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ISBN : 2290021822
Éditeur : J'ai Lu (30/11/-1)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 62 notes)
Résumé :

Au sud de Paris, aux confins de la Beauce et de l'Orléanais, Jumainville est un petit village comme tant d'autres, mais qui, naturellement, ne ressemble, à aucun autre.

Nous sommes en 1944, à la veille du débarquement allié, Jumainville n'a pas connu la guerre, et s'est accommodé de l'Occupation. On s'arme du rire et c'est à grande bourrades dans les côtes que les Jumainvillois mènent le combat contre les Teutons.

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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  20 décembre 2011
"Mon village à l'heure allemande", c'est en 1944, à la veille du débarquement en Normandie, l'histoire d'un petit village - Junainville - comme tant d'autres... Sauf qu'il ne ressemble à aucun autre (quoique ...). N'ayant pas connu la guerre, il s'est accommodé de la collaboration : les Allemands ont installé leurs quartiers à quelques kilomètres, dans la propriété d'un riche Américain, Elisa et Marcel sont amoureux, le père Boudet est occupé à gagner du pognon, l'instituteur s'érige en rempart contre la connerie, la vieille fille de service guette tout et tous... Enfin les jeunes gens partent au STO ou rejoignent le maquis ; quant aux plus anciens, ils ont peine à assumer leurs opinions.
Nous voici donc plongés par Jean-Louis Bory à l'heure allemande, celle des émissions quotidiennes de Radio-Londres, des petites (ou des grosses) compromissions par lâcheté ou bêtise, des petites vengeances personnelles ; mais aussi à l'heure de la ruralité un tantinet franchouillarde : l'auteur nous livre une galerie de portraits que Marcel Aymé n'aurait pas reniée dans son "Uranus".
Malgré tout, "Mon village à l'heure allemande" constitue un témoignage intéressant dans la mesure où il a été écrit "à chaud" en 1944 et qu'il nous montre un village où tous les habitants ne sont pas rentrés, comme un seul homme, en résistance au lendemain de l'appel du 18 juin 40 ; et qui comporte quelques patriotes du 07 juin 1944... Plausible.
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patrick75
  06 mars 2013
Comme l'indique le titre, il s'agit de la chronique de la vie des habitants d'un village de France durant l'été 1944. j'y est trouvé de nombreux "clichés", certainement des exagérations dans les comportements d'un uns et des autres. Des sortes de caricatures tracé à gros traits. Une écriture passe-partout , sans relief ni profondeur. Malgré tout , quelques passages qui vous amènent le sourire aux lèvres. C'est trop peu.
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le-mange-livres
  06 novembre 2011
"La demie de minuit sonne. le silence, après, paraît plus profond. Je prête l'oreille. Pas le moindre bruit ; personne ne souffle ; pas de lumière. le couvre-feu tient le village coincé ; il est oppressé, comme une poitrine sous un genou ; ça le serre. L'heure allemande. Je n'ai pas entendu sonner minuit ; l'heure boche ! Il est minuit et demie à Berlin"
J'ai longtemps différé la lecture de ce roman acheté sur un quai de gare il y a maintenant presque deux ans. Par peur peut-être d'une écriture peut-être un peu ringarde, d'une attitude un peu "datée" face à la guerre, à l'occupation, comme on est amenés parfois à le penser à la lecture de certains témoignages. Ce que je redoutais donc pour ce premier roman d'un jeune homme qui fut résistant à vingt ans.
Et puis non. C'est en fait un roman d'une étonnante modernité et d'un humanisme sans faille, et je me suis trouvée entraînée et même séduite dès les premières pages, par la fausse simplicité d'une belle écriture, d'une belle plume et d'un bel esprit.
Portrait sensible d'un village français dans les derniers mois de l'Occupation, au printemps 1944, le roman s'ouvre sur une paire de gifles, celle que son père donne à Élisa pour avoir écouté Radio-Londres en cachette. Nous pénétrons, un peu en voyeurs, dans la famille Boudet, vivant dans une ferme aux abords de Jumainville. le père et le fils aîné, Auguste, commercent gaiement avec l'occupant, assurant des revenus confortables à la maisonnée ; Berthe, la servante boîteuse, souffre de son amour univoque envers Auguste ; Elisa se rebelle et rêve à ses rosiers.
"Voilà tout un village corrompu par la peur. Pourri jusqu'aux moelles par la peur ; peur de crever de faim, peur d'être supprimé, comme ça, d'une pichenette, pour le bon plaisir de la tribu la plus forte, la plus armée".
Galerie de personnages attachants, du rude père Boudet à la vieille fille Melle Vrin, en passant par Elisa et son amoureux Marcel qui répugne à l'action violente de la résistance, ou par Germaine la propriétaire du café ou l'instituteur M. Tattignies. Chacun de ces personnages prend tour la parole (les gentils comme les vrais méchants) pour une succession de focalisations internes alternées, qui apportent de la fraîcheur et du rythme au roman. Derrière le jeu de l'alternance des points de vue se cache une étude de moeurs beaucoup plus fine qu'il n'y paraît, débouchant sur l'analyse de toute une gamme d'attitude face à l'occupant, loin des clichés en noir et blanc.
