AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782266312745
160 pages
Éditeur : Pocket (18/03/2021)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 92 notes)
Résumé :
Hugo Boris vient de passer sa ceinture noire de karaté lorsqu'il fait face à une altercation dans le RER. Sidéré, incapable d'intervenir, il se contente de tirer la sonnette d'alarme. L'épisode révèle une peur profonde, mélange d'impuissance et de timidité au quotidien. Trait de caractère personnel ou difficulté universelle à affronter l'autre en société ? Ce manque de courage l'obsède. Sa femme lui suggère de " se faire casser la gueule une bonne fois pour toutes "... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  28 mars 2020
Hugo Boris a inventé une très jolie formule : il « herborise » dans les transports à commun – métro et RER - , c'est-à-dire il consigne sur le vif les « cadeaux du hasard, le ravissement d'une scène, d'une rencontre, le saisissement d'un mot lu ou entendu », «  témoignage d'un coude à coude avec mes contemporains et leur imprévisibilité. »
Un jour, il fait dace à une altercation violente qui le sidère : il est incapable d'intervenir, de prendre la parole, encore moins à s'interposer physiquement, lui qui est pourtant ceinture noire de karaté. C'est l'occasion pour l'auteur de s'interroger sur sa propre veulerie et sur le courage des autres, ceux qui osent aller au contact quand une situation dégénère.
Si j'ai trouvé le numéro d'autoflagellation assez agaçant et répétitif, ce qui m'a lassé et fait parfois décroché de ma lecture, j'ai vraiment goûté le talent d'observateur. le microcosme du RER est scruté avec beaucoup acuité, révélant la brutalité du monde ( agressions, racisme, harcèlement, homophobie, abandon des SDF ) et explorant sans complaisance comment l'individu fait face à cette violence. Cette focale centrée sur la réaction individuelle est très pertinente et juste.
Mais ce que je retiens, ce sont les scènes vibrantes d'humanité comme celle-ci. Une rame bondée, une chaleur étouffante, une fenêtre impossible à ouvrir, une femme qui n'arrête pas de râler :
« C'est plus fort qu'elle, elle a besoin de s'agiter. En face, la vieille femme sourit faiblement depuis tout à l'heure. L'apercevant, ma voisine se tourne vers elle tout à trac en désignant son chemisier à manches longues.
- Et vous, comment vous faites ? Vous n'avez pas chaud ?
La vieille tressaille légèrement , comme si elle espérait et redoutait cette sollicitation. Son visage prend une expression de douceur navrée. Elle déboutonne son poignet et retrousse sa manche pour faire apparaître un numéro de matricule bleu pâle tatoué sur son avant-bras. Silence horrifié dans le carré.
- J'ai passé dix huit heures dans un wagon à bestiaux sans air, sans eau, avec un bébé de six mois, alors aujourd'hui, je n'ai plus chaud.
Elle nous attendait au tournant depuis toute à l'heure. Nous restons stupides. Ma voisine de droite ne sait plus où se mettre. Un sourire de bonté désolée éclaire le visage de la vieille dame, qui la rassure aussitôt :
- Mais c'est pas grave, c'est pas grave.
Elle passe le reste du trajet à consoler les passagers autour d'elle, comme un grand malade à l'hôpital qui s''efforcerait de remonter le moral de ses visiteurs. »
Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices Elle 2020, catégorie Essai.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          929
palamede
  12 avril 2020
Petites lâchetés, violence banale, incivilité de tous les jours, héroïsme inattendu, Hugo Boris traque dans le métro parisien ses réactions et celles de ses contemporains face aux situations qui interpellent, sollicitent, exigent une prise de parole, un geste. Et dit-il : « Oh, comme le masque tombe dans ces cas-là ! Comme les forces et les failles se révèlent dans ces situations journalières ! »
Même si je prends peu le métro, je comprends parfaitement l'anxiété qu'il génère chez certains. La photographie, faite de scènettes souvent anxiogènes prises sur le vif, qu'en donne l'auteur me semble très proche de la réalité. Hugo Boris qui fait preuve de pas mal d'auto dérision quand il pointe son manque de courage dans certaines situations. Mais le courage n'est-il pas multiforme ? Et écrire sur son propre courage que l'on juge insuffisant n'en est-il pas une sorte tout aussi valable que d'autres plus éclatantes et spectaculaires ? Reste que j'ai été un peu agacée par une condescendance de classe qui sourd d'Hugo Boris à son insu, lui qui dit être sensible aux pauvres et aux opprimés mais qui le fait à la manière des dames patronnesses.
Challenge MULTI-DÉFIS 2020
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          682
LaBiblidOnee
  10 décembre 2020
Si « la peur n'évite pas le danger », elle évite au moins de nous jeter dans la gueule du loup. Mais lorsque le danger vient à nous, comment maîtriser cette peur de manière à pouvoir agir ? Dans cette compilation d'instants du quotidien, tirés de ses expériences de métro, l'auteur analyse les mouvements de violence (physique, passive, verbale, etc…) pour comprendre nos réactions de peur, dans l'espoir de les maîtriser. Car le courage des autres, par définitions, c'est celui qu'on n'a pas. C'est celui qu'on admire discrètement, un peu honteux, en espérant qu'il déteigne. Ce n'est pas forcément un exploit insurmontable, ni une épreuve de force impressionnante. Ça peut consister à désamorcer une situation avec calme et naturel avant qu'elle ne dégénère. C'est parfois un mot, ou rien qu'un regard. Ce n'est pas toujours résoudre un problème, c'est simplement accepter de l'affronter. Ne pas nier l'existence du clochard qui monte dans la même rame de métro que vous ; admettre son existence, sa pauvreté et sa souffrance. Les regarder en face. Vous êtes désormais celui sur qui un regard égaré peut s'appuyer, exister.
Et dans le même temps, si vous n'êtes plus celui qui fuit, vous n'êtes plus la proie.

