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EAN : 9781090175335
Éditeur : Serge Safran éditeur (07/05/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Un écrivain répond à Adeline, jolie universitaire, qui voudrait lui consacrer une étude : "La littérature se vit avant de s'écrire, venez donc vous promener un peu avec moi.- Oui, entre deux plaisirs !" Il se retrouve pour elle, oubliés dans une malle, des inédits sur un amour ancien, la Sylvie de "Je vous aime si vous voulez", à qui il aura écrit décidément de bien belles choses.
Humour, séduction et, peut-être, nostalgie ...
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Ambages
  15 juin 2016
« Je n'ai jamais écrit une phrase que ce ne soit par esprit de caresse. »
Que dire dans ce petit billet qui puisse refléter la beauté de ce livre ? j'avoue me sentir toute petite après cette lecture. Alain Bonnand laisse une grande place à l'imagination de son lecteur et le pousse à l'enchantement, de par son phrasé, son piquant et sa poésie. Il embarque son lecteur, littéralement. Ce que l'on vient de comprendre en lisant le dernier mot peut être bouleversé avec le mot suivant. Respect pour cette intelligence et cette virtuosité ! « Je t'écris une phrase muette. »
Le fond du roman : l'amour toujours ! c'est magnifique sous sa plume espiègle teintée de nostalgie.
« Quand on a les étoiles pour limite, vouloir aller fouiller derrière, c'est vraiment l'inconscience ! »
Ou quand le fond et la forme se marient à merveille. S'agit-il de découvrir la femme cachée derrière l'homme ? Non, à l'évidence le narrateur nous montre la femme qui lui fait face. Au travers de son ressenti, au travers de son regard d'homme, de son envoûtement et de ses mots qui résonnent en écho aux paroles "muettes" de cette femme, il nous livre son histoire : sa rencontre avec cette femme -grammairienne-, qui en appelle une autre -la petite sorcière- restée sous le scintillement de ses feux d'amour, dans une petite malle. Une étincelle et tout s'embrase. A nouveau. Toujours. Pour notre bonheur et parfois nos regrets.
« Tu m'aimes la veille, j'ai du talent le lendemain : c'est sans espoir. »
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Chrisdu26
  09 juillet 2015
« La littérature doit se vivre avant de s'écrire, et même avant d'être lue : difficile à enseigner, je le conçois. Laissez donc vos étudiants deviner à vos vêtements les danses que vous aimez, ce sera déjà ça de gagné pour eux. »
Impossible de résister à un si bel extrait. C'est exactement ce que j'attends de la littérature : être avalé par le sens des mots, la sensibilité de l'auteur. Il écrit ce qu'une femme a envie d'entendre et c'est ce qui s'est réalisé en lisant ce livre. Alain Bonnand me percute avec des phrases subtiles et pleines d'esprits.

« Rire, se promener, se jouir, se faire la lecture, se ficher bien du reste. Nous sommes libres d'un commencement ou l'autre… »
Certaines histoires nous tiennent par le suspens, le tragique ou bien l'audace. Lire Alain Bonnand, c'est être pris en otage par la délicatesse de son écriture. Je ressens l'émotion, la profondeur, la suggestivité de ses propos et ce qu'il a voulu retranscrire dans la définition même de l'amour et des sentiments. Il nuance, poétise avec élégance libérant, par petite touche, ce côté féminin que chaque homme possède.
« Nous ne devrions pas dire « sexe » entre nous, heureux comme nous sommes déjà de faire plaisir à l'autre. Nous donnerons du plaisir aux mots. Sauf quand nous serons tête-bêche. Nos mots et nos silences tout nus, le roman pas compliqué d'Adeline et Alain.»
Alain, écrivain, referme gentiment la porte au nez d'Adeline, grammairienne et professeur d'université. Elle souhaitait faire un travail d'étude à ses côtés. de mails en mails va naître entre ses deux passionnés une correspondance des plus sensuels toujours sur le point de basculer entre raison et passion. Alain se livre, se délivre et se raconte allant jusqu'à sortir une malle contenant de vieilles lettres relatant une histoire d'amour au doux nom de Sylvie, « La petite sorcière ». Un échange épistolaire séduisant avec une touche d'humour, un brin de passion et de folie. L'auteur a l'art et la manière de nous tenir en équilibre entre fiction et histoire vécue, à nous de choisir ce qui nous sied le mieux.
