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ISBN : 9791022606998
Éditeur : Métailié (07/09/2017)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Dans ce court récit, Piedad Bonnett raconte à la première personne le suicide de son fils Daniel, vingt-huit ans, qui s'est jeté du toit de son immeuble à New York. Il était schizophrène. Dans un milieu bourgeois, corseté par des conventions en tout genre, il n'est pas de bon ton de parler crûment de la mort et de la folie ; c'est pourtant ce que fait l'auteur, dans une langue sobre et sans effets de manche, avec une sincérité bouleversante. Elle raconte la stupéfac... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Rebka
  19 novembre 2017
Ce qui n'a pas de nom en a pourtant un. le suicide. Un mot qu'on n'aime pas dire, un mot qui fait baisser la voix quand on le prononce, un mot qu'on n'aime pas entendre non plus, qu'on a envie d'ignorer, de maquiller en accident ou en événement, mais pourtant ça existe et ça a un nom malgré tout - et ce nom c'est suicide. Sauf qu'ici Piedad Bonnett parle du suicide de son fils, et là, oui, là effectivement ça devient innommable. C'est vrai que ça n'a pas de nom, que ça ne peut tout simplement pas en avoir. La mort de son enfant, c'est dans le désordre des choses. Alors le suicide, vous pensez bien, évidemment qu'on en perd ses mots…
"Les faits, comme toujours, poussent les mots dans leurs retranchements", c'est bien dit et c'est tellement vrai.
Piedad Bonnett, face à l'innommable, décide d'écrire et nous livre ce témoignage, ce questionnement plutôt. Pourquoi mais pourquoi mais pourquoi répété en boucle jusqu'à l'infini. Oui, pourquoi est la seule question qui vaille dans une telle circonstance et on peut se la poser tout le temps qui nous reste à vivre sauf qu'on n'aura jamais de réponse. Il faut le savoir. Aucune réponse ou alors mille réponses, tout est tellement imbriqué dans la vie, toutes ces petites causes qui produisent ces petits effets, ou ces grands effets, comme le battement d'ailes du papillon qui provoque une tempête quelque part de l'autre côté du monde, comment remonter réellement à une cause ? Impossible. N'empêche, il faut se la poser cette question, il y a un temps pour les questions, et au bout d'un moment il y a un temps non pas pour les réponses mais pour l'acceptation du fait qu'il n'y aura jamais de réponse. La messe est dite, c'est comme ça la vie, ça donne pas de réponse.
Dans ce livre donc, la mère de Daniel tente de comprendre le geste de son fils, tente de savoir qui était son fils, quels ont été ses derniers moments, quelles ont été ses dernières pensées et puis surtout pourquoi mais pourquoi mais pourquoi ? Une question que je me suis posée aussi. La même question et la même absence de réponse. Ou alors une réponse qui ne résout rien mais qu'on peut se donner, une réponse que Piedad Bonnett nomme le quatrième mur. J'ai bien aimé (si on peut parler d'aimer sur un tel sujet) ce concept que j'ai trouvé très visuel et aussi explicite que possible. Ça évoque ce parcours dans la folie qui est propre à chacun et qui peut conduire au suicide parfois, ce sentiment que peu à peu des murs se dressent autour de soi. D'abord un, c'est gérable, on peut le longer, voire le contourner, puis deux, là déjà ça ressemble à un couloir et il faut se méfier de la trajectoire (mais il est encore possible de faire demi tour), ensuite vient le troisième mur avec lequel on se retrouve carrément dans une impasse et si le quatrième mur se referme lui aussi, c'est fini il n'y a plus d'issue et chacun réagit comme il peut, le suicide étant une manière de s'échapper.
C'est marrant j'avais noté ce concept de quatrième mur dans un coin de ma tête au moment de ma lecture et maintenant je suis incapable de retrouver le passage en question… mais bon je n'ai pas fabulé, croyez-moi sur parole, et quand bien même je l'aurais fait, cette réponse en vaut bien une autre, non ?
Pour conclure, je dirai que ceci est un livre surtout essentiel pour celui qui l'écrit et sans jugement j'ajoute que c'est très bien comme ça. On fait ce qu'on peut. Ah oui, et sinon j'ai beaucoup aimé plusieurs des phrases que l'auteur a placé en épigraphes de ses chapitres dont celle-ci qui colle bien pour le mot de la fin :
" S'il te plaît, reviens. S'il te plaît, existe. Mais il ne se passe rien… "(Mary Jo Bang)
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Killing79
  21 octobre 2017
Piedad Bonnett est une romancière et surtout une poétesse colombienne que je ne connaissais pas avant que l'on me conseille ce journal de deuil, sorti pour la rentrée littéraire.
« Ce qui n'a pas de nom », c'est la maladie ! L'auteure aborde ce thème sans jamais vraiment le citer. En ne le nommant pas, elle espère que cette maladie n'existe pas. Et pourtant, son fils a été victime de ce syndrome qui l'a conduit jusqu'au suicide. Grâce à ce texte, Piedad Bonnett veut partager son vécu, veut prévenir les futures victimes et veut surtout exorciser son drame.
Pour ce faire, elle nous raconte le quotidien au contact de son fils. Elle nous fait participer à toutes les péripéties que sa famille a rencontrées. le lecteur se retrouve au plus près de la situation, dans la tête de la mère. On ressent alors toute la tristesse et toute l'impuissance face à la tragédie annoncée. Elle a subi la descente aux enfers de son enfant, sans jamais pouvoir intervenir. Les remords et les regrets se succèdent, avec l'amertume de n'avoir pas su contrecarrer les plans du destin.
Dans ce livre d'une centaine de pages, Piedad Bonnett libère sur le papier toutes ses émotions. Elle condense en peu de mots, tous les maux qui lui tiraillent l'esprit. Pour en même temps ne pas oublier et aussi passer à autre chose, elle a dû écrire avec son coeur tout l'amour qu'elle n'a pas eu le temps de donner. Avec sobriété et pudeur, elle décortique le processus de la maladie, afin d'apporter un témoignage indispensable aux personnes touchées par ce malheur. C'est un récit particulièrement douloureux et émouvant dont on ne sort pas indemne. On est à la fois attendri par l'amour maternel et terrifié par les dégâts de la folie. Comme souvent à la sortie de ce genre de roman, après avoir versé une larme, on relativise nos petits tracas et on reprend goût à notre vie.
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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GabySensei
  02 novembre 2017
Comment raconter la perte d'un enfant ? La grande poétesse Colombienne trouve les mots justes pour évoquer la mort de son fils. Celui-ci s'est suicidé pour échapper à la maladie, une schizophrénie déclenchée par un traitement contre l'acné. Cette maladie envahissant son quotidien et limitant ses perspectives, ce jeune homme a préféré sauter d'un immeuble de New-York, alors qu'il avait bientôt achevé ses études d'art. Comment survivre à cela en tant que mère ? Piedad Bonnett y parvient justement avec la littérature, en mettant des mots sur "ce qui n'a pas de nom". Un livre très émouvant.
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mimipinson
  01 octobre 2017
Ce livre est le récit d'un deuil, mais surtout le récit de la descente inexorable d'un jeune homme, Daniel, son fils dans la spirale infernale de la schizophrénie.
L'auteur de ce récit est la mère de ce jeune homme. Il est étudiant à New-York, et à vingt-huit ans, se jette du haut de son immeuble.
Ce récit aurait pu être une longue lamentation, ou un déballage impudique…
Ce récit, c'est la mise en mot d'une douleur qui ne dit pas son nom, un retour sur les débuts insidieux dans les méandres d'une pathologie psychiatrique sur laquelle il est difficile de poser une expression, et qui plus est une thérapie.
L'auteur dit la difficulté de communiquer avec son fils .Elle décrit avec à la fois pudeur, réalisme et amour son enfermement progressif, l'errance médicale, les conduites thérapeutiques surprenantes parfois…
On mesure au travers de ce récit, les difficultés auxquelles l'entourage familial (en général) est confronté face à des troubles pas toujours évidents à définir avec précision.
J'ai beaucoup aimé ce texte sincère, à la fois sans fard et pudique ; un texte magnifiquement écrit.
Je remercie les éditions Métailié et Babélio pour m'avoir permis de lire cet ouvrage dans le cadre de la masse critique.

Lien : https://leblogdemimipinson.b..
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Bibliza
  05 octobre 2017
J'ai trouvé le témoignage de l'écrivain colombien, Piedad Bonnett, sur le suicide de son fils vraiment bouleversant. Alors, évidemment, le thème en lui-même est déjà bouleversant : Daniel, un jeune homme de 28 ans, diagnostiqué schizophrène, saute du toit de son immeuble new-yorkais. Sa mère connaissait sa maladie, suivait son évolution, était consciente, sans l'être vraiment, des dangers sur la schizophrénie engendrait, ... Seulement, un jour, malgré de belles propositions d'avenirs lointain ou immédiat, Daniel n'a pas tenu le coup et n'a pu que s'évader, s'enfuir de la réalité pour de bon. le roman est bouleversant par les mots choisis par l'auteur : elle ne sombre pas dans le pathos, elle s'interroge sur la maladie de son fils, sur des derniers mois, ses derniers jours, ses dernières heures. Elle accepte son choix, qu'elle savait, malgré elle, inéluctable.
Un beau et court roman, sur le suicide lié à la schizophrénie, maladie encore méconnue.
Une très belle lecture pansement pour les gens touchés par ces deuils...
Lien : http://bibliza.blogspot.fr/2..
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critiques presse (1)
LeMonde   21 septembre 2017
Daniel, 28 ans, s’est suicidé. Dans le salvateur « Ce qui n’a pas de nom », sa mère, poète et dramaturge colombienne, cherche à comprendre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
fannyvincentfannyvincent   01 septembre 2017
Mais la force des faits est incontestable : "Daniel s'est tué" ne signifie rien d'autre, indique un évènement irréversible dans le temps et l'espace qu'aucune métaphore ni récit de quelque nature ne pourront changer.
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RebkaRebka   29 octobre 2017
Tout se passe comme si la douleur nous conférait des droits, en vertu d’une sorte de loi compensatoire.
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RebkaRebka   29 octobre 2017
La vraie vie est physique, et ce que la mort emporte, c’est un corps et un visage unique : l’âme qui est le corps.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   21 septembre 2017
Je reviens aujourd’hui livrer bataille obstinément contre les mots, dans une tentative de plonger au plus près de sa mort, de remuer les eaux troubles de ce puits, non pas pour y trouver la vérité, qui n’existe pas, mais dans l’espoir que les différents visages de Daniel apparaissent dans les reflets vacillants de sa sombre surface.
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RebkaRebka   30 octobre 2017
Les faits, comme toujours, poussent les mots dans leurs retranchements.
Commenter  J’apprécie          70
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