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EAN : 9782844851857
107 pages
Éditeur : Allia (25/08/2005)
4.29/5   7 notes
Résumé :

Sang lié est le récit d’une initiation, de la découverte merveilleuse et douloureuse du monde après l’adolescence, des barrières auxquelles on se heurte. Il existe plusieurs manières de les contourner ou de les franchir. L’alcool d’abord, avec ses dérives nocturnes qui bouleversent le paysage urbain. La révolte, la solitude, le refus du monde et de soi emprisonnent le narrateur dans toute la première partie du livre, âpre et violente. Le ton change dans la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
JimmyCz
  19 avril 2019
C'est une grosse claque que j'ai pu recevoir lors de cette lecture.
Récit intérieur et introspectif d'un adolescent devenant adulte et en proie à son incompréhension du monde et de lui-même.
Les notion d'enfermement sur soi, d'enfermement dans ses limites, de recroquevillement face aux contraintes du monde et ce dans une stricte opposition à la liberté sont le fil conducteur de ce livre.
Deux philosophies s'affrontent, celle de Descartes avec cette prise de conscience que le personnage existe, cette "souffrance" de cette prise au réel et de la confirmation de ses propres limites.
Celle de Spinoza pour se connaître et connaître les causes qui nous déterminent afin d'être davantage libre.
Connaissance et amour sont les solutions pour aller mieux, vivre mieux, exister pleinement.
Le style est magnifique, parfois abscons afin de transmettre fidèlement la perdition du personnage. Beaucoup de métaphores notamment autour du thème de l'eros au sens platonicien.
Une certaine violence qui s'adoucit nous transmettant un panel d'émotions très riche.
Une claque.
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alzaia
  02 décembre 2014
Court "roman" (106p) , plutôt monologue intérieur... qui commence au sortir de l'adolescence... C'est une écriture qui hyper-focalise sur l'intériorité, les ressentis, les avancées et tâtonnements du début de l'âge adulte... C'est une écriture presque empreinte de lyrisme, poétique et dont le défaut est d'être parfois absconse... à côté de ça les thèmes de la voix, du regard, de l'image de la rencontre avec l'autre sont traités à travers les ressentis cet unique personnage... les maisons vides, les visites nocturnes les ruelles, la nature sont les cadres de ce soliloque... la fin se déploie en une critique de notre époque qui m'a moins convaincue, comme une antépénultième plainte au sujet de l'état de notre monde; peut-être étais-je un peu barbée aussi par quelques formules trop opaques... Mais au final j'ai très envie de lire d'autres livre de David Bosc car l'ensemble de ce petit livre parvient à interroger dans un style magnifique les questions sans fins, passionnantes, de notre rapport à l'autre, à nos peurs et errements singuliers.
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Coyotetired
  22 septembre 2020
À ne pas mettre entre toutes les mains. Réservés aux initiés éveillés. Ballades sans balises. Pour ceux qui aiment se perdre. Pour nager dans le déroutant à contre-courant.
Attention la DL50 est basse. Espacez les prises. Digérez la drouille*. Remâchez la roubine*. Et rotez emmi*. Résumé difficile, amour-miroir, sexe et sangliers. Beaucoup d'images, d'eaux-fortes. Bosc, retenez ce nom d'un romancier du trompe-l'oeil.
* Drouille (page 47) : Terme région. propre aux dial. du Nord, « colique ». Roubine (page 71) : Petit canal d'assainissement ou destiné à l'irrigation. Emmi (page 75) : au milieu.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
JimmyCzJimmyCz   19 avril 2019
Ce monde entre les fils qui t'enténèbre, détourne, lance, en des voies où tu ne veux rien que mourir. La direction ne reculant devant aucun sacrifice.
Il y a vraiment cette vie impossible qu'on mène les uns avec les autres, les uns le long des autres, comme au cimetière, toutes ces fadaises qu'on se ressert, le bruit vain, la diversion, l'insincérité démissionnaire et la terrible et mercenaire, la jésuite et sadique sincérité, le tout à coup je suis sincère et je t'écrabouille. Partout les bureaux de l'indifférente singularité, partout les relais intimes de la surveillance bénévole, les coopératives de la confession détraquée, les ateliers pratiques de l'aisance en société. Et la misère, humiliée, bannie, parce qu'elle est laide et vulgaire et parce qu'on lui oppose, abominable une misère poétique, un effondrement sur elle d'images mortes. Et le bâillon de tout soupir, l'écarteur qui vous empêche de vous mordre la langue, ou de l'avaler, ou de mâcher vos dents pour les cracher comme des pierres, c'est l'injonction narquoise, en traquenard, sucre ou knout, d'être libre, d'être soi, de créer ou de s'épanouir. La décoration intérieure et le développement personnel. Le pouvoir est bien cela qui détermine- qui énonce en formules non écrites- la définition et le lieu, et le cadre et la forme de la liberté.
