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EAN : 9782070773640
112 pages
Gallimard (10/02/2005)
4.24/5   27 notes
Résumé :

" Quand il avait quitté Paris, dix ans plus tôt, pour venir habiter à Saint-Ange-des-Bois, Monsieur Ladmiral avait fait savoir, pour vanter la maison qu'il achetait, qu'elle était à huit minutes de la gare. C'était presque vrai à cette époque. Par la suite, et à mesure que Monsieur Ladmiral vieillissait, la maison avait été à dix minutes, puis à un bon quart d'heure de la gare. Monsieur Ladm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Musardise_aka_CthulieLaMignonne
  16 janvier 2020
Ce n'est qu'il y a quelques années que j'ai appris que le film Un dimanche à la campagne, de Bertrand Tavernier, était une adaptation d'un roman de Pierre Bost - auteur que je ne connaissais absolument pas. J'ai un faible pour ce film, et maintenant pour le livre, mais ce sont deux objets bien distincts, Tavernier ayant tiré l'histoire et les personnages dans des directions qui ne sont pas forcément celles prises par Pierre Bost. Ainsi, Monsieur Ladmiral, attachant dans le film, ne l'est guère dans le roman, et n'a pas vocation à l'être.

Pas d'intrigue à proprement dit pour ce roman d'ambiance qui se déroule dans la première moitié du XXème siècle, et où un viel homme de 76 ans, vivant à la campagne avec une domestique dans sa maison située pas très loin de Paris, reçoit très régulièrement la visite de son fils Gonzague le dimanche, tandis que sa fille Irène, sa préférée, ne vient que de temps à autre en coup de vent. Voici qu'on nous dévoile un de ces dimanches, où non seulement Gonzague est venu, comme à son habitude, en train depuis Paris avec femme et enfants, mais où Irène montre elle aussi le bout de son nez.

Tout le roman explore les sentiments qui taraudent ces trois personnages - la femme de Gonzague ne comptant pas aux yeux de Monsieur Ladmiral, les enfants et la domestique guère plus. Leurs sentiments sont mêlés de tendresse, de jalousie, d'admiration, d'agacement, de regrets, de chagrin. C'est un triangle familial au lieu d'un triangle amoureux, mais les enjeux sont les mêmes. Gonzague ne peut s'empêcher, n'a jamais pu s'empêcher d'admirer son père, et c'est justement ce qui le tient à l'écart de son père, qui ne veut pas de cette admiration. Monsieur Ladmiral ne fait pas mine de cacher sa préférence marquée pour sa fille, qu'il idolâtre presque - ou carrément -, et c'est ce qui tient Irène à l'écart de son père. Pierre Bost explicite très clairement et très simplement ces sentiments d'admiration qui suscitent en partie - en partie seulement, car ils ont aussi de la tendresse les uns pour les autres - le rejet de l'objet admiré. Irène a su échapper à un père qui l'aurait étouffée, Gonzague ne saura jamais faire son deuil de la reconnaissance qu'il attend depuis toujours de la part de son père, et qu'il attendra, on le sait, on le sent, toute sa vie durant.

