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ISBN : 2355363064
Éditeur : Carnets Nord (19/10/2018)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Un jeune homme est retrouvé mort dans une clairière. A travers des personnages a priori sans rapports entre eux, des destins qui se juxtaposent, des histoires qui progressent à des rythmes divers, se tisse une toile mouvante et fragile, où Clémentine, jeune femme un peu étrange, apparaît comme le fil conducteur. Sa vie a priori banale dévoile peu à peu ses parts d'ombre, et ses interrogations finissent par trouver leurs réponses, et par éclairer en même temps la mor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  17 mai 2019
D'abord, il y a ce très beau poème en vers libres qui s'achève ainsi :
« Dans la chair des anges
le couteau taille
cherche la vérité
défait pour mieux refaire
quoi qu'il en soit
les ailes de l'ange
ne suffisent pas à le porter
et il tombe
il finit toujours par tomber ».
Ces mots, je n'en ai pas saisi la portée immédiatement, juste touchée que j'étais par leur agencement et le mystère grave qu'ils distillent.
Puis il y a ce court premier chapitre dont le thème est dévoilé en quatrième de couverture : un jeune homme anonyme est retrouvé mort, le visage en paix, sans aucune souillure.
J'ai lu d'un souffle ce roman sur la quête de soi, sur la confusion des sentiments. Sa construction est particulièrement réussie : des destins s'imbriquent, s'articulent.
Clémentine puis Benjamin en alternance, une jeune fille qui recherche son identité profonde, un jeune homme tout aussi tourmenté, à l'aube d'une belle histoire d'amour ... deux êtres en proie au doute mais qui veulent croire que le bonheur est possible. Rien n'est dit sur ce qui les lie peut-être ... jusqu'à la révélation finale, bouleversante, qui éclaire le poème initial ( il faut absolument le relire lorsqu'on est arrivé au bout du récit, encore sous le coup de l'émotion ). Bouleversante car je ne l'ai pas du tout vu finir, ce dénouement assez fracassant et pourtant si bien amenée.
L'auteure fait montre d'un réel talent pour dépeindre finement la psychologie de personnages forts. Son écriture, précise et fluide, va droit au coeur, mais ne cherche pas juste à toucher de façon facile le lecteur ; elle respecte profondément ses personnages, leur intégrité, leur moi profond même lorsqu'il s'agit de dévoiler leur intimité sexuelle. Un équilibre subtil et plutôt rare que ce roman sensible et poignant est parvenu à maintenir durant toutes ses pages.
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Ladybirdy
  27 juillet 2019
Sur les sentiers étranges et mystérieux, entre polar, psychologie, sentiments, quête existentielle, voici un roman très particulier et surtout, brillamment orchestré.
Un poème... des anges... pour ouvrir le ballet. Mystérieux, lyrique, ailé.
Un air de Rimbaud au chapitre zéro, avec un dormeur du val à travers un homme endormi paisiblement à l'ombre d'un arbre. du moins en apparence.
Les chapitres se suivent, s'imbriquent autour de deux personnages clés: Clémentine et Grégoire. La première vit une adolescence difficile à Paris, le second, trentenaire à Barcelone, peine à trouver sa place dans le monde. Deux âmes seules, mal dans leur peau, dans une chair fêlée que même l'or ne parvient à panser.
On tourne les pages pour se rapprocher au plus près de ces personnages, y compris ceux qui gravitent autour d'eux. C'est fouillé, à fleur de peau. On ne cerne pas d'entrée de jeu où l'auteure nous emmène pour être giflé à la fin du roman, on revoit le roman en flash-back, on a envie de retourner dedans, de relire ce magnifique poème qui prend alors une résonance plus limpide.
Désarçonnée quelque peu par ces vies qui ne résonnent entre elles que par des similitudes et non physiquement entre elles, la fin de ce roman donne un tel éclairage que le roman se concrétise dans sa plus grande compréhension. On ne voit rien venir, à tort pour les plus impatients, du meilleur goût pour les amateurs d'uppercut. Malgré la brièveté du roman, il y a ici un travail d'orfèvre pour marier une trame psychologique, émotionnelle et captivante de toute grande valeur.
Une histoire qui creuse, fouille dans la chair des anges. Là où ça saigne, là où les imperfections crient révolte.
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kielosa
  27 novembre 2017
Cathy Borie a réussi à me faire dévier de mon principe quasi sacré de lecture, à savoir : jamais plus qu'un seul livre du même auteur au cours de la même année. Une règle peut-être quelque peu bizarre, mais un correctif à mon ancienne fâcheuse tendance à dévorer systématiquement toutes les oeuvres d'un écrivain qui avait le "malheur" de m'avoir plu. Conclusion : le premier livre que j'avais lu et chroniqué d'elle ici au début du mois, "Femmes, fêlures et folies" a dû me séduire exceptionnellement ! En plus, il n'était guère évident de mettre la main sur un exemplaire de ce roman comme Belge, car pour l'éditeur Librinova, il me fallait avoir une adresse d'expédition en France. Il a dès lors fallu m'y prendre autrement pour finalement lire cet ouvrage. Que ma chronique de "Dans la chair des anges" sera la 6ème positive sur Babelio n'a donc rien de surprenant et j'espère que d'autres suivront.
Cathy Borie est une observatrice hors pair, elle remarque ce qui échappe aux communs des mortels. Un atout singulièrement puissant, surtout lié à une imagination créative, pour une femme ou homme de lettres. La présentation qu'elle réussit à faire de sa jeune héroïne, Clémentine, en est une illustration parfaite. Car bien que cette Clémentine ne soit pas exactement un personnage simple, le lecteur a relativement vite l'impression de la connaître personnellement depuis longtemps. Ou est-ce de la sympathie ? Pourtant plus un personnage fictif est, du point de vue psychologique, particulier, plus le risque de fausses notes est grand. Un possible piège dans lequel l'auteure n'est sûrement pas tombée.
Bien que sa Clémentine nous réserve, néanmoins, bien des surprises, mais toutes dans une logique merveilleusement contrôlée et orchestrée par sa créatrice.
Et ces surprises font que l'on ne dépose plus le livre avant d'avoir tourné l'ultime page. Allumer une cigarette, tout en pensant, où Cathy Borie va nous mener, a été pour moi la seule interruption. Mais il me manque apparemment de la perspicacité, car je n'ai absolument pas découvert sa finale.
En jetant un bref clin d'oeil sur le sommaire et voyant tous ces noms de personnages qui figurent dans le titre des 18 (brefs) chapitres, m'ont fait noter les noms de ces personnages au fur et à mesure de leur apparition avec un mot d'explication sur une feuille de papier. Une mesure de précaution totalement superflue, car pas une seule fois n'ai-je eu besoin de consulter cette feuille volante.
La méthode des chapitres courts a prouvé son efficacité : sans se le réaliser pleinement on se dit, vite encore un chapitre, encore un...et on arrive aux "Remerciements" sans crié gare. Mais avec regret, que se soit fini.
Avant le premier chapitre, intitulé étrangement "Chapitre 0 : L'inconnu", on a droit à un beau poème. Je l'ai lu 2 fois : une fois avant d'entamer le récit proprement dit, et une deuxième fois, après l'avoir terminé. Chers lecteurs je me permets de vous conseiller de faire pareil et vous allez voir que cette poésie obtient une autre dimension en seconde lecture.
Je n'arriverai jamais à comprendre que Cathy Borie puisse avoir des difficultés à convaincre un des nombreux éditeurs en France à publier cette perle. Sincèrement cela me dépasse. Surtout lorsqu'on considère le nombre de navets, souvent importés d'outre-Atlantique, pour lesquels les frais de traduction et de campagnes publicitaires ne posent visiblement pas de problèmes. Un exemple qui me passe par la tête est "Maestra" d'une certaine L.S. Hilton. Et ce n'est évidemment pas le seul, loin de là. J'aimerais bien savoir ce que le Centre national (français) du livre en pense ?
Peut-être, Cathy Borie, sont-ils de mon avis et prêts à vous venir en aide ?
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MarcelineBodier
  11 octobre 2017
Le Stefan Zweig de la confusion des sentiments réinventé ! Bien sûr, avec un tel début, vous attendez mes arguments... Avec plaisir !
Eh bien tout d'abord, je ne fais pas la comparaison sur le thème, et d'ailleurs, sur le thème, je m'arrête là : Dans la chair des anges est un roman dont on ne peut que très peu parler de l'intrigue sous peine de gâcher le plaisir du lecteur. Je ne fais pas non plus de comparaison sur le style, même si Cathy Borie écrit d'une manière tout aussi captivante que le Maître viennois. En revanche, je fais la comparaison sur la structure : un court roman, qui reste pourtant avec nous longtemps après l'avoir lu car l'auteur(e) met chaque mot à profit pour nous faire entrer toujours un peu plus au coeur des drames intimes de ses personnages. Un (futur) classique, disons-le.
J'ai dit "Stefan Zweig", mais j'ai aussi dit "réinventé". La confusion des sentiments est entièrement psychologie ; Dans la chair des anges est plus complexe : on ne sait pas si on doit souligner en priorité la profondeur des personnages ou la prouesse dans la construction. D'ordinaire, c'est soit l'un, soit l'autre... alors que là, l'auteure s'est immergée dans la psychologie de ses personnages, tout en développant une construction étonnante que j'ai d'ailleurs le sentiment de découvrir pour la première fois : on lit en ayant l'impression de comprendre, du moins de suivre ; puis on comprend le fin mot de l'affaire et on se dit qu'en fait, on n'avait rien compris ; et pourtant, en réfléchissant un peu plus, on se dit qu'on aurait dû comprendre, qu'on s'était laissé embarquer et aveugler alors qu'on avait tout sous les yeux. Le tout, alors que le roman n'est en rien un polar et qu'on ne ressent pas non plus l'urgence du suspense (sauf rétrospectivement) : c'est un peu comme s'il y avait une lecture tranquille sur le moment, et une deuxième lecture après coup, en son for intérieur, qui donne une dimension de plus à l'histoire.
Une découverte vraiment saisissante... que je recommande à tous les inconsolables de Stefan Zweig.
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Valmyvoyou_lit
  08 janvier 2018
Je remercie sincèrement, Cathy Borie pour ce service presse.
Ce livre parle de Clémentine, une jeune fille qui a du mal à s'intégrer dans la société. Elle vit seule avec sa mère très exigeante, elle est très solitaire et ne cherche pas particulièrement le contact des autres. Un jour, elle quitte le domicile familial...
Il m'est très difficile de parler de ce roman. Je l'ai apprécié en deux fois.
Les chapitres sont courts et parlent de personnes ayant un lien avec Clémentine. Cependant, une des forces de cette histoire est que certains liens ne seront révélés qu'à la fin.
Au départ, j'ai été envoûtée par cette lecture. Mais, vers la fin, sur quelques pages, une lassitude s'était installée en moi. J'ai même pensé que Dans la chair des anges avait tout ce qu'il fallait, mais qu'il ne fonctionnait pas sur moi. J'avais imaginé une chronique évoquant toutes les réussites de ce roman, tout en précisant ce que j'avais ressenti. Or, après ces trois ou quatre pages, un événement m'a à nouveau happée. Et tout le livre a pris un autre sens.
J'ai souvent évoqué mon exigence au sujet de l'écriture. J'aime que les mots soient bien choisis, que les phrases soient bien construites, que la ponctuation soit pertinente, etc. Cathy Borie m'a comblée avec sa plume classique et élégante.
La psychologie de chaque personnage est très précise. Lors de certains passages, j'y ai même vu une explication possible de comportements de certains de mes proches.
Une fois le livre refermé, j'ai repensé à certains détails qui ont pris une autre dimension, une fois que j'ai eu tous les éléments de l'histoire. Cela est rare que cela m'arrive, mais j'ai envie de le relire une deuxième fois, car je n'ai pas deviné le dénouement, mais tous les indices étaient là. Ce roman est incroyablement bien construit.
