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ISBN : 274364057X
Éditeur : Payot et Rivages (16/08/2017)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 95 notes)
Résumé :
Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.
Au fil des ans, tandis que la proprié... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  27 août 2017
L'histoire commence au sommet de la mangrove caribéenne où échoua naguère un bateau de pirates. Une tempête probablement avait expédié le navire et son équipage dans ce lieu insolite. C'est encore le mauvais temps qui les fit disparaître quelque temps après, corps, âmes et biens.
Et des biens, il y en avait beaucoup, on parla même d'un trésor, celui du capitaine Henry Morgan qui attire encore, trois siècles plus tard, les aventuriers de tous poils. Severo Bracamonte est de ceux-là, qui arrive un beau jour sur ce même lieu où aujourd'hui se tient un village cultivant la canne à sucre. Longuement l'homme cherche, creuse, tire des plans avec acharnement et méthode. Mais de trésor, il n'en trouve point. Ou plutôt si, mais d'une toute autre nature celui-là, bien plus précieuse... Malgré tout, la quête du trésor de Morgan ne s'arrête pas là. D'autres prospecteurs vont suivre, et le trésor se transformer au gré des aspirations de chacun : fortune, puissance ou amour.
Chaleur, nature généreuse et luxuriante, personnages mythiques et croyances magiques, l'atmosphère fait penser à celle de certains romans de Gabriel Garcia Marquez ou d'Isabel Allende. Comme ces illustres prédécesseurs, Miguel Bonnefoy nous emporte dans un monde puissamment imaginatif et coloré. Conteur hors pair, il nous fait pénétrer son univers avec des phrases courtes et simples, mais oh combien belles et évocatrices, qui nous portent et nous font apprécier pleinement cette fable picaresque et sa morale intemporelle.
Un grand merci à Babelio et aux Éditions Rivages pour cette belle découverte.
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Archie
  08 octobre 2017
Une légende de trésor perdu. Un coffre rempli de pièces d'or, de bijoux, de denrées précieuses, disparu dans le naufrage d'une frégate mystérieuse, au dix-septième siècle…
« Déjà lu, dis-tu, une histoire de pirates qui s'entretuent !...
– Pas du tout, tu confonds avec l'Ile au trésor, Stevenson...
– Il n'y aurait pas une histoire de sous-marin de poche ?
– Ça, c'est dans Tintin et le trésor de Rackham-le-Rouge...
– J'ai trouvé ! Des mobiliers et des objets marins rongés par les eaux, envahis par le plancton et le corail !
– Là encore, tu n'y es pas. Tu évoques, à tort, la stupéfiante fiction romanesque non littéraire, l'invraisemblable faux trésor et vraie oeuvre d'art exposé par Damien Hirst au Palazzo Grassi et à la Dogana de Venise.
Dans Sucre noir, ce sont des branchages, des broussailles et des plantes tropicales qui recouvrent la frégate, après qu'elle s'est abîmée dans les arbres, en plein coeur d'une forêt caribéenne.
– Un navire naufragé dans les arbres ?...
– Et alors ! En littérature, il faut avoir le sens du merveilleux… Et cette histoire de naufrage n'est que le premier chapitre du livre. Il fallait bien un mythe originel pour expliquer qu'une légende de trésor perdu reste vivace dans les lieux, trois siècles plus tard, suscitant de temps à autre la venue d'un chasseur d'or décavé ».
Roman ou conte ? Dans une zone incertaine des Caraïbes, Miguel Bonnefoy, jeune écrivain franco-vénézuélien, met en scène trois générations d'une même famille. Au coeur de la fiction, une femme, Serena, et son mari. Elle succède à ses parents, puis cède la place à sa fille, Eva Fuego. Un drôle de phénomène, celle-ci. Un être marqué par le feu.
Au long de ces trois générations, une petite exploitation agricole de cannes à sucre se transforme en un conglomérat alliant l'industrie du rhum et autres spiritueux, au transport de pétrole, un nouveau type de trésor noir offrant de belles perspectives pour se sucrer.
Une histoire bien charpentée. Mais le contour flou des personnages, l'évanescence des repères de lieu et de temps, donnent au récit la coloration étrange d'un conte intemporel.
Conte ou fable ? Les contes recèlent toujours un fond philosophique. Dès qu'il est question de trésor, c'est toujours la même morale qu'on ressort. Ce ne sont pas les pièces d'or qui font la vraie richesse. On la trouve dans l'amour, dans les plaisirs simples, comme l'écoute du chant des oiseaux, la contemplation des couleurs tropicales, la senteur des fruits mûrs ou le goût d'un rhum vieilli…
Et puisqu'on est dans les leçons de morale, attention aux excès d'ambition et de cupidité ! Sachons tirer la leçon d'un feu d'artifice éruptif laissant dans le ciel « un couvercle de cendres qui mit trois ans, dix mois et cinq jours à disparaître »...
