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EAN : 9782253092896
312 pages
Le Livre de Poche (06/01/2016)
3.85/5   382 notes
Résumé :
Moscou, 1948. Alors que le célèbre violoniste Ilja Grenko quitte la salle de concert sous des tonnerres d'applaudissements, son stradivarius à la main, il est arrêté et conduit à la terrifiante Loubianka, le siège du KGB, sans comprendre ce qu'on lui reproche. Après des jours de privations, d'humiliations et d'interrogatoires, Ilja signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag. Sa famille est envoyée en exil au bout du monde, dans un enfer à ciel ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (105) Voir plus Ajouter une critique
3,85

sur 382 notes
Mai 1948, à Moscou, Ilia Vassilievitch Grenko, violoniste Russe de renommée internationale, propriétaire d'un Stradivarius, salue les nombreux spectateurs venus assister à son concert. Lorsqu'il rejoint sa loge, deux individus l'attendent et l'emmènent de force. Arrivé à la sortie des artistes, Ilia Grenko prie le portier d'avertir sa femme de son arrestation. Ilia est déporté dans un camp de travail. Un article édité dans un journal annonce la fuite de Grenko à Vienne, son épouse est désespérée, elle ne peut y croire mais ne reçoit aucune nouvelle d'Ilia. Quelque temps après, elle est emmenée avec ses deux garçons dans un autre camp de travail où elle s'échine, vaille que vaille, à survivre pour ses deux enfants. Deux générations plus tard, Sacha, le petit-fils de Ilia apprend la sombre vérité qui entoure l'incarcération de son grand-père et l'histoire du violon qu'il va s'évertuer à rechercher, au péril de sa vie.
Une histoire sombre sur la vie des détenus dans les camps de travail russe et l'omnipotence de certains personnages.

Challenge Atout Prix 2017
Prix du meilleur roman policier – 2012 – en Allemagne
Grand Prix des lectrices Elle Policier 2015

Challenge Petits plaisirs 2017 - 244 pages
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J'ai immédiatement été captivée par l'histoire d'Illia Grenko violoniste arrêté à la sortie d'un concert et conduit au goulag et de sa femme Galina déportée au Kazakhstan avec ses deux fils. On souffre avec eux, des conditions de vie, de l'injustice, de l'incompréhension, de la peur, de l'inhumanité et on espère aussi avec eux une réhabilitation, un jour meilleur. On vit le livre, on ressent le froid, la faim, la volonté de vivre mais aussi la honte.
Alors oui, c'est un policier, mais cette partie qui se déroule avec Sacha, le petit fils me parait secondaire et m'a beaucoup moins plu. J'ai même par moment été perdue par les différentes péripéties et rencontres, d'où mes 4 étoiles, c'est dommage.
L'ensemble reste cependant un bon moment de lecture sur cette Russie des années 50 et ses pratiques on ne peut plus condamnables.
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J'ai découvert récemment cette auteure allemande avec l'excellent roman « Sous les décombres ». Avant ce livre, elle avait écrit ce Violoniste, à la structure assez similaire et à l'efficacité tout aussi remarquable.

En 1948 à Moscou, Ilia Grenko, violoniste virtuose, est arrêté au sortir d'un concert et disparaît avec son Stradivarius dans les méandres de la Loubianka. Officiellement, il a fui lors d'une représentation à Vienne. La famille de ce traître à la patrie est envoyée en déportation au Kazakhstan.
En fait, Ilia a tenu le temps qu'il pouvait face à ses tortionnaires du KGB, puis signé de faux aveux, pour finir par arriver au bout d'un voyage effrayant dans un camp de travail au bout du monde. le violoniste n'est plus, il perd des doigts et ne doit sa survie qu'aux autres détenus.
En 2008, le petit fils d'Ilia, Sacha, vit en Allemagne. Ses parents sont décédés très peu de temps après leur arrivée en Allemagne en 1990. Il ignore tout de ce qui s'en réellement passé en URSS dans les années quarante et cinquante et n'a que peu connu sa grand-mère courage Galina. Mais un appel de sa soeur Vika, qui a été adoptée par des Allemands, l'amène à la rejoindre rapidement, car elle a des nouvelles importantes à lui communiquer sur leur passé familial.