Capturés sur le vifs, ces instantanés font échos en nous tous. Enfant, on apprend en observant tout et tout le monde intensément. En grandissant, on se rend compte que ceux qui croisent nos regards peuvent vouloir y prendre aussi quelque chose ; et comme on ne veut pas toujours le leur donner, on fuit. On se fait discret, on essaye tellement fort d'ignorer autrui alentour qu'un jour, on y arrive ; il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut plus voir. C'est tellement pratique qu'à force, on ne parvient plus à rouvrir les yeux. Quand il faudrait voir, on est aveugle ; quand il faudrait entendre, nous sommes devenus sourd. Au moment d'agir, nos réflexes nous fuient, à leur tour. Juste retour des choses. Tout cela par confort, ou par sécurité. Et la ceinture se resserre autour de nous, nous isole dans nos bulles. Jusqu'à s'y trouver tellement seul. Y compris quand nous, nous aurions à notre tour besoin d'aide… Parce que les autres sont devenus sourds, eux aussi. Et aveugles. Et craintifs, comme nous. L'individualisme, finalement, n'est-ce pas lui, le coupable ? Comme ces fois où vous vous faites méchamment accoster dans les rues aux heures de pointe, et où le courage des autres est de s'enfuir, staccato des pas accélérant sur le bitume, plongeons des nez dans les poussettes et sacs à mains, sur les portables des pères de familles raisonnables. En même temps, qu'aurions-nous fait à leur place ?

Hugo Boris s'est toujours senti désarmé contre les agressions qui nous entourent. Pour avoir moins peur au quotidien, il passe avec application chaque dan jusqu'à obtenir sa ceinture noire de karaté. Il est fier, il sait se battre ; il ne peut plus rien lui arriver, pense-t-il. Jusqu'au jour où l'agression de sa voisine de métro le laisse paralysé. Pas un mot en sa faveur. Pas même un cri d'alerte, un mouvement, un souffle ; pas un regard, pour ne pas se faire remarquer à son tour par les agresseurs. Rien. Juste cette sensation que, s'il faut sauver une peau, c'est la sienne, et que même pour la sienne on n'est pas sûr d'en avoir le cran. Après cette expérience, il ne s'épargne pas. Et il cherche à comprendre : d'où vient cette réaction oui, mais surtout comment la modifier. Où se placent les frontières entre lâcheté, courage, et inconscience ? Pourquoi certaines personnes sont des cibles et d'autres pas, pourquoi certaines se sacrifient et d'autres pas ? Il fait son herbier dans le métro, recueillie tous les comportements, les analyse, les rapproche et, surtout, tente de s'inspirer des meilleurs ; du courage des autres. Même si ça doit commencer par celui d'un enfant, qui n'a pas peur de s'intéresser au clochard assis dans le wagon tandis que tout le monde le nie, le renie, l'ignore, l'évite ; le fuit.
Je regarde les clochards assis, tendant la main. Je leur réponds ; je donne, parfois. Mais je fuis le regard des punks à chiens, saouls et agités, semblant sans limites et insistants ; mécaniquement, ballet orchestré pour ma tranquillité, je change de trottoir. Je deviens la proie parfaite.

