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EAN : 9782266122245
276 pages
Pocket (15/04/2004)
3.92/5   36 notes
Résumé :
Honteusement exploitée par ses maîtres, abusée par les hommes, Jeanne, une gamine sourde et muette au regard noir n'inspire que pitié et méfiance.

On l'a surnommée la Mule et certains, dans ce hameau corrézien, se demandent si elle a une âme. Quand, en 1945, Antoine Rolandier, héritier d'une longue lignée de meuniers, revient enfin chez lui, c'est pour découvrir sa maison incendiée, sa famille disparue, son héritage volatilisé.

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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
vali81360
  08 mars 2016
C'est le second roman de Gilbert Bordes que je découvre et que j'approuve totalement.
Il s'agit d'une histoire autour de la famille Rolandier, meunier dans la région de Corrèze. nous avons le patriarche et grand-père Paul Rolandier, riche meunier réputé, son épouse Léontine, puis, dans sa descendance, on retrouve Jean Rolandier, son épouse Pauline et leur fils Antoine.
Un destin malheureux a décidé que Jean parti en guerre meurt sur le front en laissant Pauline, veuve et Antoine orphelin de père. Pauline n'en a cure de cette vie au Gué de Bar, se prend un amant et quitte la région avec son fils Antoine alors âgé de 3 ans.
Reste alors au domaine Paul et Léontine prennent une servante, Louise et leur fille sourde et muette, c'est Jeanne, "la Mule" (dans le titre, il s'agit bien entendu d'elle !). Cette dernière reste toujours attentive à ce que fait Paul, son travail au moulin, elle est proche de lui (peut-être y voit-elle en lui, une figure paternelle manquante).
Malheureusement, le destin frappe encore et emporte avec lui Paul, il meurt dans un incendie en sauvant Jeanne de justesse. Léontine prise de folie est quant à elle emmené à l'asile. Quand le malheur frappe cette famille, on peut dire qu'il le fait de plein fouet ! (La première phrase du roman en dit long, vous verrez...).
En 1945, Antoine, dernier héritier des Rolandier revient au pays pour refaire valoir le domaine alors en ruine, son rêve étant de tout reconstruire, le moulin, la meule etc... mais aussi quelque part construire sa propre vie. Mais ce doux rêve a un coût conséquent, il repense à sa jeunesse et au fait que son grand-père avait un trésor et le cachait, il en est certain. La seule proche de son grand-père c'est Jeanne, qu'il va chercher à retrouver en gardant en tête qu'il va tout faire pour la faire parler (si je puis dire puisqu'elle est muette et n'a aucune éducation). Qu'à cela ne tienne, il va tout faire pour lui apprendre à lire et écrire.
On est révolté de lire que les gens abusent de Jeanne, elle est tellement vulnérable. Antoine, va se rapprocher d'elle en se faisant employer au domaine de l'étanchade et va avec l'aide de Blaise (le fils de Jeanne), lui donner cette éducation qui lui manque tant (avec pour arrière pensée de la faire parler sur le trésor de son grand-père, puisque c'est la seule qui pourrait se souvenir de la cache) !
Alors là, terminé la Jeanne qui se laisse faire, elle lit sur les lèvres, écrit quelques mots, bref, elle comprend maintenant (elle est tellement attachante qu'on est forcément content pour elle !).
Je vous passe l'histoire sur le domaine de l'étanchade et son propriétaire M. Henri (bien que vous verrez il a son importance), son détestable intendant, M. Peyrole (désolé, c'est mon ressenti), et sur la vie sentimentale d'Antoine qui se profile avec Huguette (jeune veuve du village).
Ne gardez que l'essentiel de ce résumé, c'est un roman rural à l'histoire facile, (le retour de l'héritier à la recherche du trésor des Rolandier) aux personnages supers attachants, (Jeanne, Antoine, Blaise, M. Henri à qui on espère des happy endings) qu'il est agréable de lire. Je n'ai pas été déçu...
Merci M. Bordes, j'ai hâte de découvrir d'autres romans de vous !
Lien : http://bookstoshare-plaisird..
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pit31
  15 avril 2021
La vie n'est pas facile de vivre dans les campagnes en début du 20ème siècle surtout quand on est une femme et que l'on est sourd et muet.
Les gens en profitent un maximum.
Ce roman est l'histoire de Jeanne sourde et muette qui n'a aucune éducation. Dans la mesure ou elle est sourde et muette, on ne prend pas la peine de lui donner un minimum d'éducation
Mais arrive Antoine qui prend le temps de lui apprendre à lire et à écrire et de plus à pouvoir lire sur les lèvres.
Elle se débrouille très bien et ce qui lui permets de pouvoir s'affranchir de beaucoup de chose;
Et l'histoire se termine bien pour tout le monde y compris pour Jeanne
J'ai vraiment apprécié ce roman.
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nelson43
  13 août 2019
Il y a bien longtemps que je n'avais pas lu un roman du terroir car j'ai toujours l'impression de lire la même chose . Pourtant , j'avoue que j'ai pris du plaisir à me plonger dans l'histoire de la famille Rolandier .
Paul Rolandier est un riche meunier ; quand son fils meurt à la guerre , il doit reprendre le métier mais coup dur , sa bru part à la ville avec son enfant . Paul se retrouve seul et il engage une femme avec sa petite fille sourde et muette . le meunier se prend d'affection pour cette fillette qui le suit partout . A la mort de Paul , les deux femmes doivent partir et elles trouvent du travail dans un château mais la petite Jeanne sans défense va vivre un vrai calvaire
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lealeh
  01 septembre 2019
Gilbert Bordes nous raconte une histoire à laquelle on croit de suite et qui pourrait sans doute être issue de la sage d'une famille paysanne. Très bon moment.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   12 mars 2013
Quand le malheur décide d'ouvrir une porte, il le fait en patron, s'en frapper, s'en s'annoncer, la tête haute, bien décidé à aller au bout de ses intentions. Il n'hésite jamais, ne s'excuse pas de piétiner les fleurs, de renverser le vase précieux, de cracher à la figure du petit enfant ou de la vieille dame. Ses rires accompagnent les larmes qu'il répand autour de lui.
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vali81360vali81360   04 mars 2016
Dans ses moments de détresse, l'enfant s'accrochait à de tels détails : "Je suis un Rolandier ! se répétait-il, ici personne ne sait ce que veut dire ce mot !" Et tandis que le maître expliquait au tableau le principe des nombres premiers, Antoine s'entraînait à ressembler à un Rolandier et fermait l’œil droit. Ou bien il imaginait la manière de tenir le burin pour aiguiser les meules, de taper avec le marteau selon la profondeur de l'entaille...
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pit31pit31   14 avril 2021
Henriette ne comprenait pas qu'il était plus proche des siens à l'Etanchade qu'à Bar : Jeanne était le seul témoin de ses derniers jours de son grand-père qui, malgré le mutisme de l'infirme, vivait encore à travers elle.
A la nuit, il rentrait à l'Etanchade avec l'indention de faire travailler Jeanne ; il avait passé la route d'Affieux et descendait vers Treignac quand, à la sortie d'un tournant, un homme qui avait soulevé le capot de sa voiture et semblait en panne lui fit signe. Sans se méfier, Antoine mit pied à terre et s'approcha. Deux autres hommes sortirent alors de la voiture. Le premier abaissa le capot et se dressa en face d'Antoine qui voyait dans la nuit sa face laiteuse sous son chapeau sombre, ses yeux qui le fixait.
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pit31pit31   15 avril 2021
Il sortit et se dirigea vers le hangar, conscient que ce domaine avec son vieux château avait quelque chose de particulier et d'attachant. Lui qui était venu ici avec l'intention d'arracher son secret à une muette, il avait découvert une terre qui savait retenir ceux qui sa servaient.
Antoine enfourcha sa moto et descendit à la ferme du père Masson qui se trouvait à deux cents mètres, une propriété assez importante que Gabriel Masson exploitait jusque-là avec son fils. Antoine le connaissait un peu. C'était un homme grand et maigre, coiffé d'une casquette marron. Il parlait beaucoup d'une voix aiguë et rayée.
Antoine fut accueilli par un minuscule chien qui lui montra les crocs. La cour était envahie de poules, d'oies, de canards. Louise Masson sortit de la maison. C'était une petite femme ronde vêtue d'un tablier gris, cisaillée par une ceinture. Son large visage était très blanc à part quelques ombres de barbe ressemblait à un gros insecte posé là.
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pit31pit31   14 avril 2021
Antoine arrêta sa moto sous le hêtre et souffla un instant. De la route goudronnée montaient des vagues d'air brûlant. Midi sonnait à l'église de Treignac, massive, sombre, dans sa vallée encaissée. En dessous, la Vézère coulait entre de gros blocs de rochers, tantôt pressée, bouillonnante, tantôt calme, noir, s'attardant dans des cuvettes profondes et mystérieuses.
Antoine découvrait ce pays par-delà les Monédières, rude, austère moins généreux que le pays de Bar. La terre noire aimait l'ajonc et la bruyère, le genêt et le genévrier. Le blé y était irrégulier, les épis légers, le grain riche en son. Les paysans fauchaient des prés maigres et pentus. La vie avait repris son cours, comme si la guerre n'avait pas eu lieu, comme si elle n'était jamais passée par là. Antoine était pressé : il avait donné sept année à la France, le temps était venu de penser à lui.
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Mai 1944. Jérémie, Rachel et Éloïse doivent quitter la ferme où ils se cachaient depuis plusieurs mois. La milice est à leurs trousses : ils sont juifs, et leur père est un savant dont les connaissances pourraient être capitales pour les nazis. Marguerite, une jeune boiteuse, et Paul, orphelin de fraîche date, les rejoignent avec chacun sa motivation, plus ou moins avouable. Commence alors pour les cinq fuyards une aventure dont aucun ne sortira indemne. Ils décident de suivre le cours de la Loire, avec l?espoir de rejoindre l?océan et d?embarquer pour l?Amérique. Mais les méandres sont nombreux. Et périlleux. Entre trahisons, dénonciations, fausses amitiés et bombardements, ils ne renonceront jamais à leur quête de liberté. Dix ans après Les Enfants de l?hiver, Gilbert Bordes nous fait vivre une incroyable épopée. Un grand roman d?aventures et d?initiation dans une des périodes les plus sombres de notre histoire.
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