Fable ou poésie ? L'un n'empêche pas l'autre. L'écriture de Miguel Bonnefoy est très lyrique. Très travaillée. Car le lyrisme n'est pas une envolée spontanée. Il faut savoir piocher des mots rares et étranges dans des univers exotiques, dans des mythes antiques, dans des matières précieuses. Composer des listes de mots au surréalisme improbable. Comme sur cette table où « s'entassaient des quintaux de clous de girofle venus des Moluques, de l'ivoire du Siam, du cachemire du Bengale et du bois de sental du Timor ». Ou comme les fleurs que Serena cueillait dans la forêt, « des pinces de homard, des oiseaux de paradis, des jasmins antillais, des roses de porcelaine ».
Roman, conte, fable, poésie. On trouve tout cela dans Sucre noir. Un livre bien construit et joliment écrit, qui n'a pourtant pas réussi à emporter mon enthousiasme et mon émotion.
Peut-être aurais-je dû témoigner plus d'empathie aux personnages, en les accompagnant à chaque verre de rhum qu'ils buvaient.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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dedanso
  11 octobre 2017
J'étais très tentée par ce récit d'aventure et de chasse au trésor. Miguel Bonnefoy, dans ses interviews (notamment celle pour Babelio), parle très bien du Vénézuela et de la canne à sucre. Et je n'est pas du tout été déçue !
S'il est bien question de chasse au trésor, Miguel Bonnefoy réussit à voir plus loin. Il interroge le lecteur sur la place qui doit être laissée à l'argent, sur la façon dont l'avidité et le pouvoir peuvent corrompre les coeurs.
Il utilise pour ce faire deux personnages féminins, Serena et Eva Fuego, liées par la même soif de liberté et d'indépendance. Mais si l'une choisit la manière douce (elle gagne sa liberté en se laissant guider par son coeur et par l'amour qu'elle porte à la nature et aux êtres), l'autre choisit la manière forte (ambition, richesse, réussite sociale). Je vous laisse le soin de découvrir où cela va les mener... Doit-on parler de progrès ou plutôt de régression lorsque les vies humaines et la nature sont reléguées au second plan ?
L'écriture de Miguel Bonnefoy est un régal de justesse et de poésie. Sa plume est parfois un brin farfelue, ironique, à l'image de l'histoire d'ailleurs (l'incipit est majestueux avec cette scène très sensuelle de bateau pirate échoué à la cime d'un arbre et envahit par la verdure environnante : éclats de couleurs, de senteurs...).
Et pour parfaire tout cela, sachez qu'on apprend beaucoup de choses sur la culture de la canne à sucre et sur la distillation de rhum. Le décor est planté. A l'abordage !
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lucia-lilas
  28 septembre 2017
J'ai lu Sucre noir comme une fable, un conte philosophique écrit dans une langue belle et savoureuse comme une mangue bien mûre, je l'ai dégusté avec un très grand plaisir, me laissant aller aux évocations sensuelles, voluptueuses, quasi liquoreuses qui nous sont offertes.
Le livre s'ouvre sur une image surréaliste : un trois-mâts de dix-huit canons se trouve planté sur la cime des arbres. J'adore ce type d'image folle, de tableau irréel. de la mer, il n'y en a plus, les algues ont cédé leur place aux broussailles et au lierre, la boue a remplacé l'eau. Hum, ce mélange des éléments, terre, mer, ciel me comble de joie ! J'exulte !
L'équipage ne fait rien ou pas grand-chose et les réserves de nourriture baissent à vue d'oeil. Alors, on essaie d'attraper des oiseaux avec des filets de pêche (délicieuse inversion...) et l'on mange des crapauds en guise de crabes (avec un peu de mayo, on ne verra pas la différence...) Mais un soir, une tempête se lève, le bateau tangue dangereusement au-dessus du vide et risque à tout moment de s'écraser au sol. Il faut donc le délester : on jette alors les caisses, les armoires, les tonneaux, l'ancre, les tableaux volés (ah, ces belles accumulations d'objets hétéroclites, je jubile, voyez donc : «  Les oiseaux serraient entre leur bec des bracelets de cuivre et d'argent. Des robes de marquise flottaient au vent, sur la canopée, et les singes jouaient avec des dentelles, sautant d'arbre en arbre, déchirant le drapeau noir de la flibuste. » ) mais le capitaine Henry Morgan (célèbre flibustier, 1635-1688) refuse de jeter par dessus bord son trésor (nous y voilà, vous l'avez compris!).
