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ISBN : 2867466245
Éditeur : Liana Lévi (22/08/2012)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Sait-on jamais tout de ses proches? Une jeune femme traque les indices discordants dans la biographie lisse de son grand-père, un instituteur au soir de sa vie. Remontant la piste d’un piano silencieux et de vieilles partitions de films muets, elle exhume un passé familial insoupçonné, celui d’une célèbre dynastie de marionnettistes forains. La voici dépositaire du monde féerique du Grand Théâtre Pitou. Auguste, un garçon épicier fasciné par les saltimbanques, l’a f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  19 août 2014
Voici un petit roman entre saga et biographie familiale qui a fait mon plaisir.
Etre la descendante d'une famille de marionnettistes est bien original !
On imagine une roulotte, des forains allant de ville en ville, dressant un chapiteau éphémère. On imagine aussi des yeux d'enfants émerveillés et des spectateurs fascinés par un spectacle qui rompt leur quotidien de labeur, y apportant magie et évasion.
Il y a de la « commedia del arte » dans notre imaginaire collectif.
La descendante des Pitou qui interroge son grand père instituteur, découvre par les souvenirs du vieux monsieur un passé inconnu et un savoir-faire insolite. Car il s'agit ici de marionnettes à fils, dont l'utilisation requière doigté, force et complexité pour imiter au plus près le naturel.

