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ISBN : 2070363376
Éditeur : Gallimard (23/02/1973)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Le printemps et l'été, rien ne distingue l'âne Culotte de tous les autres ânes. Mais l'hiver, il porte des pantalons ! Et puis, d'où vient-il, cet âne mystérieux ? Et où retourne-t-il une fois que le boulanger et l'épicier ont rempli ses couffins ? Les anciens du village le savent, mais ils n'en parlent pas. Bravant un jour l'interdiction de Grand-mère Ernestine, un jeune garçon, Constantin, grimpe sur le dos de l'âne Culotte pour se rendre dans le pays défendu.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Macabea
  02 avril 2017
On trouve chez Henri Bosco ce sentiment océanique, religieux par excellence. Le 'eins mit allem' des romantiques allemands. Dans L'âne culotte, Constantin fait corps avec les éléments, la montagne, l'âne. Comme Pascalet, dans L'enfant et la rivière, il est attentif à la 'cadence de l'onde universelle'...
L'univers de Bosco est un univers chiffré, entrecroisé de signes, traversé de réminiscences d'un monde agraire, rustique, archaïque. L'écriture du monde. Un monde peuplé d'âmes, enveloppé d'étrangeté, balançant entre sommeil et veille, antérieur aux frontières. Un monde qui évoque les pratiques druidiques, qui confond les mânes, l'esprit des animaux et le christianisme. Monde nocturne, humide, improbable; d'effluves épais et de sons imprévus...qui répondent à d'inquiétants appels... Tout baigne dans une participation mystique communiquante et fluide, où tout s'apparente, s'interpénètre et se contamine....Règne végétal et minéral, règne animal et humain...le monde des vivants et celui des morts, dans ses multiples métamorphoses et survivances... Syncrétismes, où l'on reconnait des éléments d'orignes diverses, locales et d'ailleurs. Où tout se relie et vibre à l'unisson dans un panthéisme débridé et troublant, qui ravi sens et conscience, en brouillant les pistes........Une langue sensible et juste restitue l'indicible de l'expérience... la parole poétique s'y prête, droite et simple...directe...elle communique, et on communie...
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rabanne
  07 juin 2016
Un roman qui se rapproche de L'enfant et la rivière (je l'avais lu d'ailleurs à la même période) par ses thèmes naturalistes : la découverte d'un pays inconnu et mystérieux, une sorte de Paradis perdu.
Nous sommes au coeur de la Provence ; le jeune Constantin a l'interdiction formelle le franchir le pont qu'emprunte régulièrement un âne portant un drôle de pantalon, dit "l'âne culotte". Mais un jour, le garçon désobéit...
Une lecture qui mélange aventure, fantasmagorie et superstition, à ne donc pas destiner à un public trop jeune (à partir de 10-11 ans), car nous ne sommes pas dans l'univers des "Mémoires d'un âne", malgré un titre qui peut laisser croire que c'est un livre destiné aux enfants.
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zellereb
  27 mai 2018
Ce livre est une bouffée d'air pur, et pour autant, il cache des côtés obscurs. L'histoire se passe dans un village provençal situé au pied des montagnes. Constantin, un enfant un peu solitaire et marginal, vit chez ses grands-parents. Un jour, circulant dans le village, il croise sur sa route un âne étrange qui, vêti de pantalons, décharge ses couffins chez les commerçants, se charge de provisions, et ensuite grimpe là-haut dans la montagne au Mas de Belles Tuiles, chez son maître Mr. Cyprien, un vieil aventurier venu s'y installer. Celui-ci ne se déplace jamais au village.
Ce récit est vraiment passionnant, d'abord grâce à l'âne, qui est attendrissant, et puis grâce à la passion de l'auteur pour la nature. Ça commence en nous parlant de la pluie et du mauvais temps. Dans la façon simple dont cela est raconté, on sent le poids des années, le confort et le « toujours » qui embrassent les lieux. On sent aussi le côté provençal et poétique dans le phrasé.
Au cours du récit, se dégage un côté plus occulte, et on est pris par la curiosité. Rien n'est attendu. Un livre magnifique.
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dancingbrave
  22 août 2012
Constantin Gloriot vit chez ses grands parents, en Provence, dans le village de Peïrouré.
La famille semble aisée, en tous cas différente des paysans du coin.
Constantin aime à se promenner Mais défense lui est faite de fréquenter les mauvais garçons du village et de dépasser le Pont de la Gayolle.
Au delà de ce pont vit M.Cyprien, homme que personne, à part le curé, ne connaît, et que tout le monde semble craindre.
Seul emissaire de Monsieur Cyprien, son âne qui porte la culotte en hiver et dont l'intelligence semble très particulière.
La tentation sera trop forte et Constantin franchira le pont ; bien entendu, il arrivera à Belles tuiles, la demeure de monsieur Cyprien.
