur s'est efforcée de donner à son roman une dimension d'enquête presque policière.

Sarah ne se cantonne pas aux bibliothèques ou à la fastueuse chambre de la villa. Elle part en excursion au Pyla. Cela donne lieu à de superbes descriptions où se mêlent océan et pinèdes. Dans l'ensemble, La ville d'Hiver est un roman plein de sensualité mêlée à une certaine morbidité – Arcachon a été conçue comme une ville sanatorium à une époque où la maladie était incurable. Il porte un style très féminin, léger, romantique, qui flirte avec la «chick lit», mais quelque peu désabusé. Son intérêt réside surtout dans la quantité d'informations qu'il réunit sur la ville d'Arcachon et son histoire.
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Je me suis laissée embarquer dans l'histoire de la Villa Teresa avec beaucoup de plaisir.
A la suite d'un licenciement, Sarah quitte Paris pour la Ville d'Hiver, soit Arcachon, ville réputée pour soigner les tuberculeux. Elle se réfugie à la Villa Teresa où elle n'a de cesse de découvrir ses secrets.
Au fil des pages, Dominique Bona nous fait remonter le temps et nous conduit à la Belle Epoque où un auteur italien D'Annunzio enchaîne les conquêtes féminines, dont la Goloubeff, une russe éperdument éprise de D'Annunzio au point de le harceler après qu'il l'ait quittée.
Le style m'a fait penser à une recherche sur une époque et des personnes comme Dominique Bona doit le faire quand elle écrit ses biographies. le roman est découpé en trois parties.
Dans la première, le décor est planté d'où de nombreuses descriptions.
La deuxième partie fait la part belle aux recherches effectuées par Sarah pour découvrir le passé de D'Annunzio et les éventuels liens avec Teresa qui a donné son nom à la villa où séjourne Sarah.
La dernière partie est la plus rythmée. Les différents secrets sont enfin dévoilés.

J'ai eu plaisir à lire ce livre. Les amoureux de la nature, de la mer et des oiseaux se régaleront. Je me suis attachée aux personnages, notamment à Sarah pour laquelle j'ai éprouvé beaucoup de compassion. J'avais hâte de poursuivre ma lecture pour découvrir la suite et la chute.

Un bon moment de lecture en compagnie de Dominique Bona de l'Académie Française.
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Quelle mystère hante la villa Thérésa à Arcachon où s'est réfugiée Sarah pour échapper au spleen de la quarantaine?
Cette villa du style belle épôque a accueilli jadis des malades atteints de tuberculose . Ce fut un lieu de passions et de perditions. Ce fut surtout le lieu des amours du grand poëte italien D'Annunzio.
Une narration quelque peu allanguie mais captivante où le .passé se mèle avec suspense au présent .
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Sarah, une femme nostalgique d'un grand amour perdu et lasse des amours sans lendemain se réfugie dans la maison « Teresa » située dans une ville de soins pour tuberculeux près d'Arcachon. Teresa est le point de départ d'une enquête pour connaître les anciens habitants de ces lieux, qui mènera notamment l'enquêtrice sur les traces du poète D Annunzio qui a séjourné dans la région, entouré de ses maîtresses. On fait aussi la connaissance de divers personnages rencontrés par Sarah, dont notamment un certain André V., un russe énigmatique dont elle s'éprendra.
La lecture de « Mes vies secrètes » de Dominique Bona, dont j'ai lu quasiment toutes les biographies, m'a donné envie de lire ce roman, que j'ai justement davantage apprécié à la lumière des explications, des sources et des révélations faites dans « Mes vies secrètes ». Par exemple, le personnage du pharmacien collectionneur de livres rares et photos érotiques de l'époque de Pierre Louÿs est inspiré par un vrai « Docteur Fleury » qui s'est reconnu dans le personnage et qui a tenu grief à l'auteur de l'avoir dépeint sous une facette peu flatteuse ou en tout cas erronée de sa personnalité. Dominique Bona s'en excuse dans « Mes vies secrètes ». Riche de cette information, on savoure d'autant plus le récit fait autour de ce personnage.
Ce que j'ai également trouvé passionnant dans la lecture de ce roman, en marge du roman finalement, ce sont tous les indices sans doute personnels et autobiographiques que distille l'auteur Dominique Bona à travers le personnage principal de Sarah. J'ai considéré que Dominique Bona se cachait derrière Sarah, et du coup je me suis posé mille questions, tel un biographe de Dominique Bona, pour deviner si telle révélation sur la vie intérieure et extérieure de Sarah était pure invention romanesque ou au contraire élément déguisé de la vie personnelle de l'auteur.
Dernier point, pour ceux qui ont lu et s'intéressent aux biographies de Dominique Bona et aux biographies en général, ce roman ne fait pas exception et peut être considéré comme un morceau de la biographie du poète D'Annunzio et de certaines de ses maîtresses (la Brooks, la Goloubeff notamment).