Vous vous rappelez ? Dans la soirée du 21 août 2015, le monde, sidéré, apprend qu'un attentat a été déjoué à bord du Thalys 9364 à destination de Paris. Une attaque évitée de justesse grâce à trois Américains qui voyageaient en Europe. Un jeune soldat américain se jette sur le tireur, s'interposant entre l'arme et le reste du wagon, faisant un écran à l'épreuve des balles pour protéger les autres. Si l'arme ne s'était pas enrayée à ce moment-là, il serait mort - ou mal en point, et les autres avec. Mais il l'a fait, sans savoir que l'arme allait s'enrayer, et sans pouvoir ignorer qu'il n'avait pas - ou peu - de chances de bien s'en tirer.
Clint Eastwood, dans « Le 15h17 pour Paris », a tenté à son tour de nous montrer le courage de ces autres : Il met en scène, dans leur propre rôle, chacun des trois passagers américains qui ont déjoué l'attentat.
Il témoigne en outre au vrai procès contre les auteurs de l'attentat raté.

Il m'est arrivé d'être victime de harcèlement de rue, comme vous l'êtes peut-être régulièrement.
J'ai même lu ce bouquin - et aussi regardé ce film.

Et quelle est la première chose que j'ai dit à Chou quand le film s'est achevé ?
« Surtout je t'en supplie, si ça se produit ne te jette pas au devant de l'arme ou de l'adversaire ».

Alors ce livre, sur le courage des autres, je vais le garder dans ma bibli, le faire infuser encore un peu. Il me reste du chemin à faire.