Alors, écoutez bien, c'est sublime : « ...le poids du bateau déracina les arbres et l'entraîna vers l'abîme. Un nuage de poussière se leva et couvrit le ciel. le cadavre de la chute affola les animaux. Ainsi, les marécages, les passions, les profondeurs de la nature, avalèrent si bien la frégate de Henry Morgan que l'on ne récupéra aucun vestige, et son trésor resta enfoui là, entre des morceaux de voile et le cadavre d'un pirate, conservé dans le ventre des Caraïbes. » Magnifique, extraordinaire, fascinant chapitre UN - un trésor en lui-même, pas besoin d'aller plus loin - qui nous laisse sur toutes ces richesses cachées… Il est tellement beau ce chapitre UN qu'il me suffirait...
Trois siècles plus tard, c'est un village « qui s'est installé là où le bateau avait disparu. » La famille Otero, que l'on suivra sur trois générations, a racheté sur ces terres une propriété qui ne lui a pas coûté bien cher : les sols n'ont pas été entretenus, quant à la maison en elle-même, elle n'est pas bien belle et surtout, une clause morale stipule que personne ne doit entrer dans une des trois chambres de l'étage. (Humm, j'adore les lieux où il est interdit d'entrer… la fameuse petite pièce du château de Barbe-Bleue, la chambre n°237 de Shining...) L'ancienne propriétaire y vient une fois l'an y pleurer son mari disparu, elle emplit « son seau de larmes » et repart. Ezequiel Otero, sa femme Candelaria de Otero et leur fille unique Serena (des noms comme des voyages…) y vivent simplement, à l'écart du monde et les journées se répètent inlassablement. Ils cultivent la canne à sucre. Mais un jour, arrive un jeune homme de la ville, un certain Severo Bracamonte. Passionné par les histoires de pirates et de trésors cachés, il transporte avec lui des tas d'objets : cordes, compas, vieilles cartes, plans, documents divers, dessins, tous en rapport avec le trésor de Henry Morgan. Il en est bien persuadé : le trésor est ici sous ses pieds, il en a la preuve. On doit le laisser fouiller…
Et ils seront nombreux à vouloir retourner la terre en tout sens, cherchant un trésor qui est peut-être ailleurs… et pas si caché que ça !
Je vous imagine les yeux brillants, ça y est, vous avez retrouvé votre âme d'enfant, ça marche à tous les coups, les histoires de pirates et les trésors enfouis, on a beau dire que ça ne nous intéresse plus, qu'on a passé l'âge, pas du tout, croyez-moi !
Comme je le disais au début, j'ai lu Sucre noir comme on déguste un bonbon ou un bon vin, en le laissant doucement emplir mon palais de toute la magie de ses saveurs… un délice ! Les mots évoquant la nature luxuriante, le parfum des goyaviers, des amandiers, des orchidées, les arômes du rhum, les senteurs des épices et la chaleur de la terre sont délectables, exquis, succulents et certaines phrases s'apparentent à des fulgurances génialissimes d'une poésie extrême et d'une beauté absolue qui m'ont transportée. Allez, en voici quelques splendeurs : « Elle avait l'âge où l'on pense que les arbres tournent autour des oiseaux. », « Si les étoiles étaient de l'or, je creuserais le ciel. »
Il n'y a qu'à se laisser porter et ce n'est pas désagréable.
D'ailleurs, dans une interview, Miguel Bonnefoy explique que c'est lors d'une soirée pour la promotion de son précédent livre, le Voyage d'Octavio, soirée qui associait à la fois lectures d'extraits et dégustation de rhum (humm, pas mal…) qu'il s'est dit: « comme j'aimerais un jour pouvoir écrire un livre qui ressemble à une bouteille de rhum. » Eh bien voilà, c'est fait et pas besoin de déguster avec modération !
Néanmoins, derrière cette fantaisie apparente se cache un message peut-être pas si léger que ça, l'idée que ce trésor que l'on cherche toute une vie est peut-être là, sous nos yeux et que si l'on n'a pas eu la sagesse de le voir, c'est parce qu'on voulait à tout prix qu'il prenne la forme d'un coffre scellé !
Une réflexion sur le bonheur, les vraies richesses qui sont souvent devant nous, qui s'offrent à nous, au quotidien mais que l'on cherche ailleurs, parce qu'ailleurs, croit-on, c'est toujours mieux qu'ici. Il y a quelque chose de la fable de la Fontaine « Le laboureur et ses enfants » dans ce conte.