Donc, une lecture très intéressante et éclairante pour moi.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Pendant la semaine où elle donna l'assaut, la Goloubeff ne laissa aucun répit à D'Annunzio. Elle le harcela même la nuit, escortée par des flambeaux! Son tapage réveillait le quartier. D'accès de colère et de désespoir en crises d'hystérie, elle finit par inquiéter son proche entourage, c'est à dire la demi-douzaine de domestiques qui la suivaient partout. Ils alertèrent le vieux comte de Goloubeff. Eminent orientaliste, collectionneur de miniatures, le mari vient lui-même chercher son épouse pour la ramener à Paris, avenue du Bois. Du somptueux hotel qu'ils habitaient, la comtesse adressaient des billets éplorés que Sarah avait commencé à lire dans le cabinet de Bernard Maréchal. Elle les signait Natalia, de son prénom de naissance, ou Donatella, de celui que lui avait choisi le poète.
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* D’une nature gourmande et plutôt spontanée, elle refusait rarement les aventures, surtout quand elle les devinait sans conséquences. Pour avoir vécu déjà des amours compliquées et douloureuses elle ne prisait rien comme ces étreintes simplement physiques, la chaleur et la force du corps des hommes. Elle s’attachait le moins possible. Préférait garder avec quelques-uns des amitiés amoureuses, s’ils le voulaient bien, et se protéger des autres, quand trop de sentiments venaient alourdir les liens. Elle fuyait alors d’instinct : les baisers, les gestes, les mots tendres n’avaient plus le pouvoir de la retenir. Il lui arrivait quelquefois de laisser se prolonger un peu une aventure, au risque de la voir s’ancrer dans des habitudes, par faiblesse pensait-elle, par compatibilité des peaux ou par un étrange envoûtement des sens, quand le compagnon d’une nuit de passage savait tout à coup lui rendre la solitude insupportable.

* Aimer la rendait vulnérable.

* Une fois la rupture consommée, le détachement s’opérait avec une extraordinaire fluidité ; ils s’effaçaient. Vincent, elle n’en doutait pas, finirait lui aussi dans ce puits noir où elle mettait tant de hâte à voir disparaître ce qui la blessait. Trop de liaisons passagères, souvent décevantes, avaient meublé le vide. Le vide incomblable de toute sa vie.

* Des émotions, bien sûr elle en avait eu. Des sentiments aussi. De la volupté, encore et toujours. Mais cette violence de l’amour. Cette force qui arrache à soi-même. Cette impression d’être immortelle… Elle ne les avait plus jamais éprouvées.
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La maison, vaste comme une cathédrale, n'était pas la sienne. On la lui avait prêtée. C'était une folie de la Belle Epoque, classée monument historique comme toutes celles qui l'entouraient – une centaines de villas baroques quand elles n'étaient pas insensées. Avec un immense toit d'ardoises à bordures crénelées, des balcons à balustre et un porche d'entrée si large, si haut qu'il aurait pu accueillir toute une caravane, elle s'insérait dans un ensemble uniformément fin de siècle, telle la pièce d'un gigantesque puzzle. L'architecte qui l'avait dessinée, ennemi des formes simples, avait laissé libre cours à son imagination et abusé des ornements qui plaisaient sous Napoléon III. Des gargouilles, dignes de Notre-Dame de Paris, décoraient les gouttières.
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Il y a un envoûtement dans la lecture des vieux papiers. A condition de pouvoir s'y consacrer, le temps s'arrête, les soucis s'éloignent ; il se crée une mystérieuse intimité avec des personnages qu'on n' a pas connus mais qui finissent par prendre une place plus importante que les vivants. Leur monde devient votre monde, leurs vies vos vies. C'est un sentiment confortable, car on n'a plus d'heures ni d'obligations extérieures, tout ce qui était jusque là si important pour vous s'efface, et il n'existe plus rien que ces lettres, ces documents...
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Bernard qui avait d'abord cru la séduire avec la vie luxueuse et protégée qu'il lui offrait avait fini par comprendre qu’Éva demandait autre chose. Des échappées. Des envolées. Des rêves. tout ce qu'il y a de plus difficile à exaucer. Elle même ne réclamait jamais rien mais, si gentille fût-elle avec tout le monde, on la sentait insatisfaite. Pleine de désirs inexprimés qui finissent par mettre de la tristesse dans les atmosphères les plus unies et harmonieuses. Quelque chose n'allait pas.
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Les Partisans : Kessel et Druon une histoire de famille de Dominique Bona aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/les-partisans-kessel-et-druon-une-histoire-de-famille.html • Stefan Zweig de Dominique Bona aux éditions Tempus https://www.lagriffenoire.com/stefan-zweig-l-ami-blesse.html • • • Chinez & découvrez nos livres coups d'coeur dans notre librairie en ligne lagriffenoire.com • Notre chaîne Youtube : Griffenoiretv • Notre Newsletter https://www.lagriffenoire.com/?fond=n... • Vos libraires passionnés, Gérard Collard & Jean-Edgar Casel • • • #lagriffenoire #bookish #bookgeek #bookhoarder #igbooks #bookstagram #instabook #booklover #novel #lire #livres #conseillecture #editionsgallimard #editionstempus
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