De l'ancêtre Auguste en 1850 qui quitte un avenir tracé d'épicier normand pour partir faire la route avec un saltimbanque itinérant, à Emile son fils, aux doigts d'or pour imaginer trucages, ce sont trois générations qui se racontent, parlant mise en scène, costumes, décors, et têtes de bois. Une famille qui tient le cap en dépit des guerres et de la discrimination due à leur statut de forains. Quand la sédentarisation arrive au 20ème siècle, les spectacles ne peuvent concurrencer le cinéma et une page se tourne dans un théâtre suranné à la mort annoncée. le Grand Théatre Pitou a vécu…
J'ai aimé ce livre empli de poésie, de liberté, de créativité. L'atmosphère est dépaysante, prend son temps pour nous embarquer dans une roulotte brinquebalante. La narration est intimiste et véhicule de jolies émotions. Elles sont vivantes et attachantes, ces marionnettes ! On se désole d'imaginer notre société avancer beaucoup trop vite pour ces talents artistiques dépassés, qui réunissaient petits et grands dans les mêmes rires et émerveillements.
J'ai moi-même retrouvé avec nostalgie le souvenir de séances de Guignol où mon grand-père riait plus fort que moi et me faisait un peu honte !
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Griffe
  21 décembre 2012
Un après-midi, une jeune femme entreprend de questionner son grand-père. Elle aimerait comprendre pourquoi, lorsqu'elle était gamine, il était interdit de toucher au piano de l'appartement familial, aux vieilles partitions de films muets. Et pourquoi il a vécu dans une roulotte jusqu'à l'âge de onze ans... Elle exhume en l'écoutant un passé insoupçonné : ils sont les descendants des Pitou, une célèbre dynastie de marionnettistes qui sillonna la France à la tête d'un théâtre d'une surprenante modernité.
A son tour dépositaire de cette histoire insolite, la narratrice imagine les temps forts de leur parcours de saltimbanques : la fondation par Auguste, premier du nom, qui abandonne sa place de garçon d'épicerie en 1850 pour suivre les marionnettes ; le succès au tournant du siècle, porté par Émile, metteur en scène de génie qui intègre les progrès techniques de l'époque ; la mutation enfin, lorsque la famille installée dans la Loire tente de se reconvertir dans le cinéma.
En contrepoint, elle esquisse un portrait sensible de son grand-père (l' arrière-petit-fils d'Auguste Pitou), de ses derniers jours, de ses regrets peut-être... En privilégiant l'art de l'ellipse sur la précision historique, Lucile Bordes réussit le tour de force de brosser en un court récit empli de fantaisie poétique un siècle de la vie d'une famille hors du commun, la sienne.
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Ziliz
  19 mai 2013
Au milieu du XIXe siècle, les ancêtres de l'auteur étaient saltimbanques. Se déplaçant en roulotte, ils présentaient des spectacles de marionnettes à fils. Des pièces d'inspiration religieuse d'abord, plus fantaisistes et satiriques ensuite avec leur personnage vedette : Crasmagne. Malgré la concurrence de Guignol (marionnette à gaine d'origine lyonnaise) dans la région, ce Grand Théâtre Pitou avait du succès, et l'affaire se transmettait d'une génération à l'autre, évoluant au fil des années pour s'adapter aux attentes du public.
Ce témoignage d'un vieillard - retranscrit artistiquement par sa petite fille - est superbe, sans nul doute. On est très loin des épanchements nombrilistes et creux de certains auteurs en mal d'inspiration qui s'essaient maladroitement à l'autofiction.
Je suis donc particulièrement désolée de ne pas avoir su l'apprécier comme il le mérite. le style de Lucile Bordes n'a rien de banal, il est riche, mais il peut dérouter et décourager. Je n'ai pas réussi à m'y installer, j'ai trop souvent décroché, d'autant plus que les personnages – pourtant consistants – m'ont semblé insaisissables, froids, déprimants.
Je précise que j'avais des a priori négatifs dès la couverture : elle m'évoque les cadavres des épouses de Barbe-Bleue. Les marionnettes à fils ont d'ailleurs tendance à me rebuter d'une manière générale, je trouve leurs visages figés sinistres, macabres et effrayants.
Bref, mon rejet à l'égard ce livre est une conjonction de réticences personnelles.
- 4/5 pour la beauté du livre - 1.5/5 pour l'ennui tout au long de ma lecture
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meyeleb
  17 septembre 2012
L'histoire s'ouvre sur les paroles enregistrées qu'un grand-père laisse à sa petite-fille pour lui raconter qui était sa famille. Puis nous remontons au coeur du XIXe siècle, pour suivre une troupe de marionnettistes, les Pitou, qui sont les ancêtres de la narratrice. de père en fils, cette troupe sillonnera la France, vivra de hauts et de bas pour faire survivre une tradition chère à la famille, passera du spectacle de marionnettes au cinéma muet. le sujet est intéressant, mais j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. J'aurais aimé pouvoir m'attacher aux personnages, mais le temps file et les uns meurent, les autres prennent leur place, tout va trop vite. J'aurais aimé me remplir de ces spectacles de marionnettes, mais ils ne se sont pas imprimés en images dans ma tête, faute de descriptions plus détaillées. Un peu déçue, donc, au terme de cette lecture.
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jostein
  09 janvier 2013
"Ce sont elles qui tirent les ficelles."
Il me semble qu'au-delà de l'histoire, du dépaysement de cette vie de nomades, c'est bien le point le plus important du roman. L'auteur décrit avec aisance comment une passion peut devenir envahissante, pas seulement dans sa vie mais aussi dans celle des autres qui vivent avec vous.
Lorsqu' Auguste, garçon épicier rejoint Chok, le patron d'un théâtre de marionnettes en 1850, il ne se doute pas que cet engagement va entraîner plusieurs de ses descendants dans l'aventure.
On découvre alors la vie en roulottes, la passion du spectacle, les routes et les villages traversés.
La vie continue, Emile le fils reprend le métier finalement encore plus épris de la marionnette fétiche, Crasmagne.
Les femmes et les enfants ont chacun leur place dans cette entreprise. Pas question d'avoir d'autres velléités. Si certains se rebellent, ils finissent par suivre le mouvement familial.
" Elle tend le bras vers le théâtre, vous êtes à leur service à toute heure du jour et de la nuit ! C'est de l'esclavage ! Elles auront votre peau."
Le récit est entrecoupé de visions actuelles, celle d'un vieil homme qui n'a plus que ces souvenirs. C'est le grand-père de la narratrice, Mimile, petit-fils d'Emile. La dernière génération a du faire face aux difficultés de la seconde guerre et à la concurrence sévère du cinéma.
L'auteur a souhaité raconter cette vie peu ordinaire de ces ancêtres avec beaucoup de respect et encore quelques paillettes dans les yeux, tout comme les spectateurs du théâtre de Pitou.
C'est un très beau premier roman qui manque, selon moi, de points d'ancrage. L'auteur balaie une longue période, donne beaucoup de détails intéressants sur la vie de saltimbanques, sur la création des spectacles mais il m'a été difficile de m'attacher aux personnages. Les passages sur la vie actuelle de Mimile sont trop flous. Je n'ai d'ailleurs compris qu'à la fin qui était ce personnage actuel. Un lien plus émotionnel, plus détaillé entre ce personnage et l'auteur aurait permis de mieux entrer dans le monde merveilleux de cette famille.

Lien : http://surlaroutedejostein.o..
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critiques presse (1)
Lexpress   23 novembre 2012
Lucile Bordes rend un hommage aussi sensible que passionnant à ses propres ancêtres.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ZilizZiliz   19 mai 2013
Car la guerre [1939-1945] n'a pas arrêté le cinéma. Les actualités, oui, c'est actualité unique. Mais les Allemands tiennent à ce qu'il y ait du spectacle, pour éviter que les gens se réunissent par désoeuvrement. Les bals, c'est défendu. Sortir en voiture, c'est défendu. Les cinémas marchent bien, du coup, y a plus que ça, comme distraction ! Et c'est bon pour la propagande. Pour un film français avec Fernandel, il faut louer un film allemand. Ils ne sont pas obligés de tout passer, mais enfin... les Allemands aiment mieux qu'on loue leurs films.
(p. 128-129)
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VALENTYNEVALENTYNE   07 janvier 2018
Pour le voyage de noces, le père d’Eugénie les conduit avec leur barda au village voisin. Assis les rênes à la main, il bougonne bien encore un peu, mais l’Emile a raison, bientôt tout le monde prendra le train et les voituriers disparaîtront, alors qu’il y aura toujours des gens pour aller au spectacle… Marionnettiste, un métier d’avenir, le beau-père a quand même du mal à s’y résoudre, habitué qu’il est à être le point fixe autour duquel rayonnent les charrois. Il a du mal à croire que ce n’est plus le pas de ses chevaux qui mesurera l’espace. Depuis cinquante ans temps que la ligne Saint-Étienne-Lyon est ouverte – cinquante ans, beau-père, cinquante ! – Il ne peut croire qu’elle mène vraiment quelque part. Pour le charbon et les marchandises, il peut comprendre, mais qu’il y ait des gens pour voyager droit sur cette voie unique… Aussi est-il mal assuré de quel parti prendre, s’il doit se réjouir ou se désoler de voir sa fille faire la route et non l’étape.

Assise à ses côtés, Eugénie ne dit rien. Elle regarde la route comme si elle la prenait pour la première fois, alors qu’elle a souvent, enfant, accompagné son père dans ses courses. En grandissant, on lui a appris qu’il n’était pas convenable pour une jeune fille d’aller ainsi, que ce n’était pas dans la poussière des chemins qu’elle trouverait un mari. Miracle ! Allégresse ! Elle crierait bien aujourd’hui si elle ne craignait autant Dieu, alléluia ! La route lui a apporté un époux, et, telle la vague qui se retire, les reprend tous les deux ! Le grincement des roulottes sonne à ses oreilles un hymne joyeux, qui lui chante qu’elle est femme, et libre, émancipée de la tutelle de sa mère et de ses sœurs, de la maison aux aguets dans le pli du Couzon, du linge à battre, de l’âtre auprès duquel raclent les chaînes qu’épouses et filles traînent derrière elles, tournant autour de son œil sombre comme les mules au moulin. D’un si petit appétit d’habitude, Eugénie se découvre une faim de loup.
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VALENTYNEVALENTYNE   07 janvier 2018
Émile grandit sur les routes. Il aime par-dessus tout les départs, lorsque son père le réveille à des deux trois heures du matin pour faire l’étape en une seule fois. Les rouliers qui les accompagnent jusqu’à la ville suivante encouragent leurs bêtes par des claquements de langue secs comme des cris d’oiseau et plaisantent à voix basse pour se donner du courage, ils lui demandent s’il n’a pas peur du loup. Du loup, point. Mais peut-être bien des quelques malandrins croisés dans les forêts sombres, même s’ils lorgnent davantage les chevaux du voiturier que leurs caisses. Et aussi un peu des cavaliers pressés qui dépassent le convoi en jurant. Le plus souvent cependant il n’y a personne. La route et la nuit pour eux.

Ils avancent aux étoiles, et parfois la lune est si belle qu’on peut imaginer y vivre. Chaque route a son odeur, son père les reconnaît aussi à l’oreille : le silence obstiné de la route à pacage, le ruissellement de celle à peupliers, le ressac que celle-là coince au sommet des mélèzes, le feulement de la pierre au passage des cols.

À l’arrivée les hommes détellent, prennent leur argent, puis s’éloignent les chevaux au poing tandis qu’Auguste s’active autour des chariots naufragés. Ils montent le théâtre pour quelques jours, parfois un mois, si les recettes sont bonnes. Ils évitent les vogues où se produisent trop de petits théâtres ambulants, et où la tranquillité du public n’est pas toujours assurée. Dans le Beaujolais par exemple, la maréchaussée doit régulièrement intervenir pour calmer les esprits… Et les poings.
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josteinjostein   09 janvier 2013
Emile avait un pays, le théâtre, le périmètre de la baraque, l'espace qu'occupaient ses figures de bois.
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Videos de Lucile Bordes (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lucile Bordes
Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits :
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti
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