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Françoise Rosset (Autre)
EAN : 9782070375882
154 pages
Éditeur : Gallimard (01/09/1984)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 140 notes)
Résumé :
« En 1885 Kipling avait commencé, à Lahore, une série de brefs récits, écrits de façon simple, dont il allait faire un recueil en 1890. Beaucoup d'entre eux – In the House of Sudhoo, Beyond the Pale, The gate of the Hundred Sorrows – sont de laconiques chefs-d'œuvre ; je me suis dit un jour que ce qu'avait imaginé et réussi un jeune homme de génie pouvait, sans outrecuidance, être imité par un homme au seuil de la vieillesse et qui a du métier. Cette pensée a eu p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Marcellina
  28 avril 2017
Un recueil de contes macabres où les armes ont une mémoire, où les hommes sont orgueilleux, où les femmes sont des objets.
Un recueil d'histoires du passé où le temps a une place importante, le temps de l'enfant qui s'égraine lentement, le temps du duel, trop fugitif parfois, la temps du grand âge où l'histoire est floutée et où seule demeure une momie du passé.
Un recueil de nouvelles qui donne le ton d'un lieu où encore récemment le duel était à la mode, duel de paroles, duel de peinture, duel de poignards ; duels qui oscillent entre amour et haine, entre passé et présent...
Pas mal du tout si on fait abstraction des lieux et des noms célèbres qui font partie de l'histoire et de la culture d'Argentine qui ne fait pas partie, malheureusement, des pays étudiés par chez nous, du moins de mon temps.
Une plume riche et poétique qui ne m'a pas laissée indifférente ; une lecture intéressante finalement même si le format « nouvelles » n'est pas vraiment ma tasse de thé ;-)
J'ai beaucoup aimé « La rencontre » et « L'évangile selon Marc », deux contes à ne pas raconter aux enfants à la veillée de Noël...
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Dez54
  14 février 2019
Jorge Luis Borges nous livre un recueil de très bonne facture sous le signe de la rivalité et de l'affrontement : de la simple joute verbale entre universitaires au duel au couteau en passant par la rivalité amoureuse entre deux frères ou encore la haine réciproque de deux voisins amenés par un hasard pathétique de l'histoire à finir exécutés pour le même drapeau et j'en passe.
Si les récits sont d'une qualité indéniable et que ce livre nous révèle quelques pépites (l'intruse, l'évangile selon Marc), je leur préfère néanmoins les textes issus de l'Aleph et de Fictions chez le même auteur.
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Bouteyalamer
  01 mai 2019
Dans ce troisième recueil de nouvelles, Borges n'a plus l'inspiration de Fictions ou de l'Aleph, leur logique implacable, leur vertige de l'identité, leur réalisme magique. Les années 70 ne sont plus celles de Caillois, ami, poète et traducteur, mais celles de Pinochet, et j'espère que ce patronage n'influence pas ma critique. On y sent la recherche d'une complicité au travers d'un cynisme total, semé de perles. Borges cadre ses homicides au plus juste, jouant d'une banalité trompeuse, faisant mine d'hésiter, de douter des faits ou de leurs sources, et cela bien que la mécanique de ses contes soit impeccablement enclenchée. C'est un livre habile et non plus inventif, qui s'adresse au connaisseur. Un florilège de sa nouvelle touche :
« Les chevaux, les harnais, le couteau à lame courte, les habits fastueux de samedi soir et l'alcool querelleur étaient leur seul luxe » (p 16).
« J'ai grandi dans le quartier de Maldonado, au-delà de Floresta. C'était un sale dépotoir qu'on a eu la bonne idée de combler. J'ai toujours pensé qu'on ne doit pas arrêter la marche du progrès. Enfin, chacun naît où il peut » (p 40).
« Juan Murana fut un homme qui déambula dans des rues qui me sont familières, qui sut ce que savent les hommes, qui connut le goût de la mort, qui fut ensuite un couteau, puis le souvenir d'un couteau et qui demain ne sera plus qu'oubli, l'habituel oubli » (p 72).
« Elle n'avait jamais été sotte, mais elle n'avait pas goûté, que je sache, aux joies intellectuelles ; du moins lui resta-t-il celle qu'offre le mémoire et ensuite celle de l'oubli » (p 80).
« Je présume qu'au ciel les bienheureux pensent que les avantages de leur situation ont été exagérés par les théologiens qui n'y ont jamais mis les pieds. Peut-être en enfer les réprouvés ne sont-ils pas toujours heureux » (p 95).

