AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean Starobinski (Autre)
EAN : 9782070322213
360 pages
Éditeur : Gallimard (13/05/1982)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Poèmes :
- Du Mouvement Et De L'immobilité De Douve
- Hier Régnant Désert
- Pierre écrite
- Dans Le Leurre Du Seuil
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
GuillaumeSire
  23 septembre 2016
Sans doute était-ce le dernier poète des grandes eaux poétiques. Yves Bonnefoy écrivait pour refaire, tout remettre en question, lui qui n'a pas fait grand chose sinon écrire, au point de penser que cela pouvait être une bonne idée de s'installer à Paris pour se consacrer à la poésie… en 1943.
Insister sur la page blanche, jusqu'au dérèglement des mots : surréaliste, opportuniste, tout pour fuir les emplois de bureau. A cette époque, les enfants de bonne famille rêvaient de devenir chevaliers des Arts et des Lettres. Yves Bonnefoy aimait les arbres, les nuages, la lumière entre les nuages, etc., et il aimait Rimbaud, qui aimait l'odeur de la pisse. Araignée prise à sa propre toile, sérieux pris au sérieux, il était l'inverse des poètes clochards, des grands drogués, des vrais aventuriers de l'esprit, prêts à tout risquer et risquant tout, leurs crânes devant eux sur le tapis, entre une bougie, un revolver, un brelan d'as et la paupière sanglante d'une amie — il était l'inverse de Jehan Rictus.
Quelques grands poèmes existent, mais aucun d'eux ne résistera au vent ou à la crue du ciel (au temps). Bonnefoy c'est Mallarmé pour les nuls, Paul Celan censeur à la rue d'Ulm. Ses traductions sont des briques de ciment couvertes de chantilly. La plus grande poésie, chez lui, était dans l'apparence du corps : le masque lent de son visage, fondu comme une cire rose sur le buste en bronze d'un empereur romain, la couronne blanche et clairsemée de ses cheveux, ses pulls campagnards, son élégance d'à-côté, ses mains propres depuis l'enfance, et ses yeux où se reflétaient une mystique molle et un caractère vaniteux mais gentil, inoffensif, d'un homme jamais en colère sinon sous l'emprise d'une passion commandée — Yves Bonnepâte se regardait pleurer.
Il voulait remonter à la source du réel et aura surtout perdu son temps en jeux de mots bourgeois et en réflexions interminables, comme s'il avait cherché pendant plus de soixante-dix ans à servir un plat de lentilles gratinées — toujours le même — à des universitaires en mal d'objets. Il a trop cru au langage, au signifiant, à l'intellection, le bruit des arbres quand ils poussent, et ne s'est pas assez préoccupé de ce qui était nommé, le signifié, l'intelligible, les bottes des soldats sur les pavés près de chez lui. Il a passé sa vie à s'en aller sans avoir pour autant le cran de disparaître, ayant fui immobilement. En les jetant par la fenêtre, on observe derrière ses livres une trace de feu et d'argent, le pet d'un météore, miroir d'un faux paradis.
Yves Bonnefoy aura testé tous les jours, sans arrêt, l'hypothèse auto-réalisatrice de son propre génie. Et s'il est mort vieux, contrairement à ses idoles, c'est sans doute parce que le génie, attendri par un tel acharnement pseudo-anagogique, n'a pas cessé de lui donner des secondes chances — à qui cela aurait-il pu faire de mal ? Qui Yves Bonnefoy aurait-il pu blesser ? Les arbres et les nuages sont-ils rancuniers ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
lecteur84
  05 avril 2016
Il est toujours très délicat de parler d'un recueil de poésie. Je n'ai pas vraiment accroché, je n'ai pas trouvé des images fortes,des vers capables de me soulever de me transporter. Il y a ce rapport avec la mort incessant, quelques fois troublants. Mais rien qui m'a hélas poussé vers le sublime que sait provoquer la poésie quand elle est touche une corde en nous et nous laisse glisser vers des émotions qu'on ne soupçonnait pas. Mais ce n'est pas parce que je n'ai pas été sensible à cette poésie qu'elle ne mérite pas d'être découverte. la poésie plus que tout reste très subjective.
Commenter  J’apprécie          100
Fabricienne
  10 septembre 2014
C'est une poésie en vers libres avec toutefois beaucoup de musicalité et surtout de fluidité, un peu comme ces paysages, sources d'évocation pour Yves Bonnefoy. On y sent le passage du temps et la nature, la sensibilité du poète à les accueillir dans ses mots, pour entraîner le lecteur avec lui dans la nostalgie et la méditation.
Commenter  J’apprécie          50
missmolko1
  11 novembre 2010
Pour tous les amoureux de la poésie...
Commenter  J’apprécie          30
Romel
  16 février 2011
sublime........
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   31 mars 2010
Tu cesses de venir dans ce jardin,
Les chemins de souffrir et d'être seuls s'effacent,
Les herbes signifient ton visage mort.

