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Vincent Madras (Illustrateur)
ISBN : 2841723186
Éditeur : L'Atalante (13/10/2005)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 83 notes)
Résumé :
" L'esprit du mal s'est levé sur la terre.
Je suis venue te confier la dague façonnée par les hommes des temps oubliés. Elle seule a le pouvoir de le tuer. " Ainsi lui disait la fée Mélusine, surgie des eaux dans un étier des marais de Vendée. Mais Emile a failli, il erre, misérable, dans le bocage. Et l'histoire avance à grands pas... Janvier 1793. La Convention s'apprête à condamner Louis Capet, ci-devant roi de France. A Paris, les passions se déchaînent ;... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  12 novembre 2018
J'ai refermé ce deuxième tome pantelant. Nous laisser sur une fin pareille… Bordage est très cruel.
L'auteur se prétend écrivain jardinier (je l'ai entendu le dire lors d'une table ronde un jour), c'est-à-dire qu'il ne planifie pas son récit ; il le laisse s'écouler avec un minimum de contrôle. Bien qu'imaginaires, ses personnages gardent une certaine liberté d'action et surprennent parfois leur géniteur. Cette pensée n'a cessé de m'accompagner alors que je regardais l'ange de pureté Émile et son antithèse maudite Cornuaud se dépatouiller chacun de son côté avec les événements de la Révolution Française. C'est flagrant pour Émile que la mission « qu'on » lui fait porter sur les épaules, dès lors qu'il l'accepte, entraine un peu au petit bonheur la chance. Pierre Bordage l'aide à avancer grâce à de petits coups de pouce. Émile est plus dans la réaction que dans l'action.
Cornuaud est pour sa part plus enclin à prendre le taureau par les cornes. Oh il bénéficie aussi d'une part de « chance » mais on le voit extrêmement vif à profiter de la moindre occasion d'améliorer son sort. Malgré tout, son état d'enjominé entraine souvent des complications. Je me demande si l'auteur avait prévu que sa relation avec son « hôte » prendrait ce chemin plus proche de la symbiose gagnant-gagnant que de l'esclavage du premier tome. De même je me demande s'il avait prévu que sa plume générerait chez le lecteur – chez moi en tout cas – comme un syndrome de Stockholm envers cet homme pourtant antipathique, et ce malgré ses « crises de folie sanglantes ».
Durant tout le roman, Bordage joue avec nos nerfs en rapprochant géographiquement les deux héros, en faisant tangenter leurs trajectoires. On meurt d'impatience de voir leur première rencontre et comment celle-ci va se dérouler. Du grand art.
Le fantastique est nettement plus présent dans ce deuxième tome ; on peut même parler de fantasy. Pourtant c'est encore une fois la description des événements de la Révolution qui m'a le plus fasciné. Je ne cesse d'apprendre sur cette période que je connais peu : le comité de Sûreté Générale, la Convention, la Montagne, les brissotins, le mur des fermiers généraux, le décor est superbement dépeint. Mais c'est encore une fois l'âme sans fard des hommes et des femmes que Bordage parvient à faire revivre. Loin d'être une époque bénie, la Révolution était un temps de chaos autorisant les pires bassesses. Doué pour décrire ce genre de situations, Bordage met son talent à l'oeuvre avec brio. Il sait pourtant saupoudrer la bassesse de moments plus calmes, parfois amusants, parfois d'un fort poids historique comme la visite à Marie-Antoinette dans sa prison du Temple.
La complexité du jeu politique est tellement grande qu'il est impossible d'en faire une lecture manichéenne. C'est pourtant ce que j'ai longtemps cru que Bordage voulait faire à travers les raisons de la « mission » d'Émile. Pour ceux qui la lui ont donnée, le monde se comprend seulement en termes de Mal et de Bien. Autant essayer de faire entrer des ronds dans des carrés pour Émile qui ne sait plus à quel saint se vouer – si j'ose dire – pour discriminer où se situe le vrai Mal dans la pétaudière parisienne.
Je suis donc resté sceptique quant à cette dualité manichéisme-complexité politique, jusqu'à une discussion avec Tatooa – avec qui j'ai lu ce livre en LC et qu'elle a terminé un peu avant moi – qui m'a poussé à conjecturer et à comprendre ce qui m'attendait dans les dernières pages.
Et c'était tout à fait inattendu. Même si immédiatement on pense que l'Enjomineur vient pêcher ce ressort dans une saga ultra célèbre, l'effet est jouissif. Le twist final est terrible. Comment peut-on laisser le lecteur sur une scène comme celle-là ?
Bordage est un écrivain jardinier, de son propre aveu. Voire. Même s'il ne savait pas quels méandres son fleuve aller créer, il savait très bien où il voulait lui faire rejoindre la mer. On ne peut qu'avoir planifié une révélation pareille.
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lyoko
  28 mars 2016
La quête de notre jeune Emile se poursuit. En posséssion de la dague enjominer de Mélusine il se rend a paris et vers son destin.
Bordage nous narre la révolution a sa sauce , avec une pointe de Fantasy. Il est toujours un merveilleux conteur ou la Louisette (guillotine) est décrite avec brio et a un rôle principal dans ce tome.
J'apprécie toujours cette histoire et la façon dont Bordage aborde ses thèmes de prédilections. Il se questionne sur la "religion" , l'égoisme et la capacité de l'homme a retourner sa veste, .... C'est aussi un tome ou la délation a une place prépondérante.
Bordage m'a définitivement conquise avec ses écrits.
Mais j'avoue que ce tome deux, même si l'histoire reste plaisante et très agréable à lire, sert plus de transition au tome 3 je pense, parce que l'intrigue n'avance pas beaucoup. d'un petit chouia sur la fin de ce tome qui nous en apprend un peu plus sur Emile.
Donc pas une déception mais dommage que l'avancée du roman ne soit pas un peu plus rapide. Je pense que pour quelqu'un de moins passionné que moi, cela pourrait lasser et nuire à la continuité de la trilogie.
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Tatooa
  11 novembre 2018
Argl... J'ai trouvé ce tome 2 encore meilleur que le premier ! Il s'est "lu tout seul", beaucoup trop vite pour mon collègue de lecture commune BazaR, lol ! Il faut dire que j'étais impatiente de le commencer...
L'intrigue étant bien mise en place, on s'attache aux pas des différents personnages, Cornuaud, Emile, Armande, et même Schwarz qu'on a croisé dans le un.
Le contexte est, au fond, le personnage principal de ce bouquin. La Révolution et ses suites, la Terreur, et on est en immersion totale dans ces temps de guerre civile, délation, horreurs diverses et variées, l'humain, quoi, celui qui fait désespérer et que sait si bien décrire Bordage dans tous ses bouquins. C'est formidablement bien écrit, même si gore, affreux, dégoûtant, désespérant par moments... La nature humaine ne me porte pas à un fol optimisme en temps normal, je constate que pour Bordage, c'est le même combat. Il a peut-être plus d'espoir que moi, ceci dit, vu qu'il y a toujours dans ses romans un personnage lumineux et positif, sur un chemin "spirituel", ouverture sur du "meilleur", et quelques personnages gentils et attachants, âgés, en général, mais qui disparaissent vite, bien trop vite, balayés par "le mal".
Le fantastique est bien plus présent dans ce tome, peut-être est-ce pour cela que je l'ai plus apprécié, je ne sais pas vraiment. Ses personnages sont tous si vivants, si tangibles, si cohérents, même Cornuaud, "possédé", même Emile, enjominé, même la Sirène, fragile et éphémère personnage si important.
Je suis arrivée à la fin sans même m'en rendre compte, j'appelle ça un page-turner. Et le twist final, je ne m'y attendais pas du tout, mdr ! Bref, ça va être rude d'attendre mon compagnon de lecture pour commencer le 3ème tome... ;)
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Masa
  03 décembre 2017
Après un premier tome que j'avais moyennement apprécié, j'avais laissé ce second volet au tréfonds de ma PAL. Peut-être n'étais-je pas près pour un voyage vers notre passé, du moins, pas pour une époque aussi lointaine. Avec 1793, Pierre Bordage nous envoie dans une période bien sombre et glauque, celle où la République nouvelle doit se battre pour ne pas mourir en tant que nouveau-né.
J'avoue que j'ai très peu de souvenirs du précédent ouvrage. Il m'a fallu faire quelques efforts de concentration pour me rappeler les personnages et leurs péripéties. Je reprends le voyage en Vendée en compagnie d'Émile, et dans la capitale avec Cornuaud dit Belzébuth.
J'ai été impressionné par l'immersion totale dans une France coupée en deux où les Républicains et les Royalistes s'entre-déchirent. Tout cela est dû au talent incontestable de Pierre Bordage, un excellent content. L'auteur s'est même très bien documenté. J'aurais tant aimé avoir un professeur d'Histoire tel que lui. On pourra regretter que l'événement du 21 janvier 1793 ne soit pas plus développé.
Même ces lieux, qui me sont étrangers, m'ont paru familier. Ces excursions dans Paris furent un véritable bonheur.
Du côté des protagonistes, j'ai adoré les passages concernant Cornuaud. Ce sombre personnage m'est pourtant sympathique. J'apprécie ses crises de démences, celles de sa malédiction – enjominé. C'est un être rusé, fourbe. La chance insolente ne semble jamais le quitter.
J'ai un peu moins aimé celle d'Émile, tout du moins durant le premier tiers. Outre la damnation du vil personnage, l'aimable paysan vendéen est lui aussi ensorcelé. Il est le seul à pouvoir porter une arme enchantée donnée par le peuple féerique.
Bien que la bête soit bien nourrie de l'écriture de Pierre Bordage, j'ai trouvé peu de temps morts et de longueurs. L'auteur use même le luxe de faire apparaître la Reine Marie-Antoinette. L'histoire se termine un énorme cliffhanger que je dois maîtriser mes pulsions pour ne pas me jeter sur 1794.
À tout cela, je me dois de mentionner les nombreux personnages très travaillés, la peur de la guillotine et une touche de complotistes. Bref, ce roman m'a convaincu.
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basileusa
  20 février 2018
C'est difficile d'expliquer pourquoi mais je trouve ce tome meilleur que le premier ...peut-être parce que je commence à apprécier les personnages et à voir les liens entre eux. Emile qui sort enfin de son bocage pour suivre son destin à Paris, Cornuaud qui semble s'accommoder un peu mieux de sa sorcière africaine qui le pousse au pire .Bon par contre les personnages féminins c'est pas encore ça, encore un peu caricaturaux mais bon, au moins on a un peu de surprises !
Et le contexte, cette année 1793,la période de la Terreur, ajoute une ambiance délétère et sanglante et permet de renverser très vite une situation. C'est bien décrit, les pages se tournent toutes seules , et j'attends maintenant avec impatience le dénouement .
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
MasaMasa   30 novembre 2017
Des femmes, vieilles et jeunes, suivaient la charrette de leurs cris hystériques. Le peuple de Paris se passionnait toujours pour les exécutions, devenues pourtant quotidiennes et banales après la mise en scène grandiose de la mort du dernier roi de France. Les fournisseurs, les marchands ambulants et les ouvriers interrompaient leur travail pour se presser dans la cour, espérant qu’un événement insolite viendrait perturber le rituel : un homme se débattait parfois comme un beau diable et les aides au bourreau, vêtus de tablier rouge sang, avaient toutes les peines du monde à le maîtriser ; une femme se traînait une autre fois à genoux aux pieds des exécuteurs pour implorer sa grâce ; quelqu’un tentait de prononcer un discours grandiloquent jusqu’au moment fatidique où le couperait lui brisait net la nuque et la voix… On ne se lassait pas des têtes roulant dans le panier, des soubresauts des corps se vidant par saccades, des cadavres jetés comme des sacs de grains dans un tombereau. Fripiers et autres commerçants cernaient les charrettes dès leur arrivée dans la cour comme une nuée des corbeaux s’abattant sur une dépouille afin d’estimer au plus vite la valeur des effets des condamnés. Ils se présenteraient ensuite à la vente à l’encan qui tenait dans le cimetière où étaient dépouillés et ensevelis les cadavres.
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BazaRBazaR   10 novembre 2018
— Que je sache, père, la Convention n'a pas encore voté l'abolition de l'esclavage.
— Elle devait d'abord se débarrasser des négociants et autres suppôts de la Gironde, déclara Gaspard Hugueny. Maintenant que les jacobins ont les mains libres, l'esclavage devrait être aboli et les négriers enfin placés au banc d'infamie.
— On dit que l'âge apporte la sagesse, mais à vous il a apporté l'extrémisme.
— Si vouloir la liberté, l'égalité et la fraternité pour tous les peuples de la terre, y compris ceux d'Afrique, est considéré comme de l'extrémisme, alors je suis fier d'être extrémiste.
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BazaRBazaR   05 novembre 2018
Conscients que le procès du roi était un piège tendu par l'aile fanatique de la Convention, les girondins se disputaient sur le sort qu'il convenait de réserver à l'accusé, la mort pour les uns, l'emprisonnement pour les autres, le bannissement pour les derniers. Ils manquaient singulièrement de fermeté et de cohérence pour lutter avec efficacité contre les vents chargés de menaces qui soufflaient sur l'ancien royaume de France et sa capitale. Originaires pour la plupart de province, ils se réclamaient désormais du fédéralisme, en bons bourgeois désireux de favoriser l'essor de leurs cités ou de leurs régions. Le joug parisien écrasait le pays.
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BazaRBazaR   08 novembre 2018
Émile prit conscience qu'il marchait dans les pas de l'homme qui l'avait recueilli et protégé à la Réorthe. Il regrettait à présent de n'avoir jamais manifesté sa reconnaissance et son affection à l'abbé Rambaud. La jeunesse est tellement affairée à se célébrer elle-même qu'elle ne fait aucune place à la gratitude.
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TatooaTatooa   08 novembre 2018
- Il n'y a pire tyran qu'un argentier. Il ne donne jamais un coup, il ne bat point le pavé, il n'envoie personne sur l'échafaud et, cependant, il se tient derrière chaque émeute, derrière chaque décret, derrière chaque guerre des factions, il compte les cadavres pour les dépouiller, en vrai charognard qu'il est. Pourvu que l'argent entre en caisse, pourvu qu'on honore ses lettres de change, il soutient n'importe quel régime, légitime ou crapuleux, qui sert ses intérêts.
(Gaspard à Emile)
Ndr : Argentier = banquier, ici.
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