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MarianneL
  26 avril 2013
Sous les influences des contes de Kipling, de Kafka et de Henry James, le rapport de Brodie est le quatrième recueil de nouvelles de Jorge Luis Borges, publié en 1970. Moins cosmopolites que celles du Livre de sable, les onze nouvelles de ce livre se déroulent en Argentine, entre la fin du dix-neuvième siècle et les années quarante.
Sommet de ce recueil, « L'évangile selon Marc » nous raconte l'histoire de Baltasar Espinosa, étudiant en médecine de trente-trois ans d'une bonté presque illimitée, qui va passer l'été dans une ferme à la campagne chez son cousin Daniel. le cousin étant parti à la ville, le héros se retrouve bloqué dans la ferme par des inondations, en compagnie du métayer et ses deux enfants, trois péons vigoureux et analphabètes. Pour occuper les longues veillées, il va entreprendre de leur lire l'Évangile selon Marc, dans une Bible dénichée au cours de ses explorations de la maison.
« Il s'étonna d'être écouté avec attention puis dans un silence plein d'intérêt. Peut-être que les lettres d'or sur la couverture du livre lui conféraient plus d'autorité. Ils ont cela dans le sang, pensa-t-il. Il se dit aussi que les hommes, au cours des âges, ont toujours répété deux histoires : celle d'un navire perdu qui cherche à travers les flots méditerranéens une île bien-aimée, et celle d'un dieu qui se fait crucifier sur le Golgotha. Il se rappelait ses cours de diction rue Rampo Mejìa et il se levait pour lire les paraboles. »
Dépouillant le texte de toute complexité, Borges recherche l'épure. Les nouvelles sont inégales mais peu importe car les plus fortes sont inoubliables.
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SophieChalandre
  04 décembre 2016
1970 dans l'oeuvre de Borges marque le retour à la nouvelle avec le rapport de Brodie qui inaugure la progressive fusion entre prose et poésie. L'amour qui clôt l'Aleph refait ici surface (dans l'Intruse) et permet peut-être de comprendre les raisons secrètes pour lesquelles ce thème est toujours resté en retrait dans son oeuvre en prose (un peu moins dans son oeuvre poétique).
Les protagonistes sont fugaces, les traditions détournées, le mystère omniprésent, l'histoire contredite : seule la poésie semble être un pilier générique.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
ValdimirValdimir   15 mars 2017
Il n’y a pas sur terre une seule page, un seul mot qui soit simple, étant donné que tous postulent l’univers, dont l’attribut le plus notoire est la complexité.
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JulitjubileJulitjubile   12 mai 2013
Les deux armes savaient combattre — mieux que les hommes qui étaient ici leurs instruments — et elles combattirent bien cette nuit-là. Elles s’étaient cherchées longtemps par les longs chemins de la province, et elles avaient fini par se rencontrer, alors que leurs gauchos n’étaient plus que poussière. Dans le sommeil de leur acier veillait une rancœur humaine. Les choses durent plus que les hommes. Qui peut savoir si cette histoire est terminée, qui peut savoir si ces armes ne se retrouveront pas un jour ?
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MarcellinaMarcellina   28 avril 2017
Ton défunt père nous dit un jour qu'on ne peut mesurer le temps avec des jours, comme on compte l'argent en centimes ou en pesos, parce que les pesos sont tous pareils tandis que chaque jour est différent, et peut-être même chaque heure.
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Herve-LionelHerve-Lionel   16 août 2018
J'ai tenté, je ne sais avec quel succès, d'écrire mes contes de la façon la plus simple. Je n'ose affirmer s'ils le sont.
Il n'y a pas sur terre une seule page, un seul mot qui le soit étant donné que tous postulent l'univers dont l'atribut le plus notoire est la complexité.
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MarcellinaMarcellina   28 avril 2017
Peut-être leur haine était-elle dans leur pauvre vie rustique leur seul bien, aussi l'accumulaient-ils jour après jour. Sans s'en douter, chacun d'eux était devenu l'esclave de l'autre.
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Vidéo de Jorge Luis Borges
Julie Bonnie remporte cette année le prix des P'tits Bouquineurs (8/12 ans), et Karine Martins le prix des Bouquineurs en Seine (12 ans et +). Covid oblige, nous les avons rencontrées par écran interposé, et ce sont Priscilla Borges et Elise Laurant qui ont relevé leurs impressions!
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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