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ISBN : 225309241X
Éditeur : Le Livre de Poche (03/10/2018)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Valentina vit dans la zone interdite de Tchernobyl. Les seuls habitants de cet endroit maudit sont ceux qui n'ont pas d'autre choix ou qui cherchent à se cacher. Cette femme usée par la vie attend désespérément le retour de sa fille dont elle n'a plus de nouvelles depuis des mois. Elle semble avoir disparu, comme beaucoup d'autres étudiantes parties pour l'Allemagne avec une bourse en 2009. Pour combler le vide et garder l'espoir de la retrouver, Valentina consigne ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  04 octobre 2016
“La centrale nucléaire a été annoncée officiellement pour la première fois en 1972 par le camarade président de la cellule locale du Parti, lors d'un discours à l'occasion d'une fête. Les réacteurs feraient de notre région, l'une des plus importantes de l'Union soviétique et apporteraient la prospérité à tous. Un effort colossal dont seule l'Union soviétique était capable. Les spécialistes employés là-bas auraient leur propre ville, moderne et bâtie sur mesure. Dans les semaines qui ont suivi, on a entendu parler d'appartements avec eau courante, chauffage, salle de bains et même téléphone. La ville nouvelle devait s'appeler Pripiat, comme la rivière”. (p. 23)

Le 26.04.86, la centrale Lénine de Tchernobyl sautait comme un bouchon de champagne, illuminant la planète entière de son feu nucléaire, à ce jour inégalé, entraînant la déportation de millions d'habitants d'Ukraine embobinés par le plus gros mensonge d'Etat jamais perpétré, “Tout est sous contrôle”, formule magique largement relayée en France. Parmi les victimes, le nombre des morts passé et à venir reste inconnu. Bon courage à nos enfants, petits-enfants et bien au-delà d'eux.

Valentina fait partie de ces pionniers qui n'ont jamais douté de leur engagement. Dès son plus jeune âge, elle a assimilé que la moindre pensée critique était un acte de rébellion punissable. Brillante élève pauvre, elle a bénéficié d'un appartement à Pripiat parce que son mari, devenu liquidateur par la force des choses, travaillait à la centrale et qu'elle même était infirmière. Mais en 2010, ses rêves l'ont depuis longtemps abandonnée. Veuve par irradiations massives, son fils mort de leucémie sans rapport avec l'accident, après avoir vécu à Troïchina, ville satellite construite dans les années 80 pour accueillir les Tchernobylzi, ces pestiférés des temps modernes contagieux, elle a décidé de retourner dans la zone d'exclusion au plus près de son histoire, parce que la terre irradiée, c'est tout ce qu'elle possède. Car pourquoi fuir davantage un ennemi qui ne se manifeste que dans le crépitement mauvais des compteurs Geiger ?

Katerina, sa fille, est partie en Allemagne en compagnie d'Olena sa meilleure amie, toutes deux attirées par les chants de sirènes qui leur promettaient de belles études universitaires occidentales si elles pouvaient prouver qu'elles avaient un contrat de travail, et le boulot, ça ne manque pas en Allemagne, vendeuses, barmaids, hôtesses, femmes de ménage dans des hôtels... Elles n'ont pas donné de nouvelles. En attendant le retour incertain de Katerina, Valentina met sa mémoire au service de sa fille.

Equipée d'un seul cahier, et d'un seul crayon de bois, qu'elle taille parcimonieusement pour le faire durer, elle rassemble ses souvenirs avec toute l'honnêteté dont elle est capable. En se replongeant dans ses souvenirs, les détails prennent de l'importance, des faits apparemment mineurs acquièrent une signification nouvelle. Pourquoi, bien avant le 26.04.86 ne s'est-elle pas étonnée que les routes de Pripiat soient si souvent et nocturnement re-goudronnées ? Pourquoi, à l'hôpital où elle bossait, ne s'est-elle pas étonnée des stocks de médicaments destinés à traiter d'entières populations ? Pourquoi a-t-elle fait preuve d'une inattention aussi prolongée en se bouchant les yeux et les oreilles ?

