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ISBN : 225309241X
Éditeur : Le Livre de Poche (03/10/2018)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Valentina vit dans la zone interdite de Tchernobyl. Les seuls habitants de cet endroit maudit sont ceux qui n'ont pas d'autre choix ou qui cherchent à se cacher. Cette femme usée par la vie attend désespérément le retour de sa fille dont elle n'a plus de nouvelles depuis des mois. Elle semble avoir disparu, comme beaucoup d'autres étudiantes parties pour l'Allemagne avec une bourse en 2009. Pour combler le vide et garder l'espoir de la retrouver, Valentina consigne ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  04 octobre 2016
“La centrale nucléaire a été annoncée officiellement pour la première fois en 1972 par le camarade président de la cellule locale du Parti, lors d'un discours à l'occasion d'une fête. Les réacteurs feraient de notre région, l'une des plus importantes de l'Union soviétique et apporteraient la prospérité à tous. Un effort colossal dont seule l'Union soviétique était capable. Les spécialistes employés là-bas auraient leur propre ville, moderne et bâtie sur mesure. Dans les semaines qui ont suivi, on a entendu parler d'appartements avec eau courante, chauffage, salle de bains et même téléphone. La ville nouvelle devait s'appeler Pripiat, comme la rivière”. (p. 23)

Le 26.04.86, la centrale Lénine de Tchernobyl sautait comme un bouchon de champagne, illuminant la planète entière de son feu nucléaire, à ce jour inégalé, entraînant la déportation de millions d'habitants d'Ukraine embobinés par le plus gros mensonge d'Etat jamais perpétré, “Tout est sous contrôle”, formule magique largement relayée en France. Parmi les victimes, le nombre des morts passé et à venir reste inconnu. Bon courage à nos enfants, petits-enfants et bien au-delà d'eux.

Valentina fait partie de ces pionniers qui n'ont jamais douté de leur engagement. Dès son plus jeune âge, elle a assimilé que la moindre pensée critique était un acte de rébellion punissable. Brillante élève pauvre, elle a bénéficié d'un appartement à Pripiat parce que son mari, devenu liquidateur par la force des choses, travaillait à la centrale et qu'elle même était infirmière. Mais en 2010, ses rêves l'ont depuis longtemps abandonnée. Veuve par irradiations massives, son fils mort de leucémie sans rapport avec l'accident, après avoir vécu à Troïchina, ville satellite construite dans les années 80 pour accueillir les Tchernobylzi, ces pestiférés des temps modernes contagieux, elle a décidé de retourner dans la zone d'exclusion au plus près de son histoire, parce que la terre irradiée, c'est tout ce qu'elle possède. Car pourquoi fuir davantage un ennemi qui ne se manifeste que dans le crépitement mauvais des compteurs Geiger ?

Katerina, sa fille, est partie en Allemagne en compagnie d'Olena sa meilleure amie, toutes deux attirées par les chants de sirènes qui leur promettaient de belles études universitaires occidentales si elles pouvaient prouver qu'elles avaient un contrat de travail, et le boulot, ça ne manque pas en Allemagne, vendeuses, barmaids, hôtesses, femmes de ménage dans des hôtels... Elles n'ont pas donné de nouvelles. En attendant le retour incertain de Katerina, Valentina met sa mémoire au service de sa fille.

Equipée d'un seul cahier, et d'un seul crayon de bois, qu'elle taille parcimonieusement pour le faire durer, elle rassemble ses souvenirs avec toute l'honnêteté dont elle est capable. En se replongeant dans ses souvenirs, les détails prennent de l'importance, des faits apparemment mineurs acquièrent une signification nouvelle. Pourquoi, bien avant le 26.04.86 ne s'est-elle pas étonnée que les routes de Pripiat soient si souvent et nocturnement re-goudronnées ? Pourquoi, à l'hôpital où elle bossait, ne s'est-elle pas étonnée des stocks de médicaments destinés à traiter d'entières populations ? Pourquoi a-t-elle fait preuve d'une inattention aussi prolongée en se bouchant les yeux et les oreilles ?