Le village de Jumainville (en fait modelé sur Méréville, le village d'origine de Bory, dans la Beauce) prend vie au fil des pages, offrant dans son petit théâtre un microcosme de la France de l'occupation, plus dérangeant et profond que l'on pourrait le penser.
La bonne surprise de ce début de mois de novembre !
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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domdu84
  22 août 2011
Ce petit village aux confins de la Beauce, j'y ai vécu 47 ans.
EN 1978 j'y suis devenu facteur, je venais de lire ce livre qui est une "merveille" (anagramme quand tu nous tiens), quelle ne fut pas ma surprise de reconnaître les lieux et des gens surtout, qui étaient beaucoup plus âgés que dans le livre, mais vivants tout de même.
Je n'aurai pas cru qu'ils étaient comme cela 35 ans auparavant.......
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stcyr04
  06 décembre 2012
Avril 1944. Jumainville, comme des milliers de villages de France, vit à l'heure allemande, celle de l'occupation. Comme des milliers de villages de France, Jumainville est partagé. La majorité de ses habitants, est assez neutre, légèrement goguenarde envers ces voisins encombrants du château avec leur accent guttural et, en ces temps de rationnement, leur large bedaine. Très peu de résistants déclarés, quelque francs collabos comme Lécheur, le bien-nommé, le pâtissier délateur qui livre des Saint-Honoré au “leutnant” et qui trouve le matin ca devanture maculée d'inscriptions vengeresses et de dessins menaçants, comme l'abbé Varèmes qui prêche la soumission à César, ou comme l'Auguste, qui fini par s'enrôler dans la milice, mû par un désir de vengeance . Il y a aussi les paysans profiteurs, les malins, qui s'enrichissent du marché noir et approvisionnent la “kommandantur” de lard, de haricot... bref Jumainville est un patelin comme un autre.
Un honnête roman avec un choix délibéré de passages de dialogues intérieurs pas toujours très heureux pour décrire des faits et gestes, mais assez originaux lorsqu'il s'agit d'une prosopopée du village s'exprimant sur ses habitants et les évènements agitant ses entrailles.
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critiques presse (1)
Actualitte   13 mars 2017
Parce que Bory est un véritable créateur, pas un romancier vériste qui colle à son sujet comme un soulier à la boue des chemins, il fait par moments le petit pas de côté qui nous entraîne vers la réalité sous-jacente.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
stcyr04stcyr04   04 décembre 2012
Le matin suivant, dès sept heures, il est debout. Il ouvre la porte; il n’est plus en pyjama comme les autres jours; il a enfilé sa veste blanche. Mes Jumainvillois l’ont deviné : la Germaine est déjà là, avec Peigne, Pluret, l’Emile Pluret. Sur les volets, la littérature a cédé la place au dessin : toujours en noir brillant, s’épanouit un postérieur emphatique, marqué à la fesse droite d’une croix gammée; de ce volumineux séant, qui couvre à lui seul la moitié de la vitrine, s’approche une langue bavante, d’où le goudron goutte jusqu’au pavé. Lécheur fait demi-tour, referme la porte derrière lui. Toute la journée, ma pâtisserie reste fermée.
La nuit, l’artiste anonyme, surpris sans doute de n’avoir pas à refaire la nuit ce qu’on aurait du défaire le jour – je cite les propres termes de mon instituteur – fignola son œuvre. Il enduisit le postère d’une matière brunâtre que les spectateurs identifièrent avec une moue dégoûtée : je la connais bien; mes ruelles, mes encoignures et ma maison Charles en sont trop souvent déshonorés; et pas toujours uniquement par les chiens.
- C’est par souci de couleur locale, dit Tattignies.
Son chien flaire la vitrine avec beaucoup d’intérêt. “Enfin, semble-t-il signifier, de la pâtisserie qui veut dire quelque chose”.
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domdu84domdu84   30 juillet 2012
Sous la conduite de Mlle Vrin, dont le corsage en voile gris contenait avec peine la masse fluente des glandes mammaires, le troupeau noir et serré des saintes femmes s’engagea dans les escaliers de l’impasse du Sud : elles avaient l’allure secrète, menaçante, précautionneuse de personnes qui charrient des caisses emplies d’explosifs, et des sourires à l’inquiétant éclat de mèches allumées.
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patrick75patrick75   03 mars 2013
A George May
mon ami qui fut obligé à l'exil
le temps qu'à nos clochers
sonnait l'heure allemande.
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le-mange-livresle-mange-livres   06 novembre 2011
La demie de minuit sonne. Le silence, après, paraît plus profond. Je prête l'oreille. Pas le moindre bruit ; personne ne souffle ; pas de lumière. Le couvre-feu tient le village coincé ; il est oppressé, comme une poitrine sous un genou ; ça le serre. L'heure allemande. Je n'ai pas entendu sonner minuit ; l'heure boche ! Il est minuit et demie à Berlin.
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patrick75patrick75   04 mars 2013
Elle se demandait quelle couleur pouvait avoir le soleil maintenant qu'on lui volait son fils.
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