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ISBN : 2253098922
Éditeur : Le Livre de Poche (29/03/2017)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Ephram Jennings n'a jamais oublié la petite fille aux longues nattes avec qui il s'était aventuré dans la forêt de pins de Liberty, à l'est du Texas. Mais la jeune Ruby a souffert plus qu'on ne saurait l'imaginer. Aussi s'échappe-t-elle dès qu'elle le peut pour aller vers les lumières du New York des années 1950. Si belle et si noire, Ruby se fait rapidement une place au c?ur même de la ville, tout en ne cessant d'espérer croiser sa mère. Lorsqu'un télégramme de sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  10 août 2017
Ce roman est difficile à lire, effrayant parfois, semblable à des visions de fous..
Pourtant l'écriture est brillante, incandescente, lyrique, brutale, incantatoire .
L'auteur nous entraîne dans des initiations proches du merveilleux, nous confronte à des situations où tout bruisse dans une nature où les fantômes frémissent, tout y éveille la terreur et la fascination, l'impensable !
Liberty , petite ville du Texas ressemble à un enfer sur terre.
Les habitants n'ont que Dieu à la bouche, aiment écouter le Dybou, le diable caché au coeur de la forêt de pins ;
Là, vit une communauté noire qui vivote entre l'épicerie, l'église et le bar local, le Blom's Juke, dans une chaleur gluante et suffocante, écrasée par l'héritage ségrégationniste .

Lieu de damnation pour Ruby Bell, une beauté féline à la peau noire, qui durant des années subira humiliations , sévices, viols, prostitution , pédophilie , rien ne lui sera épargné .
On l'a prostituée dès l'âge de six ans , les hommes de sa communauté la violaient à tour de rôle ..
Cette enfant sauvage aux si longues jambes ......
A 18 ans elle s'échappe et s'installe à New- York, et tente de rompre avec ses origines dans la Bohême artistique de l'époque. Mais peut- on rompre avec son passé?
Las! Elle revient on ne sait pourquoi à Liberty en 1974, à l'âge de 45 ans , au pays des enfants martyrs, des forêts hantées et des esprits malfaisants ..
Seul, Ephram, l'innocent , le vieux garçon continue à lui vouer un culte et tente de la sortir de l'enfer , mais quel enfer!
Les rites sataniques des descendants d'esclaves sont d'une hallucinante violence, avides qu'ils sont d'en découdre avec une existence vouée à la misère et l'oppression!
Il faut aimer les récits d'envoûtement , de possessions, de démons, de revenants pour apprécier cette épopée folle, fantastique au coeur du Texas rural.
Un livre bien écrit qui m'a fait penser à l'écriture de Toni-Morrison dans certains ouvrages !
C'est un roman âpre, violent , sorcier, où l'auteur ne nous épargne rien , où la folie est là , sauf à travers le personnage d'Ephram .
À travers les vies tourmentées de Ruby et d'Ephram , un ouvrage dont on sort chamboulé , partagé , entre terreur et fascination .
Impressionnant de beauté et de folie !
