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EAN : 9782955966013
120 pages
Nouriturfu (22/08/2017)
3.74/5   47 notes
Résumé :

« Quel rapport entre le patriarcat et une entrecôte ?
Où se cachent les cheffes ?
L’agriculture est-elle une affaire de mecs ? » Dans une époque devenue si sensible au slow food, si attentive aux tendances culinaires, nous nous voilons trop souvent la face sur la place de la femme dans l’organisation de cet acte essentiel qui est celui de (se) nourrir.
Rapports ambigus ou destructeurs entre chair et chère, domestication et émancipatio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Un essai féministe court et percutant, à l'image de sa couverture à l'esthétique frappante. Nora Bouazzouni est journaliste et son livre Faiminisme publié en 2017 prend la forme d'une longue enquête rédigée sur un ton partisan et frondeur. L'autrice a depuis écrit deux autres livres dans cet esprit : Steaksisme et Mangez les riches, qui approfondissent la réflexions sur les sujets politiques autour de l'alimentation.

J'avais découvert le livre et son autrice interrogée dans l'épisode du podcast Les Couilles sur la table de Victoire Tuaillon "Nourrir son homme. Cauchemar en cuisine". Habituée des lectures féministes, j'ai retrouvé des sujets connus dans le livre qui a la qualité de reprendre de nombreuses références bibliographiques et d'ouvrir des pistes pour aller plus loin (ce qui représente à mes yeux la qualité d'un travail journalistique, qui n'est pas à mettre sur le plan d'un travail de chercheur en sciences sociales).

J'ai été un peu plus circonspecte sur les développements autour de l'anti specisme qui auraient mérité à mes yeux une contre partie. Il me semble que sur ce sujet, on ne peut pas s'arrêter à une critique en règle et une déconstruction idéologique. A mon sens, ce type de regard ne peut qu'aboutir à la révolte et à une forme de désespoir mais bien peu à l'idée de construire un monde en commun entre des visions forcément différentes.
C'est dommage car c'est un point de vue qui a une justesse et qui mérite d'être reconnu ce qui devient compliqué quand on le systématise.

Pour conclure, une lecture rapide et stimulante, que je poursuivrai avec les autres ouvrages de Nora Bouazzouni. En plus j'aime vraiment beaucoup le graphisme des couvertures : bravo à la maison d'édition NouriturFu
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Faiminisme est un essai convaincant qui fait l’autopsie d’un sujet peu abordé, y compris dans la sphère féministe. L’auteure traite des questions culinaire et nourricière à travers plusieurs angles d’attaque, sous forme de théories et analyses éclairées par de nombreuses sources. Le travail de recherche en amont est admirable et permet une véritable prise de conscience : j’ai particulièrement apprécié le parallèle auquel procède l’auteure, entre deux idéologies discriminatoires, celle du specisme d’une part et celle du sexisme d’autre part. En revanche, je regrette quelques lacunes concernant certains chapitres, qui mériteraient d’être davantage aiguisés. Cet ouvrage présente donc pour moi un premier examen, court et accessible pour tous-tes, un tremplin pour ces postulats qui peuvent être envisagées de manière plus approfondie et développée dans d’éventuels autres essais.
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Ce très court essai nous offre une mise en parallèle des problématiques ayant trait à la nourriture (agriculture, chefs étoilés, régimes et habitudes alimentaires, specisme etc.) et à la condition des femmes.

L'angle pris par l'autrice nous donne l'occasion de mettre en exergue des problématiques ô combien actuelles. Elle nous fait également quelques retours sur l'établissement des habitudes alimentaires chez nos lointains ancêtres, notamment concernant l'origine de la différence de taille entre les hommes et les femmes.

Les gros points forts de cet essai concernent indubitablement les nombreuses références bibliographiques dispensées tout au long des chapitres, l'accessibilité de son contenu et la richesse de ses réflexions.

Néanmoins je regrette un parti pris parfois un peu trop présent (certaines pages sentent un peu trop la misandrie et le pro-veganisme) et le langage souvent trop familier.

