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ISBN : 2737366496
Éditeur : Editions Ouest-France (20/02/2015)

Note moyenne : 3/5 (sur 5 notes)
Résumé :
En se basant sur les témoignages de survivantes, Marie-Jo Bonnet dresse le portrait de l'amitié féminine qui unit les femmes dans les camps nazis et leur permit de supporter la vie quotidienne et de survivre.Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Odette Abadi, Simone Veil, Margarete Buber-Neumann, Odette Fabius, toutes les déportés témoigne de l'importance de l'amitié comme vecteur de survie que ce soit à Ravensbrûck, Auchwitz-Birkenau ou dans les commandos de trava... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
Tophoven
  28 juin 2015
J'ai lu la critique de Yuyine hier, et j'ai relu des passages du livre de Marie-Jo, amie et voisine. Je me suis dit que le mieux serait de publier une autre critique, fouillée. Il faut replacer dans le contexte des travaux sur la résistance et sur l'homosexualité, la première rencontre avec Violette Morris, et là une seonde exploration, difficile. C'est un ouvrage d'historienne mais aussi une interrogation sur l'amour entre femmes, mais le contexte est délicat, et elle prend des précautions, il faut lire entre les lignes. A mon sens, Yuyine n'a pas fait le travail de replacer dans le contexte, elle survole, mais c'est son droit. Si on se place sur le terrain historique pur, on peut reprocher au livre sa structure, et si on se place sur le terrain de la psychologie, il est peut-être trop historique. L'ouvrage est entre les deux, tu aborde un terrain nouveau pour l'histoire, comme avec ta thèse de Marie-Jo, à l'époque.
Elle énonce que les camps ne sont pas seulement un lieu de déshumanisation, mais de ré-humanisation au travers de l'amour entre les femmes, qu'il soit sexualisé ou non. Yuyine est-il un homme ou une femme ? Pourquoi un nom non sexué ? Il/elle a le droit, mais associé à ce survol de mauvaise humeur... Pour moi, il s'agit d'un homme. Mais c'est pas sûr. Pourquoi se rebelle-t-il quand tu évoques les hommes, l'homosexualité ? Ce n'est pas hors sujet mais c'est comme si Marie-Jo n'était pas habilitée à en parler. La référence à Primo Levi.. de mon côté, il m'est arrivé de faire des petites recherches et j'ai été frappé par la présence côté masculin de la problématique homosexuelle dans les camps.
L'ouvrage de Marie-Jo Bonnet n'est pas un ouvrage à la gloire des héros de la résistance, opportuniste par rapport à la panthéonisation. C'est un travail d'historienne qui s'appuie sur des sources et en même temps interroge quelque chose de subtil mais fondamental et entre dans un domaine nouveau, si tant est que je ne me trompe pas. A ma connaissance, selon mes souvenirs, Marie-Jo ne s'appuie guère sur des recherches antérieures, le sujet comme tel n'a pas été abordé, n'est-ce pas ?
Il reste une contradiction : survivre passe par un endurcissement et survivre passe aussi par l'amour, c'est difficile à concilier, c'est vrai que parfois on est un peu perdu, on ne sait plus à quoi s'en tenir, elle se met trop en retrait, par retenue. Mais c'est pas vrai, ce que je dis, c'est parce que je n'ai pas tout lu de façon linéaire, moi aussi, j'ai survolé, et je me suis concentré sur les pages autour de 100, quand il est question de la sexualité. Maintenant je relis d'autres passages, notamment sur l'antisémitisme des résistantes déportées... Un livre qui dérange et qui a attendu 70 ans pour être publiable. Les pages consacrées à Elisabeth Rivet. On ne peut pas balayer ce travail, cette recherche, cet hommage du revers de la main, et d'ailleurs, le public est en train de plébisciter cet ouvrage, les ventes étaient fortes dès le premier jour.
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Yuyine
  14 juin 2015
Cette critique voit le jour via l'opération Masse Critique du 27/05/15. Un grand merci à Babelio et aux éditions Ouest-France.
Propos intéressants mais une organisation désastreuse... Même si l'idée initiale, à savoir se baser sur les témoignages des survivantes pour analyser l'importance des liens affectifs pour la survie dans les camps, est une idée louable et même intéressante, le résultat fut pour moi décevant. le plus gros soucis vient sans doute de l'organisation des idées de l'auteur et de ses données. J'ai peiné parfois à différencier les chapitres entre eux, tant ils se rapprochent et tant leur cohérence interne laisse à désirer. Dans le chapitre 1, par exemple, il est expliqué certaines choses sur les relations familiales, répétées dans un chapitre suivant. Ou bien encore, des thématiques sont enchaînées sans lien au sein d'un chapitre censé pourtant traiter d'un thème particulier mais quasiment non-abordé (comme pour faire du remplissage). Pire encore, j'ai parfois eu l'impression que les éditions ont modifié l'ordre du texte. Par exemple, un mot allemand, apparaissant dès la page 19 (Revier) et ensuite de nombreuses fois, ne sera traduit en notes de bas de page qu'à la page 81! Et pourtant, on le rencontre à de nombreuses reprises sans le comprendre dans les pages précédentes...
