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ISBN : 2070145948
Éditeur : Gallimard (02/10/2014)

Note moyenne : 2.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Qu'est-ce qui constitue le projet d'une langue, en quoi la langue française est-elle à nulle autre pareille ? Comment croire et comprendre qu'elle disparaît sous nos yeux à une telle vitesse, et avec elle une civilisation ? Ces pages s'attachent à identifier un héritage collectif inestimable, à donner la mesure d'un trésor. Ecrites dans un style délié et jubilant, elles se lisent non comme un éloge ou une célébration, mais comme une suite de dévoilements par lesquel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
EricB
  02 mars 2015
Il y a dans cette "défense et illustration de la langue française" des néologismes, du jargon, mais tout est expliqué au fur et à mesure de la lecture et un glossaire, en fin de volume, rappelle les définitions données dans le texte. L'auteur fait le triste constat que les élites de la République ont abandonné la cause de la langue française, laquelle est menacée de l'extérieur (institutions européennes, perte de souveraineté, mondialisation...) et de l'intérieur (la langue de Coluche, l'abandon du e muet...).
Face à ce lamentable "reculisme", Alain Borer ne propose aucune solution politique, mais une sorte de résistance individuelle. Sur ce plan, je demeure sceptique : l'accord du participe passé, le souci de la précision (l'acribie) et d'une diction claire sont nécessaires, mais nettement insuffisants. Alain Borer eût dû, comme naguère Jean Dutourd, insister (avec l'énergie du désespoir ?) sur la nécessité d'une politique linguistique ; il est toutefois exact que la classe dirigeante française se situe à des années-lumière d'une telle préoccupation.
Qui, parmi les technocrates et les apostats de la Patrie, est encore sensible à l'élégance de notre langue ? En tout cas, Borer démontre brillamment qu'elle demeure parmi les plus originales et les plus subtiles du monde.
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critiques presse (1)
NonFiction   20 juillet 2015

Alain Borer entreprend de réhabiliter le « projet » de la langue française, aujourd’hui désavouée par ses locuteurs et par leurs dirigeants politiques.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
EricBEricB   27 février 2015
Rien n'est plus choquant pour l'amour de la langue, le respect de soi le plus élémentaire, la préoccupation de la culture ou de ce que cela pourrait être, que de voir la légèreté avec laquelle a été votée la loi Fioraso. Les déclarations politiques relèvent de ce que Hitchcock appelait des "mac guffin" : des harengs rouges. Ils servent à détourner l'attention du bedeau pour le mener où l'on veut. Afin de ne pas se laisser distraire par les harengs rouges, une seule méthode, celle des arts plastiques : il faut déduire les intentions des faits.
Ainsi la loi Fioraso (par son article 2) voulait-elle hypocritement développer l'anglais ("faciliter l'usage des langues étrangères") à l'université ("dans certains cours") contre différentes lois de la République et en contradiction même avec la Constitution, qui fait de la langue française la langue de la République ; mais, selon l'antique méthode du cheval de Troie, cette loi n'avait au fond qu'un seul objectif stratégique, en application du projet anglophone-européen, et de la loi de libéralisation des universités, celui de livrer l'universel à l' "anglobal".
Cette loi scélérate fut opportunément dévitalisée par un acte de résistance du Sénat ; mais tel est le reniement de soi dont Fioraso est le nom : il y eut un Allègre auparavant et d'autres capitulards viendront pour annoncer comme eux que "l'anglais ne devrait plus être considéré en France comme une langue étrangère" ; cette vision stratégique gouvernementale entrera dans les mœurs aussi sûrement que l'apprentissage de l'anglais aux petits Français à l'école maternelle, dont la seule annonce indignait Le Canard enchaîné, naguère encore, en 1988...
- et pour cause : une langue apprise à la maternelle forme ce que Chomsky appelle un "langage institué". Autrement dit, la langue excède son apprentissage : apprendre l'anglais à la maternelle, c'est assurément apprendre beaucoup plus qu'une langue. Le projet d'apprendre l'anglais à la maternelle (avec la méthode globale ?) serre un tour d'écrou en faveur de la langue du maître :
que l'enseignement se généralise en anglais dans toute l'Europe et de la maternelle à l'université, telle est en effet la logique des gouvernements soumis à la Commission de Bruxelles, la logique du libéralisme européen et celle de la détestation de soi qui accompagne le naufrage des Etats-nations - parousie prévisible de l' "englobish" en néolatin, dupliquant les Etats-Unis d'Amérique et occupant pleinement son empire continental potentiel. Ainsi la loi Fioraso venait-elle opérer ce grand renversement historique : le contraire de l'ordonnance de Villers-Cotterêts, par laquelle la langue française s'émancipait du latin. Et qui restait le plus ancien texte juridique français encore en vigueur.
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SophiedesBegonsSophiedesBegons   03 novembre 2014
Quelle déception de constater que M. Borer a écrit ce livre pour lui seul. Lui seul ou pour une petite frange d'érudits aptes à avaler sa rhétorique épuisante.Prof de Lettres, j'ai sauté sur ce livre comme sur un bon dessert et je l'ai refermé à la 130ème page en soupirant de soulagement. Si l'on veut faire aimer la langue française, la préserver, encourager l'émergence de nouveaux mots français, il faudrait d'abord commencer par utiliser un langage intelligible par tous. Je ne dis pas de rédiger en français de la rue, loin de moi de telles envies, mais de ne pas assommer les lecteurs et les décourager avec des phrases comme (je cite) : "Où reconnaître le souci acribique de la langue française d'échapper aux significations aléatoires par le contexte, en dessinant un concept absolu.". A qui souhaitez vous vous adresser, Monsieur ? à vos pairs érudits déjà convertis ou à tous ceux qui manient mal la langue et qui auraient pu trouver intéressant de votre part un recadrage compréhensible pour eux... dommage pour nous. Je vous laisse à vos métaplasmes et à vos silures et je retourne faire la classe à mes petits "angolais"...
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EricBEricB   27 février 2015
"Il y a d'autres peuples qui [veulent] nous interdire de parler notre langue..."
Charles de Gaulle, Arras, 1914