« La malle, je veux bien, Adeline, mais c'est le présent qui me fait envie, pas le passé…
Et je rêve d'un peu d'effraction de votre part… D'une suite d'exercices libres, rieurs et bénéfiques… de contributions mêlées … »
La plume d'Alain Bonnand, le Bandonéon de Piazzolla, un prélude de Chopin, un poème de Julio Cortázar et me voilà conquise…

Lien : http://marque-pages-buvard-p..
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tilly
  25 mai 2015
— la littérature peut-elle être une arme de séduction non conventionnelle ?
— absolument : quand elle est maniée par Alain Bonnand !
Les titres des livres d'Alain Bonnand sont des énigmes poétiques au grand charme piquant. "La Grammairienne et la Petite Sorcière" (avec les majuscules comme il faut) : voyez, celui-ci ne déroge pas dans le registre sibyllin et délicieusement intriguant.
Or ce titre est aussi tout bêtement l'honnête résultat de la juxtaposition des sous-titres des deux parties qui composent le texte, comme on verra en allant à la table des matières. La grammairienne (un seul chapitre). La petite sorcière (quatre chapitres). Entre les deux une conjonction pour la coordination mais si neutre qu'elle ne dit rien du tout de ce qui lie les deux entités féminines. La quatrième de couverture, tellement parfaite qu'on dirait du Bonnand, vend un petit bout de la mèche.
* la grammairienne et l'écrivain
-— ces temps-ci, ou à peu de chose près
— sous la forme d'une correspondance par mail dont on ne lit que les messages de l'écrivain
D'abord il fait mine de s'étonner un peu qu'une enseignante-chercheuse en littérature s'intéresse à lui. On devine qu'elle insiste. Alors, il lui tend une perche irrésistible : il va retrouver chez lui, pour les lui faire lire, des textes non publiés, oubliés depuis la parution en 2003 de son "Je vous adore si vous voulez", un recueil des lettres de charme adressées en 1990 à Sylvie, jeune correctrice en maison d'édition qui occupait ses pensées nuit et jour, cette année-là. Sylvie l'ensorceleuse très résistante, une petite sorcière aux yeux noirs. Un amour sans le faire, qui aura fait couler beaucoup d'encre du stylo de l'écrivain.
Le narrateur est écrivain, il se prénomme Alain... une lectrice lui écrit, il répond ; les lettres, dit-il parfois, c'est ce qu'il fait de mieux en amour ; d'ailleurs vingt-cinq ans plus tôt il avait inondé de missives et de poèmes une adorée qui résistait.
Voilà Adeline chipée. On le serait à moins, même grammairienne (aux yeux noirs elle aussi), sérieuse mais pas austère. Une confidence entraîne un compliment, une évocation littéraire amène une anecdote bien libre, des promesses de plaisirs dont on entrevoit qu'ils seront moins intellectuels que ceux de la lecture partagée.
Danse avec les mots. Les petits atermoiements, infimes reculades, brefs effarouchements et faibles résistances de la dame, réjouissent et encouragent l'écrivain charmeur qui pousse sans peine son avantage du flirt à l'écrit.
Fin de la première partie. La romance e-épistolaire s'interrompt à la gare TGV Champagne-Ardenne où l'écrivain est venu attendre sa correspondante. Dans son baise-en-ville il aura glissé la sélection d'inédits censément écrits une bonne vingtaine d'années auparavant pour Sylvie, et soigneusement choisis de nos jours pour Adeline. Ce sont ces textes que nous lirons dans la seconde partie.
* la petite sorcière et l'écrivain
— marche arrière : 1990 ; à Paris, Reims et Naples
— quatre chapitres de formes différentes : un récit comme une courte nouvelle, quelques lettres, des notes à la volée, des poèmes
Le premier texte, très-très fitzgeraldien, raconte une première soirée en compagnie de Sylvie à l'occasion d'un cocktail de presse parisien. Alain Bonnand nous perd malicieusement dans le jeu auteur-?-narrateur-?-personnage-?. Plus tôt, l'écrivain (j'ai pas dit l'auteur) expliquait à Adeline qu'en cherchant les poèmes à Sylvie il était tombé sur ce texte qu'il ne se souvenait pas avoir écrit !
“ [...] tout y est dit des péripéties sentimento-littéraires d'une fin d'après-midi de janvier 90. Les noms de lieux gentiment romancés : “ rue du Petit-Édredon, boulevard Jolie-Môme, hôtel Maurice... “, mais un récit exact... ”
Exact, on ne saura jamais... mais cocasse, moqueur, brillant ! Cinématographique aussi. Découpage, mouvements, décors, figurants, silhouettes. Sylvie, la vedette principale, est le plus souvent hors-champ ou en arrière plan. Pourtant, comme le narrateur, on ne voit qu'elle !
