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ISBN : 2203051558
Éditeur : KSTR-Casterman (14/03/2012)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 14 notes)
Résumé :
"Tout le monde parle de toi, et pas qu'à Sidi Bouzid, dans
toute la Tunisie ! Tu as libéré les coeurs, et la parole. Les
jeunes se bougent enfin. C'est magnifique…"
Ainsi Foued parle-t-il à son ami Mohamed, dont il ne reste qu'une
silhouette agonisante,méconnaissable et silencieuse sur un lit
d'hôpital, enveloppée de bandelettes, après qu'il se soit immolé
par le feu un jour de décembre 2010. Mohamed mourra peu
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
outofzebra
  12 mars 2013
Cet album publié chez Casterman (KSTR) raconte la récente révolution tunisienne… telle que les Occidentaux aimeraient qu'elle se soit déroulée: une poignée de jeunes Tunisiens, épris de liberté et inspirés par les idéaux de la révolution française, renverse le tyran Ben Ali grâce à Facebook et Twitter. Pas besoin d'être abonné au «Monde diplomatique» pour deviner que ce récit est cousu de fil blanc, le décalque presque parfait des journaux télévisés servis par TF1 ou France 2.
Sans être aussi réactionnaire ou conservateur que Nietzsche, ennemi de tout ce qui fait bouger la société, on peut affirmer que cette manière de raconter le processus révolutionnaire est la plus débile possible. Elle fait fi de l'histoire ; or l'histoire est le seul terrain où les tyrans ne dominent pas les peuples. L'historien doit toujours lutter contre la légende dorée. Shakespeare contre la légende médiévale arthurienne, Marx contre les contes pour enfants des Républiques libérales à base de grand architecte de l'univers, etc.
En l'occurrence, la légende dorée en filigrane de cette BD est celle de la révolution bourgeoise et de la souveraineté populaire/droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
L'idée que le régime bourgeois libéral constitue un progrès, dont nous, Occidentaux, bénéficions, tandis que le reste du monde demeure largement soumis à la tyrannie est une idéologie : - primo, contestée par bon nombre d'historiens ; - deuxio, d'une arrogance sous-jacente à l'entreprise colonialiste ou impérialiste depuis le XVIIe siècle, dont les émeutes contre Ben Ali, et le renversement de son gouvernement ne sont qu'un épisode sanglant parmi d'autres. Non pas une "avancée", mais une "secousse".
La «souveraineté populaire», du moins dans son dispositif électoral moderne, est une invention occidentale, inculquée comme le catéchisme au reste du monde. C'est-à-dire que, comme certains athées arguent que dieu demeure obstinément invisible, on peut aussi bien en dire autant de la démocratie. En réalité, ne tarde-t-elle pas aussi à se montrer, ailleurs que dans les discours ronflants des politiciens, ou dans le désir inassouvi du peuple tunisien d'être libéré de son joug ? La formule englobe tous les eldorados et les edens truqués depuis que la religion existe : "la possibilité d'un île", dit untel.
On constate que cette promesse de démocratie réelle consolide aussi bien l'ordre public tyrannique, qu'elle joue un rôle dans le déclenchement de la rébellion ou de la révolution.
L'histoire nous enseigne en outre que c'est exactement le rôle que «dieu» a pu jouer sur le plan social auparavant – le plus souvent mis au service de l'ordre public, parfois brandi «a contrario» comme un argument révolutionnaire, y compris par certains artisans de la Révolutionnaires de 1789. de même, encore aujourd'hui, Allah et la révolution sont confondus dans les revendications de certains révolutionnaires musulmans. Ajouter "allah" est même sans doute une façon de dire pour les Maghrébins qu'ils ne copient pas l'Occident.
L'idée de démocratie moderne n'a rien à voir avec Platon : elle est entièrement tributaire de la façon dont dieu a été défini par le clergé dans l'Occident moderne. Platon émet des hypothèses pour 200.000 Athéniens.
La démocratie n'est donc qu'une version laïcisée ou populiste de dieu. «Populiste», dans la mesure où les élites des nations dites «démocratiques» agissent sciemment à l'écart, ou en dépit des principes égalitaires ou de fraternité requis.