Cette passion structurelle a d'innombrables antécédents, comme les Hollandais qui interdisaient aux protestants français réfugiés en Afrique australe d'user de leur langue (ce dont s'indignait encore Jean Jaurès en 1884), comme les Américains de l'Etat de Louisiane qui promulguèrent en 1921 une loi interdisant de parler français, ou comme les colons flamands du Congo belge qui encourageaient le lingala puis le latin afin de ne pas propager le français - domaine où leurs descendants se surpassent aujourd'hui, dans l'agglomération flamande de Menin où parler français est interdit par la loi et par des pancartes dans les magasins ;
or, dans cette grande Europe civilisée qui peut infliger aux Etats de lourdes amendes pour des histoires de réglementations économiques, pas une voix ne s'élève, pas un politique, ni européen ni français, nul Barroso, pas un "pays ami", pas un citoyen pour s'indigner contre ceux qui, au cœur même de l'Europe, se croient permis d'interdire par la loi de parler une langue, quelle qu'elle soit, en l'occurrence une langue de la Communauté et langue internationale parlée sur cinq continents... C'est dire en même temps la faiblesse de notre capacité de défense, sinon la haine de soi partagée, ou un commun projet de faire taire la langue française. Les Français sont les Flamands d'eux-mêmes.
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EricBEricB   24 février 2015
Apprenons que parler l'anglais constitue, de facto, le projet officiel et explicite de la Commission européenne. Avez-vous été consulté ? On pouvait imaginer une Europe intelligente, démocratique, riche de ses cultures : "La langue de l'Europe, c'est la traduction, pas l'anglais" expliquait fortement Umberto Eco.
"L'Union européenne s'est formée en ignorant les parentés culturelles concrètes qui peuvent exister entre les différentes nations", s'indigne Agamben ; elle parachève désormais les visées de l'hégémonisme anglo-saxon ; la langue française fut la langue du traité de Rome et de l'Europe des Cinq (jusqu'à l'entrée de l'Angleterre dans la Communauté, et en dépit de quelques promesses trahies), l' "anglobal" sera celle de l'Europe libérale unifiée.
Ces directives européennes, sans aucune consultation démocratique (sans aucune résistance non plus), s'imposent de façon contraignante aux Etats surveillés, classés, blâmés comme vingt-huit potaches, humiliés ou récompensés, soumis au maître ; au fond, près du radiateur, la France infantilisée entend d'année en année la notification de son avant-dernière place ("25e" en 2013), le bonnet d'âne étant à envier à l'Italie, au banc des nations civilisées... Personne ne réagit - si ce n'est pour assurer que nous allons redoubler d'efforts - et le ministère d'envoyer force circulaires, et la presse de fustiger : "LES FRANCAIS NULS EN ANGLAIS."
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EricBEricB   27 février 2015
Abandonner l'enseignement obligatoire du latin et du grec, ce fut débrancher la mémoire de la langue. Or tout le monde sait ce qu'il advient d'une fleur quand on arrache ses racines : elle se fane. La langue française est un bouquet de fleurs arrachées, coupées en pot. Littré disait que "le français moderne, sans la langue ancienne, serait un arbre sans racine". Les boutures par la tête la rendront tout à fait exsangue. Il faudrait aux ministres une première leçon de jardinage : une langue s'irrigue par la racine, pas par la tête.
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Vidéo de Alain Borer
Rencontre avec Alain Borer à la librairie la Galerne du Havre, pour la parution de "De quel amour blessée".
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