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ISBN : 2919285130
Éditeur : Editions Antidata (15/05/2014)
Résumé :
Par une longue nuit sans étoiles, onze personnages confient à la postérité, et bien malgré eux, le récit de leurs derniers instants. Une flic et son supérieur. Un pompiste et son chien. Deux motards. Un hérisson. Puis les parents de deux adolescentes... Pourtant, tout allait si bien. Les filles étaient si mignonnes...

Une nouvelle d'Olivier Bordaçarre, qui est par ailleurs l'auteur de quatre romans, dont "Dernier désir", paru cette année aux éditio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
camati
  05 novembre 2017
Je remercie Babelio et les éditions Antidata de m'avoir permis de découvrir ce petit livre de 56 pages, publié en 2007, composé de deux nouvelles inspirées de faits réels. La première partie « Protégeons les hérissons » comporte dix chapitres, la seconde « Jeunesse de plomb » en compte onze, numérotés par ordre décroissant de 10 à 0, comme s'il s'agissait d'un compte à rebours. L'image de couverture est intrigante : sur fond rouge (couleur du sang), un revolver avec des pics de hérisson, comme une tête de punk! le titre est tout aussi intrigant et déjà l'imagination du lecteur galope.
J'avais déjà lu « Accident » d'Olivier Bordaçarre, postérieur à celui-ci, et je l'avais aimé. J'étais donc curieuse.
Chaque petit récit est écrit à la première personne, un monologue en direct de l'action, généralement non dénué d'humour, ce qui est d'autant plus surprenant que le narrateur va mourir. En effet deux jeunes femmes sèment la mort sur leur passage. Parmi les victimes, des hommes, des femmes, des policiers, un pompiste, et même un chien et …. un hérisson !
Le style d'écriture varie avec le narrateur : cela peut-être une description froide des faits tel un rapport de police, ou un langage très populaire, ou encore la loufoquerie du chien ou du hérisson qui racontent leur mort imminente. Ces monologues mériteraient davantage, à mon avis, d'être écoutés plutôt que lus, comme du théâtre en quelque sorte, de par leur registre et leur ponctuation. Ils vont crescendo, dits sur un ton plutôt humoristique au début, puis on sent venir la tragédie que je ne dévoilerai pas ici.
La seconde partie, numérotée donc par ordre décroissant, telle une caméra dont on rembobinerait le film, nous fait remonter le temps. Cette nouvelle commence donc par la fin puis nous indique comment les faits se sont enchaînés, comment des routes se sont malheureusement croisées, et comment les deux protagonistes en sont arrivés là. Des points communs donc avec la première partie, puisque le « fait divers » de la seconde a servi de base à la première.
Je suppose que ce livre est une tentative d'explication de comment on peut en arriver à commettre un (ou des) crime(s). Pas une excuse, une piste d'explication ou de réflexion.
J'ai préféré « Accident », mais ce petit livre a le mérite de l'originalité et est intéressant, sans m'avoir captivée.
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kobaitchi
  01 novembre 2017
Voilà un livre extrêmement petit et très vite lu contenant deux nouvelles aux thèmes similaires.
Dans la première, nous nous attardons quelques pages durant avec chacune des 11 personnes à avoir perdu la vie cette nuit du 10 juin. Chacun.e à sa façon, avec son langage et ses codes, nous raconte à quoi ont ressemblé ses derniers instants. de la jeune flic qui terminait son service au pompiste raciste. du chien vivant pour satisfaire son humain au hérisson n'en pouvant plus de ces hommes roulant toujours plus vite sur les routes, même une fois la nuit venue. À travers les récits de toutes et tous, nous remontons les faits de cette nuit meurtrière et découvrons les raisons derrière le massacre.
Malgré la brièveté de l'histoire l'auteur sait faire monter le suspense. Chaque plan est étudié, chaque action sera justifiée.
Seul petit bémol, dés le témoignage de Martine Labrosse, la mère, j'ai compris les raisons du passage à l'acte. C'était peut-être volontaire, mais j'aurais préféré garder cette information pour le dernier témoignage. Après, il n'y a qu'une personne qui passe entre Martine et le dernier compte-rendu, ce n'est donc pas non plus comme si ça arrivait dès les premières pages. Mais quand même, j'ai trouvé ça dommage.
La seconde nouvelle s'inspire d'un fait divers ancien où deux adolescent.e.s, Florence R. et Aubry M. abattirent plusieurs policiers et un chauffeur de taxi en tentant de s'enfuir après un braquage.
Encore une fois, l'histoire nous est racontée dans le désordre. Tantôt, nous découvrons la prévenue dans sa cellule des années après les faits, tantôt nous assistons aux prémices de sa relation avec Aubry. Et au milieu, il y a tout ces moments de stress durant la fameuse nuit.
Les deux histoires sont très bien écrites. le rythme est agréable, la tension monte crescendo et cette forme de narration disloquée accentue encore l'effet. Les personnages intervenants sont tous terriblement humains et imparfaits. Il pourrait s'agir de notre pompiste ou du vieux qu'on croise tous les matins allant chercher son pain. Leurs visions de l'après vie n'est pas très engageante et si le tout a un côté un peu voyeur ce n'est pas l'impression générale qu'on en garde une fois le livre refermé. Car l'histoire est traitée avec une sorte de légèreté, sans tomber dans l'étalage de tripes ou de larmes. Comme le simple compte-rendu d'un événement inéluctable, mais avec un putain de style.
J'ai beaucoup apprécié et je ne manquerai pas de m'intéresser de plus près au travail d'Olivier Bordaçarre. En revanche, je n'aime pas trop le prix incroyablement élevé pour un livre de si peu de pages, qui découragera plus d'un.e lecteur.ice au moment de l'achat.
Lien : http://kobaitchi.com/protege..
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encoredunoir
  14 juin 2014
Très librement inspirée de la virée sanglante de Florence Rey et Audry Maupin et suivie de Jeunesse de plomb, bien plus proche du fait divers réel, Protégeons les hérissons est une nouvelle mettant en scène onze personnages, flics, pompiste, chien de garde ou même hérisson racontant leurs derniers instants.
Alliant brutalité et légèreté (le discours de Taxi, chien de garde d'une station service, hilarant, vaut à lui seul le détour), grossissant le trait pour transformer ses personnages en burlesques allégories de leurs fonctions à l'exception des deux tueurs dont les motivations n'apparaissent qu'à la fin, Olivier Bordaçarre prend un évident plaisir à ce jeu de massacre. Plaisir communicatif qui rend cette lecture particulièrement agréable et avec lequel vient trancher le bien plus sombre et sérieux récit de Jeunesse de plomb.
Beau petit objet, Protégeons les hérissons se révèle donc être un bon bol d'air même si l'on peut légitimement s'interroger sur la capacité d'un livre de 50 pages et vendu 6.50 euros à pouvoir toucher un large public.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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AliceW
  29 septembre 2014
11 morts s'expriment après la nuit tragique où ils ont croisé la route de deux soeurs en plein roadtrip sanglant. Des policiers, un pompiste et son chien, des motards de la gendarmerie, un hérisson aussi, et puis les parents de ces jeunes filles qui préfèrent se dire que tout allait très bien. Chacun témoigne ainsi de ses derniers instants, en quelques mots nous entrons dans la vie de ces personnages, durant cet entre-deux planant avant le clap final où le corps devient poids mort. C'est pas joyeux me direz-vous, et pourtant, Olivier Bordaçarre réussit à passer du dramatique fait-divers à la lutte pour la protection des hérissons menée par un tract doué de parole, et qui plus est avec un naturel déconcertant.
En miroir, une autre nouvelle, Jeunesse de plomb, plus sombre, où l'on assiste à rebours à l'histoire d'un couple qui est passé du côté des armes avec course poursuite là encore et accumulation de macchabées, lui au nom de la liberté, elle sans doute davantage au nom de l'amour.
Deux textes librement inspirés de l'histoire de Florence Rey et Audry Maupin, le premier très libre et permissif, le second beaucoup plus proche de ce qu'a dû être la réalité. Deux nouvelles en écho où ça dégomme sec, à la manière de Tueurs nés, dont il est d'ailleurs fait référence.
Olivier Bordaçarre est romancier, metteur en scène, comédien… Autant dire qu'il manie la langue sous toutes ses coutures et ça s'en ressent dans l'écriture et la lecture. le mot a sa juste place, le ton qui sonne vrai, le rythme qui s'impose et une fluidité qui coule de source, ce qui ne peut qu'inciter à découvrir les autres textes de l'auteur.
Protégeons les hérissons est précédemment paru chez La Diseuse et a également circulé au théâtre. Il a également été lu dans le cadre de la voie des indés il y a quelques jours.

Lien : http://casentlebook.fr/prote..
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Etsisite
  06 novembre 2017
Un petit livre (une nouvelle et le récit du fait divers l'ayant très librement inspirée), ma foi, fort agréable. J'ai presque peur de le dire, vu le sujet dramatique, pourtant j'ai trouvé la nouvelle plutôt drôle : des morts (humains ou animaux) racontent le déroulement de leurs derniers instants au cours desquels ils auront croisé deux adolescentes prises dans un enchaînement mortel.
Des morts donc, qui parlent. Chacun avec sa propre voix : du ton neutre et factuel des policiers, au discours revendicatif du hérisson, en passant par la plainte de la mère. Et c'est d'ailleurs là que se cache l'humour (à mes yeux) : à la fois dans la multiplicité des points de vue, même d'animaux (voyez le chien, par exemple) et dans ces voix si différentes et souvent si décalées-détachées par rapport au drame de leur propre mort.
Merci aux Éditions Antidata et à Masse critique de Babelio pour cette lecture.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AliceWAliceW   29 septembre 2014
Jacky Bensimon au volant de la R5, tétanisé d’effroi, roule à cent trente sur l’avenue de Gravelle dans le bois de Vincennes. Il supplie ses ravisseurs d’arrêter, de le libérer, mais la fille lui hurle de foncer, le canon d’un flingue collé sur la nuque. Elle espère qu’Audry est fier. Jusque-là, elle a été à la hauteur de ses exigences, il devra bien l’admettre : elle assure. Ils seront bientôt à l’abri. Ils disparaîtront dans la nature. Ils auront enfin la vie dont ils rêvent, ensemble, tous les deux, enlacés. Elle se sent si belle dans les yeux d’Audry, si vivante. Il lui lance un regard entre deux coups d’oeil à l’extérieur. « T’inquiète pas, on va s’en sortir », lance-t-il. Mais il ne sourit plus.
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AliceWAliceW   29 septembre 2014
J’ai volé. Longtemps. J’avais l’impression d’être libéré de l’apesanteur, plus léger que l’air, un oiseau, une plume, un ange. La vie offre parfois des sensations extraordinaires. Je volais. Moi qui avais toujours rêvé de saut en élastique, d’ULM, de parapente, je réalisais un rêve, malgré moi. Je volais les bras écartés, face au ciel, le visage dans les étoiles, libre.
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bibliobleuebibliobleue   16 octobre 2014
Ça s'est déroulé si vite que je n'ai rien pu faire d'autre que mourir. En silence. Et je n'ai pas eu non plus le temps de souffrir. Ce qui est nettement plus confortable.
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camaticamati   05 novembre 2017
Je savais qu'elle voyait mon visage se déformer, devenir grimaçant, mes yeux se révulser, ma bouche se tordre, mes lèvres se relever sur mes dents et mes narines se dilater. Honte de mon visage moins attrayant que quand il ne meurt pas. Aspect des choses fort désagréables. J'ai été comme surprise dans mon intimité. mourir est quand même une occupation privée!
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camaticamati   05 novembre 2017
Elle remercie chaque jour, en silence, la littérature de lui avoir donné la force, le courage de vivre incarcérée.
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