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EAN : 9782070369669
241 pages
Gallimard (05/07/1977)
3.76/5   29 notes
Résumé :
Les lecteurs de l'Ane Culotte et de Hyacinthe retrouvent ici les mêmes personnages et les mêmes lieux.
Cette histoire aussi se passe dans les montagnes du Lubéron. Un peu à l'écart du monde, les habitants des fermes et des hameaux trouvent une indicible sérénité dans une vie rustique et dans le maintien des traditions. Familiers de la nature, ils sont attentifs à ses signes et vivent dans le respect des éléments. Dans les ravins et les combes rocheuses, des v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  09 janvier 2021
Hyacinthe est une autre plongée dans l'univers du remarquable écrivain Henri Bosco. Moi, j'ai adoré. Quelques unes des critiques de ce roman sont négatives. Cela s'explique peut-être par le fait que le résumé sur la quatrième de couverture mentionne qu'on retrouve dans ce roman quelques personnages d'un autre roman de l'auteur. C'est peut-être ce qui a déplu à certains, qui s'attendaient à renouer avec de «vieux amis». Toutefois, Hyacinthe n'est pas une suite à proprement parler, et plusieurs des personnages connus n'y jouent qu'un rôle secondaire. Je crois que ceux qui entreprennent la lecture de ce roman comme d'une oeuvre en elle-même, à part entière, l'apprécieront davantage.
En effet, ce roman-ci s'attarde sur un nouveau venu, un «jeune homme» à l'âge imprécis et à une propension à la réflexion et à l'introspection. Un autre observateur de la beauté du monde. Ce narrateur vit isolé du reste du monde, dans une maison appelée La Commanderie. À part Mélanie, une femme entre deux âges qui vient faire le ménage, il ne voit personne. Les autres sont évoqués, rarement vus. Et peut-on être certain de les avoir vraiment vus? La présence de son seul voisin immédiat se limite à une lumière allumée tard le soir. le seul signe de vie dans les environs.
Dans Hyacinthe, je retrouve une atmosphère semblable à d'autres romans de Bosco. Un cadre désert, sauvage, à la merci des éléments… mais également enchanteur et mystérieux. Outre l'étendue désolée du plateau, il y a une forêt et, pas très loin, un étang, une sorte d'oasis avec des milliers d'oiseaux. le narrateur aime bien s'y promener, comme si c'était un autre monde. Puis, commence à s'y passer des choses étranges, on entend des coups de feu, un brouillard opaque l'envahit. Après cela, c'est l'automne avec la pluie et les orages, puis l'hiver avec la neige et le froid. Les éléments sont une partie intégrante de l'histoire, comme des personnages.
Comme dans d'autres romans de Bosco, il ne semble pas y avoir d'intrigue précise dès le début. Comme le narrateur, on découvre cet univers, on se laisse charmer par lui. Puis, au gré des saisons, une menace fantôme se dessine, l'étrange se manifeste, une tension trouve son chemin jusqu'à notre coeur sans qu'on puisse l'expliquer.
Enfin, un jour, l'intrigue semble se dessiner. le narrateur, au retour d'une promenade, trouve une femme chez lui. Elle est de dos, elle prie. Mélanie? Il n'ose la troubler et s'en va. le lendemain, elle nie être venue faire le ménage. Quelle était cette apparition? Une femme en chair et en os ou bien un fantôme? C'est le «début» d'une étrange fascination qui le mènera dans une folle pérégrination troublante, dans un univers à mi-chemin entre l'onirique et le fantastique…. Par moment, je me demandait si le jeune homme n'était pas pris dans un long rêve.
Henri Bosco réussit comme pas un à créer une atmosphère précieuse, tendue et magique à la fois, et sans les artifices des grands drames ni du spectaculaire. J'en sors toujours dans une sorte d'état second. Pour ceux qui s'en sentent interpelés par la plume profonde et évocatrice de l'auteur, je suggère la lecture d'un autre bouquin de l'auteur : le mas Théotime.
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djathi
  30 juillet 2014
Est -ce un roman ? Un conte , Un récit initiatique ?
