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EAN : 9782253010111
Fayard (01/01/1971)
4.24/5   34 notes
Résumé :
Qui ose vaincra commence en juin 1940 à Londres où un jeune capitaine de trente ans crée une unité parachutiste dont il est le chef... et le seul soldat. L'épopée se termine en avril 1945 en Hollande quand deux régiments entiers de parachutistes français sautent en avant des lignes alliées pour préparer la mise à mort de l'Allemagne. Entre-temps, ce sont les incroyables péripéties vécues par ces volontaires : le premier saut effectué en opération est l’œuvre d'un st... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
« Le sergent ouvre la trappe et accroche les sangles. Les cinq Français sont assis en rond, les jambes dans le vide. Une lumière rouge s'est allumée, elle passe au vert à 23h41. Bergé se laisse happer par le vide. Derrière lui, le Tac, numéro deux, a l'impression de cogner du talon le casque de son chef, tellement il a hâté son mouvement. Les autres ont suivi à la même cadence.
Les premiers parachutistes alliés à sauter en opération viennent d'être largués au-dessus de l'Europe occupée. »

Il s'agit des capitaine Georges Bergé, lieutenant Petitlaurent, sergent-chef Forman, sergent Joël le Tac, caporal-chef Joseph Renault. Nous sommes à la mi-mars 1941. C'est la première mission réalisée par cette unité créée avec l'accord du général De Gaulle par Bergé en 1940 dont il est le chef et l'unique soldat au départ ! Charge à lui de recruter ensuite des volontaires pour gonfler les rangs. Certains n'auront même pas dix-huit ans et tricheront sur leur âge pour être enrôlés, dotés d'une incroyable détermination à défendre leur patrie et chasser les occupants.

« Ma chère maman, Je t'en supplie, ne me blâme pas, mon sang bout dans mes veines, je rêve de porter un fusil et de m'en servir. J'ai pris cent francs et ma carte d'identité. A dieu vat ! Je veux être Français, Français encore, Français toujours.
Ces quelques mots peuvent sembler naïfs, il faut savoir que lorsque Pierre Léostic les écrivit, il était âgé de quinze ans et huit mois. […] A Londres, il ne fait pas usage de sa carte d'identité. Il ment sur son âge, se vieillit de trois ans. le capitaine Bergé ne met pas en doute l'âge prétendu de Pierre Léostic : le jeune Breton mesure 1,85 m, pèse 80 kilos. C'est un athlète comme le créateur des parachutistes en cherche. Sa maturité est stupéfiante chez un garçon qui n'a pas encore atteint ses seize ans. »

Dans ce roman, Paul Bonnecarrère retrace l'histoire de cette unité d'élite de sa création jusqu'en 1945, ses missions en France et à l'étranger, les hommes qui la composent. Dotés de valeurs qui ont guidé leurs actions, ces hommes vaillants prennent vie sous la plume de l'auteur de sorte qu'il est impossible de ne pas prendre part aux missions à leurs côtés lors de la lecture. Chaque mission décrite comporte le nom de ses soldats et démontre toute l'audace, tout le courage dont ils ont fait preuve sans jamais faillir. Des guerriers. « Qui ose vaincra » est leur devise, celle-ci leur va comme un gant. le récit est parfois stupéfiant tant leur hardiesse portera ses fruits, par des actions menées bien souvent en nombre inférieur voire même très inférieur face aux forces ennemies. L'on ne peut qu'être admiratif devant une telle détermination, être pétri de gratitude envers ces hommes – jeunes – qui ont donné leur vie pour sauver celle des civils, de leur patrie, et parfois de leurs frères d'armes.

L'auteur s'est appuyé sur des recherches de documents et des témoignages pour écrire ce récit de guerre dont on suppose qu'il est très proche de la réalité. Il décrit le déroulement des missions et des combats, il prête des dialogues aux hommes dans un langage qui semble vraiment être le leur, piqué de beaucoup d'humour, des hommes auxquels on s'attache dès les premières lignes.

Le récit est rapide, les aventures et faits d'armes s'enchaînent. C'est une lecture à la fois intense et dense, elle demande un peu de concentration pour s'adapter à chaque nouvelle mission, enregistrer les nombreux noms qui défilent tout au long des pages du livre. Elle m'a demandée de l'attention au point de ne pas pouvoir la faire en une seule ni même deux soirées, d'autant qu'il ne s'agit pas seulement d'une histoire, mais de l'Histoire, en plus de celle des hommes dont certains – beaucoup - n'ont pas survécu. Des morts que l'on pleure à la lecture. On pleure, on souffre avec eux mais on rit aussi avec des dialogues truculents ou les situations cocasses qu'ils vivent parfois.

Une lecture passionnante que j'ai appréciée pour la connaissance de cette page d'Histoire servie par une plume vive, vivante, visuelle. Ce roman rend un bel hommage à tous ces hommes.

Pour ceux qui n'auraient pas vu la citation que j'ai postée, je remets ici le message adressé par le Général de Gaulle aux parachutistes de la France Libre le 6 juin 1953, tant je le trouve très juste en si peu de mots et résume parfaitement ce que contient ce livre :
« Pour les parachutistes, la guerre ce fut le danger, l'audace, l'isolement.
Entre tous, les plus exposés, les plus audacieux, les plus solitaires, ont été ceux de la France Libre.
Coups de main en Crête, en Lybie, en France occupée ; combats de la libération en Bretagne, dans le Centre, dans l'Ardenne ; avant-garde jetée du haut des airs dans la grande bataille du Rhin ; voilà ce qu'ils ont fait, jouant le tout pour le tout, entièrement livrés à eux-mêmes, au milieu des lignes ennemies. Voilà où ils perdirent leurs morts et récoltèrent leur gloire.
Le but fut atteint, la victoire remportée. Maintenant, que la bassesse déferle ! Eux regardent le ciel sans pâlir et la terre sans rougir. »
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Ce livre reprend les faits d'armes, les évènements heureux et malheureux des Français formés par les parachutistes SAS britanniques pendant la seconde guerre mondiale. Grâce à de nombreux échanges avec les survivants de cette épopée ainsi qu'à un travail d'archive méticuleux, l'auteur nous plonge dans l'inimité de ces parachutistes, depuis la formation de ces bataillons et jusqu'à la dernière bataille D Arnhem.
Dans un récit écrit au présent, et où les acteurs semblent d'hier, le lecteur retrouve ce qui a fait de ces soldats au destin extraordinaire les contributeurs valeureux et symboliques de la France combattante. On vit avec eux les tragédies, les peines et les joies. On est surpris par autant d'audace, voire d'impavidité, et de sacrifice.
L'habilité de J.Bonnecarrère à écrire les combats, souhaitant avant tout transmettre le vécu des combattants et non les détails militaires, rend ce livre accessible, facile à lire, et un intéressant complément aux purs faits historiques. On peut regretter un style un peu sec, peu lyrique, mais on reste surpris par les outrances de cette triste époque de la guerre, en bien comme en mal.
Cela ne vaut pas 'par le sang versé', du même auteur, mais sans doute est-ce en raison d'une moindre source d'information.
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Le livre commence en juin 1940 à Londres où un jeune capitaine de trente ans crée une unité parachutiste dont il est le chef... et le seul soldat. L'épopée se termine en avril 1945 en Hollande, quand deux régiments de parachutistes français sautent en avant des lignes alliées pour préparer la mise à mort de l'Allemagne. Entre-temps, le lecteur découvrira les incroyables péripéties de la grande saga des parachutistes du général De Gaulle : en Crète, en Normandie, en Bretagne, etc. Deux opérations influenceront notamment sur le cours de la guerre : le commando de Crète sauvera l'île de Malte et les parachutages en Bretagne empêcheront 150 000 Allemands de déferler sur les plages normandes du débarquement. "Ces hommes sont dangereux, a écrit Hitler. Ils doivent être exterminés sans pitié." Qui ose vaincra est un livre impétueux, brutal, envoûtant comme la guerre.Biographie de l'auteurEngagé volontaire en 1944, à l'âge de 19 ans, au 1er régiment de chasseurs parachutistes, Paul Bonnecarrère a été ensuite, correspondant de guerre en Indochine, à Suez, en Algérie. Il a fait une entrée remarquée en littérature avec Par le sang versé qui obtient, en 1969, le prix Eve-Delacroix. Il poursuit ensuite la série de documents qui l'ont consacré comme le maître incontesté du récit de guerre en France : la Guerre cruelle, Douze légionnaires. En 1973, il aborde le roman avec Rosebud, écrit en collaboration avec Joan Hemingway, puis publie Ultimatum, en 1975, et le Triangle d'or l'année suivante. Paul Bonnecarrère est mort en mars 1977.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
En préface, le message manuscrit du général de Gaulle aux parachutistes de la France Libre :

Pour les parachutistes, la guerre ce fut le danger, l'audace, l'isolement.
Entre tous, les plus exposés, les plus audacieux, les plus solitaires, ont été ceux de la France Libre.
Coups de main en Crête, en Lybie, en France occupée ; combats de la libération en Bretagne, dans le Centre, dans l'Ardenne ; avant-garde jetée du haut des airs dans la grande bataille du Rhin ; voilà ce qu'ils ont fait, jouant le tout pour le tout, entièrement livrés à eux-mêmes, au milieu des lignes ennemies. Voilà où ils perdirent leurs morts et récoltèrent leur gloire.
Le but fut atteint, la victoire remportée. Maintenant, que la bassesse déferle ! Eux regardent le ciel sans pâlir et la terre sans rougir.

Le Général de Gaulle, 6 juin 1953.
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Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.
Donnez-moi ce qu'on ne vous demande jamais.

Je ne vous demande pas le repos,
Ni la tranquillité.
Ni celle de l'âme , ni celle du corps.
Je ne vous demande pas la richesse
Ni le succès, ni même la santé.
Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement
Que vous ne devez plus en avoir.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi ce que l'on vous refuse.
Je veux l'insécurité et l'inquiétude.
Je veux la tourmente et la bagarre
Et que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement.
Que je sois sûr de les avoir toujours,
Car je n'aurai pas toujours le courage
De vous le demander.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.
Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas.
Mais donnez-moi aussi le courage et la force et la foi.

André Zirnheld - Parachutiste SAS mort au champ d'honneur le 27 juillet 1942
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Eugène Maurizur n’est âgé que de vingt-deux ans, mais son tempérament fougueux et exalté l’a, tout naturellement, porté vers la Résistance. Il se dégage de lui une chaleur communicative et une bonne humeur constante. Dans le pays on dit volontiers que c’est une grande gueule ; dans la Résistance, ses chefs trouvent qu’il parle trop, plusieurs fois il a été question de l’exclure. Seulement, sur le terrain, le jeune patriote fait preuve d’un sang-froid insolent, d’un courage aveugle qui enthousiasme les hommes qui l’accompagnent. En outre, si aucun Français n’ignore son appartenance à l’armée clandestine, les Allemands qu’il côtoie et avec qui il plaisante volontiers le tiennent pour un pitre inoffensif.
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Fausser compagnie à cet as de soldats atones sur le quai d’Alger ne lui demande pas plus d’efforts qu’il n’en connut pour embarquer. Ce sont ses premiers pas en Afrique du Nord, mais, comme tout le monde, il » entendu parler de la Casbah. Il trouve un jeune Arabe qui l’y conduit, le précédant de quelques mètres. Cela ne lui coûte que deux francs.
Il se procure sans aucun mal des vêtements civils, puis il gagne la gare. Un train part pour Oujda, à la frontière marocaine ; il le prend. Il passe la frontière à pied dans la nuit. Il reprend un train à destination de Casablanca.
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« Les parachutistes jouissent d’un énorme prestige, parce qu’ils viennent d’Angleterre, parce qu’ils se sont déjà battus contre les Allemands en Libye, mais aussi parce que leur présence donne la certitude que des armes vont arriver en masse.
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