Il ne t'importe plus que soient cachés
Dans la pierre l'église obscure, dans les arbres
Le visage aveuglé d'un plus rouge soleil.

Il te suffit
De mourir longuement comme en sommeil
Tu n'aimes même plus l'ombre que tu épouses.
Commenter  J’apprécie          290
AunryzAunryz   16 mai 2016
Le visage mortel

Le jour se penche sur le fleuve du passé
Il cherche à ressaisir
Les armes tôt perdues,
Les joyaux de la mort enfantine profonde.

Il n’ose pas savoir
S’il est vraiment le jour
Et s’il a droit d’aimer cette parole d’aube
Qui a troué pour lui la muraille du jour.

Une torche est portée dans le jour gris.
Le feu déchire le jour.
Il y a que la transparence de la flamme
Amèrement nie le jour.

Il y a que la lampe brûlait bas,
Qu’elle penchait vers toi sa face grise,
Qu’elle tremblait dans l’espace des arbres,
Comme un oiseau blessé chargé de mort.
– L’huile brisant au port de la mer cendreuse
Va-t-elle s’empourprer d’un dernier jour,
Le navire qui veut l’écume puis la rive
Paraîtra-t-il enfin sous l’étoile du jour ?

Ici la pierre est seule et d’âme vaste et grise
Et toi tu as marché sans que vienne le jour.


(audio : https://motslies.com/2016/05/13/almanach-yves-bonnefoy/)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
BouteyalamerBouteyalamer   22 mars 2020
Nous ne nous voyons plus dans la même lumière,
Nous n’avons plus les mêmes yeux, les mêmes mains.
L’arbre est plus proche et la voix des sources plus vive,
Nos pas sont plus profonds, parmi les morts.

Dieu qui n’es pas, pose ta main sur notre épaule,
Ébauche notre corps du poids de ton retour,
Achève de mêler à nos âmes ces astres,
Ces bois, ces cris d’oiseaux, ces ombres et ces jours.

Renonce-toi en nous comme un fruit se déchire,
Efface-nous en toi. Découvre-nous
Le sens mystérieux de ce qui n’est que simple
Et fût tombé sans feu dans des mots sans amour
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
berni_29berni_29   31 décembre 2019
Il y avait qu’il fallait détruire et détruire et détruire,
Il y avait que le salut n’est qu’à ce prix.

Ruiner la face nue qui monte dans le marbre,
Marteler toute forme toute beauté.

Aimer la perfection parce qu’elle est le seuil,
Mais la nier sitôt connue, l’oublier morte,

L’imperfection est la cime.
Commenter  J’apprécie          110
brigetounbrigetoun   31 mars 2010
Tu entendras
Enfin ce cri d'oiseau, comme une épée
Au loin, sur la paroi de la montagne,
Et tu sauras qu'un signe fut gravé
Sur la garde, au point d'espérance et de lumière.
Commenter  J’apprécie          170
Videos de Yves Bonnefoy (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yves Bonnefoy
[RARE] Yves BONNEFOY – À la télévision (ORTF, 1974) Une rare émission de télévision sur Yves Bonnefoy. Portant le titre « Les Poètes », présentée et réalisée par Jean-Pierre Prévost, elle fut diffusée le 21 juin 1974 sur l’ORTF.
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
837 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre