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Critiques sur Le livre de sable (20)
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Malaura
  01 novembre 2011
Jim Morrison disait : « il y a le connu et il y a l'inconnu, entre les deux, il y a les Doors »…
On pourrait bien appliquer cette belle phrase de Morrison à Jorge Luis Borges, tant il est vrai que son oeuvre est comme une porte entre deux mondes, entre le rationnel et l'irrationnel, entre le rêve et le réel, entre le fantastique et le concret, entre le vrai et le faux.
Passerelle étrange que l'on emprunte à pas prudent - du moins au départ - presque inquiet de passer à côté de quelque chose d'essentiel que l'on aurait omis d'appréhender. L'érudition, la culture encyclopédique, le savoir du maître sont tels qu'ils peuvent faire craindre au lecteur de ne pas saisir toutes les variations esthétiques, les symboles, les recherches et les perspectives disséminés au détour d'ouvrages singuliers et troublants tels « L'Aleph » ou « Fictions ».
Le lecteur qui pénètre l'univers original de Borges, doit finalement se résoudre à comprendre que, justement, il ne comprendra peut-être pas tout à l'oeuvre insolite, curieuse, magique de l'écrivain argentin.
Ce fait entendu, il ne reste plus qu'à se laisser aller, à franchir ce pont entre deux rives bâti savamment par l'auteur et menant à une réalité détournée, une fenêtre ouverte sur l'absolu.
Ouverture vers un ailleurs que le lecteur peut alors expliciter à l'envie tant l'auteur laisse le champ libre à toutes les interprétations, toutes les interrogations, toutes les observations.
Un jeu de l'esprit où Borges laisse le lecteur percevoir avant tout sa propre réalité, lui laisse inaugurer son propre imaginaire et élaborer sa propre part de rêve.
L'écrivain est là pour semer des indices, nous mettre sur la voie pour mieux se retirer, laissant alors au lecteur le pouvoir d'apposer son propre mot de la fin sur des histoires qui s'entrelacent à l'infini.
Avec une joie presque enfantine Borges s'amuse à nous perdre dans des histoires où la réalité repose toujours sur un terreau bien ferme, sur des faits tangibles, sur des évènements souvent autobiographiques ; une réalité stable qui sensiblement glisse et glisse encore, devient malléable, volatile, changeante puis si inconsistante qu'à l'instar d'Alice au travers du miroir, l'on bascule alors vers un autre univers, fantastique, démesuré, hyperbolique…borgésien.

Les treize contes fantastiques qui composent le « Livre de sable » sont des portes ouvertes sur cet ailleurs.
Ecrits entre 1970 et 1975, ils abordent des thèmes variés, puisent dans les anecdotes historiques ou la mythologie, s'inscrivent également dans la référence et dans l'hommage à de grands noms de la littérature :
Thème du double cher à Stevenson dans la nouvelle « L'Autre » ; récit fantasmagorique et sombre comme chez Edgar Allan Poe ou Lovecraft dans « There are more things »…
C'est une bibliothèque aux nombre infini d'ouvrages, c'est un livre sans fin, c'est un poème comportant un seul mot, un amour vécu de façon étrange ou bien un disque qui ne comporte qu'une seule face…
C'est un recueil nuancé et extravagant dans lequel, comme dans un labyrinthe, l'on déambule au gré de nouvelles souvent brèves et condensées à l'extrême.
L'écriture y est sobre, mûrie, maîtrisée, sans emphase ni effet de style, dans un dessein de brièveté soulignant l'aspect étrange et l'instabilité du réel.
Comme le livre de sable, les contes de Borges s'écoulent à l'infini avec cette farouche volonté que « les rêves qu'ils contiennent continuent à se propager dans l'hospitalière imagination de ceux qui, en cet instant les referment ».
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Bobby_The_Rasta_Lama
  18 septembre 2017
Une fois, quand j'avais treize ans, j'ai loupé le bus pour rentrer de mon cours de guitare. Je suis alors entrée dans une librairie et avec mon petit porte-monnaie de collégienne pas très garni, j'ai choisi un mince livre intitulé "Histoire universelle de l'infamie", de Jorge Luis Borges. Le nom d'auteur ne me disait rien, mais j'ai bien aimé le titre. Et j'ai fait une révélation ! Le temps que l'autre bus arrive, j'étais dedans à fond. A l'époque, Poe était mon idole littéraire, et j'ai découvert dans ces courts écrits de Borges quelque chose de ressemblant, mais en plus épuré, plus universel et moins mélodramatique. Quelque chose qui ne donne pas seulement un frisson, mais un frisson doublé de réflexion. Je me souviens encore de ces petites histoires d'une érudition historico-fantastique; d'un miroir magique, d'un lépreux, d'une carte de royaume aussi grande que le royaume, d'une veuve pirate chinoise.....



Quelques décennies plus tard, me voilà devant ce petit "Livre de sable" du même auteur. Les histoires d'un fantastique moderne, où le fantastique est créé par l'atmosphère particulière de la narration. Les thèmes chers a Borges sont tous présents; l'histoire, la politique, l'alter ego, l'universalité et la synthèse de la connaissance humaine. Pas mal de traits autobiographiques, tout ça baignant par ci-par là dans la mythologie nordique savamment dosée. Les deux premières histoires ne m'ont pas particulièrement accrochée, mais j'ai retrouvé mes sensations d'autrefois à partir de la troisième, "Le congrès". Et c'était parti pour une petite tournée fantasmagorique jusqu'à "Le livre du sable", une histoire tout simplement parfaite. Peut-on rassembler toute la connaissance du monde et d'en extraire une quintessence; une sorte d'un "mot qui tue"? Est-ce seulement la peine, la connaissance étant tellement relative ? Que va t'on léguer à ceux qui viendront après nous ? Les thèmes qui méritent réflexion et que Borges façonne par sa plume en petits diamants littéraires bien ciselés.


Et je continue à penser que "Le masque de la Mort Rouge" est l'histoire le plus "borgesienne" de Poe !
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JacobBenayoune
  12 janvier 2014
Borges active en nous une zone profonde dans notre cerveau et la laisse palpitante après. Lorsqu'on s'attaque à un livre de Borges, on sait d'emblée à quoi l'on s'attend : à l'inattendu. A l'indicible. C'est le monde enfuit dans le notre et qu'on ne retrouve que si l'on sonde les lieux insolites auxquels on ne fait pas attention, on ne visite pas, trop éblouit par les lieux communs.

Après Fictions, j'ai lu le livre de sable. le livre de Sable ou le livre de Borges car les deux sont fugaces et insaisissables, brillants et infinis. On sent l'influence des Mille et une nuits, de ces lectures d'encyclopédies, mais aussi des sagas scandinaves. Dans ces nouvelles, on raconte des faits mais l'on ne peut savoir si cela a vraiment eu lieu, ou c'est un rêve ou issu de l'imaginaire. le fantastique, l'imaginaire, le magique, le réalisme tous s'y mêlent.

Chacune des treize nouvelles a un caractère différent et peut être la source de longue analyse, ou d'inspiration à des romans volumineux.

L'histoire de ce livre de sable (dernière nouvelle du recueil) m'a fait penser au Facebook . Un livre sans début et sans fin, les pages sont en désordre, les images disparaissent une fois le livre fermé et l'on ne peut les trouver en cherchant sur les mêmes pages, on y trouve un peu de tout, il est infini ; le livre a emprisonné le narrateur dans son monde et l'a éloigné du réel. de même le Facebook, il est infini et les images ou publications cèdent leur place à d'autres, on y trouve tous les domaines imaginables, et si l'on cède à sa tentation on cède et on s'éloigne de la vie réelle.
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Bibalice
  03 septembre 2013
La nouvelle, avec la poésie, est l'un des genres littéraires que j'aime le plus au monde. Un auteur doit être bref et ce ne sont pas les 1000 pages de Moix pour sa "naissance" qui me feront penser le contraire. Aussi avais-je commencé avec délectation ce recueil de nouvelles portant -tout du moins une bonne partie d'entre elles- sur un thème qui m'est cher : l'idée de double, du doppelganger.

Avouons tout de suite que ce n'est cependant pas tout à fait ce livre que je voulais lire au départ. Je cherchais, à l'origine, et depuis un moment déjà, un recueil du même auteur, me semble-t-il, dont l'une des nouvelles parle d'un homme qui se rend compte que la plupart des plus grands poètes ont vilement recopié un auteur obscur que le narrateur découvre dans une bibliothèque délabrée. Je n'ai pas trouvé ledit recueil mais, soit, celui-ci avait toutes les qualités requises pour me séduire, un long voyage en train durant.

Las, je dois bien admettre que j'ai un peu été déçu par ma lecture. Il y a quelques années j'aurais adoré ces nouvelles toutes plus mystérieuses les unes que les autres. L'idée de la multiplicité des êtres me plait bien, comme la rencontre avec un autre soi-même. Chaque nouvelle avait tout, absolument tout pour me plaire.

Mais je vieillis, probablement. Il me faut trouver plus qu'une simple idée , aussi intéressante soit-elle, pour aimer un récit. Les nouvelles ne dépassant pas 5 pages - j'exagère-, il est difficile de tenir le lecteur en haleine, de le pousser à se questionner sur ce qu'il vient de lire. On est plus dans la suggestion. Chaque nouvelle a le potentiel pour faire autant de superbes nouvelles, de romans dantesques mais non, au final je n'ai trouvé que quelques bonnes idées.

La plume est belle, les réflexions de Borges toujours profondes mais à n'avoir presque rien lu, je crois avoir déjà bientôt tout oublié.



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Gwen21
  18 avril 2017
Je me répète mais je ne suis pas une grande adoratrice des nouvelles et ce n'est pas Jorge Luis Borges qui me réconcilie avec le genre.

Je n'ai pas apprécié ma lecture, je serai donc très brève, aussi brève que les nouvelles de ce recueil, la palme revenant à la dernière - qui lui donne son nom- , "Le livre de sable", qui ne dépasse pas six pages. Six pages n'offrent pas, de mon point de vue, de terrain propice aux développements d'un récit, à peine est-ce une trame narrative ; il y manque l'intensité ; on ne peut s'attacher à rien en six pages, ni au(x) personnage(s), ni aux événements. Fait d'autant plus frustrant quand on sent qu'il y a matière à donner plus. Mr Borges serait-il avare de son talent ?

Aucune des nouvelles de ce recueil n'aura trouvé grâce à mes yeux, elles m'ont toutes soit égarée, soit ennuyée. Pourtant, le petit air de mystère et de fantaisie qui plane sur elles était prometteur... Tant pis, je secoue le sable de mes sandales et je passe mon chemin.


Challenge Petit Bac 2016 - 2017
Challenge AUTOUR DU MONDE
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Xav93140
  05 mai 2019
Pour mes deux semaines de vacances andalouses j'avais pris pour défi de lire Borges en espagnol, langue que, malgré mes efforts, je balbutie encore.

Pas ses oeuvres complètes, non, juste ces 13 nouvelles réunies dans le livre de sable, choix idéal pour lire sur la plage, hahaha. Et en vulgaire tricheur, en édition bilingue, traduction en page de droite.
Défi accessible, donc. Croyais-je...

Car c'est en lisant Borges que Babelio, du moins le mien, si je puis dire, a commencé, n'ayons pas peur des mots, à déconner.
Je reçus tout d'abord quelques messages internes. Ravi, j'y répondis par de longs textes ... qui furent aussitôt remplacés par du vide : un carré noir aussi incongru qu'impoli. Babelio me censurait, sans préavis ni raison.

Puis ce fut une demande d'invitation à devenir l'ami de l'un ou l'une d'entre vous. Mais en l'ouvrant je découvris, perplexe et déçu, qu'elle émanait ... de mon propre profil. Absurde ! Je la refusai aussitôt. Trop vite peut-être. Que signifie ce réflexe si ce n'est le dégoût de moi-même ?...

N'ayant encore jamais été confronté à ces bugs, j'en déduisis logiquement que ma lecture de Borges ne pouvait qu'être à l'origine de ces facéties informatiques.
À moins que ce ne fussent des failles, des brêches par lesquelles j'aurais pu entrapercevoir le véritable, l'obscur dessein de Babelio ? C'est éprouvé, c'est par les brêches que nous parvient la lumière.

Plongé dans une intense réflexion, je réalisais alors que mes lectures diffèrent depuis que je suis sur Babelio. Plus assidues, concentrées, profondes. À la recherche des bons passages puis, livre refermé, aussitôt lancé dans les réflexions nécessaires à une éventuelle critique. Pourquoi ? Pour qui ? Pour moi, vous, les deux ? Ou pour Lui, Babelio ? Pour le nourrir, ce monstre glouton jamais rassasié ?

Comment puis-écrire "je suis sur Babelio" ? Serait-ce un lieu, un monde, un univers parallèle ? S'il en est un, est-il stable, pérenne, éternel ? Quelles en seraient ses frontières ? Quelle charge soutiendrait-il ? le poids de tous les textes écrits, lus et commentés dans toutes les langues depuis la naissance de l'écriture ?

De même, puis-je dire que "j'ai" Babelio ? D'avoir installé l'appli m'autorise-t-il à dire que je possède tout ou partie de Babelio ?
Être ou avoir Babelio ? Là est la question.
Ou, bien avant celle-là, qu'est-ce donc que Babelio ?

Une vulgaire base de données : des auteurs ayant écrit des livres lus par des lecteurs qui produisent citations et critiques, appréciées et commentées par d'autres lecteurs qui peuvent s'inviter et communiquer entre eux. Architecture basée sur ces 4 seules tables : auteurs, livres, lecteurs, critiques-citations. Bien maigre squelette.

Babelio c'est surtout l'ambition de devenir le réseau social de la lecture. Un club ouvert à tous, gigantesque mais restant convivial, doué d'omniscience et d'ubiquité. Ça comble un vide, alors on afflue et on en devient vite dépendant. Sans vraiment comprendre pourquoi... Moi qui me méfie des géants du web, que fais-je ici à livrer l'intimité de mes lectures ? D'autant qu'un malicieux fantôme m'y poursuit, décochant ses flèches assassines.

Babelio c'est aussi un labyrinthe en perpétuelle expansion dont les chemins tracés par tous nos "X aime la citation de Y extraite du livre que Z l'avait convaincu de lire" bâtissent un labyrinthe tentaculaire et exponentiel qui aurait, à coup sûr, inspiré Borges.

Je ne m'imaginais pas commenter la moindre ligne de Borges. Je préfère vous livrer le pitoyable galimatias de mes réflexions inabouties dans lesquelles m'avaient plongé ces récits déconcertants, débordants d'érudition et de surprises.

