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ISBN : 2732472514
Éditeur : Editions de la Martinière (05/01/2017)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Anne a été envoyée à Paris pour travailler dans le centre psychiatrique que dirige son oncle. Au début des années soixante, les traitements en sont encore à leurs balbutiements. Anne observe le comportement étrange d’un jeune garçon de 11 ans, Gilles, que tout le monde surnomme "le débile". Elle envoie ses impressions à sa meilleure amie au travers de lettres clandestines. Pourquoi leur correspondance est-elle interdite ? Et pourquoi Anne a-t-elle été forcée de s'él... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  17 juillet 2017
Il est étrange de commencer en 1956, cette fiction, « Le Parfum de l'Hellébore », qui se déroule en milieu hospitalier. L'auteur Cathy Bonidan est vannetaise. En janvier 1955 une épidémie de variole se déclare à Vannes faisant une vingtaine de morts, dont le Dr Grosse. Parmi les victimes plusieurs jeunes filles. L'épidémie sera éteinte grâce à une vaccination de masse sur toute la Bretagne.
Ces faits encore présents dans la mémoire collective soulignent que la médecine en 1956 est très éloignée de celle que nous connaissons.
En 1955 des femmes meurent encore en couche, des enfants meurent en bas âge.
Que dire de la médecine psychiatrique, on lui donnait encore le nom de la maison des Fous, nom que l'on entend parfois en 2017 pour St Avé (56).
les électrochocs sont encore pratiqués dans les années 1970.
Soigner l'autisme ou l'anorexie en 1956, et le guérir était alors aussi improbable que de gravir l'Anapurna sans oxygène. "Dans tout l'asile, on entendait des cris et des plaintes. le personnel semblait traverser les couloirs, sans but, le regard vide et sans plus d'expression que les pensionnaires. de nombreux malades se traînaient au sol et bavait sans que quiconque se soucie de les remettre debout ni de leur essuyer la bouche.p223"
Ainsi la construction du roman en deux époques, apparaît d'une grande finesse, et nous aide à bien comprendre que les premières observations empiriques, ont mis du temps à s'imposer, et que la connaissance de la maladie qui fait le cœur de l'ouvrage, n'était pas totalement explicitée en 1957.
Pour Gilles, autiste, cette lente conquête de l'autonomie a pu se faire grâce à Serge, le jardinier, qui lentement et en dehors de toute contrainte a patiemment réalisé son éducation. Une éducation assise sur les saisons, une éducation ancestrale, charnelle et terrienne. Rien ne presse, silence ça pousse lui dira Serge, ne fait aucun effort, ; dessines dans la terre, avec un râteau comme un pinceau.
Il se dégage du livre de Cathy Bonidan, une grâce, une minuscule légèreté de connivence, dans laquelle Gilles a trouvé une paix intérieure, une aisance, une gestuelle douce et simple qu'il a pu assimiler sans avoir à produire un labeur.
Pourtant comme en regard un autre drame se joue. Une enfant de treize ans, Béatrice, anorexique, était en train de sombrer, les traits se creusant, sa malice désertait son regard, pourquoi ? Son entourage ne comprend pas et aujourd'hui encore le malaise semble être prêt à frapper, ici ou là une jeune fille, face à la même stupeur des soignants.
Béatrice largement adaptée au milieu scolaire réussit ses études, lectrice elle découvre avec bonheur la littérature, mais devant son corps, devant la nourriture son esprit dévisse.
Comme gilles on retrouve Béatrice dans la deuxième partie, on apprendra son destin qui ne laissera qu'un immense point d'interrogation, pourquoi Béatrice s'est laissé glisser dans une détresse insondable.
L'itinéraire de Gilles, est essentiel, c'est l'espoir de vivre, la conquête de la liberté à travers la présence de Serge.

Dire le pourquoi de ce métier d'enseignante, c'est donner du sens à la présence, c'est effacer le trouble, ce sentiment toxique de solitude, cette gangrène inhérente à ceux qui sont tombés dans la spirale de l'anorexie.
Béatrice confrontée à son anorexie, est éprouvée par un manque de vie partagée, de reconnaissance paternelle, de capacité à s'abandonner à des gestes charnels, à son doudou. La priver de livres fut stupide l'encourager à lire dans les bras d'un autre ou d'une autre n'aurait pu que la rattacher à la vie.
« Je viens de fêter mes 14 ans. Quel bel âge, direz-vous ! Et que l'on est entouré d'une famille aimante et attentive.p101
Ce livre nous touche, la souffrance est là présente à fleur de mots.
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MarcelineBodier
  12 novembre 2017
J'ai lu le parfum de l'hellébore parce que la chronique de Yaena (qu'elle m'a signalée, et je l'en remercie encore) m'en a donné l'urgente envie sur Babelio... et j'ai été bouleversée. C'est un livre qui se passe à deux époques successives, fin des années 1950 puis époque actuelle. L'hellébore, c'est l'"herbe aux fous", et le point commun entre les différents personnages des deux époques est un centre psychiatrique pour adolescents : patients hospitalisés, jeune stagiaire, médecins, jardinier, chercheuse en sciences sociales, ouvrier, les personnages et leur entourage (dont je ne vous révèle pas la ou les époques respectives) ont tous un lien avec ce centre, lien qui s'organise autour du fil conducteur d'une jeune fille anorexique qui y a fait un séjour.
Au fur et à mesure de ce roman, on rit, on pleure, on tremble, on se désespère et on espère, en même temps que les personnages. Il est construit d'une manière qui fait résonner les histoires les unes avec les autres, notamment les histoires d'amour, en laissant des parallèles se faire à l'insu des personnages. Je sais bien ce qu'un psychanalyste en dirait : c'est le travail de l'inconscient. Mais je sais aussi ce qu'un lecteur en dit : c'est tout ce qui fait l'épaisseur d'un bon livre... car c'est un bon livre, bien écrit, qui nous fait passer par toutes les émotions.
Mais ce qui m'a frappée aussi, c'est le parallèle désolant entre le tournant qu'a pris la psychiatrie des années 1950 et celui d'aujourd'hui. A la fin des années 1950, les personnages découvrent, accablés, qu'il y a encore des hôpitaux qui laissent les patients à l'abandon, isolés, sans interlocuteurs capables d'écouter ce que dit leur folie, mais déjà assommés de psychotropes, que l'on venait de découvrir. Mais il y avait aussi des centres et des thérapeutes qui essayaient d'écouter, qui étaient attentifs à la relation humaine, qui cherchaient d'autres voies, ce qui était porteur d'espoir : c'est tout le sens du Parfum de l'hellébore. Aujourd'hui, par un bizarre retour de bâton, les patients qui étaient dans ces hôpitaux désastreux peuplent les prisons, les psychotropes ont pris la place que l'on sait dans les hôpitaux, et on ne parle plus de folie mais de troubles (comme si on voulait en évacuer la charge d'angoisse et d'individualité), de lien mais de protocole, d'écoute mais d'évaluation, on ne veut plus briser les chaînes mais enfermer au nom d'une illusion sécuritaire... "On juge du degré de civilisation d'une société à la façon dont elle traite ses fous", disaient les psychiatres de l'après-guerre. L'avons-nous déjà oublié ? le parfum de l'hellébore nous incite à y revenir et à ne surtout pas oublier.
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Hamisoitil
  22 février 2017
Le parfum de l'Hellébore est comme une boite de chocolats à déguster.
Je découvre le synopsis et sais d'avance que je vais passer un merveilleux moment avec tous les personnages qui attendent à l'intérieur. Une plume magnifique, tellement sincère, profonde et émouvante, qu'il m'était presque impossible de m'arrêter, ne serait-ce que pour me prendre un petit en-cas. Tout au long de ma lecture, j'ai ressenti énormément d'émotions. Je me suis sentie si petite, si timide et proche en même temps de tous ces pensionnaires, avec cette sensation d'entrer, malgré moi, dans leur intimité ; mais, ce besoin d'en découvrir plus était là. Faut dire que le sujet principal qui n'est pas anodin du tout était traité et vu différemment dans une époque, les années 60, où les méthodes et pratiques étaient quelques peu différentes d'aujourd'hui. Et c'est donc avec un regard extérieur que je découvre la psychiatrie infantile ; sous l'oeil avisé et d'une volonté exceptionnelle de nos deux héroïnes du roman, Anna et Béatrice, que nous allons suivre à travers un journal intime et sous forme d'échange épistolaire, Gilles, un jeune garçon, autiste, âgé de onze ans, impossible à gérer et Serge, un taciturne jardinier qui préfère rester dans son coin à prendre soin de ses plantes.