Bien loin de là, à Zyfflich, à quelques encâblures de la frontière hollandaise, Matthias Lessmann, âgé de 68 ans, vit son veuvage sereinement. Il parle à Trine, son mouton préféré, élève ses poules et aime son chien qui le lui rend bien, ils forment un couple fusionnel. Ca lui suffit, sa vie est bien rangée. Il n'a pas décidé de recueillir chez lui une fille qui courait à moitié nue sur le chemin de sa ferme. Une fille qui s'est échappée d'un endroit où c'est : “Trente euros pour trente minutes sans extra. Si tu veux sans préservatif, c'est soixante ; la sodomie ou les coups, c'est cent, mais pas de coup de poing dans le visage”. (p. 114).

Je ne vais pas vous parler de Leonid, car je serais trop longue, ne souhaitant que rédiger un ptimot. Mais franchement, Leonid, c'est le pivot du roman.

Merci à Mechtild Borrmann pour ce roman dont l'enquête policière n'a servi que de prétexte pour écrire un documentaire, à la fois sur la catastrophe de Tchernobyl, et sur la traite sexuelle de jeunes femmes, enfants et héritières de Tchernobyl, surnommées Tchernobylza, dont personne ne veut, surtout pas comme épouses puisque leurs rejetons seront forcément des monstres post-feu-nucléaire.