C'est un roman où les rapports entre parent et enfants sont particulièrement bien scrutés, où l'on peut retrouver bien des histoires de famille. le personnage de Gonzague est, tout comme dans le film (où il était joué tout en finesse par Michel Aumont), très attachant, traînant sa tristesse en sourdine et une tendresse qui ne lui sera jamais rendue par son père. Mais le personnage d'Irène l'est également à sa manière, même si elle n'attire pas la compassion comme son frère - son personnage est d'ailleurs assez différent de la version de Tavernier. Quant à Monsieur Ladmiral... Comme je le disais en début de critique, il n'est pas attachant ; il se sait injuste, il l'assume, il est égocentrique, il est même cruel par moments. La dernière phrase du livre est d'une dureté d'autant plus frappante que tout ce petit monde évolue dans un environnement apparemment tranquille, où tout semble se dérouler en douceur. le style même de l'auteur, d'une grande sobriété, dégage volontairement cette impression de douceur qui n'est qu'apparence.
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djdri25
  31 août 2020
Ce roman a été immortalisé par le très beau film adapté du livre -Un dimanche à la campagne- avec l'excellente Sabine Azéma. J'avais d'abord vu le film, fidèle au livre, il m'a donné envie de lire le récit.
Dans le livre poétique, impressionniste, comme dans le film, Monsieur Ladmiral, reçoit ses deux enfants devenus adultes tous les dimanches dans un décor bucolique. Celui-ci habite à la campagne dans une belle propriété retirée à quelques kilomètres de Paris.
Le roman met en valeur les liens familiaux, l'amour qu'éprouve les enfants pour leur père en mettant en avant celui de sa fille, l'amour que lui donne sa fille en retour.
Monsieur Ladmiral a une préférence pour sa fille. celle-ci, vive et dynamique ravive la petite flamme de vie qui est en lui, usée par l'âge et le sentiment de solitude. Elle est bout-en-train, fantasque, peu conventionnelle, culottée,elle met de la vie dans la propriété, en opposition au personnage du frère père de famille réservé, conventionnel.
C'est ainsi qu'ils se retrouvent en famille tous les dimanches, on est au début du siècle dans un décor bucolique.
Ladmiral est nostalgique du départ de sa fille, elle part toujours trop tôt à son goût, son fils lui manque de fantaisie.
Le roman montre l'attachement du père à sa fille, celui du fils au père mais il est peu partagé par ce dernier.
C'est tous les complexes familiaux qui sont en jeu dans le roman, l'oedipe par exemple, on y lit aussi la complexité des relations familiales. La peur de la perte de l'objet d'amour est mis en scène par touches impressionnistes.
C'est un beau récit, le film l'est tout autant. Les comédiens excellent dans leur rôle.
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Lune
  21 mars 2011
Délicatesse, impressionnisme, les teintes du livre constituent la meilleure toile que nous offre Monsieur Ladmiral, peintre conventionnel, qui a vu, senti, ressenti sans jamais pouvoir les aborder, les rives de l'art. Toute la notion de la création artistique est développée subtilement : ses Beautés, son rêve perfectible, son renouvellement sans cesse repoussé mais aussi ses doutes, ses souffrances, ses impossibilités.
Tous les êtres qui entourent Monsieur Ladmiral sont décrits avec leurs craintes et leurs doutes autres que les siens mais tellement humains : le fils en quête continuelle de reconnaissance du père et soumis à une femme autoritaire et banale comme l'est leur vie à l'exception de ce déjeuner dominical campagnard, la fille tellement aimée, tellement vivante. L'oxygène qu'elle dégage éblouit un Monsieur Ladmiral vieillisant qui n'a plus que faire des conventions qui ont dirigé vie et peinture. Il y a des pages certes nostalgiques mais tellement éblouissantes dans ce court livre dont Bertrand Tavernier a réalisé un film fidèle et délicat : "Un dimanche à la campagne". A lire, à voir, à user sans modération.
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Latviane
  10 avril 2013
Que de tendresse dans ce roman sur les bonheurs et les petits mensonges qui font la vie d'un homme devenu vieux. Tels les tableaux de Monsieur Ladmiral, les sentiments sont posés en petites touches pleines de simplicité et de délicatesse. C'est un petit bijou !
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MALIKA
  23 août 2010
Il se dégage de ce livre la douceur et la quiétude empreinte de mélancolie d'une soirée d'été à la campagne qui nous accompagne encore après avoir refermé le livre .
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Musardise_aka_CthulieLaMignonneMusardise_aka_CthulieLaMignonne   31 décembre 2019
Monsieur Ladmiral, quand Gonzague s'en allait, n'était pas très triste de le voir partir ; mais ce départ lui rappelait qu'Irène n'était pas venue depuis longtemps. Alors, dans son adieu à Gonzague, on sentait toujours un peu le regret que cette visite n'eût pas été celle d'Irène. Gonzague comprenait, et il avait des jours où, en redescendant l'escalier de son père, bouleversé, il manquait des marches, comme un amoureux éconduit ; tous les chagrins se ressemblent.
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sabine59sabine59   04 janvier 2016
Les jeux de la lumière sous le feuillage de la tonnelle le ravissaient, le plongeaient dans une espèce de griserie apaisante.C'était si beau, cette lumière d'été, et cette buée sèche de couleurs éclatantes sur tout le jardin, ces verts et ces rouges et cet or, et ce soleil comme un liquide ou une poudre.
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LatvianeLatviane   01 mai 2013
Gonzague comprenait, et il y avait des jours où, en redescendant l'escalier de son père, bouleversé, il manquait des marches, comme un amoureux éconduit; tous les chagrins se ressemblent.
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MistigrifMistigrif   06 août 2013
Monsieur Ladmiral peignait encore, mais seulement pour son plaisir, disait-il, comme s'il eût peint, jusqu'alors, pour celui des autres.
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MistigrifMistigrif   06 août 2013
Mercedes ne tenait pas à quitter une si bonne place et elle aimait bien son vieux maître. Mais celui-ci cultivait avec soin la fausse crainte de se voir abandonné, dernier souvenir qui lui restât, peut-être, de rapports normaux avec les femmes.
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un dimanche a la campagne, film d'après le roman de Pierre Bost Monsieur Ladmiral va bientôt mourir
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