Peu importe à dire vrai , l'essentiel c'est de trouver la ou les petites clés pour pénétrer l'univers ténébreux de Bosco et d'y prendre ses aises et ses malaises !
L'histoire ?
Le narrateur est un homme venu habiter une immense demeure dans un pays perdu nommé "le plateau de Gabriel " ( tiens pas innocent déjà la référence à Gabriel ) .En quête d'une vérité , à la recherche de quelque "soi suprême"......
L'athmosphère est lourde , pesante , évanescente quelquefois , on plonge dans les ténébres du temps et de l'espace , on émerge , on s'accroche à un bout de lumière pour repartir sur quelques lisières obscures et dangereuses , bizarrement si rassurantes .....
Une lampe comme unique constance , en guise de phare presque pour laisser un seul repère au lecteur et nourrir l'âme de l'homme , chercheur de vérité ....
Autour tout n'est que mouvance ,à travers ces forces cosmiques et terrestres , le temps lui même n'existe plus , les limites sont abolies , et l'identité recherchée au départ par le narrateur semble multiple et par là même chimère .........
Jouissance de l'instant où la conscience flirte avec le rêve ,ou l 'irréel ,
Plénitude dans l'inconfort de l'inquiétude ,
Recherche kaleidoscopique de la perception pour le plaisir de se perdre ...
Désir de vie et de mort atteignant des sommets paroxystiques pour replonger dans l'entre-deux de l'état de convalescence libérant l'âme et promesses de félicités hallucinatoires ......
A travers Hyacinthe , Bosco ne s'adresse qu'au lecteur en partance pour ce voyage vers d'autres paysages intérieurs et extérieurs , dans l'abstraction de toutes formes de repères créés par l'homme .......Libre à nous de nous glisser entre les lignes , dans l'abandon , avec quelques petites références mythologiques et bibliques ou pas et de se laisser emporter par la prose magique de Bosco d'un onirisme puissant ! Un texte rythmé , musical , dense et sec , d'un souffle ravageur et imposant des images à jamais inscrites dans l'imaginaire du lecteur !
Bref : j'ai adoré , j'adore et j'adorerai car une lecture ne suffit pas : une oeuvre aux richesses infinies , aux messages sans cesse renouvelés , aux voiles suffisamment nombreux pour laisser une grande place aux mystères et offrir au lecteur un grand espace de liberté et de rêverie , une oeuvre obsédante et envoûtante : voilà le genre de littérature qui possède multiples clés et qui n'abandonne pas son lecteur une fois la dernière page refermée ....
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marko59
  12 juillet 2020
Bosco, admiré par Bachelard, est ici au sommet de son art onirique et incantatoire qui prolonge le romantisme allemand et la tradition ésotérique. Il est en tout cas une sorte de sorcier des mots.
Hyacinthe m'est apparu littéralement comme le récit poétique d'une transmutation alchimique. Ce roman est finalement une sorte de Grand Oeuvre dans la création de Bosco.
J'ose une interprétation personnelle qui pourra sûrement sembler presque encore trop prosaïque et qui n'est pas sans parallèle avec l'univers du cinéaste David Lynch.
Le narrateur solitaire et sombre, en découvrant cette lumière dans la maison d'en face (qui est un véritable miroir de sa propre demeure), va faire émerger de sa mémoire des souvenirs enfouis, puis il va entrer dans un état de transe onirique qui lui permettra de faire se matérialiser l'idée même de cette jeune femme qu'il a perdue dans sa jeunesse (Hyacinthe était dans la réalité une amie de Bosco dont la mort l'a beaucoup affecté). Mais pour ce faire il va devoir au prélable se dématérialiser lui-même au cours d'une fusion hallucinante avec les éléments dans la séquence des étangs (quel chapitre!!) pour pouvoir ensuite réapparaitre comme un spectre dans la maison d'en face qui est une sorte de double onirique où l'émergence des fantasmes est possible.