Ce livre a la construction d'un roman policier, mais c'est d'abord et avant tout une présentation de la machine à broyer que fut le régime communiste. Accusés à tort, tortures systématiques des prétendus opposants, inhumanité des gardiens et des conditions de détention, exilés finissant par n'être que des êtres en sursis... le processus de déshumanisation imposé par la police politique, le KGB, est effrayant.
L'alternance des chapitres entre Ilia désespéré au goulag, Galina qui lutte avec le concours de Lidia, une ancienne institutrice exilée et jugée inapte au travail, et l'enquête menée de nos jours en Allemagne et en Russie par Sacha, le petit-fils, rend le récit fluide.
Mechtild Borrmann sait remarquablement raconter le vingtième siècle.
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L'Armée rouge a contribué à libérer l'Europe du nazisme, mais Staline n'était pas un philanthrope. Il avait même beaucoup de points communs avec Hitler (et d'autres dictateurs que je 'connais' moins) : arrestation et torture d'indésirables, lesquels étaient envoyés dans des camps, spoliés de leurs biens, condamnés arbitrairement à 10 ou 20 ans de travaux forcés - pas de CDD, chez Hitler, on était censé garder son 'poste' à vie...

Ce roman de Mechtild Borrmann montre l'horreur des purges staliniennes, à travers le destin d'une famille brisée, celle d'Ilia Grenko, célèbre violoniste accusé d'avoir préparé sa fuite à l'ouest en 1948.
On découvre ainsi les conditions de vie d'un homme dans le goulag de Vorkouta, et celles, à peine moins rudes, de femmes et d'enfants dans le camp de Karaganda.

En fil conducteur : le Stradivarius de Grenko, entré dans la famille en 1862, offert par le Tsar Nicolas II. Soixante ans après la disparition du grand-père artiste, ses descendants recherchent ce violon.

Comme dans 'Sous les décombres', Mechtild Borrmann construit une histoire alternant entre l'après-guerre en URSS et en Allemagne, et le début des années 2000.
Ce polar historique est également un roman d'espionnage, et c'est là que ça coince pour moi. Ce genre me rebute, je ne comprends pas grand chose aux machinations politico-financières, les traques et règlements de compte m'énervent, surtout quand je me perds parmi des noms russes.
Cet aspect prend hélas de plus en plus de place dans le roman, au détriment des histoires d'Ilia, de Galina et leurs deux petits garçons...

J'ai fini par me désintéresser complètement du sort du violon, et me suis ennuyée sur un bon dernier tiers. Je ne suis même pas sûre d'avoir compris le dénouement.

Emotion, en revanche, avec quelques personnages touchants - autant d'échos à cette chanson de Thiéfaine :

« Des visages incolores, des voyageurs abstraits
Des passagers perdus, des émigrants inquiets
Qui marchent lentement à travers nos regrets
Nos futurs enchaînés, nos rêves insatisfaits
Fantômes aux danses australes, aux rhapsodiques peurs
Visages camés bleuis graffités par la peur
Qui marchent lentement vers l'incinérateur
Vers la métallurgie des génies prédateurs
C'est l'histoire assassine qui rougit sous nos pas
C'est la voix de Staline, c'est le rire de Béria
C'est la rime racoleuse d'Aragon et d'Elsa
C'est le cri des enfants morts à Karaganda. (...) »
_________

• 'Karaganda', in 'Stratégie de l'inespoir', 2014.
Sublime version symphonique avec le fils, Lucas Thiéfaine :
https://www.youtube.com/watch?v=-PvuTsl5gPI
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Ovations à la fin d'un concert moscovite...
Ilya Grenko est un violoniste virtuose, mais un soir de 1948, il est arrêté, perdant sa liberté, sa famille et son Stradivarius.
Le goulag des grandes purges staliniennes deviendra-t-il son seul avenir? Et pour quelle raison?

L'engrenage fatal suivra la famille d'Ilya sur deux générations, entrainant les descendants dans une série de meurtres et une quête de vérité dans une atmosphère à la Kafka.

Un policier qui transporte le lecteur dans les années noires du communisme. Si le contexte historique a été largement utilisé en fiction littéraire ( ce qui explique le fait de ne lui donner que trois étoiles), il prend ici une dimension humaine au plus proche des individus, nous impliquant en ressentis avec un réalisme qui fait froid dans le dos.
L'aspect policier du livre passe au second plan en regard de la reconstitution sociale d'un réalisme glaçant.