Dès lors la magie va s'installer.
Monsieur Cyprien possède une science, un don, une connaissance divine. Il domine la nature. Végétaux, minéraux, animaux, tous lui obéissent.
Tous ? Non , mais malheur à ceux qui lui resistent.
Cyprien croit trouver en Constantin son apprenti mais l'enfant n'est peut-être pas assez pur ou docile.
De plus l'eseignement est matériellement interrompu plusieurs fois.
Monsieur Cyprien doit pourtant trouver son disciple, et c'est Hyacinthe, la petite orpheline qui vit chez les grands parents qui le deviendra, mais elle ne pocede pas les dons que Cyprien avait décellé chez Constantin.
La fin du roman est plus obscure pour moi ; Cyprien semble sombrer dans la folie, mais le grand-père de Constantin le protège.
Hyacinthe va disparaître.
Bien que j'ai lu 2 fois de suite ce roman, j'ai la très nette impression qu'une grande partie de son épaisseur m'ai échappée, je la sent mais ne peut l'atteindre.
Le style est noble, conscis, remarquablement évocateur.
Les images sont fortes, le thème aussi.
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Corboland78
  23 mars 2012
Le romancier Henri Bosco est né à Avignon (1888) et mort à Nice (1976). Chantre du Luberon, humaniste, Bosco aime cette montagne magique pour la simple et unique raison que « les hommes depuis la nuit des temps y ont vécu et souffert ». Ses romans constituent une évocation sensible de la vie provençale où son imagination débordante participe au pouvoir envoûtant de son écriture.
Une fois encore je dois faire mon mea culpa, j'avais toujours pensé que L'Ane Culotte (écrit en 1937) était un roman pour la jeunesse (en raison de son titre) et comme c'était l'un des plus connu de Bosco, j'avais ignoré cet écrivain. Pauvre de moi ! Autant dire que j'ai du pain sur la planche pour rattraper mon retard, au vu de l'oeuvre considérable de ce très grand écrivain, couronné du Renaudot pour le Mas Théotime (1945) entre autres distinctions.
Dans un petit village de Provence, un enfant, Constantin Gloriot, est fasciné par un âne étrange, l'âne Culotte, nommé ainsi parce qu'il porte des pantalons, « À vrai dire, ces pantalons ne recouvraient que ses deux pattes antérieures ». Un jour, Constantin désobéit et suit l'âne jusqu'à sa destination dans la montagne, au coeur d'un domaine secret Belles-Tuiles, où les animaux sauvages vivent sans crainte auprès d'un vieil homme mystérieux, Mr Cyprien.
On ne sait pas grand-chose de cet homme au village où il ne descend jamais, préférant y envoyer son âne pour qu'il en ramène quelques provisions. Seul le curé, l'abbé Chichambre, semble en savoir un peu sur la vie passée de cet étrange paroissien. Inexorablement attiré par ces lieux étranges, Constantin, gamin d'une dizaine d'années, va être entraîné dans une aventure dépassant son entendement.
Mr Cyprien, à l'aide de pouvoirs secrets, a recréé un petit Paradis terrestre autour de son mas. Les plantes et les arbres poussent à foison, les animaux y vivent en harmonie, la paix règne sur ce bout de montagne isolée. le secret Mr Cyprien, très âgé, a repéré le jeune Constantin au coeur pur, il envisage de lui transmettre ses pouvoirs afin qu'il continue son oeuvre. Mais ce nouveau Paradis n'échappera pas à la malédiction du premier, poussé contre son gré par une gamine du village, Constantin y dérobe une branche d'amandier…
J'aurais pu évoquer, grand-mère Saturnine qui régente la maisonnée, La Péguinotte domestique ronchon mais au grand coeur, Anselme le berger, Hyacinthe la petite souillon au rôle mystérieux, les gitans qui campent à proximité du village, tous ces personnages attachants qui peuplent le roman, mais je préfère vous en laisser la découverte.
Je sors de la lecture de ce très beau livre, estomaqué, tant je suis tombé sous le charme de cet écrivain. Tout y est magnifique, la description de la région nous restitue merveilleusement les sensations éprouvées quand on y a séjourné, le chaud soleil, les odeurs de la terre et des plantes, le bruit du vent dans les arbres, le chant des oiseaux. Sur cette terre de lumière, Henri Bosco réussit néanmoins à construire un roman de l'ombre, très vite le mystère plane puis l'étrange nous prend et ne nous lâchera plus. L'écriture est dense, le roman pas si long, on ne peut l'abandonner, on écarquille les yeux à suivre cette aventure merveilleuse qui mêle l'innocence de l'enfance, la sagesse des anciens, le mythe du paradis perdu et les diableries comme on les craint dans les provinces.