Bien loin de là, à Zyfflich, à quelques encâblures de la frontière hollandaise, Matthias Lessmann, âgé de 68 ans, vit son veuvage sereinement. Il parle à Trine, son mouton préféré, élève ses poules et aime son chien qui le lui rend bien, ils forment un couple fusionnel. Ca lui suffit, sa vie est bien rangée. Il n'a pas décidé de recueillir chez lui une fille qui courait à moitié nue sur le chemin de sa ferme. Une fille qui s'est échappée d'un endroit où c'est : “Trente euros pour trente minutes sans extra. Si tu veux sans préservatif, c'est soixante ; la sodomie ou les coups, c'est cent, mais pas de coup de poing dans le visage”. (p. 114).

Je ne vais pas vous parler de Leonid, car je serais trop longue, ne souhaitant que rédiger un ptimot. Mais franchement, Leonid, c'est le pivot du roman.

Merci à Mechtild Borrmann pour ce roman dont l'enquête policière n'a servi que de prétexte pour écrire un documentaire, à la fois sur la catastrophe de Tchernobyl, et sur la traite sexuelle de jeunes femmes, enfants et héritières de Tchernobyl, surnommées Tchernobylza, dont personne ne veut, surtout pas comme épouses puisque leurs rejetons seront forcément des monstres post-feu-nucléaire.

A ce jour, 04.10.16, l'envers de l'espoir, est ma meilleure lecture historique, documentaire, politique, policière, selon mes critères, en 2016.
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christinebeausson
  21 novembre 2018
L'envers de l'espoir, est un très beau titre qui interpelle.
Le titre original "die andere hälfte der hoffnung", l'autre moitié de l'espoir" est pas mal non plus ....
La signification des deux est peut être équivalente, l'envers et l'endroit, les deux côtés de l'espoir !
Mais existe t il encore de l'espoir ?
Une lecture captivante ... plusieurs raisons,
Une étude des liens que la Russie a développé avec l'occupant allemand, obligeant des femmes à l'esclavage sexuelle hors des frontières et à une condamnation morale lors du retour au pays.
Une étude de ce que fut Tchernobyl, comment Monsieur, Madame et leurs enfants ont vécu cette tragédie. Comment un pouvoir a osé mentir à ces concitoyens dévoués corps et âmes à leur patrie, comment le rêve d'une vie rêvée s'est écroulé brusquement le 26 avril 1986.
Une étude de ce qu'est devenue l'Ukraine lors de l'éclatement de l'empire soviétique, l'écroulement d'un régime, des rêves d'une population qui a voulu croire en l'espoir d'une autre vie.
Une étude sur cette traite de la misère, cet esclavagisme sexuel qui sévit et draine tant de fric.
Un roman très fort qui interpelle, qui démonte les mécanismes qui rendent possible tout ces malheurs, l'endroit et l'envers se dressent devant nous.
À nous de dénoncer ...
À nous de ne pas laisser faire....
À nous de ne pas nous taire ...
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Seraphita
  25 décembre 2016
Depuis le drame de Tchernobyl, Valentina avait dû fuir la région contaminée avec sa famille. Confrontée à la perte des siens, elle a décidé il y a peu de revenir vivre dans la zone d'exclusion. Face au bonheur perdu, aux mystères entourant la disparition de sa fille, sa seule arme reste l'écriture. Elle s'accroche à son vieux crayon pour graver sur le papier les souvenirs de son existence. Sa fille Katerina avait bénéficié d'une bourse pour étudier dans une université allemande. Comme d'autres étudiantes, elle a disparu en 2009. Au moment où Valentina couche ses souvenirs sur le papier, un fermier allemand recueille une jeune ukrainienne qui semble fuir des oppresseurs. En lui ouvrant bien involontairement la porte de son foyer, il ne se doute pas du tournant que va prendre son existence.
« L'envers de l'espoir » est un policier très émouvant écrit par Mechtild Borrmann. Comme l'indique la quatrième de couverture, « ses cinq livres publiés en Allemagne ont été salués par la critique. Rompre le silence, son premier roman traduit en français paru aux Editions du Masque en 2013, a obtenu le prix du meilleur roman policier en Allemagne. le Violoniste, paru en 2014, est lauréat du Prix des Lectrices de Elle ». le titre magnifique résume l'essence de la nostalgie contenue dans l'histoire. Celle-ci entremêle plusieurs voix et plusieurs temps pour tisser la trame des bonheurs enfuis et de la quête incessante d'un ailleurs. Sans tomber dans l'écueil du pathos, l'auteur donne voix et corps aux drames singuliers et collectifs vécus par une famille ukrainienne, depuis la seconde guerre mondiale jusqu'au drame de Tchernobyl et l'esclavagisme sexuel contemporain dans les pays de l'est.
En filigrane, l'auteur questionne les destinées singulières : peut-on échapper à son histoire ? Construire son chemin dans l'envers de l'espoir, quand on réalise que le bonheur est derrière soi ? L'écriture peut-elle délivrer de ses ombres ?
Le point de départ de ce roman très noir – un fermier qui recueille une jeune femme traquée – n'est pas sans rappeler étrangement celui de « Purge » de Sofi Oksanen (Prix Femina étranger 2010). Pour autant cette intrigue va prendre ensuite d'autres voies et éclairer d'autres pans de l'histoire ukrainienne.
Malgré une intrigue lente, rythmée par les souvenirs et doutes qui animent les divers protagonistes, « L'envers de l'espoir » est un roman puissant qui explore avec brio et sans pathos la quête de soi dans le chemin de son histoire.
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hcdahlem
  10 avril 2016
J'ai découvert Mechtild Bormann avec ce livre et ai vite compris pourquoi cette romancière a été couronnée pour ses précédents ouvrages par le Prix du meilleur roman policier allemand et le Grand Prix des Lectrices Elle 2015 dans la catégorie polars : elle sait indéniablement attraper son lecteur et le tenir en haleine avec une histoire formidablement bien ancrée dans le réel.
Cette fois, il s'agit de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et de ses conséquences, de la difficile situation géopolitique de l'Ukraine et des espoirs suscités par le changement de régime ainsi que des mafias et des filières de prostitution. le fait que la plupart des situations évoquées ici soient totalement crédibles, voire authentiques, ne rend le récit que plus intéressant et plus effrayant.
Tout commence en Allemagne, avec l'errance d'une jeune fille court vêtue, alors que l'hiver s'est abattu sur le pays. Paniquée, elle cherche refuge dans l'exploitation agricole de Matthias Lessmann. le vieil homme se rend vite compte que secourir cette inconnue ne lui apportera que des ennuis, mais son instinct est plus fort que sa raison. S'il se rend très vite compte que des tueurs sont au trousse de la jeune fille et qu'il va falloir se défendre, il ne peut éviter la tentative de suicide de la désespérée. Il se débarrasser de l'un des malfrats – ce qui le liera au destin de sa protégée – réussira à la sauver et à la cacher. À partir de là, Matthias va pouvoir essayer de reconstituer le parcours de Nadia (qui s'appelle en fait Olena). Avec une amie, elle était censée venir en Allemagne pour suivre un semestre à l'université. Mais au lieu de cela, elle s'est retrouvée sous le joug de souteneurs qui les retenaient dans une maison close avant leur transfert aux Pays-Bas.
Pendant ce temps, sa mère essaie d'avoir des nouvelles. Elle continue d'habiter la zone de contamination délimitée à la suite de l'accident nucléaire de Tchernobyl en 1986, lutte contre les taux élevés de radiation, le froid de l'hiver, le manque de moyens et les mensonges de l'administration.
Aussi, en attendant un signe venu d'Allemagne, décide-t-elle de coucher sur le papier la «vraie histoire», de témoigner de ce qui s'est vraiment passé et comment la population a littéralement été sacrifiée. le lecteur va alors suivre en parallèle les deux récits qui finiront par se rejoindre pour l'épilogue.
D'un côté, Matthias Lessmann va essayer de retrouver Katerina, la compagne de Nadia en visitant les bordels de Nimègue. de l'autre côté Leonid, membre de la milice ukrainienne, mène sa propre enquête et découvre bien vite qu'il serait plus sage de ne pas poser trop de questions. Entre corruption et manque d'organisation, il va vite se retrouver seul et se rendre compte qu'une taupe oeuvre au sein de la police. Mais sa soif de comprendre et la promesse qu'il a faite de retrouver les jeunes filles vont le pousser à continuer, quitte à agir sans l'aval de sa hiérarchie, jusqu'à se rendre en Allemagne avec une poignée d'euros.
Des personnages bien campés, autant du côté du bien que du mal, un scénario très travaillé, une construction audacieuse mais dans laquelle on ne se perd à aucun moment font de ce livre l'un des meilleurs polars de l'année. Une fois refermé, je suis persuadé que, comme moi, vous aurez envie de vous précipiter sur les deux autres livres de Mechtild Bormann déjà disponibles Rompre le silence et le Violonniste.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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kathel
  06 avril 2016
Dans une ferme allemande, un homme recueille une jeune femme originaire d'un pays de l'Est, traquée par des poursuivants déterminés. Mathias va-t-il lui donner un refuge, avec les risques que cela comporte ?
Dans la zone interdite de Tchernobyl, Valentina, une femme seule, essaye de garder espoir dans le retour de sa fille, disparue après avoir postulé pour un échange universitaire avec l'Allemagne. Valentina note dans un cahier les différents moments de sa vie à Tchernobyl, ce qu'elle sait de sa famille, de la catastrophe et de tout ce qu'elle a deviné petit à petit à ce sujet. C'est son cahier pour garder espoir, pour ne pas baisser les bras, pour dire à sa fille tout ce qu'elle ne lui a pas dit…
Les thèmes entremêlés dans ce roman, d'une manière adroite, tiennent en haleine sans que cela semble jamais artificiel : la catastrophe de Tchernobyl, le trafic d'êtres humains, la corruption, les mensonges étatiques… Plusieurs points de vue alternent selon les chapitres, la mémoire de Valentina ramène aussi des souvenirs plus anciens, des bribes importantes de la vie de ses parents et grands-parents. J'ai aimé cet aspect qui donne une profondeur historique au roman policier.
[...]
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   04 octobre 2016
Au village, on proclamait désormais officiellement que la vodka permettait de se protéger contre la radioactivité [de Tchernobyl], et les magasins ont été rapidement dévalisés. Des substituts distillés en douce ont été mis en vente à des prix exorbitants. On en administrait même aux enfants ; les mères en donnaient à leurs nourrissons.