Concernant les propos eux-mêmes, j'ai souvent eu le sentiment de lire des données énoncées en vrac les unes après les autres, rapprochées maladroitement autour d'une thématique. Ainsi on présentera l'histoire de deux soeurs, sur quelques lignes, puis de deux autres et ainsi de suite sans entrer dans le détail ni analyser le propos... Comme un travail inachevé en somme. Oui, l'histoire de toutes ces femmes est intéressante, alors autant lui permettre une mise en lumière plutôt qu'une simple citation.
Il y a également un soucis de cohérence avec le titre. Pourquoi décider à plusieurs reprises, de façon étrange et mal amenée, de parler des hommes. Il me semble qu'une partie aurait pu être réservée sur le comparaison de la situation des femmes et celle des hommes plutôt que par brides répétitives au sein des chapitres (et parfois même sans rapport avec l'histoire des femmes). Idem pour le principe de parler d'amitié dans les camps alors qu'une grande partie de l'ouvrage se centre sur les discriminations entre détenues envers les juifs, les lesbiennes, etc.
Alors oui, certains propos et certaines histoires de femmes sont terriblement captivantes, mais cela ne suffit pas à élever l'intérêt de ce "recueil" qui aurait mérité plus d'analyses pour nous enlever cette impression d'amas de données non triées. Et même si tout se lit rapidement (la petite taille aidant), on en ressort par forcément grandi de nouvelles connaissances. Malgré une intention fort louable de souligner l'humanité dans les camps, les petits moments d'entraide ou de tendresse au milieu de l'horreur, etc., je ne crois pas que l'analyse qui en est fait les mette suffisamment en lumière, malheureusement.
Anecdote peut-être très personnelle (je l'espère!) mais qui n'a pas aidé dans mon appréciation de cet ouvrage: il manque les pages 57 à 72 dans mon édition, accentuant de fait la désorganisation qui était cependant déjà fort présente même en dehors de ce gros manquement...
Lien : http://yuyine.be/review/book..
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SophieLaure
  31 juillet 2015
"Plus forte que la mort" ne se lit pas comme un roman, comme un témoignage, comme un récit de vie, mais plutôt comme un essai qui cherche, qui tâtonne, qui interroge. Il ne s'agit pas ici d'étudier le sort effroyable des déportées mais davantage les conditions de leur survie à l'intérieur des camps, parmi lesquelles l'amitié, dans toutes ses acceptions, occupe une place prépondérante.
Marie-Josèphe Bonnet propose une sorte de typologie de ces amitiés particulières et extrêmement fortes, souvent « à la vie, à la mort », qui a uni les détenues entre elles, parfois indépendamment de leur nature de résistantes, de Juives, de femmes de mauvaise vie, de gitanes, de communistes, d'Allemandes, de Françaises, de Polonaises, de Hongroises… Il est stupéfiant de constater que, dans un univers inhumain qui fait parfois surgir la pire « rapacité », la grandeur d'âme et la générosité peuvent éclore et prodiguer une force invincible. Ce livre illustre très clairement le propos de Bruno Bettelheim, à juste titre cité, selon lequel « la voie du coeur » est la voie de la survie.
À mon sens, ce qui émeut voire bouleverse à travers la lecture des témoignages et leur analyse, c'est la puissance de l'élan vital qui a animé nombre de ces femmes et que le « rouleau compresseur nazi » n'a pas réussi à anéantir.
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Emeraldas
  07 juillet 2015
*Soupire, un peu dégoûtée de devoir annoncer qu'un livre sur un tel sujet ne l'a pas touché, ne l'a pas atteinte. Mais comme tout avis est bon a prendre, je me décide à prendre la plume afin de vous livrer ce ressenti.*
Bien alors pour commencer je remercie les éditions ouest France et Babelio grâce à qui j'ai pu découvrir ce livre que je qualifierais de témoignage puisqu'il parle de faits réels s'étant déroulés pendant la guerre 39-45. Seulement voilà. Je ne m'attendais pas à ce que j'ai lu. Je pensais que nous verrions l'histoire de quelques détenues pour qui l'amitié et la solidarité ont été un atout majeur dans la survie. J'étais prête à m'immerger dans leur univers, tous différents.
