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Jean-Luc Steinmetz (Éditeur scientifique)
ISBN : 2859408274
Éditeur : Phébus (12/05/2002)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Sept histoires de violence et de passion qui ne reculent devant aucun bel excès. Borel dresse pour nous un théâtre de sang qui anticipe moins sur la frénésie surréaliste que sur la poétique de la Cruauté chère à Artaud. Qu'il en profite au passage pour dénoncer sans la moindre précaution la sottise et l'injustice de son temps devrait « dater » son oeuvre, songe-ton avant d'y aller voir.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
LydiaB
  24 avril 2013
Joseph-Pierre Borel d'Hauterive, dit le Lycanthrope (1809-1859), est un auteur considéré comme mineur aujourd'hui alors qu'il a occupé une place importante à son époque. En effet, son style provoqua une vraie révolution. En perpétuelle rébellion contre les écoles, les tendances ou les courants, il mit un point d'honneur à se marginaliser des premiers romantiques.

On retrouve dans ce recueil cette volonté. N'attendez rien de grivois dans ces textes. La perversion se cache dans la violence, dans la noirceur, dans la représentation de la mort planant à chaque page. Il n'y a que sept contes. Mais la puissance qui en découle est remarquable. le narrateur ne se gêne pas pour intervenir quand bon lui semble. Et pour cause... le dernier conte, intitulé Champavert le lycanthrope, nous indique qu'il s'agit bel et bien de l'auteur. Quand noirceur rime avec horreur, quand l'écriture révèle le moi profond de l'écrivain, on ne peut que frissonner.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Francharb3
  31 octobre 2014
Peu de choses à ajouter sur ce qui a déjà été dit...
Si ce n'est ceci : ces nouvelles provoquent le sentiment un peu étrange du soufflé. Je m'explique : l'auteur se veut effrayant, horrible mais à un moment ou un autre, l'édifice s'effondre et l'on retombe... pas tout à fait dans le ridicule, le style est suffisamment habile pour l'éviter, mais dans ce que l'on croise aussi dans la littérature du sud des Etats-Unis, ce que j'appellerais, comme Sherwood Anderson, le grotesque.
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BVIALLET
  24 mai 2012
A la lecture du titre on peut s'attendre à quelques histoires croustillantes. En réalité il n'en n'est rien. L'immoralité, ici, s'appliquant plus à un comportement social et criminel. Des histoires très baroques, assez noires. Des passions contrariées par la cupidité ou la jalousie. L'auteur n'aime pas l'humanité et nous la montre sous son jour le plus sombre. Au-delà du contenu des histoires, l'intérêt, se trouve dans l'écriture un peu particulière, écriture un peu ancienne, truffée de termes très anciens. Et puis c'est un produit de cette grande époque romantique du 19e siècle.
Rappelons que l'auteur, 1809-1859, dit le Lycanthrope, a fait une brève carrière comme écrivain/poète. Il est le contemporain de Gérard de Nerval et faisait partie, comme lui, du Petit Cénacle. Il est donc connu (peu connu en réalité) pour ces Contes immoraux, pour Rhapsodies et Madame Putiphar. le livre s'ouvre par une longue préface intitulée L'écriture homicide et se termine par une série d'articles de la presse de l'époque, articles écrits lors de la sortie du présent ouvrage. La presse, en général, n'a pas été tendre pour l'auteur. C'est très particulier mais c'est à lire.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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VACHARDTUAPIED
  02 mai 2013
Drôle de livre, l'exemple même de littérature cadavéreuse, l'auteur va même jusqu'à annoncer son suicide...........
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   24 avril 2013
Monde atroce ! il faut donc qu’une fille tue son fils, sinon elle perd son honneur !… Flava ! tu es une fille d’honneur, tu as massacré le tien !… tu es une vierge, Flava ! Horreur !… Ôte-toi de dessus de cette fosse, que je creuse la terre de mes ongles ; je veux revoir mon fils, je veux le revoir à mon heure dernière !
— Ne troublez pas sa tombe sacrée…
— Sacrée !… Je te dis que je veux revoir mon fils à mon heure dernière ! laisse-moi fouiller cette fosse !
La pluie tombait à flots, le tonnerre mugissait, et quand les éclairs jetaient leurs nappes de flammes sur la plaine, on distinguait Flava, échevelée ; sa robe blanche semblait un linceul, elle était couchée sous les touffes du houx. Champavert, à deux genoux sur terre, de ses ongles et de son poignard fouillait le sable. Tout à coup, il se redressa tenant au poing un squelette chargé de lambeaux : — Flava ! Flava ! criait-il, tiens, tiens, regarde donc ton fils ; tiens, voilà ce qu’est l’éternité !… Regarde !