Retour à l'épistolaire pour le deuxième morceau. Lettres de 1990, sur papier. Comme elles ne sont pas datées, on ne sait pas trop où elles s'insèrent dans le volume "Je vous adore", mais cela ne gêne en rien. On retrouve le ton inimitable de l'ironiste mélancolieux des premières lettres à Sylvie.
Troisième quart de la deuxième partie : notes brèves censées avoir été accumulées dans un carnet tout exprès équipé par Sylvie pour que son écrivain y note les réflexions, aphorismes, compliments qui lui venaient lors de leurs rencontres. Très poétique et tendre. J'aime particulièrement cette ligne mystérieusement prophétique :
“ Dix, vingt ans de silence ? ”
Pour finir, deux poèmes en prose, deux en vers. Quatre portraits. Ceux dont l'écrivain doutait que Sylvie les ait jamais lu...
Les quatre chapitres de la seconde partie font comme une farandole de miniatures, petites pièces parfaitement formées et ornées, variations de genre sur le thème annoncé par la première partie. Malgré cette structure particulièrement originale, élégamment travaillée, et étroitement reliée à des textes antérieurs, c'est une (fausse ?) impression de légèreté et de facilité qui se dégage à la lecture de la Grammairienne et la Petite Sorcière.
J'allais finir en oubliant que j'ai noté dans un cahier à part les nombreuses références littéraires trouvées dans La Grammairienne parce que j'apprécie que les auteurs que j'aime orientent mes lectures. Pour faire vite, je n'en reporte que deux ici :
Jacques Perret, "Bande à part"
Julio Cortàzar, plutôt qu'un titre (j'en ai déjà lu quelques uns) : son histoire infiniment touchante avec Carol Dunlop, leur voyage en camping-car, Les Autonautes de la Cosmoroute, leur tombe commune à Montparnasse
Julio Cortàzar, paroles de la milonga La Camarada (Hay cama en camarada)
Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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trust_me
  01 juin 2015
« Je tiens à être léger jusque dans le sac à main de mes lectrices ! » (p.62)
Toute l'ambition littéraire d'Alain Bonnand tient dans cette phrase il me semble, et n'y voyez aucune moquerie de ma part, bien au contraire. Il m'avait enchanté avec le délicieux « Il faut jouir Edith » et c'est un vrai plaisir de le retrouver ici dans le même registre épistolaire, certes moins explicitement érotique mais tout aussi agréable à lire.
Une universitaire contacte un écrivain auquel elle voudrait consacrer une étude. Ne souhaitant pas répondre favorablement à sa demande, il n'engage pas moins avec elle une correspondance espiègle, tout en suggestion et qui, à l'évidence, ne laisse pas la jeune femme indifférente…
J'ai adoré retrouver l'esprit d'approche tout en nuance de ce narrateur/charmeur un brin cabot et un brin canaille. Alain Bonnand lance ses filets sans lourdeur, sans gros sabots. Il ramène sa prise (et non pas sa proie, ce n'est pas chasseur) en douceur, en dragueur à l'ancienne, certain de parvenir à ses fins sans jamais avoir l'air d'y toucher.
Une belle écriture, une belle déclaration d'amour aux femmes empreinte d'un soupçon de nostalgie, et une belle leçon de séduction. Comment aurais-je pu ne pas succomber ?

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Chrisdu26Chrisdu26   07 juillet 2015
Je lui soufflai à l'oreille ceci qui me surprît le premier :
Toi, tu as exactement l'âge des femmes que j'aime !
Ah oui ? Et quel âge j'ai ?
Les femmes que j'aime ont quarante-sept ans.
Quarante-sept ou quarante-neuf ?
Quarante-sept, mais je peux faire un effort !
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Chrisdu26Chrisdu26   06 juillet 2015
Je n’ai aucune envie d’apprivoiser qui que ce soit. On sait comment se terminent les apprivoisements.
Rire, se promener, se jouir, se faire la lecture, se ficher bien du reste. Nous sommes libres d’un commencement ou l’autre… Et l’élan, la fantaisie, à notre époque, rien de plus précieux !
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ollevierollevier   21 novembre 2016
Ce cours magistral, donné bras et jambes nus : je ne peux que vous féliciter. Vos étudiants, mis à grande école, vont écrire très bien.
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Vidéo de Alain Bonnand
Diffusé en direct le 22 sept. 2016 (RADIO RCJ) L’invité de Paule-Henriette Levy : Alain Bonnand pour son livre « Damas en hiver » paru chez Lemieux éditeur
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