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Commenter  J’apprécie          405
horline
  10 décembre 2015
Liberty petite ville du Texas ressemble fort à l’Enfer sur terre, ses habitants ont beau n’avoir que Dieu à la bouche, c’est le Diable qu’ils aiment écouter, buvant aveuglément les paroles empoisonnées de ce dybou caché au cœur de la forêt de pins. Car Liberty est cette bourgade de terminus du chemin de fer où vit une communauté noire miséreuse écrasée par l'héritage ségrégationniste et qui vivote entre l’église, l’épicerie et le Bloom’s Juke le bistrot local. Il suffit d’un prêcheur à la parole éloquente pour transformer ce patelin baigné par une chaleur suffocante en lieu de damnation. Notamment pour Ruby Bell à la beauté incandescente qui, quarante ans durant, subit les pires sévices et humiliations faisant d’elle une victime expiatoire. Prostitution, viols, pédophilie, rien ne lui sera épargné des années trente jusqu’à 1974…

Une prose brillante sublimée par une poésie mystique et animale, une histoire fascinante et émouvante mais un roman asphyxiant qui confisque le souffle. Le récit est celui du désespoir absolu semé de violence, on est confronté à des situations écœurantes avec des personnages d’une puissance terrifiante. Ils se retranchent derrière la Bible lue le jour tout en s’adonnant aux rites vaudous et sataniques la nuit qu’ils se sont appropriés auprès des blancs. Ce qui est intéressant c’est que Cynthia Bond en a fait un détournement de pouvoir : à la manière des membres du KKK, leur exorcisme sensé chasser les démons n’est que l’expression de leur haine et de leurs pires déviances auprès des plus faibles. On prend conscience entre les lignes qu'ils reproduisent ce qu'on leur a fait subir, avec l’idée selon laquelle le pouvoir aussi maigre soit-il et allié ici à la vertu religieuse porte en lui les germes de la tyrannie.
C’est donc un roman dur et âpre à respirer. Mais si on va jusqu’au bout et résiste à la chape de plomb qui pèse sur le texte, on en ressort envoûté, sous le charme de la beauté rêche de la relation difficile entre deux êtres bafoués, la mal-aimée Ruby Bell et le fils du pasteur Ephram Jennings à la bonté indéfectible.
C’est un amour étrange mais il brille comme une maigre lueur dans les ténèbres au cœur de ce roman qui démarre lentement. Le récit obéit à une narration en pointillé, le temps de tisser les liens entre les différents personnages et révéler progressivement une vérité effroyable. Si on s’impatiente de la lenteur du récit, on se retrouve finalement pris au piège d’une construction magistrale et diabolique car, malgré l’horreur et l’ignominie, on se refuse à lâcher les pages de ce roman sombre et éblouissant.
C’est le genre de roman qui laisse un sentiment ambivalent, on est partagé entre l’admiration et le malaise.
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alainmartinez
  08 août 2015
« Ruby » de Cynthia Bond est un livre très difficile à lire.
Un livre aux multiples facettes dont les personnages prennent vie au fil de l'histoire. Même si « Ruby » est bien écrit, la brutalité de l'histoire est difficile à supporter. C'est une histoire de douleur, de souffrance et de lutte pour survivre, mais aussi une histoire sur la puissance de l'amour. L'auteur dépeint d'une manière crue la dévastation que le racisme, la pauvreté et les abus peuvent avoir sur les individus et sur une communauté.
Un livre qui ne laisse pas indifférent.
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doyoulikefrogs
  01 septembre 2017
Ruby n'est pas du tout ce que vous croyez. Ruby est un bijou, un joyau mais de violence et de cruauté. D'ailleurs, je préviens tout de suite le lecteur, ce roman est à éviter si l'on est trop sensible, il est à réserver à un public averti qui n'a pas peur d'être choqué par des scènes horrifiantes. Quoique, qui reste blasé face à ce genre littéraire??........ (je n'irai pas plus loin...à
Parce que Cynthia Bond excelle à décrire l'horreur absolue, la terrifiante destinée de Ruby, une jeune métisse, qui se retrouve poursuivie par un démon, le Dybou. Va-t-elle toute sa vie écouter les voix, écouter le Dybou ? Va-t-elle s'exclure de la société dans laquelle elle est méprisée, haïe ? Alors, malgré le terrible déchaînement de violences décrit dans ce roman, on le lit jusqu'à la fin pour savoir. Savoir ce qu'il adviendra de Ruby...
J'en ressors à la fois dégoûtée et apaisée. Révoltée et rassérénée. Peut-on échapper à son destin ? Peut-on aimer Dieu et exclure l'amour charnel ? Peut-on aimer vraiment quelqu'un tandis que notre vie n'a été faite que de viols constants, de trahisons, de coups, de déceptions en déceptions ? Alors oui, le récit suit les aventures de Ruby, qui tentera de partir vers un jour meilleur, et oui ce récit est bouleversant, mais il est loin d'une épopée héroïque, car autour de Ruby, ce ne sont pas des créatures fantastiques ni des animaux qui font obstacles sur son chemin, non, ce sont des hommes, des femmes, racistes, haineux, idiots, trop pieux, trop bêtes, de vrais monstres à la bestialité exacerbée.
Ce roman possède un certain charme, parce que l'écriture de Cynthia Bond est comme folle, habitée, très travaillée, et par certains côtés, incroyablement imagée. On peut inévitablement la comparer à Toni Morrison, tant elle parvient à éveiller notre intérêt pour cette Ruby dont on déteste la vie et l'entourage.
Bref, je déteste et j'aime ce roman. Les deux à la fois. Parce qu'il me rappelle que notre monde est un réservoir de monstres, qu'il y aura inexorablement un ramassis d'abrutis sur Terre, mais il rappelle aussi que l'écrivain a ce rôle qui l'oblige à décrire le réel, dans sa splendeur comme dans sa sauvagerie et à dénoncer les déviances du Passé.
Ruby, à consommer, avec modération...
Lien : http://www.unefrancaisedansl..
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vinch64
  09 juin 2017
Remué est le premier adjectif qui me vient en tête quand je pense à ce roman. Remué est l'état dans lequel j'étais après en avoir lu les dernières lignes. Ruby n'est pas un livre facile par ses thèmes et par son fil conducteur. L'action se passe au Texas dans la ville de Liberty Township seulement habitée par des afro-américains, la ségrégation étant toujours présente dans les années 70 période durant laquelle se déroule la trame principale du roman. A travers une sorte d'histoire d'amour et les vies tourmentées de Ruby, rendue folle par la monstruosité des hommes, et Ephram, un simple d'esprit, Cynthia Bond ne nous épargnera rien. Dans les 2 premières parties, l'horreur est sous-jacente et jamais évoquée frontalement, certainement pour nous préparer à la monstruosité de la dernière partie. Seul Ephram semble ignorer l'étendu de la cruauté des hommes. Celle-ci va du barbarisme du Ku-Klux-Klan à l'inceste en passant par une sorte de rite vaudou local et le viol d'enfants. Il faut parfois avoir l'estomac bien accroché mais le talent d'écriture de Cynthia Bond fait que rien ne sonne jamais gratuit. Petite lueur d'espoir à travers toute cette violence, l'amour arrive de temps en temps à percer.
Ruby est le premier volet d'une trilogie. Vivement la suite!
J'ai lu ce livre en tant que juré du Livre de Poche 2017.
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Les critiques presse (4)
LeJournaldeQuebec   03 août 2015
Ce roman assez noir dépeignant admirablement le racisme du Sud profond et les ténèbres de la folie, on comprend désormais pourquoi il a rapidement séduit Oprah Winfrey et les lecteurs du New York Times.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LesEchos   24 juin 2015
La folie des hommes, la haine qui l'emporte sur l'amour, sont au centre de ce roman singulier, qui (...) est une œuvre littéraire de toute beauté.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique   27 mai 2015
Un premier roman proprement impressionnant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   27 mai 2015
Une épopée terrifiante dans le Texas profond des rites sataniques et des enfants martyrs. Envoûtant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   26 mai 2016
Puisqu'il n'y avait personne à qui demander des conseils, il inventa. Il commença par lui savonner la tête. D'emblée, ça tourna au noir. Il rinça avec une cruche en faisant couler l'eau dans un seau à part pour ne pas gâcher le bain chaud et propre. Il lui lava la tête une deuxième fois puis il recommença encore et encore. Au septième rinçage l'eau était presque claire. Ses cheveux ressemblaient maintenant à de la laine mouillée, lourde et noire.