Entremêlant les époques et les parcours séparés d'Ilya, de son épouse, et de son petit fils Sacha, le suspens tient et la lecture en devient addictive. On finit par être navré par tant de déveine.

La moulinette d'un régime dictatorial et la nouvelle société russe contemporaine se déclinent dans un roman fort et poignant parlant de jalousie, de trahison, de mensonges et d'endoctrinement mais aussi d'amitié, de fidélité et d'espoir.
Un roman bicéphale, porté par une écriture efficace, pour une intrigue brillamment orchestrée.
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critiques presse (1)
LesEchos
01 septembre 2014
Un roman terrible et saisissant, mais accessible… si l’on n’a pas le courage de se lancer dans « L’Archipel du Goulag » ou les « Récits de la Kolyma ».
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
[ mine de goulag, 1948 ]
A l'entrée du puits, une femme ouvrit la porte grillagée d'une cage dans laquelle dix hommes s'engouffrèrent pour descendre dans la mine. Elle actionna différents leviers et la cage s'enfonça dans les profondeurs. (...) Stas lui expliqua que c'était une 'citoyenne' et qu'elle vivait à Vorkouta :
- Elle a travaillé pendant dix ans dans le camp des femmes, puis elle s'est mariée avec l'artificier.
Ilia ne comprenait pas qu'on puisse rester de son plein gré dans ce désert au lieu de retourner dans sa patrie.
- Rentrer ? Avec quel argent ? grogna Stas. Ils t'accompagnent à la porte du camp et ils te disent 'Tu es libre'. Comment tu fais pour rentrer chez toi avec les poches vides ?
(p. 155-156)
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[ goulag de Vorkouta, ville minière dans le nord-ouest de la Russie, au nord du cercle polaire arctique ]
Comme chaque matin, Ilia attendait transi sur la place d'appel, dans le froid glacial de l'aube. (...) Depuis des semaines, les sentinelles avaient déserté les miradors. Aucun 'zek'* n'aurait été assez fou pour s'enfuir du camp en hiver. Le fuyard était voué à mourir de froid. Les gardes les surveillaient en fumant, protégés du vent, à l'abri des baraquements.
____

* Zek (ou Ze-ka) est l'abréviation de zaklioutchonniï (заключённый, abrégé en з/к). Signifiant 'détenu', 'enfermé', le terme zek désigne les prisonniers du Goulag.
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Que savait-il encore de son enfance au Kazakhstan, de ses parents, du voyage qui les avait amenés dans ce pays, dont ils prononçaient le nom avec un infini respect et une confiance absolue, la République fédérale d'Allemagne ? (...)
« Environ soixante-dix mètres carrés pour sept personnes », rappelait toujours son père quand ils regardaient les photos, craignant sans doute que son fils n'ait oublié la promiscuité dans laquelle ils avaient vécu.
(p. 23)
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« Débarrassés et balancé dans la fosse. Les mots n'en finissaient pas de résonner en lui. La faim et la fatigue ne tarderaient pas à le dépouiller de toute substance de son être, strate par strate, jusqu'à ce qu'il ne reste plus de lui que ce noyau brut dont le seul objectif était de survivre coûte que coûte, sans scrupules et sans humanité. Le processus avait déjà commencé, il en était conscient : dès le transport, quand il avait distribué des coups de pied pour se faire une place dans le train ou bien le soir où il avait dévoré le pain qu'il destinait à Ribaltchenko. Combien de temps restait-il avant de parler non plus de « morts » mais de corps dont « on se débarrasse » ? Combien de temps avant qu'il ne leur ôte, lui aussi, ce dernier reste de dignité humaine ? »
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Ils jetèrent des pelletées de terre sur les cadavres, et à chaque nouvelle pelletée, c’était sa vision de l’homme qu’il enterrait. Quelque chose de nouveau, de monstrueux et de terrifiant prenait sa place. Ce quelque chose était en train de changer irrémédiablement sa représentation de lui-même, sa foi dans la civilisation et dans la dignité humaine.
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Vidéo de Mechtild Borrmann
http://www.librairiedialogues.fr/ Annaïk de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur du rayon Polars : "Sur le toit de l'enfer" de Ilaria Tuti (éd. La Bête Noire), "Présumée disparue" de Susie Steiner (éd. Les Arènes) et "L'envers de l'espoir" de Mechtild Borrmann (éd. le Livre de Poche). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Delphine le Borgne.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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