Et vous, votre dernier courage, votre dernière faiblesse ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4227
fanfanouche24
  25 mars 2020
"il m'arrange de penser que le métro a été mon service militaire. le service du pauvre, mais mon service quand même.
Les transports en commun et leur anonymat n'obligent-ils pas les milieux les plus divers à passer un peu de temps ensemble ? Les Parisiens et les provinciaux, les Français et les étrangers, les bien-portants et les malades, les riches et les pauvres, les travailleurs et les chômeurs, les nouveau-nés et les vieillards, les honnêtes gens et les voyous fréquentent les mêmes quais. Sans le vouloir, l'humanité tout entière se donne rendez-vous dans une rame de métro, pour un trajet qui la dépasse largement." (p. 12)
Une lecture très attachante, qui nous interpelle tous plus ou moins, sur
nos comportements au quotidien: nos petites lâchetés, nos défilades,
nos tendances à ne pas voir ce qui nous dérange, mais aussi nos actes
de courage, nos élans de compassion, de solidarité, etc.
L'auteur a choisi comme terrain d'observation de prédilection: le métro, où le brassage des populations est tel, qu'il est comme un résumé de notre société....Premiere lecture de cet écrivain, qui me touche à la fois par son sens de l'observation et dans un même temps j'ai été très réceptive à la sensation d'un examen de conscience personnel, se voulant sans concession...sincère !... où je me suis retrouvée dans plusieurs anecdotes...
En dépit d'une ceinture noire de karaté, Hugo Boris, à 15 ans est témoin
d'une altercation dans les transports en commun. Tétanisé, il ne parvient
pas à agir, se contente de tirer la sonnette d'alarme. Des années après, il se
remémore cet incident humiliant, et s'en veut de son manque de courage.
Il se demande si il est "un couard patenté " à vie...ou si c'est seulement
sa peur universelle "d'affronter l'autre, l'inconnu, au quotidien ?", sa hantise de la violence et de la loi du plus fort ?
Heureusement , dans ces courtes histoires survenues dans le métro, proposées par Hugo Boris, il y a aussi des instants magiques, lumineux...qui redonnent le sourire...
"Quinze ans que je consigne dans le métro en quelques lignes, sur le vif, les cadeaux du hasard, le ravissement d'une scène, d'une rencontre, le saisissement d'un mot lu ou entendu. Quinze ans que j'herborise dans les transports en commun." (p.9)
Une lecture très bénéfique...de "santé publique" !!... pour réfléchir et améliorer nos propres attitudes dans le modeste quotidien, en collectivité !!... Cet ouvrage m'a donné envie et curiosité pour les autres écrits d'Hugo Boris...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          425
Ogrimoire
  22 avril 2020
Au commencent de cet ouvrage, je me suis dis que ce type était un véritable couard… Il décrit comment il devient un maître en art martiaux, et comment il est à même de mettre hors d'état de nuire quiconque et n'importe quand. Mais voilà, son gros problème c'est qu'il prend la tangente dès qu'il est témoin de scènes de cris dans les transports en commun.
Au fur et à mesure de ma lecture, je me rends compte que ce type n'es pas un lâche, bien au contraire… il ne réagit pas différemment de la plupart d'entre nous face à un clochard en pleine crise, une racaille qui fume son joint dans la rame avec la musique à fond ou face à un pervers qui tente d'importuner une jeune femme et que derrière ce portrait sans concession qu'il fait de lui-même chacun d'entre nous peut se voir à travers lui.
Le courage des autres nous place face à nos peurs, lorsque l'on se retrouve confronté à des situations que l'on rencontre au moins une fois dans notre vie lorsque l'on est un habitué des transports en commun. Mais, et c'est sans doute l'élément le plus important, cet essai soulève aussi un fait de plus en plus visible dans nos comportements, l'individualisme. En effet, la société dans laquelle nous évoluons est, ce n'est pas une révélation fracassante, de plus en plus individualiste. Et tout est fait pour que nous allions dans ce sens, que nous ne nous sentions pas concernés par ce qui arrive à autrui, que nous nous mettions des oeillères lorsque nous sommes témoins de choses choquantes.
Ça se lit vite, ça se lit bien et surtout ça bouleverse le lecteur, en nous renvoyant à une question simple – alors que la réponse est bien plus compliquée à donner tant que ce n'est pas arrivé : « et vous, que feriez-vous si demain vous êtes le témoin d'une scène choquante voire violente ? »
Car, certes, il est facile de jouer les héros de pacotille, confortablement installé dans son canapé. Mais confronté à la réalité, en pleine agression, personne n'est capable de dire à l'avance comment il réagirait, de nombreux faits divers l'ont mis en évidence ces dernières années. Pour quelques militaires qui laissent parler leur entraînement dans un Thalys, combien de braves gens se retrouvent simplement tétanisés ? C'est à cette réalité dérangeante que ce livre nous invite à nous confronter…
Lien : https://ogrimoire.com/2020/0..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          302

Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   10 avril 2020
Lu dans le no 22 de Dragon Magazine, revue spécialisée dans les arts martiaux, une interview du chercheur Christophe Jacquemart, dont les travaux sont consacrés à une approche cognitive et neurobiologique du combat rapproché :
 