A ce jour, 04.10.16, l'envers de l'espoir, est ma meilleure lecture historique, documentaire, politique, policière, selon mes critères, en 2016.
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Seraphita
  25 décembre 2016
Depuis le drame de Tchernobyl, Valentina avait dû fuir la région contaminée avec sa famille. Confrontée à la perte des siens, elle a décidé il y a peu de revenir vivre dans la zone d'exclusion. Face au bonheur perdu, aux mystères entourant la disparition de sa fille, sa seule arme reste l'écriture. Elle s'accroche à son vieux crayon pour graver sur le papier les souvenirs de son existence. Sa fille Katerina avait bénéficié d'une bourse pour étudier dans une université allemande. Comme d'autres étudiantes, elle a disparu en 2009. Au moment où Valentina couche ses souvenirs sur le papier, un fermier allemand recueille une jeune ukrainienne qui semble fuir des oppresseurs. En lui ouvrant bien involontairement la porte de son foyer, il ne se doute pas du tournant que va prendre son existence.
« L'envers de l'espoir » est un policier très émouvant écrit par Mechtild Borrmann. Comme l'indique la quatrième de couverture, « ses cinq livres publiés en Allemagne ont été salués par la critique. Rompre le silence, son premier roman traduit en français paru aux Editions du Masque en 2013, a obtenu le prix du meilleur roman policier en Allemagne. le Violoniste, paru en 2014, est lauréat du Prix des Lectrices de Elle ». le titre magnifique résume l'essence de la nostalgie contenue dans l'histoire. Celle-ci entremêle plusieurs voix et plusieurs temps pour tisser la trame des bonheurs enfuis et de la quête incessante d'un ailleurs. Sans tomber dans l'écueil du pathos, l'auteur donne voix et corps aux drames singuliers et collectifs vécus par une famille ukrainienne, depuis la seconde guerre mondiale jusqu'au drame de Tchernobyl et l'esclavagisme sexuel contemporain dans les pays de l'est.
En filigrane, l'auteur questionne les destinées singulières : peut-on échapper à son histoire ? Construire son chemin dans l'envers de l'espoir, quand on réalise que le bonheur est derrière soi ? L'écriture peut-elle délivrer de ses ombres ?
Le point de départ de ce roman très noir – un fermier qui recueille une jeune femme traquée – n'est pas sans rappeler étrangement celui de « Purge » de Sofi Oksanen (Prix Femina étranger 2010). Pour autant cette intrigue va prendre ensuite d'autres voies et éclairer d'autres pans de l'histoire ukrainienne.
Malgré une intrigue lente, rythmée par les souvenirs et doutes qui animent les divers protagonistes, « L'envers de l'espoir » est un roman puissant qui explore avec brio et sans pathos la quête de soi dans le chemin de son histoire.
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hcdahlem
  10 avril 2016
J'ai découvert Mechtild Bormann avec ce livre et ai vite compris pourquoi cette romancière a été couronnée pour ses précédents ouvrages par le Prix du meilleur roman policier allemand et le Grand Prix des Lectrices Elle 2015 dans la catégorie polars : elle sait indéniablement attraper son lecteur et le tenir en haleine avec une histoire formidablement bien ancrée dans le réel.
Cette fois, il s'agit de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et de ses conséquences, de la difficile situation géopolitique de l'Ukraine et des espoirs suscités par le changement de régime ainsi que des mafias et des filières de prostitution. le fait que la plupart des situations évoquées ici soient totalement crédibles, voire authentiques, ne rend le récit que plus intéressant et plus effrayant.
Tout commence en Allemagne, avec l'errance d'une jeune fille court vêtue, alors que l'hiver s'est abattu sur le pays. Paniquée, elle cherche refuge dans l'exploitation agricole de Matthias Lessmann. le vieil homme se rend vite compte que secourir cette inconnue ne lui apportera que des ennuis, mais son instinct est plus fort que sa raison. S'il se rend très vite compte que des tueurs sont au trousse de la jeune fille et qu'il va falloir se défendre, il ne peut éviter la tentative de suicide de la désespérée. Il se débarrasser de l'un des malfrats – ce qui le liera au destin de sa protégée – réussira à la sauver et à la cacher. À partir de là, Matthias va pouvoir essayer de reconstituer le parcours de Nadia (qui s'appelle en fait Olena). Avec une amie, elle était censée venir en Allemagne pour suivre un semestre à l'université. Mais au lieu de cela, elle s'est retrouvée sous le joug de souteneurs qui les retenaient dans une maison close avant leur transfert aux Pays-Bas.
Pendant ce temps, sa mère essaie d'avoir des nouvelles. Elle continue d'habiter la zone de contamination délimitée à la suite de l'accident nucléaire de Tchernobyl en 1986, lutte contre les taux élevés de radiation, le froid de l'hiver, le manque de moyens et les mensonges de l'administration.
Aussi, en attendant un signe venu d'Allemagne, décide-t-elle de coucher sur le papier la «vraie histoire», de témoigner de ce qui s'est vraiment passé et comment la population a littéralement été sacrifiée. le lecteur va alors suivre en parallèle les deux récits qui finiront par se rejoindre pour l'épilogue.
D'un côté, Matthias Lessmann va essayer de retrouver Katerina, la compagne de Nadia en visitant les bordels de Nimègue. de l'autre côté Leonid, membre de la milice ukrainienne, mène sa propre enquête et découvre bien vite qu'il serait plus sage de ne pas poser trop de questions. Entre corruption et manque d'organisation, il va vite se retrouver seul et se rendre compte qu'une taupe oeuvre au sein de la police. Mais sa soif de comprendre et la promesse qu'il a faite de retrouver les jeunes filles vont le pousser à continuer, quitte à agir sans l'aval de sa hiérarchie, jusqu'à se rendre en Allemagne avec une poignée d'euros.
Des personnages bien campés, autant du côté du bien que du mal, un scénario très travaillé, une construction audacieuse mais dans laquelle on ne se perd à aucun moment font de ce livre l'un des meilleurs polars de l'année. Une fois refermé, je suis persuadé que, comme moi, vous aurez envie de vous précipiter sur les deux autres livres de Mechtild Bormann déjà disponibles Rompre le silence et le Violonniste.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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kathel
  06 avril 2016
Dans une ferme allemande, un homme recueille une jeune femme originaire d'un pays de l'Est, traquée par des poursuivants déterminés. Mathias va-t-il lui donner un refuge, avec les risques que cela comporte ?
Dans la zone interdite de Tchernobyl, Valentina, une femme seule, essaye de garder espoir dans le retour de sa fille, disparue après avoir postulé pour un échange universitaire avec l'Allemagne. Valentina note dans un cahier les différents moments de sa vie à Tchernobyl, ce qu'elle sait de sa famille, de la catastrophe et de tout ce qu'elle a deviné petit à petit à ce sujet. C'est son cahier pour garder espoir, pour ne pas baisser les bras, pour dire à sa fille tout ce qu'elle ne lui a pas dit…
Les thèmes entremêlés dans ce roman, d'une manière adroite, tiennent en haleine sans que cela semble jamais artificiel : la catastrophe de Tchernobyl, le trafic d'êtres humains, la corruption, les mensonges étatiques… Plusieurs points de vue alternent selon les chapitres, la mémoire de Valentina ramène aussi des souvenirs plus anciens, des bribes importantes de la vie de ses parents et grands-parents. J'ai aimé cet aspect qui donne une profondeur historique au roman policier.
[...]
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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LibrairieLeFailler
  19 juillet 2016
Les filles perdues
Il se passe des choses inquiétantes près de Tchernobyl. Comme si les conséquences de « l'accident » de la centrale ne suffisaient pas aux malheurs des habitants de cette région, voici que des étudiants disparaissent …
Jusqu'à ce petit matin glacial de février 2010, Matthias Lessmann menait une existence paisible auprès de ses moutons. Lorsqu'il recueille une très jeune femme terrorisée, il sait que les ennuis viennent de commencer et ce n'est pas l'inquiétant 4/4 noir qui rôde autour de sa ferme qui va lui faire penser le contraire.
Que faisait Tania à cette heure là, à moitié nue, dans cette campagne allemande si loin de son Ukraine natale ? Qui fuit-elle ? Pourquoi refuse t-elle que la police soit prévenue ? Autant de questions que Matthias aurait préféré ne pas avoir à se poser et dont les réponses vont faire basculer sa vie. Au même moment, dans la zone interdite de Tchernobyl, Valentina vit, ou survit, clandestinement dans une datcha délabrée. C'est une femme qui n'a plus d'âge ni d'avenir, juste de terribles souvenirs qu'elle consigne dans un vieux cahier afin d'apaiser ses angoisses. Partie depuis plusieurs mois en Allemagne grâce à une bourse d'étude, sa fille Katerina n'a donné aucune nouvelle. Valentina sait que jamais elle ne serait restée aussi longtemps silencieuse ni ne l'aurait abandonnée, même si la vie ici est tout simplement impossible. Ses espoirs renaissent enfin quand le lieutenant Kyjan ose braver sa hiérarchie et l'inertie de la police locale pour enquêter sur les disparitions d'étudiants boursiers. Ce qu'il découvrira est vraiment terrible.
Plus que pour l'enquête policière, efficace mais somme toute assez classique, ce roman glaçant est passionnant pour ce qu'il nous dévoile des rouages pervers de l'administration ukrainienne et de la vie dans la région de Tchernobyl, des années staliniennes à aujourd'hui.
Deux ans après l'excellent « le Violoniste » ( Prix des Lectrices de Elle ), Mechtild Borrmann nous entraîne une fois encore entre deux pays et deux époques, le passé refaisant inexorablement, et tragiquement, surface dans la vie de ses personnages.
Veronique.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
namelessnameless   04 octobre 2016
Au village, on proclamait désormais officiellement que la vodka permettait de se protéger contre la radioactivité [de Tchernobyl], et les magasins ont été rapidement dévalisés. Des substituts distillés en douce ont été mis en vente à des prix exorbitants. On en administrait même aux enfants ; les mères en donnaient à leurs nourrissons.