L'on peut aussi y lire l'histoire d'un pays, le Venezuela (d'où est originaire la mère de l'auteur) ou la métaphore du naufrage d'une terre qui a cru que l'or noir qui sortait de son sol était son trésor. Il s'est trompé, cet or noir, d'une certaine façon, l'a ruiné : certes, l'essence à la pompe est peut-être la moins chère du monde mais il faut se battre et patienter de longues heures au soleil pour espérer trouver des oeufs, du lait, du sucre, de l'huile. Ce pays doit, maintenant qu'il a tout misé sur le pétrole, importer la quasi totalité de ses biens de consommation alors que ses terres sont si riches ! le trésor, finalement, était un leurre, les vraies richesses se trouvaient ailleurs mais personne ne les a vues ou n'a voulu les voir...
Un très beau texte à savourer lentement et à méditer longuement...
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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AudreyT
  26 septembre 2017
***
Dans un petit village des Caraïbes, la vie tourne autour des récoltes et de la légende d'un pirate, échoué 3 siècles plus tôt.
Si l'homme de la maison, Severo Bracamonte, cherche le trésor enfoui sur ses terres, sa femme, Serena Otero, court après l'amour et le bonheur. Alors qu'ils attendent tous deux la venue d'un enfant qui ne vient pas, une enfant inespérée sort d'un incendie et deviendra leur fille unique. Elle fera prospérer la plantation et reprendra les recherches de son père...
C'est avec une écriture tout en senteurs et en images que Miguel Bonnefoy nous offre ce roman. Les personnages forts de cette histoire sont tous à la recherche de quelque chose, qu'ils trouveront souvent mais qui ne les comblera jamais.
C'est une histoire de paysages, une histoire de légendes, une histoire d'odeurs... C'est une écriture tout en sensualité qui n'a cependant pas su m'émouvoir jusqu'au coup de coeur...
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Les critiques presse (3)
LaLibreBelgique   10 octobre 2017
Une chasse aux multiples trésors contée avec talent par Miguel Bonnefoy
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   04 septembre 2017
Dans son deuxième roman, riche et musical, l'auteur Miguel Bonnefoy nous invite sur une île des Caraïbes où il est question de trésor et de canne à sucre.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   21 août 2017
Deuxième roman du Franco-Vénézuélien Miguel Bonnefoy, "Sucre noir" est un conte nourri de ce réalisme magique qui épice la littérature sud-américaine.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
BouquineriesBouquineries   17 octobre 2017
Roman conte qui me fait un peu penser à L'alchimiste de Paulo Coelho mais en style plus sec. Se lit très facilement d'un trait.
Qu'est ce qui est plus important l'objet de la recherche ou la recherche en elle-même ?
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JIMEDEJIMEDE   15 octobre 2017
Imbécile. Tu seras un homme quand tu sortiras un trésor du fond de mes yeux.
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JIMEDEJIMEDE   09 octobre 2017
On y trouvait des officiers sans bannières, des bagnards borgnes, des esclaves noirs qui, les dents cassées par la crosse d'un fusil, avaient été enchaînés sur la côte du Sénégal et achetés sur un marché londonien.
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dedansodedanso   08 octobre 2017
Dans un désordre d'émotions, Severo s'emporta autant qu'il douta. Il essayait d'avoir des manières douces, de délicates impulsions, mais il entendait le coeur de Serena cogner dans sa poitrine et sa ferveur le faisait s'emballer.
Cette peau vierge brûlait la sienne. La tiédeur de sa nuque répandait une odeur suave de noisette. Tous ces mois de complicité, de quêtes à deux, de confidences sous le couvert des bois, avaient fait naître en lui des envies fauves. A présent, elle était là devant lui, rendue au suc de son corps.
+ Lire la suite
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dedansodedanso   08 octobre 2017
Son haleine était encore celle d'un petit animal, d'un coati ou d'un tatou, une odeur chaude, imbibée d'humus et d'âpreté. Elle mordait dans la chair des fleurs, s'imprégnait de l'innocence des êtres. Le chien Oro ne la quittait plus, elle jouait avec lui pendant des heures. Tout lui était découverte, la violence de la pluie, la blessure du soleil, l'ivresse de l'eau, l'innocence du péril. Les champs en friches étaient son terrain de jeu. Elle courait dans les herbes folles, les cheveux emmêlés, les genoux écorchés, comme dans une fête, si bien que Serena disait parfois, en posant sa main sur son ventre :
- Comme elle me ressemble.
+ Lire la suite
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