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ISBN : 2246820596
Éditeur : Grasset (08/01/2020)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Hugo Boris vient de passer sa ceinture noire de karaté lorsqu'il fait face à une altercation dans le RER. Sidéré, incapable d'intervenir, il se contente de tirer la sonnette d'alarme. L'épisode révèle une peur profonde, mélange d'impuissance et de timidité au quotidien. Trait de caractère personnel ou difficulté universelle à affronter l'autre en société ? Ce manque de courage l'obsède. Sa femme lui suggère de " se faire casser la gueule une bonne fois pour toutes "... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  28 mars 2020
Hugo Boris a inventé une très jolie formule : il « herborise » dans les transports à commun – métro et RER - , c'est-à-dire il consigne sur le vif les « cadeaux du hasard, le ravissement d'une scène, d'une rencontre, le saisissement d'un mot lu ou entendu », «  témoignage d'un coude à coude avec mes contemporains et leur imprévisibilité. »
Un jour, il fait dace à une altercation violente qui le sidère : il est incapable d'intervenir, de prendre la parole, encore moins à s'interposer physiquement, lui qui est pourtant ceinture noire de karaté. C'est l'occasion pour l'auteur de s'interroger sur sa propre veulerie et sur le courage des autres, ceux qui osent aller au contact quand une situation dégénère.
Si j'ai trouvé le numéro d'autoflagellation assez agaçant et répétitif, ce qui m'a lassé et fait parfois décroché de ma lecture, j'ai vraiment goûté le talent d'observateur. le microcosme du RER est scruté avec beaucoup acuité, révélant la brutalité du monde ( agressions, racisme, harcèlement, homophobie, abandon des SDF ) et explorant sans complaisance comment l'individu fait face à cette violence. Cette focale centrée sur la réaction individuelle est très pertinente et juste.
Mais ce que je retiens, ce sont les scènes vibrantes d'humanité comme celle-ci. Une rame bondée, une chaleur étouffante, une fenêtre impossible à ouvrir, une femme qui n'arrête pas de râler :
« C'est plus fort qu'elle, elle a besoin de s'agiter. En face, la vieille femme sourit faiblement depuis tout à l'heure. L'apercevant, ma voisine se tourne vers elle tout à trac en désignant son chemisier à manches longues.
- Et vous, comment vous faites ? Vous n'avez pas chaud ?
La vieille tressaille légèrement , comme si elle espérait et redoutait cette sollicitation. Son visage prend une expression de douceur navrée. Elle déboutonne son poignet et retrousse sa manche pour faire apparaître un numéro de matricule bleu pâle tatoué sur son avant-bras. Silence horrifié dans le carré.
- J'ai passé dix huit heures dans un wagon à bestiaux sans air, sans eau, avec un bébé de six mois, alors aujourd'hui, je n'ai plus chaud.
Elle nous attendait au tournant depuis toute à l'heure. Nous restons stupides. Ma voisine de droite ne sait plus où se mettre. Un sourire de bonté désolée éclaire le visage de la vieille dame, qui la rassure aussitôt :
- Mais c'est pas grave, c'est pas grave.
Elle passe le reste du trajet à consoler les passagers autour d'elle, comme un grand malade à l'hôpital qui s''efforcerait de remonter le moral de ses visiteurs. »
Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices Elle 2020, catégorie Essai.
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fanfanouche24
  25 mars 2020
"il m'arrange de penser que le métro a été mon service militaire. le service du pauvre, mais mon service quand même.
Les transports en commun et leur anonymat n'obligent-ils pas les milieux les plus divers à passer un peu de temps ensemble ? Les Parisiens et les provinciaux, les Français et les étrangers, les bien-portants et les malades, les riches et les pauvres, les travailleurs et les chômeurs, les nouveau-nés et les vieillards, les honnêtes gens et les voyous fréquentent les mêmes quais. Sans le vouloir, l'humanité tout entière se donne rendez-vous dans une rame de métro, pour un trajet qui la dépasse largement." (p. 12)
Une lecture très attachante, qui nous interpelle tous plus ou moins, sur
nos comportements au quotidien: nos petites lâchetés, nos défilades,
nos tendances à ne pas voir ce qui nous dérange, mais aussi nos actes
de courage, nos élans de compassion, de solidarité, etc.
L'auteur a choisi comme terrain d'observation de prédilection: le métro, où le brassage des populations est tel, qu'il est comme un résumé de notre société....Premiere lecture de cet écrivain, qui me touche à la fois par son sens de l'observation et dans un même temps j'ai été très réceptive à la sensation d'un examen de conscience personnel, se voulant sans concession...sincère !... où je me suis retrouvée dans plusieurs anecdotes...
En dépit d'une ceinture noire de karaté, Hugo Boris, à 15 ans est témoin
d'une altercation dans les transports en commun. Tétanisé, il ne parvient
pas à agir, se contente de tirer la sonnette d'alarme. Des années après, il se
remémore cet incident humiliant, et s'en veut de son manque de courage.
Il se demande si il est "un couard patenté " à vie...ou si c'est seulement
sa peur universelle "d'affronter l'autre, l'inconnu, au quotidien ?", sa hantise de la violence et de la loi du plus fort ?
Heureusement , dans ces courtes histoires survenues dans le métro, proposées par Hugo Boris, il y a aussi des instants magiques, lumineux...qui redonnent le sourire...
"Quinze ans que je consigne dans le métro en quelques lignes, sur le vif, les cadeaux du hasard, le ravissement d'une scène, d'une rencontre, le saisissement d'un mot lu ou entendu. Quinze ans que j'herborise dans les transports en commun." (p.9)
Une lecture très bénéfique...de "santé publique" !!... pour réfléchir et améliorer nos propres attitudes dans le modeste quotidien, en collectivité !!... Cet ouvrage m'a donné envie et curiosité pour les autres écrits d'Hugo Boris...
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tynn
  30 mars 2020
Je finis ce petit livre alors que la planète fait face au confinement sanitaire et que chacun se retrouve dans sa bulle, tentant de se protéger des autres.
Dans une vie dite normale, comment se comporte l'individu? Est-il intrinsèquement belliqueux et agressif ? Représentant un chaînon des espèces, sa survie passe-t-elle par la violence et l'autodéfense ? Que sont nos réactions dans un contexte d'agression? La sidération et le « chacun pour soi » sont-ils le lot commun et le courage de certains un comportement à la marge ?
Situations incongrues, ubuesques et décalées, rencontres inattendues, incivilités et violences urbaines, réflexions personnelles sur l'humain...
Boris Hugo en constitue un florilège minutieusement récolté, débutant par une altercation dans les transports qui l'interroge sur sa capacité à affronter le conflit ou à engager sa personne pour le résoudre ou le désamorcer.
Des petits chapitres courts pour des brèves de vie, racontées avec pertinence et humour, recueillies par un regard humaniste et distancié et un questionnement impliqué. Une notion évidente d'individualisme prend corps au fil des situations. Un essai qui interroge sur soi-même et nos petites lâchetés.
Un second livre réussi, après le percutant Police, qui m'incite à suivre le travail de ce romancier.
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isabelleisapure
  09 février 2020
Et si avoir du courage était d'oser avouer que l'on n'en a pas ?
Dans son dernier roman, Hugo Boris nous met face à nos responsabilités devant l'indifférence dont nous faisons souvent preuve.
En ancrant son récit dans le métro parisien, Hugo Boris évoque ses peurs, ses lâchetés face à des agressions, ou simplement face à des incivilités.
Qui n'a été choqué par l'attitude d'un passager utilisant plusieurs sièges pour son confort personnel, n'hésitant pas à y poser les pieds ? Qui a osé demander à l'individu de se tenir correctement et de laisser une autre personne profiter des places qu'il occupe indument ? Pas grand monde, j'en ai peur. La plupart préférant rester debout plutôt que d'intervenir.
Qui n'a été intrigué par un quidam muni d'un sac volumineux en pensant qu'il pouvait contenir une arme et ne rien trouver de mieux à faire que de descendre au prochain arrêt afin de se mettre à l'abris d'un potentiel danger.
L'auteur se sert de toutes ses expériences et bien d'autres soigneusement consignées au fil de ses voyages en RER pour conjurer ses peurs, comme si en parler pouvait aider à les surmonter.
Il se met seul en cause face à son manque de courage.
Et nous que faisons-nous ? Avons-nous le courage de reconnaître que nous n'en avons pas ?
J'ai beaucoup aimé ce texte réaliste, drôle, tendre parfois qui nous renvoie à nos lâchetés quotidiennes.
Je remercie NetGalley et les Editions Grasset pour leur confiance.
#Lecouragedesautres #NetGalleyFrance
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sylvaine
  18 février 2020
Le courage des autresHugo Boris chez Grasset#Lecouragedesautres #NetGalleyFrance.
Le courage des autres ou plutôt le courage de reconnaître que celui ou celle qui ose et bien ce n'est pas lui, ce n'est pas moi! . Un "herbier" destiné à ceux et celles qui agissent , à lire par ceux et celles qui assistent , ont assisté ou assisteront à ces scènes d'incivilité, de violence physique ou verbale sans remuer le petit doigt! Chacun , moi la première, peut me reconnaître dans ces passagers apathiques même si parfois ..
Un texte sur les prédateurs que chaque famille d'animaux voient surgir avec leurs codes, leurs langages et la volonté de vouloir en découdre avec le ou la plus faible.
Merci aux éditions Grasset pour ce partage
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   25 mars 2020
Il y a tant de choses qu'on m'a enseignées et que je n'ai jamais assimilées. J'ai toujours cru qu'il suffisait d'apprendre pour savoir faire les choses. (p. 24)
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fanfanouche24fanfanouche24   24 mars 2020
Je reprends ce RER maintenant que j'ai un enfant à mon tour, et je m'aperçois que la peur a complètement disparu. Je suis protégé par mon fils de moins d'un an. Ses neuf kilos font passer en moi une vigueur qui ne vient pas de moi. Je suis invincible quand je voyage avec Gabriel. Si quelqu'un le touche, je le tue. Je le sais et tout le monde le sait. (p. 65)
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fanfanouche24fanfanouche24   25 mars 2020
Comment vous dire ? Quelqu'un comme moi, en temps de guerre, ne pourrait pas survivre . (...)
Ma peur ne se rend toujours pas et je patiente à proximité de trois ouvriers russes, qui attendent comme moi le prochain RER, pour me placer symboliquement sous leur protection. Je n'ai pas envie d'emprunter ici le masque du lyrisme pour faire du beau avec du laid, des mots qui seraient des insultes à la vérité ce soir-là, je suis une merde, une lavette, un faible, un infirme. Je suis malade de la peur. J'ai la maladie de la peur. Je suis devenu la proie de ce mot. (p. 69)
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   24 mars 2020
La patrouille volante se plante devant l'homme [ ayant proféré des insultes haineuses à des femmes, dans une rame de métro ]. Le wagon entier contemple cette apparition mystique. La police est là au moment précis où l'on avait besoin d'elle. La police va nous protéger. L'Etat a volé à notre secours, incarné dans ces trois gaillards en uniforme qui font changer la peur de côté.
-Qu'est-ce qui vous prend ? demande l'un des flics.
L'homme répond d'une voix sourde, dans un effort sidérant de sincérité:
-Pardon, j'ai été triste toute la journée. (p. 43)
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lettres_et_caractereslettres_et_caracteres   26 mars 2020
Je n’ai pas envie d’emprunter ici le masque du lyrisme pour faire du beau avec du laid, des mots qui seraient des insultes à la vérité ce soir-là, je suis une merde, une lavette, un faible, un infirme. Je suis malade de la peur. J’ai la maladie de la peur. Je suis devenu la proie de ce mot. Ma propre réaction me terrorise, me dévirilise, me tend mon reflet authentique, celui d’un pauvre mec sans couilles au cul.
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Videos de Hugo Boris (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hugo Boris
L'interview : https://www.web-tv-culture.com/emission/hugo-boris-le-courage-des-autres-51721.html
A 40 ans, Hugo Boris a déjà derrière lui un beau parcours d'écrivain. Là n'était pourtant pas son projet initial. Attiré par le métier de journaliste, il suit des études politiques. Cinéphile averti, on le retrouve ensuite à l'école Louis Lumière et il a à son actif la réalisation d'une dizaine de courts métrages. Mais finalement, c'est bel et bien l'écriture qui aura sa préférence, lui qui a toujours beaucoup lu et qui très tôt, s'est adonné à la rédaction de nouvelles et courts textes.
En 2005, son premier roman « le baiser dans la nuque » est primé à plusieurs reprises. Salué par la critique comme par les libraires, et reconnu par les lecteurs, Hugo Boris révèle, dans ses romans, un regard aiguisé de la société, une tension dans les thèmes choisis et le goût des intrigues en forme de huis-clos. le dépassement de soi est aussi une récurrence comme dans « Trois grands fauves » en 2013 ou « Police » paru en 2016, dont l'adaptation cinématographique d'Anne Fontaine sortira en avril prochain.
Quant à l'écriture d'Hugo Boris, elle est précise, serrée, sensible et littéraire.
Voici son nouveau titre, « le courage des autres ». Ce n'est pas un roman ni un récit, plutôt des arrêts sur image, des scènes de chaque jour. Une agression physique ou verbale, une incivilité, un comportement hors-norme, autant de moments inattendus qui viennent nous heurter, nous fragiliser et nous sortir de notre petit confort, nous contraignant à faire un choix : agir ou se détourner. Arpentant les couloirs du métro et du RER parisien, Hugo Boris a gardé en mémoire des situations dans lesquelles il s'est senti médiocre, là où d'autres ont pu révéler un certain héroïsme. Sur le thème de la lâcheté ordinaire, à travers son propre personnage, Hugo Boris nous parle de nous, de notre propension à réagir, en bien ou en mal, quand une tierce personne est en situation de fragilité ou d'agression, de notre facilité à regarder l'autre avec bienveillance, à tendre la main… ou pas. Et nous, que ferions-nous ? Telle est la question qui nous taraude sans cesse à la lecture de cet ouvrage parfaitement construit, bien écrit, et qui nous raconte notre monde d'aujourd'hui, sans parti-pris ni jugement, nous mettant simplement face à nous-mêmes.
« le courage des autres » d'Hugo Boris est publié chez Grassset.
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