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thereader83thereader83   17 mars 2018
Je ne crois pas qu'on puisse devenir riche à moins d'être féroce, un homme sensible n'amassera jamais.
Pour s'enrichir, il faut avoir une seule idée, une pensée fixe, dure, immuable, le désir de faire un gros tas d'or; et pour arriver à grossir ce tas d'or, il faut être usurier, escroc, inexorable extorqueur et meurtrier! maltraiter surtout les faibles et les petits ! Et, quand cette montagne d'or est faite, on peut monter dessus, et du haut du sommet, le sourire à la bouche, contempler la vallée de misérables qu'on a faits.
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JoualvertJoualvert   24 février 2015
Rien n'est plus démoralisant que l'injustice, rien ne jette plus d'amertume et plus de haine au coeur. (...) Il ne faut qu'un concours de circonstances pour faire du plus innocent un coupable. Ce n'est que sur du probable et de l'apparent que peuvent juger les hommes avec leurs courtes antennes. On pourrait comparer les crimes à des ballots bien clos : c'est par l'enveloppe que le juge estime le contenu, et quand, par sa sentence, il l'a déclaré taré et à l'index, et fait jeter à la mer, le ballot, dans sa chute, se brise et s'ouvre sur une roche ; tout ce qu'il recélait remonte à fleur d'eau et paraît en pleine lumière ; la balourdise du tribunal devient patente, la foule en ricane amèrement ; alors le juge se drape et se hausse, et s'écrie, avec son ton archiépiscopal risible : «Je suis infaillible !»
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   02 mai 2013
Je ne m’abuse point assez sur moi-même, pour croire que
cette douce Apolline ait un amour vif pour moi : elle me chérit
comme son père; je suis pour elle un tuteur généreux, un ami
compatissant. Elle est d’autant plus attachée à moi, que jusque-là
elle n’avait rencontré que des êtres égoïstes et féroces. Elle est
bonne, sensible, bienveillante, sans folie, que pourrais-je
demander de plus? Tous les dons que j’ai voulu lui offrir, tous les
présents que je lui ai portés, noblement elle a tout refusé : il est
de son devoir, dit-elle, d’agir ainsi, et qu’une fille d’honneur ne
saurait rien accepter que de son époux. Aussi lui ai-je promis que
nous serions unis avant peu; cette pensée l’a remplie de joie. Je
lui avais donc demandé pour demain soir, à neuf heures, un
rendez-vous chez elle, pour nous entretenir des préparatifs de
notre mariage, et peut-être… Tu vois, je ne mens pas, voici sa
lettre en réponse.
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   02 mai 2013
Une seule bougie placée sur une petite table éclairait faiblement
une salle vaste et haute; sans quelques chocs de verres et
d’argenterie, sans quelques rares éclats de voix, elle aurait semblé
la veilleuse d’un mort. En fouillant avec soin dans ce clair-obscur,
comme on fouille du regard dans les eaux-fortes de Rembrandt,
on déchiffrait la décoration d’une salle à manger, de l’époque
caractéristique de Louis XV, que les classiques inepto-romains
appellent malicieusement Roccoco. Il est vrai que la corniche
encadrant le plafond était nervée et profilée en bandeau et à
gorge, sans la moindre parenté avec l’entablement de l’Eresichtœum, du temple d’Antoninus et Faustina ou de l’arc de
Drusus; il est vrai qu’elle était sans saillie, larmier, coupe-lame et
mouchette chassant et rejetant la pluie qui ne pleut pas. Il est vrai
que les portes n’étaient point surmontées d’un couronnement,
dit attique, pour chasser les eaux de la pluie qui ne pleut pas. Il
est vrai que les arcades n’avaient point en hauteur leur largeur
deux fois et demie. Il est vrai qu’on n’avait eu aucun égard aux
spirituels modules de l’illustrissimo signor Jacopo Barrozio da
Vignola, et qu’on avait ri au nez des cinq-ordres.
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Videos de Pétrus Borel (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pétrus Borel
Émission « Une vie, une Œuvre » diffusée sur France Culture le 19 décembre 2004. Avec : Sylvain Goudemare, Jean-Pierre Saïdah, Jean-Luc Steinmetz et Jacques Simonelli.
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