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EAN : 9782313005996
134 pages
Éditeur : Chemins de tr@verse (24/09/2019)
2.83/5   3 notes
Résumé :
Il a fallu plus de trente ans à Odile Botti pour ciseler ce récit de vie et de mort, trente ans pour réussir mettre des mots sur une impression fugitive et dérangeante, mais aussi pour se réapproprier par le verbe la relation à sa mère. D’une langue ciselée, la narratrice parcourt les lieux, les années et les âmes, ressuscite des causes et remodèle des effets, dans un récit à la construction brillante où le présent nourrit un suspense apportant une interrogation lan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
djdri25
  22 septembre 2020
Je remercie l'opération masse critique, Babelio ainsi que les éditions Chemins de tr@verse qui m'ont permis de découvrir le roman d'Odile Botti -Sans intention de la tuer-.
Ce récit aux allures d'autofiction raconte le deuil de la narratrice dont la mère vient de mourir. C'est un roman introspectif développant la psychologie du deuil et son impossibilité dans un contexte spécifique.
Pourquoi impossible ? Ce sont les va et vient incessants entre le présent de la narration et les incursions dans l'histoire personnelle de la narratrice qui vont nous aider à comprendre. Celle-ci déroule le film de son enfance, son adolescence et surtout les liens qu'elle a entretenus avec sa mère.
Elle dévoile aussi le passé de sa mère et de sa grand-mère, c'est toute une lignée de femmes soumises aux dogmes hypocrites de la religion, aux mentalités étriquées de la bourgeoisie, à la suprématie des hommes, à la préférence pour les garçons, au manque d'amour et de considération qui vont être psychologiquement détruites. On comprend dès lors l'impossibilité de ce deuil.
La narratrice n'a pas été désirée, comme sa mère et sa grand-mère avant elle à cause de ce qui est relaté ci-dessus mais aussi à cause de drames familiaux. Une mère gravement malade, atteinte par des drames familiaux, qui n'a pas d'aptitude à élever des enfants car elle est incapable d'empathie, un père absent et violent qui ruine les projets de la narratrice, la séparation prématurée de celle-ci d'avec sa famille. Des parents incapables de donner de la tendresse ou un quelconque cadre éducatif à leurs enfants.
Le début du livre est oppressant et angoissant, malgré la qualité de l'écriture, c'est un roman noir, les âmes sensibles peuvent être heurtées par la mort décrite de manière réaliste ainsi que par le travail du deuil de la narratrice qui évoquent des souvenirs douloureux à chaque regard posé sur un objet, à chaque photo évoquant un passé, fait de souffrances qu'elle déroule à la manière d'un film en noir et blanc. On sent la narratrice piégée par cette mort qui s'impose à elle et qui la cerne, on étouffe avec elle dans ce huis-clos entre elle, le corps de sa mère, des reliques et les souvenirs de leur relation difficile. Elle s'adresse directement à sa mère comme si elle était en vie. La mise en scène du deuil est magistralement menée.
On reprend enfin notre souffle quand la narratrice avance dans son deuil pour nous livrer des souvenirs plus heureux lorsqu'elle devient adulte et qu'une ouverture semble s'amorcer…jusqu'à la fin plus que surprenante qui remet en cause autant le genre du récit que le récit lui-même et qui provoque des interrogations sur le genre du livre. La narratrice nous aurait-elle mené en bateau ?
+ Lire la suite
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gwenbihan
  29 octobre 2020
Merci à la Masse critique de Babelio et aux éditions Chemins de traverse pour l'envoi de ce livre, que je n'ai pourtant pas réussi à terminer...
Le sujet me semblait intéressant, l'écriture prometteuse au départ de ce récit, même si je ne suis pas fan d'autofiction. Les scènes de départ, durant lesquelles l'autrice découvre sa mère morte et se livre à un face à face macabre avec le corps m'ont dérangée, je suis sans doute trop sensible, et j'ai préféré abandonner. Peut-être que le contexte actuel n'est pas propice à ce genre de lecture pour moi.
Dommage, mais je trouve que l'écriture d'Odile Botti est intéressante, très poétique par moments. C'est peut-être cette voie qu'il faut creuser...!
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sebito
  09 octobre 2020
Un roman autobiographique dans la moyenne. L'écriture est de qualité. le style est fluide, moderne, facile à lire. le découpage en chapitre plutôt court est une bonne idée. Reste que le sujet du roman laisse à désirer. On retombe encore dans le schéma classique de l'auteur issu d'un atelier littéraire qui écrit sur sa vie pour exorciser ses démons et résoudre ses problèmes psychologiques, vie qui n'a rien d'extraordinaire et à laquelle le lecteur n'y porte qu'un intérêt poli. Toutefois, je pense qu'il serait bon que l'auteure persévère car c'est prometteur, mais avec une histoire qui cette fois ne parle pas de sa vie (ou de vampires, autre grand classique des ateliers littéraires).
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
djdri25djdri25   22 septembre 2020
Dans le creux de mon arbre, j'appelle ta mort pour effacer de notre horizon cette menace, ma mère, ma douce, ma tendre, mon enfant, ma toute petite, ma si fragile, pars maintenant tant qu'il fait encore jour.
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djdri25djdri25   22 septembre 2020
Maintenant je frappe du plat de la main cette porte verrouillée Maman, c'est moi, réponds, la panique monte d'un cran irrépressiblement, sensation nauséeuse de revivre cette scène de mon adolescence, cent fois répétée, ma mère refuse de m'adresser la parole sauf pour me blesser ou me menacer, elle empoigne la voie portative dès que je rentre de classe et tourne le loquet de sa salle de bain car c'est, déclare-t-elle, sans appel, le moment de faire sa toilette.Comme ça à midi trente. Elle m'enferme dans son néant.
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djdri25djdri25   22 septembre 2020
Maintenant c'est mon corps entier qui vient contre la porte, paumes plaquées attentives à cette vacuité qui gronde, je veux être un remblai contre la déferlante mais ne suis qu'une enfance qui remonte la pente de sa mémoire.
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djdri25djdri25   22 septembre 2020
Il restait dans son environnement deux personnes pour trouver à redire à cette re-naissance inespérée, son frère qui aurait préféré la voir morte et sa mère qui ne l'a jamais aimée, tous deux repliés sur leurs certitudes, confits dans leur bondieuserie hypocrite et leur prétention cruelle.
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