Quoi qu'il en soit, c'est un essai que je recommande très fortement malgré ces petites erreurs d'ajustement.
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Nouriturfu est une jeune maison d'édition qui lie toujours nourriture avec sujets sociétaux ; ici le féminisme, la place de la femme dans le monde vue par l'angle de la nourriture, et surtout de la nourriture carnée. L'auteur fait un tour d'horizon du sujet, citant forces sources, articles, auteurs, penseurs, récents ou un peu plus anciens et classiques dans une synthèse assez ébouriffante et pleine de verve.
Ceci pour les côtés positifs.
J'ai néanmoins été très peu saisi par les thèses de l'auteur, qui si elle pose souvent un constat vrai voire évident, propose des solutions et des analyses très souvent capillo-tractées. Elle mélange les différentes théories, fait des raccourcis, tire des liens de causalités pas évidents du tout et à mon avis, propose une vision très culpabilisatrice pour la moitié de l'humanité, en plus de fournir des thèses discutables.
Si le but donc, semble noble, le chemin emprunté ici ne paraît pas être le bon. C'est dommage car l'idée de lier ces deux sujets était fort bonne, et l'est toujours d'ailleurs !
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Un livre qu'une copine m'a prêté. L'idée de départ est intéressante mais je le trouve un peu trop agressif par moment.
Un livre original néanmoins.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
La presse féminine traite les mannequins comme des déesses sommées de réyéler leurs secrets beauté ou minceur aux pauvres mortelles que nous sommes. Au nom de sainte Gigi Hadid, je renonce à mon goûter. Entends ma prière, Emily Ratajkowski, je boirai un green smoothie détox tous les matins pour avoir tes seins. Comme les croyants se servent du jeûne pour accéder à l'extase mystique, on se prive afin d'atteindre le graal de la minceur, ultime récompense qui passe par le contrôle de soi et l'anéantissement du moi. On retrouve cette dimension sacrificielle de la privation dans l'anorexie religieuse pratiquée dans la mystique féminine dès le Moyen Age et les récits, hagiographiques ou non, de saintes ascétiques ou des fasting girls, jeûneuses anglaises adolescentes qui se donnaient en spectacle à l'épogque victorienne. Le sociologue des religions Jacques Maître, qui a publié un ouvrage sur le sujet, voit en l'anorexie mentale I'héritière de l'anorexie religieuse, «un avatar sécularisé (et stigmatisé comme maladie) de ce qui avait été sacralisé (voire glorifié par la canonisation) au Moyen Age, à la Renaissance et à l'époque classique ».
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Ce qu'on appelle le propre de l'homme, ici du sujet masculin, s'est construit dans sa différenciation de l'animal let de la femme. En s'octroyant l'exclusivité ou la supériorité du logos, à la fois parole et raison, il a d'emblée condamné animaux et femmes au silence et s'est arrogé le pouvoir politique. C'est ce que Jacques Derrida appelle « carnophallogocentrisme ». Celui qui détient l'autorité (sur la nature, les femmes, les enfants) est celui qui possède les trois attributs suivant: logos, phallus et qui s'impose en ingérant la chair (carne) - qui consomme l'autre, par le meurtre et/ou I'exploitation institutionnalisée. Notre civilisation a légitimé cette violence généralisée que subissent femmes et animax, puisque la hiérarchie des êtres vivants, imposée par l'être humain mâle, demeure hommes > femmes > animaux > plantes. Pire: nous sommes «la seule espèce où les mâles tuent les femelles de leur espèce », constate l'anthropologue Françoise Héritier, malgré le gâchis que cela implique en termes d'évolution (tuer les seuls êtres capables de donner la vie, c'est pas très malin).
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Soyons bienveillantes et solidaires. On nous a divisées pour mieux régner, unissons-nous pour nous affranchir.
Soyons- conscientes de nos privilèges. Faisons entendre la voix de celles qu'on ne voit pas, qu'on entend pas ou qu'on n'écoute pas.
Soyons actives. Ne laissons pas faire et agissons, à notre échelle, pour notre émancipation. Si on doit attendre que les oppresseurs nous libèrent, on peut attendre longtemps.
Soyons déterminées. N'ayons pas peur des mots ni des revendications ; "féministe" n'est pas une injure et "patriarcat" ne signifie pas que tous les hommes sont des salauds.
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La répression des femmes est proéiforme, mais la nourriture est un outil efficace et parfaitement multitâche pour l'organiser, l'encadrer et la perpétuer. En s'accaparant les ressources alimentaires et les moyens de production à tous les niveaux, des hommes ont instauré un cercle vicieux qui leur a assuré la docilité et la dépendance des femmes, s'appropriant leur corps et leur esprit. Il revient donc à celles qui ont acquis le plus de liberté dans l'oppression de le briser.
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Contrairement à ce qu'on a longtemps voulu nous faire croire, le patriarcat n'a rien d'inné. C'est une construction culturelle, un produit de l'histoire et que l'historie anéantira. La bouffe, c'est la vie, littéralement. Un gagne-pain, un plaisir, un doudou, un héritage, une nécessité. Notre point commun à toutes et tous. Les hommes en ont fait une arme, mais la guerre n'est pas terminée.

Soyons faiministes !
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Vidéo de Nora Bouazzouni
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Pour en parler : Adrien Dénouette, critique de cinéma et enseignant Nora Bouazzouni, journaliste
Visuel de la vignette : "True Detective : night country" - ©HBO
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