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alzaiaalzaia   02 décembre 2014
Par chez nous, les têtes ont tant été tournées, qu'il aura fallu le cinéma pour savoir à nouveau que tout visage est beau, émouvant, plein d'un mystère profond, pourvu qu'on le regarde. Mais ils croient, dans leur folie, que cette façon dont ils ont vu est la seule de voir. Aussi , j'ai parfois l'impression que les visages de la foule portent comme une gifle ce défaut d'attention qui les touche. Pour beaucoup, ils ne veulent pas de ton regard, et s'ils osaient, ils te le rentreraient dans les orbites avec leurs pouces. Ils souffrent de n'être pas filmés, de ne pars recevoir ça, qu'ils imaginent de l'amour, cette attention-là - qui se signale assez souvent comme un regard de mort. Et ils déploient , sur leur peine, une tendresse pour-soi-seul d'autant plus méphitique qu'elle ne touche qu'au reflet, pas même au reflet, à ceci dont la forme idoine serait sur un écran, sorti d'eux, posé là devant rien, devant tous et devant soi, en miroir, et face à quoi chacun peut revenir, dans la paix mauvaise de la salle, à sa fleur, à sa faiblesse. Car ça n'est plus même un rapport à soi. Un cercle plutôt, une sphère d néant, comme un astre qui auraient rejeté le noyau véritable sur l'orbe du satellite. Lieu de l'envie chuintante, lieu du conditionnel et des petites modifications magiques.
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alzaiaalzaia   02 décembre 2014
La langue nous occupait beaucoup; aussi bien, tout finissait par nous y conduire. Elle voulait croire qu'un jour nous susciterions une langue nouvelle, parce qu'elle trouvait intenable d'avoir à faire usage de celle des assassins, de n'avoir que celle-là pour faire la lumière.
L'idée d'une langue nouvelle m'était un peu étrangère; je craignais de ne voir, pour finir, que le suivant d'entre les langages de sourds, l'une de ces cabales à bon marché des groupes d'entresol, des jaloux d'eux-mêmes.
Mais j'attendais beaucoup (...) d'une langue très vieille, très impure, très abîmée, et qui charbonne en vieille lampe, si nous la veillons la main contre le vent (...) elle se ranimera neuve de tous les incendies dont elle a le secret.
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alzaiaalzaia   02 décembre 2014
Pour connaître, saisir et dénouer les traits si blessants de la misère qui est notre lot, très quotidien, on aurait tort d'imaginer que les mots nouveaux, les plus criards, les mieux datés du jour, nous seraient d'aucun secours. Parce que même s'ils désignent des machines, ils ne sont pas des mots, mais des produits eux-mêmes, d'autres échardes. Notre humiliation dans les lieux d'aisance du commerce, nos douleurs tout à fait neuves, dans leur intensité, dans leur fréquence aussi rapide qu'aléatoire, appellent des mots sans modernité. Lorsqu'on a décidé qu'un bombardement permet seul de décrire les bombardements, alors on est perdu sans retour. Mais enfin le plus souvent, l'écriture moderne est une danse de salon.
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alzaiaalzaia   02 décembre 2014
J'ai de langue une image qui me tient. Je vois ces cavaliers en déroute, perdus dans la neige, qui durent éventrer leurs chevaux pour retarder le moment de mourir de froid. Le cheval agonisant est encore chaud; le cavalier s'enfonce par l'ouverture qu'il a tracé d'un grand coup de sabre; il se glisse dans les entrailles fumantes, entre la panse et les viscères bleues. Dans la déroute, nous pouvons être à la fois le cheval et le cavalier. Nous éventrer pour abriter la langue, la nourrir et la réchauffer. Eventrer la langue, inversement, pour faire brèche dans l'empire du froid.
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Videos de David Bosc (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Bosc
Dans le cadre du banquet d'automne "Le travail de la langue" qui s'est déroulé à Lagrasse du 29 au 31 octobre 2016, s'est déroulé une table ronde avec les écrivains David Bosc, Maylis de Kerangal et Hélène Merlin-Kajman : Comment je travaille la langue.
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