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EAN : 9782072883446
336 pages
Éditeur : Gallimard (12/11/2020)
3.77/5   65 notes
Résumé :
Dans un récit intime en forme de confession, Dominique Bona retrace sa vie d’écrivain, à la fois romancière et biographe. Elle dévoile ses émotions, ses sentiments et les rencontres qui ont construit sa propre identité.
Romain Gary, Berthe Morisot, Gala Dalí, Stefan Zweig, Camille Claudel, Colette : elle raconte la part cachée de ses livres, les enquêtes pleines de risques et d’embûches, les coups de foudre, les hasards et les désillusions qui ont fait de cha... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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enjie77
  27 novembre 2020
« Je n'invente rien dans mes biographies. Je ne m'interdis pas le romanesque, mais je le tire de la vie de mes personnages. Je m'attache à leur magie. Je ne comble pas les vides qui sont inévitables pour le chercheur le plus appliqué et le plus aguerri. Je fuis les dialogues fictifs : quand les personnages parlent, ce sont les mots qu'ils ont prononcés ou écrits et dont j'ai retrouvé la trace. »
« le biographe se donne pour mission d'aller aussi loin que possible dans la découverte du personnage, dans son intimité profonde, cachée. Mais il demeure et demeurera toujours en deçà de l'inaccessible secret de chacun".
J'ai une attirance pour les biographies. Ce n'est pas du voyeurisme, enfin je ne le crois pas, ni le besoin de vivre par procuration, surement pas, mais c'est plutôt de l'intérêt pour les personnalités qui m'attirent, une façon de me les approprier, de pénétrer leur intimité, comme si je pouvais prétendre à faire partie de leur entourage. Je pousse une porte et je suis invitée à écouter, à partager le vécu comme l'inconnu même si cela n'est qu'illusoire.
Le risque d'une biographie, c'est qu'elle soit soporifique. Je garde un mauvais souvenir du Victor Hugo d'Alain Decaux alors que ce dernier était un passionnant conteur. Une biographie s'écrit avec le coeur, l'intellect vient au second plan pour ne pas faire barrage aux émotions.
L'enthousiasme, l'embrasement, doit présider au choix du personnage si l'on veut écrire son histoire. C'est ce que j'aime chez Dominique Bona, son écriture regorge d'amour, d'intérêt, de passion pour ses sujets. C'est une « jusqu'au-boutiste dans sa quête». J'aime son écriture que je trouve d'une grande sensibilité, à fleur de texte pourrais-je dire. C'est avec un respect et un art subtil qu'elle pénètre l'intimité de ses personnages sans jamais tomber dans le grossier. Il y a un petit moment que je la lis et j'ai l'impression que nous sommes devenues amies au fil du temps de la lecture.
Dans « Mes Vies Secrètes », outre une promenade et de beaux souvenirs dans le monde de l'édition, elle décrit parfaitement le travail titanesque d'un véritable biographe. Sa quête est assez impressionnante lorsque l'on mesure le temps et les démarches qu'elle consacre à ses sujets. Elle tient impérativement à rester au plus près de la vérité, ce qui lui demande une grande rigueur intellectuelle afin de ne pas se disperser, ceci au risque de perdre son lecteur. Mais que de moments intenses lui sont réservés lorsqu'elle fouille dans les boîtes à trésor d'où émerge toute une correspondance. Imaginez-vous tenir, entre vos mains, la lettre de Berthe Morisot qu'elle a eu la force d'écrire à sa fille Julie avant de mourir ! Dominique Bona commence ses confidences avec une déclaration d'amour à Romain Gary. IL ne m'en fallait pas plus pour me retrouver sous l'emprise de son écriture. Je la comprenais tellement. Nous étions sur la même longueur d'ondes une fois de plus. Dominique Bona chemine, pas à pas, sur les itinéraires suivis par ses personnages. Elle se rend dans leur maison, leur appartement, dans tous les lieux qu'ils ont visités. Elle possède les qualités d'un fin limier, elle hume les odeurs du passé, elle s'en imprègne de ces effluves, un peu comme une émanation qui pourrait lui donner une indication, lui avouer un secret. Elle tire un fil d'une pelote de souvenirs tissée d'amitié, d'amours, de personnages rencontrés comme Gala Dali qu'elle a connu à quinze ans à Cadaquès et elle s'aperçoit que tous ses sujets sont reliés entre eux, un peu comme une chaîne à travers le temps ou lorsqu'un ami vous présente un ami qui lui-même vous parle d'un autre ami.
Quand elle relate sa visite à Salzbourg, sur les pas de Zweig, ses déambulations et ses rencontres en font un récit poignant et éloquent. C'est la biographie de Zweig qui m'a révélé cette académicienne discrète. Elle s'était tellement glissée dans la peau de Zweig que j'avais eu l'impression qu'elle était devenue Zweig. La citation que j'ai mise en ligne est particulièrement évocatrice. Il en est de même du chapitre qui relate sa démarche quant à Camille et Paul Claudel. C'est émouvant, douloureux. J'ai pensé à la maman de Charles Juliet dans Lambeaux.
Mais il y a des moments plus toniques, jouissifs comme les visites à Clara Malraux.
En compagnie de Dominique Bona, nous côtoyons du beau monde, Paul Valéry, Jean-Marie Rouart, Maurois, et tant d'autres.
J'ai eu le plaisir de lire certaines de ces biographies. de ce fait, « Mes vies secrètes » a revêtu un attrait supplémentaire à mes yeux. J'ai pu ainsi m'immerger voire assister à la manière dont Dominique Bona choisit, aborde, ses sujets, un peu comme une petite souris. Ma lecture n'en a été que plus attachante. Ce fut un agréable partage, une communion entre Dominique et moi dans la passion de la découverte de nos illustres semblables.
François Nourrissier « Dominique, la biographie…. C'est par là que vous nous livrez les secrets de votre coeur ».
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fanfanouche24
  12 janvier 2019
"(...) Pourquoi la biographie m'avait-elle arrachée au roman ?
Les biographies que j'aimais et qui étaient mes modèles, c'étaient les livres de Mauriac, de Maurois, de Zweig, de Troyat. Des récits vivants et généreux. Des portraits à l'encre sèche, incluant de belles analyses, mais privilégiant la synthèse de tous les éléments soigneusement rassemblés,
dirigés, orchestrés, pour le plaisir de lire et la joie de partager. Avant tout les livres de romanciers, mais des romanciers capables de respecter une vérité qui n'était pas romancée. "(p. 312)
Ravie de cette nouveauté du début d'année 2019... qui m'a fait m'immerger dans le rôle complexe du "BIOGRAPHE" ; Dominique Bona nous relate les multiples raisons, circonstances, rencontres qui l'ont mené sur les chemins de "la Biographie"...en délaissant le genre romanesque...cet ouvrage débute par sa rencontre ultime à 18 ans avec un romancier qui changera sa vie; il s'agit de Romain Gary, dont on lui offrira pour cet anniversaire "Les Racines du ciel"...qui sera un vrai coup de foudre... Des années après, elle débutera son travail de biographe en s'attaquant au Mystère Gary ! Une première aventure des plus émotionnantes !!
Je n'ai pas lu cet ouvrage très vivant de façon linéaire, mais en naviguant vers les personnalités qui m'attiraient le plus.... J'ai donc débuté par le chapitre dédié à Camille Claudel... Une histoire si tragique qu'elle me bouleverse chaque fois avec la même violence... Nous pouvons encore remercier Anne Delbée qui a sorti de l'ombre (dans les années 1980) cette artiste au destin fracassé, avec un premier texte "Une Femme"... Dominique Bona nous apporte de nouveaux éléments des coulisses de cette résurrection et sauvetage des sculptures de Camille, dont les
combats acharnés de sa petite-nièce, Reine-Marie Paris...grâce à qui il existe aujourd'hui un musée qui lui est consacré à Nogent-sur-Seine !
Une dernière longue partie "Les maisons fugitives" , très émouvante sur les maisons d'écrivains, d'artistes, leurs lieux de travail, qui en disent involontairement tant sur eux...
D'ailleurs Dominique Bona explique à quel point il lui est nécessaire à un moment donné d'aller sur les lieux, de sortir des archives, des recherches livresques... pour s'immerger dans les décors eux-mêmes ...pour mieux s'imprégner des vies qu'elle veut restituer, partager !
"Il y a paradoxalement souvent plus de rêve et d'imagination qu'on ne croit dans les vraies vies qu'on raconte. certaines vies sont même si romanesques qu'elles passent les bornes de la crédibilité et qu'on serait gêné de les faire entrer dans un roman. Beaucoup de vies réelles sont un défi à la vraisemblance. Un exemple ? le jeune Malraux s'en allant piller le temple de Banteay Srei à dos de mulet, après avoir commandé une panoplie d'explorateur et des outils de terrassier à la Samaritaine !" (p. 310)
Une lecture des plus plaisantes qui nous plonge dans les affres de la création littéraire, des difficultés, ambiguïtés pour tout travail biographique....Je trouve le titre de ce dernier ouvrage de Dominique Bona, fort bien choisi: " Mes vies secrètes", l'existence de l'écrivain enrichie, augmentée de la vie des artistes qui l'ont inspirée, plongée dans des mystères, des secrets familiaux, amoureux, artistiques !
Réflexions, cheminement d'une biographe confirmée, reconnue prolongée
d'une promenade dans le monde de l'édition parisienne... Un fort joli portrait de la directrice du Mercure de France, Simone Gallimard
[ m'évoquant des souvenirs personnels de mon début de parcours en librairie, ma responsable m'emmenant aux soirées littéraires hebdomadaire de la Grande dame du Mercure... !], un portrait tout en finesse de Jean-Marie Rouart, lors de leur première rencontre,
dans le "nid de l'artiste", l'invitation du Docteur Naquet, gendre d'André
Maurois, pour les archives de son beau-père...
En sus des enthousiasmes premiers de Dominique Bona, il y eut bien sûr des rencontres impromptues, imprévues qui ont offert de nouveaux "sujets" de recherches..., des directions insolites, non préméditées....
Une lecture attachante, sincère d'une romancière et biographe... qui nous immerge dans son univers créatif et son parcours littéraire, humain, très riche !
"Combien de fois ne me suis-je pas dit que Pedro Otzoop [ à propos de Romain Gary ] avait raison, tellement raison : " Une biographie , quelle drôle d'idée ! " pourquoi s'intéresser à la vie des autres, plutôt qu'à la sienne ? Et pourquoi vivre par procuration des vies qui, pour être multiples, fascinantes, passionnées et passionnantes, ne sont pourtant pas la mienne ? "(p. 18)
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Levant
  18 janvier 2021
"Curiosité malsaine ? Obsession Morbide du passé ? Fascination enfantine pour les secrets de famille ?" Dans Mes vies secrètesDominique Bona s'interroge sur son affinité à la rédaction de biographies. Elle en a publié un grand nombre. Un entretien avec François Nourissier la déstabilise. L'éminent critique lui pose la question d'emblée, en guise de salutation : pourquoi avoir abandonné le roman au profit de la biographie ?
Le roman, univers de l'imagination sans frontière, du rêve, de la chimère, genre majeur de la littérature quand la biographie doit se cantonner à la vérité, si ce n'est à l'exactitude. Quelle grandeur dans la restitution d'un parcours de vie, semble l'interroger François Nourissier ?
C'est à cette question que Dominique Bona tente de répondre dans ce très bel ouvrage : Mes vies secrètes. Une partie de la réponse est selon elle dans le choix des personnages qu'elle a fait pour en dresser la biographie. Car, nous fait-elle comprendre, il en est dont la vie est un véritable roman tant la réalité de ce monde semblait ne pas s'imposer à eux. Qu'ils aient été acteurs ou victimes de cette réalité, ils rayonnaient par leur talent à contrer la fatalité ou à composer avec elle. Laissant derrière eux l'illusion d'avoir leurré "les forces de la nuit."
Mes vies Secrètes c'est tout sauf une justification, c'est une biographie des biographies, une biographie de la séduction pour un personnage qui a présidé à chacune de ses entreprises. Avec à chaque fois, selon Dominique Bona, l'espoir d'identifier les ressorts qui ont animé la personne choisie pour qu'il devienne aux yeux du monde un personnage. L'espoir de détecter "ce qui est mystérieux dans une existence, ce qui est en dehors des champs du raisonnement, de la logique." Si "le roman cultive le mentir-vrai … la biographie ne peut pas mentir. Elle repose tout entière sur le vrai ou tente de s'en approcher … ce vrai est le diamant brut du genre, son trésor, son orgueil."
Rédiger une biographie s'apparente à l'art de la sculpture qui à partir du monolithe brut le débarrasse de ses scories, dégrossit, arrache les éclats, affine, polit les formes pour finalement offrir à la lumière les traits du personnage qui se cache au creux du bloc, et restituer ce que le temps à tendance à enrober de la gangue de l'oubli. Sachant bien qu'aussi figurative soit l'oeuvre, le sujet conservera toujours cette part d'ombre que chacun emporte avec lui dans l'au-delà.
Si j'en juge par la qualité de cet ouvrage intimiste de Dominique Bona, j'augure que les biographies de son cru, qu'il m'engage à découvrir, savent restituer plus que l'apparence des sujets qu'elle a choisis pour en dresser le portrait. J'augure qu'à l'instar des oeuvres d'une Camille Claudel - laquelle a fait partie de ses sujets, les biographies de Dominique Bona, plus que restituer le portrait de ses modèles, savent suggérer au lecteur une part de ce mystère qui habite tout un chacun, un mystère d'autant plus ensorcelant que le personnage a fait lui-même de sa vie une oeuvre.
Mais au final, s'intéresser à la vie des autres n'est-ce pas se chercher soi-même dans le miroir de leur destinée ?
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mumuboc
  30 avril 2021
"Pourquoi s'intéresser à la vie des autres, plutôt qu'à la sienne ? Et pourquoi vivre par procuration des vies qui, pour être multiples, fascinantes, passionnées et passionnantes, ne sont pourtant pas la mienne. (p19)"
Mes vies secrètes est la réponse à cette question : un récit autobiographique d'une biographe. le concept est original et m'avait séduit lors de sa sortie et sachant qu'elle avait "fréquenté" des auteur(e)s, artistes, peintres, sculptrice très intimement pour écrire ses biographies et comme c'est un thème, savoir qui se cache sous une plume, un pinceau, cela ne pouvait que m'intéresser.
Et tout commence par Romain Gary, l'Enchanteur, quel beau surnom pour un écrivain qui gardera toujours une part de mystère mais à qui elle voue un amour et une admiration infinis. Et puis elle navigue entre Manet, Camille Claudel, Colette,  Paul Valéry, Berthe Morisot, Stefan Zweig, Malraux à travers Clara , Dali et Gala, André Maurois et ce n'est là qu'un petit échantillon des vies qu'elle a explorées. Hommes et femmes habitent sa mémoire parce que certains hommes ont souvent une femme auprès d'eux qui a joué un rôle prépondérant dans leur carrière, et que certaines femmes ont su se faire une place dans un milieu masculin.
Elle évoque bien sûr ces vies célèbres et lève le voile sur non seulement son de travail de biographe, l'exigence qu'elle en a, par exemple de ne jamais inventer un détail qui transformerait la biographie en biographie romancée, de ses  recherches, rencontres, voyages sur les lieux et dans les maisons où vivaient ces sujets d'études pour conclure sur ce qu'est pour elle un travail de biographe
"Les biographies d'écrivains savent considérer la part de la nuit et c'est pourquoi je les aime, tandis que les biographies romancées, qui dénaturent les deux genres en tâchant de les associer, y entrent de plain-pied, avec une grosse lampe torche, et n'éclairent que les murs vides de leurs propres romances. (p326)"
mais c'est sa manière de lever le voile sur sa propre vie, ses rencontres (je pense à la famille Rouart en particulier qui est une mine de documents et possessions) qui lui ont permis de mener à bien son travail.  Cette femme discrète et trop timide, membre De l'Académie Française, préfère emprunter ces chemins détournés pour finalement parler d'elle sans le faire, pour n'apparaître qu'à travers ceux qu'elle aime et admire, se révéler à travers ceux qui ont peuplé sa vie, ses écrits et ne connaît d'autre moyen qu'à nouveau parler d'eux pour en dire plus sur elle.
Cela se lit comme un roman ou des petites tranches de vies, d'autant plus lorsqu'on est passionné par la littérature ou les arts. J'ai aimé retrouver Romain Gary et ses errances, Camille Claudel (une idole pour moi) et les questionnements de Dominique Bona pour la part d'ombre dans sa relation avec Rodin, Debussy, Paul (son frère) et la misère de la fin de vie mais ressentir également tout l'attachement qu'éprouve l'auteure vis-à-vis de Colette dont elle se sent très proche.
Comme elle le fait très justement remarquer en fin d'ouvrage, j'ai été particulièrement frappée que finalement beaucoup de personnages, de destins se croisaient et se recroisaient dans son oeuvre sans qu'elle en est forcément conscience au début. C'est comme une pelote de vies fil qui se déroule et qui devient un tissu où les existences s'enchevêtrent et rebondissent entre elles, comme des coïncidences qui n'en sont finalement pas, grâce aux liaisons amoureuses, conjugales, amicales et artistiques.
J'ai aimé ses confidences, ses ressentis, ses interrogations parfois quand les réponses n'existaient pas, les visites dans les "maisons fugitives" si importantes pour connaître une personne, s'en imprégner (je confirme), sa narration légère de ce qui pourrait être ennuyeux, rebondissant d'un personnage à une rencontre, d'un événement à un autre.
D'autres vies que la mienne pour vous parler de moi, la biographe, et l'on ressent toute l'exigence qu'elle insuffle à son travail, n'hésitant pas à consulter des montagnes de documents, à se rendre sur les lieux pour s'imprégner de celles-ci mais également des fantômes de ceux qui y ont vécu, qui s'y sont aimés ou affrontés et ces vies sont finalement devenues sa vie, ses Vies secrètes.
J'ai beaucoup aimé et j'ai très envie de découvrir son Romain Gary.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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Bazart
  19 novembre 2020
L'académicienne Dominique Bona est la spécialiste française de la biographie de très grande qualité : .13 biographies, soixante-cinq ans d'émotions et de rencontres , tout cela fait le seul de son livre Mes vies secrètes qui vient de paraitre chez Folio .
Elle explique dans son livre Mes vies secrètes, sorte de mémoire personnelles mélangées à celles de ses céléibrités qu'elle a accompagné, combien la biographie peut parfois être un exercice complexe puisque contrairement à la fiction on est contraints par les épisodes réels et historiques de la vie de son sujet.
Dominique Bona, dévoile avec sincérité et passion la face cachée de ses livres, convoque les grandes figures sur lesquelles elle a écrit, et avec qui elle entretient une relation privilégiée : on a particulièrement aimé les passages sur Paul Valéry, et son grand amour Jeanne Voilier, Stefan Zweig, l'écrivain sans doute le plus secret et le plus mystérieux qu'elle ait jamais lu ou encore le parcours si tortueux de Camille Claudel et sa relation complexe avec frère Paul.
On comprend alors que Dominique Bona ait tant réussi à travers la vie des autres à mieux appréhender et comprendre la sienne.
Un ouvrage passionnant pour qui aime les secrets de fabrication et les petites et les grandes histoires de la grande littérature . Edité chez Folio depuis le 5 novrmbre 2020.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (7)
LaPresse   28 février 2019
Un exercice généreux et captivant à lire, de la part de celle qui occupe aujourd'hui le fauteuil autrefois réservé à Voltaire à l'Académie française.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   25 février 2019
Dominique Bona présente une fascinante plongée dans les souvenirs, les amorces, la méthode, les découvertes et les rencontres qui ont ponctué son travail de biographe.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Actualitte   18 février 2019
Son récit tout en émotion et en finesse, tellement français, nous fait joliment voyager sur l’échiquier des amours et des intrigues, à la recherche du mystère de toute vie.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaCroix   13 janvier 2019
Dévoilant les coulisses de son travail de biographe, l’académicienne Dominique Bona évoque sa vie et relie entre elles les grandes figures qui l’ont inspirée.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro   13 janvier 2019
Une partie de la vie de l'auteur se confond avec son parcours de biographe, ainsi qu'elle le raconte dans son dernier ouvrage.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   10 janvier 2019
Mes vies secrètes, bel et attachant récit/confession de l’académicienne française.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   08 janvier 2019
Connue pour ses travaux de biographe, Dominique Bona se raconte pour la première fois dans un récit détaillant les péripéties de ses traques littéraires. Une merveille...
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
enjie77enjie77   24 novembre 2020
Le suicide de Romain Gary, c'est la détonation d'un coup de feu. Celui de Stefan Zweig, la diffusion silencieuse et dévastatrice d'un poison mortel.
Tous deux ont laissé un message d'adieu à leurs amis, avant de se retirer. Mais autant l'adieu de Gary est sarcastique et se clôt sur un amer '"Je me suis bien amusé, au revoir et merci!" où l'on entend en écho ses personnages les plus ironiques, Gengis Cohn ou Émile Ajar, autant Zweig se montre consolateur et plein d'égards, tandis que la nuit l'enserre.
Je n'ai pas pu écrire sa biographie sans é prouver à chaque instant son emprise, gravée au plus profond. Dès qu'on lit Zweig, la lumière s'éteint, les contours de la réalité s'estompent et c'est une autre réalité qui surgit : celle des rêves dont il a le secret. Le biographe, comme le lecteur, pénètre dans une atmosphère étouffante, hypnotique, et espère une aube qui ne vient pas. J'essayai de démontrer le plus étrange paradoxe de Zweig : tout ce que ce grand neurasthénique écrit a une puissante force de consolation. On se sent immédiatement compris, aimé, absous, grâce à lui. A Vienne, à Salzbourg, à Londres, à Pétropolis, partout où il est passé et où je suis allée le chercher, le paysage s'efface, perd son pittoresque, tout est dépouillé. Ce qui apparaît alors, grâce à cette personnalité poétique et pudique, habitée de sombres visions, c'est un univers qu'on ne soupçonnait pas. Une espèce d'outre-monde où la tendresse circule à flots.

page 151 - C'est pour moi, la biographie la plus inoubliable que j'ai lue tant Dominique Bona s'est identifiée à Zweig.
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enjie77enjie77   25 novembre 2020
Paul Claudel : "Une œuvre de Camille Claudel dans le milieu de l'appartement est, par sa seule forme, de même que ces roches curieuses que collectionnent les Chinois, une espèce de monument de la pensée intérieure, la touffe d'un thème proposé à tous les rêves".

Je n'avais pas du tout l'intention, au départ, d'écrire une biographie de Camille Claudel. D'autres l'avaient écrite avant moi, je ne pensais pas avoir quoi que ce soit à rajouter à ces récits romanesques, à ces portraits émouvants, à ces études de spécialistes de la sculpture du XIXème siècle. J'aimais Camille mais tout le monde l'aimait : la réhabilitation était déjà en cours. Ce que je voulais plutôt tenter, c'était une biographie croisée. Et même entrecroisée ou entrelacée. Une biographie intimement liée du frère et de la sœur.

page 230
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enjie77enjie77   21 novembre 2020
Mon anniversaire qui tombe fin juillet, marquait le départ de certains vers d'autres horizons, le mois d'août nous dispersait. Je retrouvais une relative solitude dans le mas familial, au parfum de pêches et de vignes. Nous avions fêté mes dix-huit ans dans une folie douce et la musique des Rolling Stones. J'avais été comblée de cadeaux : j'ai toujours près de moi, aujourd'hui, le lion en peluche, gardien de la mémoire de mon adolescence heureuse. Et j'ai gardé un autre de ces cadeaux , parce qu'il est lié à moi de la manière la plus mystérieuse et la plus profonde : un petit Poche. Sa couverture n'a jamais fané et ses pages, lues et relues, ont encore le parfum des vacances et de la Méditerranée. Il porte le plus beau des titres de roman : Les Racines du Ciel. Et c'est dans ses pages brûlantes, au goût de sel, que j'ai connu Gary.

J'hésite à prononcer le mot "coup de foudre" parce qu'il est ressassé; banal, à force d'être utilisé à tout propos. Mais c'est pourtant ce que j'ai ressenti, cet été là. La rencontre a été violente, définitive. "Love at first sight". La foudre est tombée sur moi.

Page 22
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fanfanouche24fanfanouche24   11 janvier 2019
Les maisons fugitives

A force de chercher une maison partout, en France et dans le monde, et de ne l'avoir jamais trouvée, ce qui est de mes rêves inassouvis, j'ai fini par adopter celles des personnages dont je racontais la vie. Ils m'ouvraient la porte et me laissaient les clefs- du moins, j'ai voulu croire pour me consoler grâce à eux d'une quête sans fin.
De Majorque à Salsbourg et à Arcachon, jusqu'à la -casa Dali-, je les ai toutes aimées, comme autant d'escales apaisantes et rassurantes qui interrompaient le rude travail de la biographie, ses recherches en terrain aride et la poursuite parfois désespérante du personnage, qui si souvent fugue et se dérobe. Leurs maisons me permettaient de mieux les connaître : les lieux parlent, ils ont même beaucoup à dire sur les êtres qui les ont choisis et habités. (p. 284)
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enjie77enjie77   22 novembre 2020
Ma rencontre avec Romain Gary a pris avec le temps le relief et la couleur des songes. S'il m'est arrivé de croire que je l'avais vraiment, intimement connu, je sais aussi que je l'ai perdu. Il m'arrive de penser à lui, de parler de lui - de ses livres avant tout - comme s'il était vivant. Mais la nuit l'entoure. Une nuit sombre et menaçante, où comme en Afrique, berceau de tous les vaudous, les étoiles sont les âmes des éternels errants.

page 36
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