Cathy Bonidan a divisé le roman en deux parties. Dans la première partie, nous sommes dans les années 60. On fait la connaissance d'Anne, 18 ans, fille de bonne famille, qui vient de se faire hospitaliser dans le centre psychiatrique où travaille son oncle, directeur. Grosso modo, elle n'est pas malade mais la relation avec ses parents devenait trop conflictuelle, il était donc nécessaire, pour elle, de s'éloigner d'eux. C'est ainsi que la jeune femme, décide de perdre du poids, faisant croire par là, que son problème était anorexique. le subterfuge fonctionne puisqu'elle se fait interner. Sur place, elle fait la connaissance de Béatrice,13 ans, réellement anorexique mais qui n'a pas trop l'air de s'en soucier plus que ça. Toutes les deux vont se lier d'amitié et chacune dans son côté sera dans la phase observation et écriture.
Pis dans l'autre moitié du livre, nous nous retrouvons 60 ans après où nous faisons connaissance de Sophie, une étudiante qui doit terminer sa thèse sur ce centre psychiatrique, avec l'espoir de retrouver des archives, ou peut-être mieux encore.
Pour ma part, je suis réellement admirative de la manière dont l'auteure apporte tout cela : finesse et intelligence. Sophie fera connaissance d'un passé où les destins vont se croiser et faire impact sur sa vie actuelle avec une pointe d'espoir qui viendra, peut-être, sublimer son présent. Pour moi, en tant que lectrice, c'est une véritable claque que je vous recommande !
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Yaena
  21 juillet 2017
Le parfum de l'Hellébore est un roman que l'on peut qualifier de confidentiel. On a l'impression au fil de la lecture de partager des moments d'intimité avec les personnages. Cela tient, entre autre, au choix de l'auteur de raconter cette histoire en utilisant une correspondance et un journal intime, deux formes très personnelles d'écriture. Ces échanges épistolaires nous donnent une place de confident.
Dans la première partie du roman nous découvrons Anne, une jeune fille de bonne famille, qui suite à son comportement, est envoyée en punition chez son oncle à Paris. Ce dernier dirige un hôpital psychiatrique : le centre Falret où Anne va travailler en plus de ses études. Dans les lettres qu'elle rédige à l'attention de sa meilleure amie elle décrit le centre, ses résidents et leurs pathologies. S'ajoutent aux lettres d'Anne, le journal intime de Béatrice, une jeune résidente anorexique à l'intelligence vive. Les deux jeunes filles vont vite se trouver un centre d'intérêt commun : Gilles un jeune patient autiste que personne ne semble pouvoir aider et un jardinier taiseux, véritable homme des bois qui semble pourtant avoir réussi à établir un contact avec le jeune garçon.
Pas de vision globale de cette histoire donc, ni de personnage omniscient mais une même histoire vue à travers les yeux de plusieurs personnages aux personnalités particulièrement réalistes.
Puis l'auteur nous impose une coupure brutale : changement d'époque, de lieu, de décor, de personnages. On revient alors à une construction plus classique : on suit Sophie, le personnage principal de cette deuxième partie. Malgré ce brusque changement de rythme la jonction entre les 2 parties est réussie et la frustration de quitter nos personnages, maintenant familiers, pour une inconnue ne dure pas. Les histoires se croisent et se rejoignent. Notre curiosité est piquée au vif, qu'adviendra-t-il des résidents du centre ? Quelles sont les causes de l'exil de notre héroïne Anne ? Et concernant Sophie quel est ce non-dit dont on devine l'existence ?
Malgré la gravité du sujet abordé ce premier roman de Cathy BONIDAN est une belle réussite. Elle a su traiter le sujet de la maladie mentale avec pudeur et délicatesse. Ce roman nous rappelle que faire preuve d'humanité peut se révéler bien plus efficace que toutes les connaissances scientifiques que l'Homme possède. Et puis en pointillé, distillés subtilement tout au long du roman par petites touches, il y a ces rappels sur la place de la femme dans notre société d'hier et d'aujourd'hui et sur les combats menés.