J'ai suivi le conseil d'un babeliote, Kielosa. Avant, le premier chapitre, il y a un poème. Kielosa recommandait de le lire au départ, et de relire quand l'histoire est terminée. le sens se révèle lors de cette deuxième lecture. J'ai ressenti des frissons.
En conclusion, contrairement à ce que j'ai cru à un moment, ce livre a "fonctionné" sur moi. Dans la chair des anges a remporté le premier Prix au concours Draftquest&Librinova2017 et c'est mérité. Avec une écriture très belle, Cathy Borie m'a fait réfléchir à des faits de société.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
MarcelineBodierMarcelineBodier   11 octobre 2017
Et puis, écrire le rassure, jouer avec des personnages sur une feuille de papier, effacer pour réinventer des mots sur son écran d'ordinateur, donner corps à des fantômes, ces tâches l'ont toujours apaisé, lui qui souvent sent les rênes de sa vie lui glisser des doigts, il se découvre une puissance bien réelle quand il manipule ses marionnettes imaginaires et leur crée des vies improbables ou, au contraire, d'une banalité accablante. D'ailleurs, depuis qu'il vit à Barcelone, une envie obsédante le tenaille : écrire un roman. Cette idée s'est emparée de son esprit lors de sa première soirée chez lui : l'appartement aux trois quarts vides, les fenêtres ouvertes sur les rumeurs de la rue, il était accoudé à la fenêtre quand une phrase a traversé son cerveau (il ne l'a encore notée nulle part par pure superstition) et il a su que cette phrase serait la première de son futur roman. Le plus étrange est qu'il a su au même moment qu'il allait donc écrire un roman. Depuis, rien n'est venu concrétiser ce désir impromptu. Mais il porte ce projet en permanence avec lui, comme un secret bien gardé, comme un embryon indétectable de l'extérieur, et qui pourtant donne une couleur bien particulière à sa vie, et même à tous ses actes, à ses choix, à ses mouvements, à son rythme, à ses états d'âme.
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ZiaOZiaO   05 novembre 2017
Elsa se tenait dos à la fenêtre ouverte, son buste éclairé à contrejour, de telle sorte que Grégoire ne distinguait plus son visage, mais voyait juste sa jupe rouge à mi-cuisses et ses longues jambes dorées. Elsa, quant à elle, pouvait simplement observer le torse de Grégoire vêtu d'une chemise bleu ciel et son visage aux yeux dissemblables. Et puis il dit assez maladroitement mais avec suffisamment de chaleur pour qu'elle en fut émue et même bouleversée :
— C'est une chose... très spéciale. Une sorte d'onde bienfaisante, une douceur magnétique. Quelque chose qui réchauffe et qui remplit. Ça ressemble à... de l'amour.
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MarcelineBodierMarcelineBodier   13 octobre 2018
Sentir battre son coeur, éprouver sa chair comme vivante, expérimenter le parcours des liquides sous sa peau, voilà qui revêtait aujourd'hui une importance bien plus grande que tout discours cohérent.
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LadybirdyLadybirdy   27 juillet 2019
Les oreilles de Grégoire bourdonnent encore. On dirait bien que sa solitude recule doucement. Il ne sait pas s’il doit s’en réjouir. Il ferme les yeux et laisse les doigts d’or du soleil toucher son visage.
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larubriquedolivialarubriquedolivia   08 février 2018
Ce que Clémentine trouvait bizarre surtout, c'était le fait que, quand Pablo la peignait, il la dotait de formes bien plus féminines, de rondeurs sensuelles, de courbes plus voluptueuses, et que ces deux perceptions radicalement différentes d'elle-même la laissaient tout à la fois très émue et en colère. Mais elle n'osait pas formuler de la sorte ce qu'elle ressentait, et qui la désarmait elle-même, et puis de toute façon le travail de Lise lui plaisait, et elle se reconnaissait assez bien dans ses portraits de terre.
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Videos de Cathy Borie (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cathy Borie
La booktubeuse "Bazar de la littérature" parle de Triptyque (à partir de 10:35). Vidéo de 2012.
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