Seulement voilà. Cette oeuvre ne fonctionne pas comme ça. Les différentes parties sont plutôt des thèmes comme "la solidarité face à telle chose" ou "les déportés politiques",... Et dans chacune de ces parties, l'auteur nous présente ce qu'il s'est passé avec un peu partout des citations de femmes qui ont écrit des livres sur leur vie. Il n'y a aucune émotion présente, et les citations ne sont pas assez pour se mettre dans la situation, la vivre, et en apprendre quelque chose. de plus, on nous cite beaucoup, beaucoup, de noms de femmes. Je m'y suis complètement perdue. J'étais face à un livre d'histoire à apprendre par coeur. Des faits qui ne m'ont pas touchés car tous racontés en quelques lignes avant de passer à un autre exemple. Voilà ce livre est une suite incessante d'exemples de quelques lignes ou d'avis de femmes sur un certain sujet vécu dans les camps.
Personnellement je n'ai pas pu accrocher. J'avais besoin de ressentir pour essayer de me mettre à leur place, besoin de plus de profondeur, moins de fouillis et de noms. Je trouve dommage car le thème de base est vraiment important. Ensemble les femmes étaient solidaires face à la mort, face aux nazis. Et cela à sauvé des vies. C'est magnifique et poignant comme sujet ! Je m'en veux d'être déçue, j'ai terminé ma lecture dans un soupir, espérant que d'autres personnes pourront aimer cette lecture et en tirer de belles leçons. Par contre, je suis heureuse de connaître à présent d'autres femmes qui ont écris leur auto biographie et je m'en vais me les procurer.
A lire pour les féru d'histoires, ou ceux qui désirent connaître les femmes dans les camps sans attachement, juste avec les faits, sans pleurs,... Mais pour ceux qui cherchent la profondeur et les émotions passez votre chemin...
Lien : http://refuge-litteraire.ekl..
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emmajerome
  06 juillet 2015
On connait tous plus ou moins profondément les atrocités des camps, de part les témoignages de nos grands-parents, des livres, des films. On sait que la survie y était difficile de part la faim, la maladie, les humiliations, la maladie... Mais qui a déjà entendu parler des amitiés qui ont su perdurer ou même se créer dans ces lieux infâmes ?
Ce livre traite de camps de femmes, où le "chacun pour soi" existait bien bien évidement : beaucoup ont tout fait pour s'aider soi-même au détriment des autres, mais beaucoup d'autres ont survécu au contraire du fait du partage du peu qu'elles avaient, et aussi (surtout) du partage de gestes et de paroles d'amitié et d'amour (maternel, sororal ou charnel) malgré le maintien de clivages au sein même de ces groupes de déportées.
Cet ouvrage n'est pas un roman, ni un récit historique. Je le vois comme un amoncellement de témoignages et d'idées éparses, souvent brouillon, comme l'étaient sans doute les pensées de ces femmes... Il nous donne en tout cas une idée des diverses formes de clans formés au jour le jour ou sur le "long" terme afin de lutter pour la sauvegarde de son identité et de son humanité.
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
SophieLaureSophieLaure   31 juillet 2015
"Si ces gestes gratuits, donnés par des inconnues comme par des amies, deviennent inoubliables au regard des violences gratuites qui structurent le monde totalitaire du camp de concentration, c'est peut-être parce qu'ils revigorent la pulsion de vie. Indéniablement, c'est dans la tendresse que les femmes vont chercher la force de survivre. Que celle-ci soit maternelle, sororale, érotique ou provenant de l'amie de cœur, elle est un atome agissant de la puissance d'amour dont parle Odette Abadi."
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cluny14cluny14   28 juin 2015
"On voit ici à quel point Jacqueline Fleury a la sensation de vivre avec ses compagnes quelque chose de nouveau et d’inconnu pour lequel il n’y a pas encore de mot. Sororité conviendrait-il ? Ce serait l’équivalent de fraternité vu du côté des sœurs. Apparemment non, car l’échange politique, le combat commun pour la liberté de son pays, sort des relations familiales qu’elles connaissent où, pour les femmes, la famille est synonyme d’exclusion de la Cité. Depuis la Révolution française la sphère du politique est d’essence masculine et réservée aux citoyens mâles. La sphère familiale, le monde féminin par excellence, celui des naissances, des morts et des enfants où pourrait se construire une « sororité » qui soit l’équivalent de la fraternité républicaine ne débouche pas sur la citoyenneté."
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YuyineYuyine   14 juin 2015
Se vivre comme conscience isolée ou être désafilliée à la culture commune est la pire menace qui soit pour l'intégrité psychique.
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