Là il entre en communication avec Hyacinthe et les deux maisons semblent alors communiquer en alternance en fonction des moments d'éveil et d'endormissement du narrateur.
Je ne parlerai pas de la fin...
Bosco dissémine ça et là des symboles faisant référence à l'ordre des templiers (qui s'étaient établis dans la région auparavant et semblent ici laisser une trace déterminante) et aussi des signes de la présence d'un clan nomade (des gitans) qui allaient de village en village en laissant des marques dans certaines demeures.
A l'arrivée on a vécu une expérience onirique d'une puissance narrative sans précédent et certains passages (presque tout le livre) lus à voix haute donnent le sentiment d'une incantation magique comme si on lisait un vieux grimoire de sorcellerie. C'est aussi un voyage vers la mort, la tentation de la mort, et un retour vers la lumière après un affrontement entre les puissances contraires, lui donnant une dimension profondément mystique. C'est le schéma narratif de pratiquement tous ses romans d'ailleurs.
Il faut tenter cette aventure dont on revient complètement ébahi et avec l'envie de lire tous les autres livres de Bosco.
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ATOS
  04 mai 2012
Hyacinthe, est le deuxième roman du cycle de Hyacinthe écrit par le poète du Lubéron : Henri Bosco. C'est en lisant la poétique de l"espace de Bachelard que j'ai découvert ce romancier. Hyacinthe est l'illustration de la puissance de l'imaginaire de Bosco. Il trempe sa plume dans l'encre de la terre du Plateau de Saint Grabriel. Chaque espace se dit, devient palpable, devient présence. le récit qui entoure La lampe, cette lumière qui chaque soir apparaît dans la nuit du plateau est à lui seul le recueil de tout ce que peut être la poésie. Les éléments : la nuit, l'orage, les étangs, la neige, la lune, l'hiver, prennent vie. Les bêtes, les visages, les gestes, les voix, les pas, les silences emplissent la rêverie.
Constantin retrouvera t il Hyacinthe dans le jardin de Cyprien? Une histoire belle comme le monde.
Astrid SHRIQUI GARAIN
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ptitemandine
  16 juin 2011
Suite de l'Ane Culotte.
Enfant, Hyacinthe a été enlevée pour être élevée au milieu du Paradis. Mais elle n'a cessé de rêver au petit garçon qui partageait jadis ses jeux. Un jour, elle s'enfuit pour le retrouver.
Cette suite m'a déroutée : cette fois, il ne s'agit plus d'un livre pour enfants (ou pour les grands enfants comme moi...). le ton est plus pessimiste, et l'action plus difficile à saisir. Une fois la première surprise passée, il m'a fallu encore, je l'avoue, un peu de volonté pour atteindre les dernières pages. L'intrigue est si diffuse qu'elle laisse place à son décor. Et c'est finalement ce qui rapproche Hyacinthe des autres oeuvres de Bosco comme l'Enfant et la rivière ou l'Ane Culotte : c'est cette attention portée à la nature dans ses variations les plus infimes, ses détails les plus subtils. Ce n'est plus un temps humain, mais un temps naturel, un temps de l'animal, des feuilles des arbres qui roussissent et des migrations d'oiseaux.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
djathidjathi   30 juillet 2014

C'était certainement une simple petite lampe comme on en voit dans les cuisines de campagne ; une lampe de cuivre posée sur le coin d'une table et qui fournit une lumière médiocre ; la lampe des travaux domestiques et des prières bien dites , la lampe habituelle de l'hiver ; et , dans les métairies où l'on veille un peu , celle qu'on pend à un crochet , au dessus de l'âtre , quand on veut jouir à la fois de la chaleur du foyer et de la lumière . C'était bien celle-là qu'il me fallait .Sans éclat , elle m'enseignait l'attention , la tranquillité .Dès lors ce n'était plus , pour moi , simplement une lampe rustique , mais un état d'âme modeste. Toute une religion familière et patiente vivait dans le rond de la clarté . Là on ne cherchait plus son âme : elle y était car les âmes aiment ces simples lampes sous lesquelles l'on sait souffrir , regretter et attendre .
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