Treize petits contes auxquels je repenserai souvent et que je vous invite à lire et relire, pour bien gamberger.
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Henri-l-oiseleur
  04 janvier 2018
L'avantage, on s'en doutera, de ces volumes de la collection "Folio bilingue", est de lire le texte original sans la manutention du dictionnaire en cas de difficulté. C'est paresseux, inqualifiable, mais cela permet de ne pas perdre le fil de l'histoire, et de la lire en deux versions. Du reste l'espagnol de Borges est volontairement, traîtreusement simple, et ses malices, traits d'humour et facéties sont plus perceptibles dans la traduction (pour un Français qui n'a pas de l'espagnol une pratique constante). En d'autres cas, comme celui d'Alejo Carpentier (El acoso, Chasse à l'homme), la lecture de l'original est simplement trop difficile et l'édition bilingue vise des lecteurs d'un meilleur niveau.
La comparaison de ces deux auteurs permettrait de montrer la vanité de nos catégories littéraires : que signifie littérature sud-américaine, terme englobant en trois mots tout un continent, deux siècles au moins de création, et des tempéraments aussi opposés que celui de Borges, qui cultive la référence européenne érudite, et Carpentier, Cubain engagé ? De même, parler de "contes fantastiques" à propos de ceux de Borges risque de tromper le lecteur : aucune peur, même aucune inquiétude, aucun sentiment d'horreur, mais la mise en oeuvre d'une ironie constante, qui va du pastiche distancié de Lovecraft à des fables et apologues dont la moralité serait (s'il se permettait de la formuler) une question métaphysique. L'auteur avait déjà dit ailleurs, et le signale ici, que métaphysique, théologie et littérature fantastique ont beaucoup en commun : "Je me souviens d'avoir lu sans ennui, me répondit-il, deux contes fantastiques. Les Voyages du Capitaine Lemuel Gulliver, que beaucoup de gens tiennent pour véridiques, et la Somme Théologique." (p. 201) Ces contes sont de bizarres objets raffinés, des machines célibataires sans autre utilité que le plaisir de l'esprit.
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manu_deh
  19 août 2016
Ce livre est une court recueil de courtes nouvelles, la plupart, si pas toutes, ayant un caractère fantastique, plus ou moins marqué, souvent en subtilité, entre le réel et l'irréel, mais pas assez marquant.
Une bonne lecture de poche pour les jours où on n'a que quelques minutes devant soi.
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Philemont
  21 décembre 2012
Jorge Luis BORGES, écrivain et poète argentin, a traversé le XXème siècle en laissant derrière lui une oeuvre d'un immense intérêt pour tout amateur de littératures de l'imaginaire, dont il était un fin connaisseur. Il a par exemple préfacé Ray BRADBURY et Olaf STAPLEDON, écrit sur Herbert George WELLS, publié des essais sur des thématiques proches de celles largement exploitées par la Science Fiction, écrit lui-même des récits fantastiques, certains en hommage à LOVECRAFT, sans oublier la prestigieuse Bibliothèque de Babel, qu'il créa, et dont il préfaça tous les volumes. Il n'est donc pas surprenant que BORGES ait écrit que « La littérature n'est qu'une branche de la littérature fantastique. »
Le livre de sable est une des oeuvres de Jorge Luis BORGES qui illustre parfaitement ce propos. Il s'agit d'un recueil de treize nouvelles représentatives de son style élégant et de ses thématiques de prédilection, développées de la manière la plus subtile qui soit.
1 - L'Autre (El Otro)
BORGES, septuagénaire, raconte une rencontre qu'il fait avec lui-même, jeune homme.
2 - Ulrica (Ulrica)
Une rencontre amoureuse aux résonances littéraires et mythologiques.
3 - le Congrès (El Congreso)
Une poignée d'hommes a l'ambitieux projet de synthétiser le genre humain par l'intermédiaire d'une société secrète.
4 - There are more things (There are more things)
Une nouvelle en hommage et à la manière de LOVECRAFT.
5 - La Secte des Trente (La Secta des los Treinta)
La description d'une hérésie antique telle qu'elle aurait pu se produire au moment du déclin de l'Empire romain.
6 - La Nuit des dons (La noche de los dones)
Le récit d'une nuit initiatique pendant laquelle un adolescent découvre les maisons closes et profite d'une leçon d'histoire de l'Argentine.
7 - le Miroir et le masque (El espejo y la mascara)
Un poète scandinave doit créer le poème ultime pour son roi. Il réussit après trois tentatives, ce qui provoque de terribles conséquences.
8 - Undr (Undr)
Dans un pays nordique, un poète est en quête de la poésie ultime, celle qui ne compte qu'un seul mot.
9 - Utopie d'un homme qui est fatigué (Utopia de un hombre que esta cansado)
Un voyageur égaré dans la pampa fait un bref séjour dans un futur lointain, quand l'humanité a dompté la sagesse.
10 - le Stratagème (El soborno)
Pour obtenir une promotion, un professeur de l'Université du Texas ne trouve rien de mieux que d'attaquer son supérieur hiérarchique par voie de presse.
11 - Avelino Arredondo (Avelino Arredondo)
Un jeune homme se coupe du monde pour que son plan d'assassinat politique atteigne la perfection.
12 - le Disque (El disco)
Un pauvre homme croise un roi déchu qui lui montre son trésor : un disque à une seule face…
13 - le Livre de sable (El libro de arena)
Un homme fait l'acquisition d'une Bible, un livre dont le nombre de pages est exactement infini et qui contient donc tous les livres.
On a ainsi une palette représentative des thématiques développées par BORGES dans son oeuvre : des rencontres singulières, souvent improbables, des objets symboliques à foison, l'infini versus l'unicité, l'opposition des espaces-temps, sans oublier l'hommage déclaré à LOVECRAFT dont il s'est souvent inspiré. Ces sujets sont exploités à l'aide d'une prose qui allie érudition et simplicité. Car à l'image de ses poètes qui recherchent la poésie ultime, celle qui ne comporte qu'un seul mot, Jorge Luis BORGES fait des économies de moyens, semble sans cesse en quête du mot juste, et ce pour exprimer des idées extrêmement profondes. C'est bien pourquoi il est un auteur majeur du XXème siècle et une source d'inspiration pour bien des auteurs spécialisés dans l'imaginaire.
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Bouteyalamer
  12 octobre 2017
Comme beaucoup, je suis plus familier de Fictions – souvent relu - que du Livre de sable. Dans ce recueil tardif (1975), Borges montre moins de génie que dans Fictions (1956) mais fait preuve d'une maîtrise incomparable de la forme. On n'y trouve pas la logique perverse de la Loterie à Babylone, le vertige savant de la Bibliothèque d'Alexandrie ou la noirceur de Sud. En revanche son art du paradoxe et de la concision est achevé. Borges rédige onze de ses treize nouvelles à la première personne alors que les âges, les caractères, les lieux et les époques sont aussi divers qu'arbitraires. Il joue la précision d'un style froid, détaché et objectif quand il se moque de la vraisemblance. Et on le suit parce que chaque phrase est enrichie d'une idée, dans une perpétuelle fuite en avant.

On y trouve, principalement dans le congrès, le plus longue de ces nouvelles, le prodigieux mélange Borgien. L'accumulation monstrueuse des livres et leur destruction (p 52) ; les impressions brèves et impeccables (« Les enclos étaient empierrés ; le bétail nombreux, maigre et bien encorné ; les queues tourbillonnantes des chevaux touchaient le sol. Pour la première fois je connus la saveur qu'à la viande d'une bête fraichement abattue », p 42) ; les détails autobiographiques marqués d'ironie (« Un homme de lettres qui s'est consacré à l'étude des langues anciennes, comme si les modernes n'étaient pas suffisamment rudimentaires », p 28) ; le souvenir marqué de duplicité (« J'ai encore à la mémoire les deux aspects du domaine : celui que j'avais imaginé et celui que mes yeux contemplèrent enfin », p 41, « Les années passent, et j'ai si souvent raconté cette histoire que je ne sais plus très bien si c'est d'elle que je me souviens ou seulement des paroles avec lesquelles je la raconte », p 84) ; sans oublier la méchanceté « Il tirait vanité de choses diverses : du fait d'être uruguayen, d'être créole, d'attirer toutes les femmes , de s'habiller chez un tailleur très cher et, je ne saurai jamais pourquoi, d'être d'origine basque, alors que cette race en marge de l'histoire n'a jamais rien fait d'autre que de traire les vaches » p 38) ; et enfin la cruauté religieuse (« J'appris que depuis la fin de la dernière guerre, ce roi voyait d'un mauvais oeil les étrangers et qu'il avait l'habitude de les crucifier. Pour éviter un pareil sort, qui convient moins à un homme qu'à un Dieu, j'entrepris d'écrire une drapa, ou dithyrambe qui célébrait les victoires, la renommée et la magnanimité du roi », p 95).

Un Borges chimiquement pur.
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