En résumé un roman construit de manière étonnante mais très habile et un sujet traité avec beaucoup de justesse dans les sentiments, sans voyeurisme ni mièvrerie.
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zazimuth
  06 février 2017
J'ai reçu ce roman dans le cadre de la dernière Masse Critique Babelio et je remercie les éditions De La Martinière (dont je connais surtout le catalogue jeunesse).
Ce roman est construit en deux parties avec un écart de cinq décennies à peu près.
Il débute par le récit de la vie d'une jeune femme et d'une adolescente qui se rencontrent dans l'hôpital psychiatrique dont l'oncle de la jeune femme, Anne, est directeur. Deux points de vue se croisent puisque nous lisons les lettres qu'Anne écrit à son amie Lizzie et le journal intime de l'adolescente anorexique qui s'appelle Béatrice. Toutes deux, intelligentes et aimant écrire, se retrouvent sur un banc du parc et sont intriguées par le plus jeune résident, Gilles, autiste qui ne se laisse pas approcher et ne parle pas mais semble attiré par le travail du jardinier...
La deuxième partie du roman va partir sur les traces d'Anne et de Béatrice par le biais d'une étudiante, Sophie, qui fait des recherches sur les conditions de vie dans les établissements psychiatriques des années 50.
J'ai eu un peu de mal à faire la jonction entre les deux au départ, frustrée de ne pas avoir la fin de l'histoire de Gilles, Béatrice et Anne et n'accrochant pas tellement à Sophie (bien plus aux deux frères dont elle fait connaissance et qui vont la soutenir dans sa démarche).
Mais passé ce petit passage flottant, j'ai trouvé ingénieuse cette manière de clore l'histoire en lui apportant un troisième point de vue sans oublier ce que le regard qu'elle porte sur ces personnes disparues va changer dans la vie de Sophie.
Bref, une très belle lecture (dont je ne trouve pas la couverture très appropriée du coup... alors que son titre se justifie tout à fait).
Lien : http://toutzazimuth.eklablog..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
FleitourFleitour   18 juillet 2017
Dans tout l'asile, on entendait des cris et des plaintes.
Le personnel semblait traverser les couloirs, sans but,
le regard vide et sans plus d'expression que les pensionnaires.
De nombreux malades se traînaient au sol et bavait sans que quiconque se soucie de les remettre debout ni de leur essuyer la bouche.
p 223
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FleitourFleitour   17 juillet 2017
Le malade mental se comporte comme s'il se trouvait dans un trou noir et profond, sans issue, emprisonné là
à la fois à cause de ses angoisses
et à cause de l'indifférence des autres
qu'il ressent comme une hostilité délibérée à son égard.
p 209
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zazimuthzazimuth   06 février 2017
Car le débile du centre doit bientôt partir pour l'asile.
Je ne sais pas vraiment ce que cache ce mot, mais je devine qu'il s'agit d'un lieu dont on ne sort jamais, un endroit qui nie toutes nos angoisses pour en grouper les signes sous une simple appellation : folie. (p.85)
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Vinie1984Vinie1984   03 janvier 2017
Jusqu'à ce jour où tout avait basculé.
Ce n'était pas l'impression de vide que l'on ressent à la mort de quelqu'un, non. C'était le vide de soi. La sensation que l'on a cessé d'être parce que l'on n'existe plus pour la personne qui vous va donné la vie.
Ne plus être l'enfant de sa mère, c'était comme n'être jamais née.
Ne plus avoir d'autre perspective que l'oubli et la maladie, c'était comme être déjà morte.
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zazimuthzazimuth   06 février 2017
J'ai lu que Kanner affirmait que les autistes sont inaptes à développer des relations avec autrui et que Bleuter comparait cette maladie à "un repli sur soi permettant à celui qui en souffre de se détacher du monde réel pour se confiner dans un monde imaginaire..."
Cette théorie a beaucoup amusé Béatrice qui a affirmé que tous les lecteurs de romans, elle comprise, étaient sans aucun doute des autistes ! (p.80)
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