A propos de l'oeuvre de Henri Bosco, Raymond Dumay écrivait « Elle ne doit rien à l'école dite américaine qui fait d'un reportage un roman, mais elle nous rappelle l'existence de cette source cachée : l'âme ».
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   06 octobre 2011
Noir-Asile, malgré son air de solitude, m’attirait, tant par le secret de son site caché derrière d’énormes buissons de genêts d’or, que par je ne sais quel charme encore humain. Resté seul dans le grand jardin, je ne tardai pas à sentir l’attrait de cette cabane de chiens qui, pendant si longtemps, avait abrité les mystérieux conciliabules d’Hyacinthe avec elle-même. Après l’étrange, l’inoubliable Belles-Tuiles, c’était pour moi l’un des plus graves habitats de l’enfance. J’y revenais plus souvent, et je m’y attardais des heures entières, sans pourtant y entrer. Mais, adossé à ses parois de planches, assis dans l’herbe sèche qui sentait le feu de l’été, j’y reprenais peu à peu avec la terre tiède ce contact de plaisir et d’angoisse dont le souvenir, depuis lors, n’a cessé de troubler ma vie. Car j’aime la terre.
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IzaBzhIzaBzh   16 juin 2011
Seulement, son paradis, ce n'était pas un paradis de cathédrale, c'était un paradis pour petite paroisse. Un joli paradis humain, tiède, bien clos, un de ces paradis de campagne qui groupent trois cyprès autour d'un puits. Tendrement il nous le montrait, de loin, derrière une masse de platanes avec ses dix maisons et le bout d'un clocher trapu ; et l'on se disait qu'il y ferait bon vivre. C'était un paradis orienté au sud, vers la chaleur, un paradis modeste, au milieu d'un hectare d'arbres fruitiers ; un paradis blotti au pied d'une haute falaise couronnée de figuiers sauvages, dans un creux, à l'abri de la pluie et du vent ; un paradis parfumé de plantes médicinales, comme la bourrache, la sauge et l'arnica ; un paradis sur lequel veillait un vieux saint un peu somnolent à barbe blanche, un vieux saint assis devant la porte, sur une chaise de paille ; un paradis que visitait, chaque année, tout seul, et monté sur son âne, le Dieu de la Fête des Palmes. Il s'y entretenait familièrement de l'état du ciel, du produit des jardins et du vin des dernières vendanges, avec les habitants venus à sa rencontre, cependant que, laissé en liberté, son âne broutait sur le bord du chemin, la gentiane bleue et la tige sucrée de la douce-amère.
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dancingbravedancingbrave   22 août 2012
Il y avait là des bêtes... Lesquelles? Je ne les
voyais pas; peut-être toutes les bêtes de la forêt,
de la montagne... Du sol montait une colonne de poussière et l'odeur du sauvage. C'était bien cette odeur de poil, de sueur et de gibier noir qu'exhale
le sanglier à bout de forces; mais il s'y mêlait
des senteurs moins loyales: le puant de la fouine,
peut-être la fétidité du loup. Ils dansaient. Je ne
les voyais guère; mais ils dansaient. La masse oscillait lourdement, en mesure; les petits perdus
sous les gros, sans doute, les gros serrés flanc
contre flanc, le museau bas, mais tournés vers l'homme. Lui, il ne les regardait pas. Il contem
plait obstinément le rocher clair; et il jouait. Il
jouait de plus en plus vite; il poussait un air plus
impérieux dans les quatre ou cinq roseaux de sa
flûte; il posait une prise plus large sur ces têtes bestiales; il jouait comme un démon; il étendait son cercle magnétique par-delà le vallon
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dancingbravedancingbrave   22 août 2012
Nous restâmes là un moment devant la porte. La haie embaumait, et de petites grenouilles, rassurées par la simplicité de la nuit, quelquefois se parlaient, dans le fossé qui bordait l'enclos.
On ne voyait pas la montagne, mais l'odeur de pierre et de plante qu'elle exhalait arrivait jusqu'à nous par-dessus cette haie si douce à respirer à ce moment de la nuit.
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deriblekderiblek   05 août 2013
On ne s'étonne pas assez de vivre.
Il m' a répondu
Vous avez raison, et le plus étrange, c'est qu'on s'étonne ensuite de mourir.
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Video de Henri Bosco (3) Voir plusAjouter une vidéo

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Visite à l'écrivain Henri BOSCO dans sa maison niçoise ; il évoque son enfance, sa manière de travailler, son goût pour la cuisine et pour la musique et parle surtout d'un certain art de vivre, de sa conception de la vie. Evocation d'un de ses ancêtres proches, Don Bosco avec reportage dans une école technique de la fondation Don Bosco qui forme des ouvriers qualifiés. Présentation d'un...
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