Bien qu'il ne perçoive pas tout le profit pour l'élite d'une telle métamorphose du dieu de l'ancien régime en démocratie, ou le caractère inévitable de cette métamorphose, Nietzsche a raison de ne voir dans ce processus qu'un simple désordre, et non un progrès. L'idée de progrès est martelée par la propagande libérale, à laquelle cet album de BD sur la révolution tunisienne contribue, sans que ses auteurs aient fait le moindre effort de synthèse, écrivant un récit aussi naïf que les images d'Epinal sur Jeanne d'Arc ou Napoléon.
Michèle Alliot-Marie joue dans cette BD le rôle de la méchante Occidentale conservatrice, de mèche avec le tyran Ben Ali : ce procédé manichéen permet d'éviter de poser le problème dans les termes réels où il se pose, depuis le début de l'aventure coloniale : à savoir, non pas de l'intérêt privé de ladite Alliot-Marie, exécutante de basses-oeuvres parmi tant d'autres, voire de Ben Ali, mais en termes d'intérêt pour la société civile française dans son ensemble, luttant pour le maintien de l'influence de la France en Afrique.
Que font aujourd'hui les troupes françaises au Mali, mandatées par un gouvernement de gauche, si ce n'est rétablir l'ordre à la demande du gouvernement malien, répondant à une sollicitation que Mme Alliot-Marie n'a pas eu le temps de satisfaire en Tunisie ? Ce qu'il faut remarquer, puisque l'ingérence coloniale sous divers prétexte n'est pas un fait nouveau, c'est qu'elle obéit à une tactique extrêmement hasardeuse, la plus propice à installer le chaos et la zizanie, en lieu et place de la liberté rêvée ou promise. Un plan de pénétration-retrait. Ce que la BD rappelle quand même, c'est que l'intervention française, si elle avait eu lieu, sous une forme ou une autre, aurait été justifiée par la lutte contre le terrorisme par le régime de Ben Ali. Ainsi que la répression à l'aide de snipers qui fut brièvement mise en place. le régime de Ben Ali est tombé pour des raisons économiques. As usual. Il est tombé très vite de n'avoir pas pris la mesure de son extrême faiblesse économique.
Sans doute la meilleure raison de faire du reportage en BD est pour inverser ce type de discours simpliste, véhiculé par «Sidi Bouzid Kids», qui prend surtout ses lecteurs pour des "kids", répétant ce qu'on entend dans les journaux télévisés, et qui est conçu pour entraver le moins la digestion du téléspectateur.
Deux ou trois dépêches recopiées des journaux en fin d'album, sont plus intéressantes que le scénario précédent, mis en image par Alex Tambala, dessinateur roumain, dont je ne nie pas l'habileté.
Notamment l'une de ces dépêches suggère que le suicide de Mohamed Bouazizi, qui s'immola par le feu en décembre 2010 après avoir été giflé par une policière, pourrait n'être qu'une légende. C'est-à-dire l'immolation, avérée, mais la cause du suicide demeurant mystérieuse. Ce genre d'anecdote ou de détail, de même que la perversité de l'épouse de Ben Ali, sont montés en épingle pour deux raisons : d'abord parce que la propagande se nourrit de détails, et consiste à focaliser l'attention du public dessus, ensuite parce qu'il est flatteur et confortable pour l'homme de croire que tel ou tel peut peser par une action, isolée ou collective, sur le cours des événements : ce qui revient à une conception climatique ou phénoménologique de l'histoire, dépassée depuis des milliers d'années… au moins depuis Homère.
Lien : http://fanzine.hautetfort.co..
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Lagagne
  23 juillet 2013
Une lecture vraiment intéressante.
Alors oui, il y a un choix de point de vue sur cet événement éminemment politique et médiatique. Mais ce choix est expliqué et assumé : "la vérité des faits, souvent impossible à établir, m'importait moins que la possibilité d'exercer mon esprit critique et d'aiguiser l'intensité dramatique de mon récit". Et, oui, il était certainement mieux pour l'intrigue que le peuple soit innocent, révolté et mette à bas un dictateur. Je ne me prononce absolument pas sur la véracité des faits, je ne suis pas informée sur le sujet, à part ce qu'on a pu voir aux journaux télévisés. Il ne faut pas lire cette bd comme un reportage, mais comme une oeuvre de fiction inspirée de faits réels. Et vu comme ça, c'est une très bonne lecture.
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jovidalens
  04 novembre 2012
Superbe rencontre d'un scénariste et d'un dessinatreur pour retracer avec brio et clarté la révolutions tunisienne.
BD dévorée à toute allure, au rythme du récit. Non ce n'est pas la réalité, mais c'est clair, étayé sur le réel sans prétendre à aucun témoignage, reportage. Percutant et passionnant.
Véritable performance graphique depuis la couverture (la cape-drapeau d'un rouge éclatant !) . Une palette chromatique , des jeux de lumière, des visages ciselés, des contre-plongées qui donnent de la force au texte et du rythme. C'est vif et percutant, tonique comme cette révolution tunisienne.
Et puis j'ai apprécié que l'auteur ait fait des choix et les assume. Bravo pour la postface qui replace les faits dans la réalité.
Et j'espère bien que M. Talamba produira bientôt d'autres aussi belles BD !
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lilimarylene
  05 mars 2013
Cette bande-dessinée retrace la récente révolution tunisienne depuis ses prémices jusqu'au départ du Président Ben Ali. Dans des notes à la fin du volume, l'auteur précise que cette BD ne se veut pas totalement réaliste : certains faits ont été modifiés pour l'intérêt dramatique de l'histoire. La postface replace ainsi les faits dans la réalité. On sent de l'engagement, bien sûr, mais il y a surtout le talent de l'auteur pour faire graviter autour de son personnage principal, Foued, tout ce qui a caractérisé cette période : le rôle primordial des réseaux sociaux et des téléphones portables, la violence et l'horreur des affrontements, mais aussi la présence de taupes un peu partout, enrôlées par les services de Ben Ali. Un récit percutant et bien mené, un découpage dynamique et un dessin convaincant. A découvrir.
Lien : http://surlestracesduchat.bl..
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archi41
  04 août 2019
Ayant vécu en Tunisie beaucoup de petit détail dans cette B.D me l'on rappelé, cette B.D est très bien faite mais bien trop courte.
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critiques presse (3)
ActuaBD   25 mars 2013
Alex Talamba publie ici son premier livre en France. Dynamique et efficace, son trait rend sans fioriture la crudité des faits et son découpage tendu la tension vécue durant ces journées de révolution. Du bon travail.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   28 mars 2012
Le dessinateur, Alex Talamba, dont c’est le premier album, a effectué un travail sobre, dynamique, au service de ce qui est raconté.
Lire la critique sur le site : BDGest
Auracan   14 mars 2012
Un document fiction en bande dessinée très réussi.
Lire la critique sur le site : Auracan
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
LyceeChaptalLyceeChaptal   17 février 2014
Ce livre "Sidi Bouzid" est une histoire vraie qui parle de la révolution tunisienne. Le personnage principal est Foued, c'est un militant mais malgré ça il est touchant car a la mort de ces ami il est venu leur rendre visite avant. Je n'ai pas aimé ce livre ce n'est pas le genre de livre que j'aime lire mais il peut intéresser des personnes qui aiment l'actualité ; même si j'ai trouvé ce livre assez violent, je le trouve enrichissant car c'est une histoire vraie et c'est important de connaitre ce qu'il s'est passé pendant la révolution tunisienne. Je le conseille aux gens qui aiment l'actualisé ce livre est malgré tout attachant.
+ Lire la suite
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jovidalensjovidalens   04 novembre 2012
Le peuple, jeunes et vieux, lettrés et illétrés, le peuple t'a dit : dégage ! vieux clown périmé ! Tu es un yaourt périmé. Quand on t'avale, on vomit...
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TandaricaTandarica   16 juillet 2016
NE PENSE PAS, S'IL TE PLAÎT, OCCUPE-TOI DE MA SÉCURITÉ ET C'EST TOUT… À CE SUJET JE VIENS D'AVOIR LES FRANÇAIS, DE LA DST, ILS M'ONT ANNONCÉ QU'IL Y AURAIT UN TRAÎTRE PARMI TES HOMMES.
p. 71
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jovidalensjovidalens   04 novembre 2012
Du pain et de l'eau, ça nous suffit, mais on ne veut plus de Ben Ali !
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