AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253092894
Éditeur : Le Livre de Poche (06/01/2016)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 199 notes)
Résumé :
Moscou, 1948. Alors que le célèbre violoniste Ilja Grenko quitte la salle de concert sous des tonnerres d'applaudissements, son stradivarius à la main, il est arrêté et conduit à la terrifiante Loubianka, le siège du KGB, sans comprendre ce qu'on lui reproche. Après des jours de privations, d'humiliations et d'interrogatoires, Ilja signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag. Sa famille est envoyée en exil au bout du monde, dans un enfer à ciel ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  05 juillet 2017
Mai 1948, à Moscou, Ilia Vassilievitch Grenko, violoniste Russe de renommée internationale, propriétaire d'un Stradivarius, salue les nombreux spectateurs venus assister à son concert. Lorsqu'il rejoint sa loge, deux individus l'attendent et l'emmènent de force. Arrivé à la sortie des artistes, Ilia Grenko prie le portier d'avertir sa femme de son arrestation. Ilia est déporté dans un camp de travail. Un article édité dans un journal annonce la fuite de Grenko à Vienne, son épouse est désespérée, elle ne peut y croire mais ne reçoit aucune nouvelle d'Ilia. Quelque temps après, elle est emmenée avec ses deux garçons dans un autre camp de travail où elle s'échine, vaille que vaille, à survivre pour ses deux enfants. Deux générations plus tard, Sacha, le petit-fils de Ilia apprend la sombre vérité qui entoure l'incarcération de son grand-père et l'histoire du violon qu'il va s'évertuer à rechercher, au péril de sa vie.
Une histoire sombre sur la vie des détenus dans les camps de travail russe et l'omnipotence de certains personnages.
Challenge Atout Prix 2017
Prix du meilleur roman policier – 2012 – en Allemagne
Grand Prix des lectrices Elle Policier 2015
Challenge Petits plaisirs 2017 - 244 pages
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          576
nameless
  26 octobre 2016
Comment s'y prendre pour s'approprier un Stradivarius d'une inestimable valeur, offert en 1862 par le Tsar Nicolas II à Stanislas Sergueïevitch Grenko, son violoniste préféré, en témoignage de sa gratitude ? En 1948, dans le régime sanguinaire de Staline-père-des-peuples, cette spoliation s'avère fort simple à perprétrer. Il suffit, à l'issue d'un concert, d'arrêter arbitrairement l'arrière-arrière-petit-fils de Stanislas, Ilia Grenko, héritier de l'impérial cadeau, virtuose de l'archet, et de le faire discrètement disparaître en même temps que son instrument, dans les entrailles de la Loubianka. De quoi est-il accusé ? Comme des millions de ses compatriotes, il l'ignore : d'être un ennemi du peuple ? De vouloir passer à l'ouest, parce qu'il a sollicité l'autorisation de donner un concert à Vienne ? Il est impossible de comprendre l'incompréhensible dans un pays où, pour ne pas aimer les poètes qu'il faudrait, la sentence est la déportation. Soumis aux pires humiliations, privations, sévices, Ilia signe des aveux sous la menace, en contrepartie de la promesse que Galina, son épouse, ses enfants, Ossip et Pavel, pourront continuer à vivre à Moscou sans être inquiétés. Condamné sans procès à 20 ans de goulag, sa seule satisfaction est d'avoir sauvé les siens. C'est ce qu'il croit… Tandis que Galina le croit à Vienne...

La Pravda se mêle de propager la nouvelle de la désertion d'Ilia en Autriche. Pour rendre crédible le mensonge de sa fuite, Galina et ses enfants sont exilés pour 10 ans au fin fond de la steppe kazakh, à Karaganda, privés de leurs droits civiques, contraints à une visite mensuelle à la Komendatura, sous peine de voir leur bannissement commué en emprisonnement, exploités dans des travails avilissants, soumis à la misère, au froid, à la faim. En conformité avec ses méthodes despotiques, Staline déporte systématiquement la famille des traîtres à la patrie. Si Galina avait été épargnée, cette mansuétude aurait semblé bizarre.

Il faut attendre 2008, pour que certains documents liés à ces événements, parviennent à la connaissance de Sacha, fils d'Ossip, petit-fils d'Ilia et Galina. Un appel de sa soeur Vika, perdue de vue dans la tourmente familiale depuis 20 ans, le plonge brutalement dans sa propre histoire dont il ne connait que les grandes et vagues lignes. Laver l'honneur sali de son grand-père, réhabiliter sa mémoire, retrouver le Stradivarius, comprendre pourquoi ses parents, oncle, soeur ont tous péri de manière suspecte, ce sont les buts que le jeune homme se fixe. Pas facile quand on ne peut faire confiance à personne.

Thriller ou roman historique ? Quoi qu'il en soit, l'histoire des Grenko, dont les ramifications s'étendent sur 60 ans, est passionnante. La construction du Violoniste est rigoureuse, son intrigue complexe, son style nerveux et ses dialogues très soignés. Comme dans ses deux autres ouvrages, Mechtild Borrmann utilise une trame romanesque mais documentée, pour faire découvrir à un large public, certaines pages de l'Histoire récente restées un temps confidentielles, accomplissant ainsi un excellent boulot de vulgarisation, dans sa plus noble acception.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          481
diablotin0
  06 juillet 2016
J'ai immédiatement été captivée par l'histoire d'Illia Grenko violoniste arrêté à la sortie d'un concert et conduit au goulag et de sa femme Galina déportée au Kazakhstan avec ses deux fils. On souffre avec eux, des conditions de vie, de l'injustice, de l'incompréhension, de la peur, de l'inhumanité et on espère aussi avec eux une réhabilitation, un jour meilleur. On vit le livre, on ressent le froid, la faim, la volonté de vivre mais aussi la honte.
Alors oui, c'est un policier, mais cette partie qui se déroule avec Sacha, le petit fils me parait secondaire et m'a beaucoup moins plu. J'ai même par moment été perdue par les différentes péripéties et rencontres, d'où mes 4 étoiles, c'est dommage.
L'ensemble reste cependant un bon moment de lecture sur cette Russie des années 50 et ses pratiques on ne peut plus condamnables.
Commenter  J’apprécie          440
tynn
  12 novembre 2014
Ovations à la fin d'un concert moscovite...
Ilya Grenko est un violoniste virtuose, mais un soir de 1948, il est arrêté, perdant sa liberté, sa famille et son Stradivarius.
Le goulag des grandes purges staliniennes deviendra-t-il son seul avenir? Et pour quelle raison?
L'engrenage fatal suivra la famille d'Ilya sur deux générations, entrainant les descendants dans une série de meurtres et une quête de vérité dans une atmosphère à la Kafka.
Un policier qui transporte le lecteur dans les années noires du communisme. Si le contexte historique a été largement utilisé en fiction littéraire ( ce qui explique le fait de ne lui donner que trois étoiles), il prend ici une dimension humaine au plus proche des individus, nous impliquant en ressentis avec un réalisme qui fait froid dans le dos.
L'aspect policier du livre passe au second plan en regard de la reconstitution sociale d'un réalisme glaçant.
Entremêlant les époques et les parcours séparés d'Ilya, de son épouse, et de son petit fils Sacha, le suspens tient et la lecture en devient addictive. On finit par être navré par tant de déveine.
La moulinette d'un régime dictatorial et la nouvelle société russe contemporaine se déclinent dans un roman fort et poignant parlant de jalousie, de trahison, de mensonges et d'endoctrinement mais aussi d'amitié, de fidélité et d'espoir.
Un roman bicéphale, porté par une écriture efficace, pour une intrigue brillamment orchestrée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
Nadael
  01 septembre 2014
Enivré par la musique de Tchaïkowski qui résonne dans sa tête et dans toute la salle de concert en ce jour de Mai 1948 à Moscou, le violoniste Ilia Vassilievitch Grenko joue le dernier accord du concerto pour violon en ré majeur. Il abaisse son instrument et salue le parterre de visages qui s'animent. Grand musicien, il est, comme toujours, ovationné par la foule. Au bout de son bras, il tient fermement le Stradivarius hérité de son arrière-arrière grand-père, célèbre violoniste lui-aussi, offert en 1862 par le Tsar Alexandre II en personnne.
L'homme quitte la scène heureux. Mais dans sa loge, deux hommes tout de noir vêtu l'attendent. À peine franchit-il la porte qu'ils l'empoignent, direction La Loubianka, repère de la police secrète. Grenko est sidéré par ce qui lui arrive. C'est l'incompréhension. Les types du KGB ne veulent rien entendre, ne l'autorisant même pas à parler à sa femme qui l'attend dans la salle...
Ilia Grenko est accusé d'avoir voulu fuir son pays pour aller à Vienne. le violoniste aura beau nier cette information, on ne l'écoutera pas. Après l'avoir violenté, on lui confisquera son Stradivarius et on exigera de lui des aveux écrits, faux aveux qu'il signera afin de préserver sa femme Galina et ses deux garçons. Grenko sera envoyé en camp de travail, quant à Galina et ses fils, ils seront déportés au Kazakstan.
Soixante ans plus tard, nous faisons la connaissance de Sacha Grenko, petit-fils d'Ilia. Peu de temps après leur arrivée en Allemagne, ses parents sont morts dans un accident de voiture. Lui et sa soeur ont été séparés. Enfant précoce mais mal dans sa peau, son enfance et son adolescence ont été chaotiques. Aujourd'hui, l'homme vit seul et travaille dans une société de sécurité (protection de personnes et recherches d'informations économiques).
Voilà que Sacha reçoit un appel désespéré de sa soeur Viktoria qu'il n'a pas vue depuis des années. la jeune femme, devenue pianiste, se fait assassiner devant ses yeux. Sacha est immédiatement soupçonné...
Aidé par son riche patron, Grenko va partir sur les traces de sa famille avec la ferme intention de lever le voile qui recouvre ce passé.
Un roman noir passionnant qui nous happe littéralement. Les personnages évoluent dans L Histoire et leur propre histoire avec courage et volonté, on ne peut que ressentir de l'empathie pour eux. Trois récits s'entrecroisent : celui du grand-père, le violoniste entraîné de force dans le goulag : tiraillé par la faim, meurtri par le froid, il tient le coup en pensant chaque jour à l'amour de sa vie, à ses enfants, à sa musique ; celui de la grand-mère Galina qui se tue au travail pour nourrir et vêtir ses enfants au Kazakstan, qui garde toujours au fond d'elle l'espoir de retrouver un jour son cher mari ; et enfin le récit de la quête de Sacha, ses pérégrinations, sa persévérance à percer les secrets d'un passé sombre entaché de mensonges, de non-dits, de violence et d'absurdité et le désir profond de tenir dans ses mains le Stradivarius, le précieux instrument lié à sa famille depuis des générations.
Une histoire de famille ravagée par la brutalité et l'inhumanité d'un régime totalitaire. Une auteure à suivre.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          273

critiques presse (1)
LesEchos   01 septembre 2014
Un roman terrible et saisissant, mais accessible… si l’on n’a pas le courage de se lancer dans « L’Archipel du Goulag » ou les « Récits de la Kolyma ».
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   01 septembre 2014
« Débarrassés et balancé dans la fosse. Les mots n'en finissaient pas de résonner en lui. La faim et la fatigue ne tarderaient pas à le dépouiller de toute substance de son être, strate par strate, jusqu'à ce qu'il ne reste plus de lui que ce noyau brut dont le seul objectif était de survivre coûte que coûte, sans scrupules et sans humanité. Le processus avait déjà commencé, il en était conscient : dès le transport, quand il avait distribué des coups de pied pour se faire une place dans le train ou bien le soir où il avait dévoré le pain qu'il destinait à Ribaltchenko. Combien de temps restait-il avant de parler non plus de « morts » mais de corps dont « on se débarrasse » ? Combien de temps avant qu'il ne leur ôte, lui aussi, ce dernier reste de dignité humaine ? »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
RoggyRoggy   17 avril 2017
Ils jetèrent des pelletées de terre sur les cadavres, et à chaque nouvelle pelletée, c’était sa vision de l’homme qu’il enterrait. Quelque chose de nouveau, de monstrueux et de terrifiant prenait sa place. Ce quelque chose était en train de changer irrémédiablement sa représentation de lui-même, sa foi dans la civilisation et dans la dignité humaine.
Commenter  J’apprécie          140
NadaelNadael   01 septembre 2014
« Il avait développé la théorie selon laquelle l'existence des hommes est comparable à des planètes sur leur orbite. D'après lui, chaque rencontre influait sur ce parcours, comme une collision modifie une trajectoire. Parfois, ce n'étaient que de petites collisions. D'autres fois, les heurts, violents, donnaient une tout autre direction à la vie, indépendamment du degré de proximité ou de la fréquence des relations qu'on avait avec la personne. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
AifelleAifelle   13 octobre 2014
"Jusqu'à la veille, il était convaincu de venir d'une famille de travailleurs originaire d'un petit village kazakh. Des gens simples, installés là-bas depuis des générations. Pour la première fois, il se fit la réflexion que le déroulement chaotique de son existence depuis la mort de ses parents était peut-être lié au fait qu'il ne se sentait à sa place nulle part. Ses racines étaient du vent : elles ne lui avaient jamais donné aucun ancrage."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
yv1yv1   08 septembre 2014
Elle ouvrit. Un type entra, la bousculant au passage, suivi de deux autres. La porte se referma. Elle reconnut les deux qui l'avaient conduite chez Kourach.
- Fais tes bagages ! ordonna le plus petit. Juste ce que tu peux porter.
Elle ne bougea pas. C'était idiot, mais elle était tétanisée par ce "tu".
- Mes enfants, il n'y aura personne avec mes enfants.
- Tu emmènes tes gosses.
Ils lui agitèrent un papier sous le nez. Les lettres se brouillaient devant ses yeux.
... retrait des droits civiques... les biens d'Ilia Vassilievitch Grenko... restitués au peuple... La femme et les enfants à être déportés. Elle lut "Karaganda". Elle n'avait jamais entendu ce nom. (p.69)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Mechtild Borrmann (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mechtild Borrmann
http://www.librairiedialogues.fr/ Annaïk de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur du rayon Polars : "Sur le toit de l'enfer" de Ilaria Tuti (éd. La Bête Noire), "Présumée disparue" de Susie Steiner (éd. Les Arènes) et "L'envers de l'espoir" de Mechtild Borrmann (éd. le Livre de Poche). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Delphine le Borgne.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
autres livres classés : stradivariusVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Mechtild Borrmann

Quand l'histoire débute-t-elle ?

en 1948
en 2008
en 1862
en 1962

15 questions
2 lecteurs ont répondu
Thème : Le violoniste de Mechtild BorrmannCréer un quiz sur ce livre
.. ..