Page 143
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namelessnameless   03 octobre 2016
Pouvait-on se préparer à la mort ? Ce moment impossible à négocier, où aucune parole inconsidérée ne peut être rattrapée, aucune excuse ne peut être ajoutée, cette irrévocabilité avec laquelle la porte se claque ?

Page 98
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namelessnameless   02 octobre 2016
C'est l'espoir qui a troublé ma raison. L'espoir d'un avenir meilleur. Mais l'espoir, je l'ai compris bien trop tard, est un poison qui paralyse et nous incite à persévérer courageusement.

Page 18
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christinebeaussonchristinebeausson   17 novembre 2018
Il y a un mot qui revient, toujours le même : bonheur !
Ce mot, qui lui trotte dans la tête depuis des jours, qu'elle décompose, tourne et retourne dans tous les sens, s'est toujours transformé en son contraire, dans sa vie.
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kathelkathel   06 avril 2016
Des doutes l’assaillent. Comment la mémoire fonctionne-t-elle ? A-t-elle fait le tri dans son passé, au fil des années, pour qu’il témoigne de son innocence ? Ces pauses qui la distraient, les ménage-t-elle dans le but d’arrondir les angles et les coins des vieilles images, pour leur donner une allure satisfaisante sur le papier ?
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Videos de Mechtild Borrmann (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mechtild Borrmann
http://www.librairiedialogues.fr/ Annaïk de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur du rayon Polars : "Sur le toit de l'enfer" de Ilaria Tuti (éd. La Bête Noire), "Présumée disparue" de Susie Steiner (éd. Les Arènes) et "L'envers de l'espoir" de Mechtild Borrmann (éd. le Livre de Poche). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Delphine le Borgne.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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