Page 143
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namelessnameless   03 octobre 2016
Pouvait-on se préparer à la mort ? Ce moment impossible à négocier, où aucune parole inconsidérée ne peut être rattrapée, aucune excuse ne peut être ajoutée, cette irrévocabilité avec laquelle la porte se claque ?

Page 98
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namelessnameless   02 octobre 2016
C'est l'espoir qui a troublé ma raison. L'espoir d'un avenir meilleur. Mais l'espoir, je l'ai compris bien trop tard, est un poison qui paralyse et nous incite à persévérer courageusement.

Page 18
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kathelkathel   06 avril 2016
Des doutes l’assaillent. Comment la mémoire fonctionne-t-elle ? A-t-elle fait le tri dans son passé, au fil des années, pour qu’il témoigne de son innocence ? Ces pauses qui la distraient, les ménage-t-elle dans le but d’arrondir les angles et les coins des vieilles images, pour leur donner une allure satisfaisante sur le papier ?
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hcdahlemhcdahlem   10 avril 2016
Il s’assit et dit :
– Va dormir.
Elle se leva et alla lui chercher une bière :
– Si Bülent vient…
Il la coupa :
– On avisera.
Elle s’appuya contre le réfrigérateur, il but la bière et, quand il la regarda, il prit conscience qu’ils étaient dorénavant liés l’un à l’autre. Non pas alliés, comme ils l’étaient, Vera et lui, mais liés par des chaînes, et il croyait déjà les sentir. Des semaines plus tard, en repensant à ce jour-là, il nota que pas une seule fois il n’avait envisagé d’appeler la police.
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