Les prédateurs mammifères s’attaquent en priorité aux individus présentant une apparence malade ou affaiblie, afin d’obtenir de la nourriture avec un minimum de risque et d’énergie dépensés. De manière analogue, les prédateurs humains recherchent une victime facile. Ils évaluent toujours les signes annonciateurs de force et les marques de faiblesse chez le candidat à l’agression. La force apparente agit comme un “feu rouge”, tandis que la faiblesse apparente agit comme un “feu vert”. À ce titre, le prédateur humain fonctionne à rebours des comportements sociaux bienveillants habituels, dans lesquels les marques de peur, de vulnérabilité et de détresse suscitent la réassurance et le soutien ‒ alors que le prédateur n’y voit que des failles à exploiter. Qu’entend-on par signes annonciateurs de force ? Que regardent les criminels chez un inconnu pour déterminer sa réactivité potentielle ? Le tueur en série Ted Bundy déclara dans une interview qu’il pouvait détecter une bonne victime à la manière dont elle marchait, inclinait la tête et, d’une manière générale, à sa« façon de se tenir. Diverses études convergentes ont validé cette assertion et les chercheurs ont observé des corrélations entre certains éléments non verbaux et la vulnérabilité perçue. Sont identifiés comme plus vulnérables que les autres : les personnes qui marchent à trop grands ou trop petits pas ; qui oscillent leur buste d’avant en arrière, de droite à gauche, ou de haut en bas en avançant ; qui balancent leurs bras sans rapport avec le rythme du pas, ou qui ne balancent qu’un seul bras tandis que l’autre reste collé au buste ; les personnes qui bougent avec des mouvements étriqués ou ne remuent que les mains pour s’exprimer (au lieu de faire des gestes amples avec les bras) ; les personnes avec un visage triste, honteux ou inquiet ; les personnes ayant l’air distraites ; les hommes trop maigres. 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
palamedepalamede   12 avril 2020
Christophe Jacquemart dans le no 16 de Dragon Magazine toujours :
 
Il existe un autre niveau de résistance à la fuite, davantage relié à notre mémoire sociale qu’à notre mémoire biologique. Les êtres humains sont une espèce fortement hiérarchisée, au sein de laquelle le statut est de première importance ‒ notamment chez les individus de sexe masculin. En effet, dans l’environnement prétechnologique, le niveau hiérarchique d’un homme impactait directement sur son accès à la nourriture, au meilleur emplacement et aux femmes. Notre système nerveux n’ayant pratiquement pas évolué depuis cette époque, la lutte masculine pour le rang est un problème grave, considéré avec le plus grand sérieux par les mâles humains. Lorsqu’un homme défie un autre homme, le menace, l’humilie ou le provoque en duel (un simple regard appuyé suffit chez les primates), il leur est à tous deux extrêmement difficile, sinon impossible, de faire machine arrière. Les protagonistes sont littéralement aspirés dans le conflit par un mécanisme psychologique très ancien et très stable. 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
LaBiblidOneeLaBiblidOnee   01 décembre 2020
Le dictionnaire donne du verbe "herboriser" cette définition : "Recueillir des plantes là où elles poussent spontanément, soit pour les étudier, en faire un herbier, soit pour utiliser leurs vertus médicinales". J'herborise donc, dans le métro, chaque fois que je prélève de fines tranches de réel pour rendre compte de la diversité du monde, témoigner de la richesse inépuisable de ce fameux voyage de la Madeleine à la Bastille. J'herborise encore lorsque je voudrais guérir de ma lâcheté en tirant une tisane des vaillances dont j'ai été témoin, même discrètes. J'aimerais croire que le courage physique, quand il est fragile, reste toujours en germe dans celui des autres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
fanfanouche24fanfanouche24   21 mars 2020
[Christophe Jacquemart- chercheur dont les travaux sont consacrés à une approche cognitive et neurobiologique du combat rapproché---]

"Les prédateurs mammifères s'attaquent en priorité aux individus présentant une apparence malade ou affaiblie, afin d'obtenir de la nourriture avec un minimum de risque et d'énergie dépensés. De manière analogue, les prédateurs humains recherchent une victime facile. ils évaluent toujours les signes annonciateurs de force et les marques de faiblesse chez le candidat à l'agression. La force apparente agit comme un "feu rouge", tandis que la faiblesse apparente agit comme un "feu vert". a ce titre, le prédateur humain fonctionne à rebours des comportements sociaux bienveillants habituels (...) (p.31)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
fanfanouche24fanfanouche24   24 mars 2020
Je reprends ce RER maintenant que j'ai un enfant à mon tour, et je m'aperçois que la peur a complètement disparu. Je suis protégé par mon fils de moins d'un an. Ses neuf kilos font passer en moi une vigueur qui ne vient pas de moi. Je suis invincible quand je voyage avec Gabriel. Si quelqu'un le touche, je le tue. Je le sais et tout le monde le sait. (p. 65)
Commenter  J’apprécie          120

Videos de Hugo Boris (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hugo Boris
"Police" (2020), la bande-annonce
autres livres classés : métroVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
2544 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre