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ISBN : 2070319385
Éditeur : Gallimard (29/09/2005)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 25 notes)
Résumé :

Le chemin que l'on n'a pas pris, au carrefour, ne conduisait pas à un pays autre. « Là-bas » ç'auraient été les mêmes horizons qu'ici, les mêmes seuils et les mêmes hommes, au mieux quelque variante sans grand relief au sein d'un unique réel. Et pourtant il est des esprits que cette occasion illusoire ne cessera de hanter. Ils croient côtoyer un arrière pays qu'à un carrefour nouveau &#... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
  25 décembre 2015
La destination du voyage a changé en cours de route. Yves Bonnefoy se destinait d'abord à écrire un livre normal, c'est-à-dire un livre qui possèderait une structure, « avec ses exigences énigmatiques, son infini rentré, son autonomie silencieuse », certes tous ces mécanismes difficilement explicables de la littérature, mais pas assez étranges à l'âme dont l'ambition est de « comprendre », « seul dessein légitime ». En voulant raconter l'histoire du voyageur qui parcourt à nouveau son chemin, s'y engageant vraiment, allant où il n'avait jamais été, raisonnant sur les oeuvres marquantes et poussant le paradoxe jusqu'à revivre les illusions qu'il n'avait eues qu'en rêve, Yves Bonnefoy connaît le risque de retrouver en même temps « l'écriture imaginative, et scellée », pas convenable. Alors il détruit ce livre qui aurait dû s'intituler « le Voyageur » et il le reprend sous le titre de « L'Arrière-Pays », et nous obtenons cette « analyse avertie, condition de l'expérience morale ».

Yves Bonnefoy reste toutefois fidèle à lui-même et l'analyse avertie traîne davantage sur les sentiers de l'esthétique que de la psychologie. Les détours vers l'arrière-pays de la conscience s'accompagnent d'un choix de peintures et de photographies qui permettent d'appréhender le texte d'une autre façon. On y éprouve la nostalgie du temps passé, des visages qui se sont figés, des choses qui ont disparu à la place des mots. le visage d'un personnage de la « Flagellation » de Piero della Francesca, capté de près, s'insère aux côtés de ce passage nostalgique, un rêve d'archéologue :

« Mais oui : elle se retourne, le regarde… […] Et avec quelle émotion maintenant je regardais moi aussi –je reconnaissais- ces yeux étincelants, ce sourire, ces cheveux dénoués sous le rayon d'une étoile. Mais quand l'archéologue allait recommencer à parler, d'un seul coup, sans qu'il comprenne pourquoi, il n'y avait plus rien, là devant lui, que le sable, et une autre plaque d'argile. Il ramassait ce peu d'écriture, il doutait malgré tout de sa vision. »

Je ne partage pas la sensibilité d'Yves Bonnefoy. Pourtant, Dieu sait que j'aime les choses mortes qui deviennent belles par cette occasion mais l'expression ronflante, presque pathétique, m'épuise lorsque Bonnefoy en parle. Il faut peut-être se montrer plus vigilant que moi : « Je ne puis oublier que le lieu où s'accomplirait le destin est là, mais inconnaissable à jamais. Et je prête l'oreille à tous les bruits de réunion, d'épreuves terminées, de retours ». Mais les poètes ne sont pas des idoles et on a le droit de reconnaître qu'ils ne donnent pas toujours –loin de là- le meilleur d'eux-mêmes. Nous en avons sans doute la preuve ici.
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Imelda75
  17 novembre 2012
« La perspective en son projet d'origine se soucie moins de la maîtrise abstraite de l'espace que de rétablir un rapport de la personne à son milieu naturel et à son corps. » Voilà la seule phrase que j'ai comprise de L'Arrière-pays d'Yves Bonnefoy. Et encore, elle fait partie de la postface, écrite trente ans plus tard.

L'Arrière-pays est un récit autobiographique publié en 1972 par Yves Bonnefoy, poète français aujourd'hui âgé de 88 ans. Il évoque les paysages italiens, la peinture italienne et la perspective. On suppose que l »‘arrière-pays » est surtout une région de l'âme. Mais les phrases sont si longues, si almabiquées, si hermétiques, qu'on n'y comprend pas grand chose.
Suite de la critique sur ce blog :
Lien : http://carnetsdimelda.wordpr..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   29 décembre 2015
[A propos des peintres du Quattrocento qui ont introduit la perspective]

Est-il vrai que l’on ne désire l’ailleurs que là où l’ici s’affirme ? Eh bien, voici comment un art de l’affirmation, une civilisation du lieu assumé peuvent se prêter, activement presque, à l’imagination d’un lieu autre, à la rêverie d’un art inconnu ; se prêter à l’insatisfaction, à la nostalgie, aider à la dépréciation de cela même dont ils disaient la valeur.
[…] J’avais donc aimé chez quelques grands peintres ou architectes ce qu’on pourrait appeler la synthèse de l’être dans la catégorie de l’espace.
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PiatkaPiatka   05 janvier 2015
J'ai souvent éprouvé un sentiment d'inquiétude, à des carrefours. Il me semble dans ces moments qu'en ce lieu ou presque : là, à deux pas sur la voie que je n'ai pas prise et dont déjà je m'éloigne, oui, c'est là que s'ouvrait un pays d'essence plus haute, où j'aurais pu aller vivre et que désormais j'ai perdu.
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brigetounbrigetoun   16 décembre 2011
Partout où le regard pouvait suivre le ras du ciel dans les pierres, un prince a fait courir la muraille, qui, de ce fait, ne retient pas ce qu'il possédait, mais le visible. Un lieu et l'évidence ont été identifiés l'un à l'autre, l'ici et l'ailleurs ne s'opposent plus, et je ne puis douter que ce fut là l'ambition première puisque, n'embrassant que des pierres, de maigres arbres, quelques maisons, un fond de torrent, ce n'est pas la profusion vide des essences que ce trait de couleur légère cerne, comme l'enclos japonais, mais la présence, le fait du sol, dans son recourbement sur soi qui produit un lieu.
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brigetounbrigetoun   16 décembre 2011
Et chaque fois que je perçois cet orgueil, soit triomphant dans la facilité de la pierre, soit combattu et comme courbé dans les voûtements du pisé après des lieues et des lieues de pierrailles et de sel ; partout où l'on a voulu un surcroît de mur, orner une façade, surélever des terrasses, y paraître, faire entendre au soleil levant, ou couchant une musique de la dissolution du moi illusoire mais sur des assises de roc, et dans l'architecture qui est la permanence vécue, en tous ces lieux affirmés, oui, je me sens chez moi, à l'instant même où j'aspire à l'insitué qui les nie.
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colimassoncolimasson   02 janvier 2016
L’obsession du point de partage entre deux régions, deux influx, m’a marqué dès l’enfance et à jamais. Et certes, parce qu’il s’agissait d’un espace mythique plus que terrestre, à l’articulation d’une transcendance.
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Videos de Yves Bonnefoy (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yves Bonnefoy
Arthur RIMBAUD – Le Besoin de Rimbaud pour Bonnefoy (France Culture, 2009) L’émission « Surpris par la nuit », par Alain Veinstein, diffusée le 18 mai 2009 sur France Culture.
>Philosophie et théorie des beaux-arts et les arts décoratifs>Eléments d'appréciation>Esthétique, voir aussi 111.85 (19)
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