Ils commencèrent à chouchoter sous ses doigts. Ils lui montrèrent où les séparer et quoi laisser de côté. Ils lui apprirent à écraser du gingembre sauvage et à le mélanger avec l'huile d'arachide, à tiédir la mixture, à la glisser dans les galeries creusées sous cette effervescence tout en massant du bout des doigts la peau du crâne. Il prit soudain conscience que les cheveux s'étaient adressés à lui toute la journée pendant qu'il faisait le ménage, lui expliquant ce qu'il devait acheter, ce dont ils avaient besoin .
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Annette55Annette55   10 août 2017
"Son père buvait jusqu'au moindre sou que sa mère réussissait à trouver, ce qui le rendait méchant et amorphe, avec des yeux injectés de sang qui n'exprimaient que la haine à l'état pur.....
Jamais il ne se levait pour frapper un enfant, il était trop paresseux pour ça, mais si l'un d'eux avait le malheur de passer trop près de ses mains araignée, il attrapait un bras, une jambe et se mettait à taper avec ce qui lui tombait sous la main- un balai, un bâton, une poêle à frire, un marteau.................."
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   26 mai 2016
Ils l’avaient tous observé avec constance, s'enfoncer dans la folie. Leur inquiétude, mêlée d'une secrète satisfaction, s'était résorbée dans les replis de leurs corps, comme de la vaseline. Au bout d'un certain temps, ils levaient à peine le nez de leurs journaux quand Ruby débarquait. Ils niaient sa présence en baillant ou saluaient sa présence en crachant un jet de jus de tabac.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   26 mai 2016
Elle le prépara dans cette poche de temps qui précède l’aube, quand la nuit vieillissante rassemble ses sombres jupons pour se figer dans l’immobilité. Elle le prépara avec douze œufs frais, encore tièdes et mouchetés de plumes. Elle les lava, elle les cassa, l’un après l’autre, retenant le jaune doré au creux de sa paume tandis que le blanc filait entre ses doigts écartés. Elle les mit dans son saladier de porcelaine à fleurs. Alors qu’on était en 1974, Celia Jennings faisait encore la cuisine sur un poêle à bois, elle montait encore ses blancs d’œuf en neige mousseuse avec un fouet, du muscle et de la patience. Elle utilisait de la vanille pure, le même liquide sucré qu’elle versait dans les bains du samedi soir quand leur père, le révérend Jennings, revenait en ville. Le beurre venait de sa propre baratte, le sucre glace du P & K. Et tandis qu’elle incorporait l’aube, la rosée d’une goutte de sueur vint saler le mélange. Le gâteau, dans le four, leva avec le soleil. Ephram dormait quand le gâteau glissa de son moule, si sucré qu’une croûte s’était formée sur les bords émiettés, si léger que des petits cratères s’étaient dessinés à la surface, si humide qu’à coup sûr, comme cela se passait toujours, il resterait collé entre les trois dents de la fourchette d’argent de sa sœur. Celia Jennings n’utilisait jamais de couteau pour couper son blanc gâteau des anges. « Ce serait comme prendre une hache pour écorcher un lapin », disait-elle toujours. Le gâteau refroidissait lorsque Ephram se réveilla. Il se fixa dans sa forme définitive pendant qu’Ephram se baignait et s’habillait pour démarrer la journée.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   26 mai 2016
Donc Liberty ne dépend ni de l'Amérique, ni de Dieu, de rien. Merde, un endroit qui n'a jamais été baptisé par la loi de personne. [...]
Ce qui explique bien que le Diable l'ait inscrit dans son livre, il y a inscrit beaucoup d'hommes de Liberty, leur âme fait partie de la liste.
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Videos de Cynthia Bond (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cynthia Bond
Cynthia Bond - Ruby .Cynthia Bond vous présente son ouvrage "Ruby" aux éditions Christian Bourgois. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/bond-cynthia-ruby-9782267028720.html Notes de Musique : Serenity de Jason Shaw - Vimeo Music Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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