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EAN : 9782315007288
Éditeur : Max Milo (02/03/2017)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Les civilisations sont fondées sur trois piliers : des hommes qui en tiennent les leviers, des organisations qui structurent le pouvoir, et une philosophie qui assure la cohérence du système. Le communisme est mort parce que les hommes étaient incompétents et corrompus, les organisations inefficaces et la philosophie contestable. Le capitalisme moderne présente d’inquiétantes similitudes : nombre de ses dirigeants sont des crapules ou des tocards, son organisation r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
colimasson
  01 avril 2019
Dans cet essai critique de l'histoire du capitalisme, tout part de l'histoire de Nikolaï Dimitrievitch Kondratieff. Après la révolution bolchévique et sous le régime stalinien, cet économiste russe stipule que le capitalisme est éternel, animé de cycles d'une durée d'une soixantaine d'années durant lesquelles se succèdent des crises et des phases de croissance (printemps, été, automne, hiver). Alors que Lénine accordait du crédit à ses opinions, Staline, dans sa volonté d'éliminer tout opposant supposé au régime, se débarrasse de Kondratieff et le laisse agoniser dans des geôles toutes plus insalubres les unes que les autres à cause de ses idées si optimistes sur le capitalisme. Pourtant, Kondra n'était pas un contre-révolutionnaire, il était « un économiste réaliste face au régime bolchévique communiste et stalinien », ce qui n'était bien sûr pas tolérable dans ce contexte.

Le temps passe et, un siècle plus tard, que constate-t-on ? le communisme n'est plus que parcellaire tandis que le capitalisme nique tout sur son passage. Alors, Kondratieff était-il, comme tant d'autre, le prophète sacrifié à la volonté d'aveuglement de ses contemporains ? Kondra avait-il raison avant tout le monde ? Comme à chaque fois que l'on pose des questions fermées à la con, la réponse est : oui et non. Oui car Kondra estimait que la capacité du capitalisme à se renouveler était l'élément essentiel de sa pérennité. Mais cette capacité ne sort naturellement pas du trou du cul du capitalisme lui-même. Cette capacité à se pérenniser a conduit le capitalisme à ne sélectionner qu'une minorité de chanceux et de malins qui ont su tirer pleinement profit du capitalisme au détriment de tous les autres et comme ce processus est un cercle vicieux, l'hiver du capitalisme semble aujourd'hui s'éterniser. Bouchard nous dit :

« Contrairement au stéréotype trop communément répandu, l'organisation moderne de l'économie et de son financement souffre d'un excès de contraintes, non pas de la part des Etats, mais surtout de la part des grands acteurs capitalistes dont la position excessivement dominante finit par déformer totalement les règles à leur profit. Il en résulte une instabilité endémique : la captation de la richesse par un trop petit nombre amène inévitablement des perturbations de toutes natures. »

Bouchard nous attend au tournant et nous prend au revers de tout ce qu'on s'attendait à trouver dans un livre aussi complaisamment intitulé que le sien mais, en y réfléchissant bien, une truanderie n'est qu'une assemblée de truands, et c'est bien cette appropriation du capitalisme par quelques opportunistes que vise cet essai, et non le capitalisme en lui-même, sinon en ce qu'il permet un tel détournement de ses objectifs. En gros : le capitalisme était une bonne idée, dommage que ça ne marche pas en réalité.

Kondra avait raison lorsqu'il pensait que le capitalisme serait éternel car il améliore globalement le niveau de vie de l'ensemble de la population (même si les populations des pays développés ressentent l'inverse aujourd'hui avec la hausse relative du niveau de vie des population des pays moins développés du reste du monde, et surtout à cause de l'enrichissement toujours plus dément des plus riches de ce monde), et il est donc de l'intérêt de tout le monde de le préserver, mais il avait tort de croire en une nature vertueuse de l'être humain qui se démènerait collectivement pour rendre le capitalisme à lui-même lors des crises saisonnières qui le traverseraient. Tout ce livre est une énumération d'exemples des spoliateurs du capitalisme pour une critique plus nuancée d'un système dont Kondratieff avait soutenu les vertus en plein coeur du totalitarisme soviétique.
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MahaDee
  07 avril 2019
Pour son livre « l'éternel truanderie capitaliste », Jean-François Bouchard se penche sur les analyses économiques de Nikolaï Kondratiev, l'homme de la théorie des cycles. Kondratiev était un économiste célèbre, qui a été engagé dans la révolution russe de 1917. Sa théorie des cycles a mis en évidence que les économies capitalistes connaissent une croissance soutenue de long terme, suivie d'une période de dépression. Cette théorie qui démontrait scientifiquement l' « éternité » du capitalisme lui valut d'être fusillé en 1938 dans le cadre de la répression politique massive dite des grandes purges de Staline. Bouchard dans son livre s'interroge sur ce que pourrait être l'opinion de Kondratiev à propos du capitalisme d'aujourd'hui.
Il évoque le nouveau visage des dictatures capitalistes, la collusion entre la classe politique et les dirigeants du grand capitalisme qui crée une classe dirigeante auto renouvelante très stable : « les maîtres du monde ». Il montre que quel que soit le côté amoral d'une activité celui qui l'exerce est intouchable, à condition de représenter un intérêt fort pour le système.
D'autre part, il n'est plus question désormais de laisser tomber une banque, toutes deviennent « too big too fail" trop grosses pour faillir et les banquiers « too big too jail » trop gros pour qu'on les emprisonne. Certaines banques deviennent même « too big to save » trop grosses pour qu'on puisse les sauver, comme BNP Paribas en France ou UBS en Suisse.
La répression de la haute truanderie financière n'a jamais été véritablement dissuasive. Malgré des montants en apparence et astronomique, les amendes restent globalement indolores car toujours très inférieures aux bénéfices des activités répréhensibles. La justice et l'équité ne font pas bon ménage avec le business.
La relation fusionnelle entre pouvoir économique et politique ne manque pas d'alimenter toute sorte de théories de complot mondial organisé. Il s'agit plus simplement d'une communauté d'intérêts bien compris qui fonctionne plus ou moins bien.
Le capitalisme a toujours cherché à s'affranchir des Nations. Les grandes entreprises de la finance ont un poids et une influence qui désormais leur permet de dominer les états sans s'encombrer de scrupules. Les marchés sans qui le capitalisme n'existerait pas ne sont ni intelligents, ni transparents, ni honnêtes, mais hors de ce système il n'est pas de vie possible. Il suffit de regarder ce qui se passe au Venezuela pour s'en convaincre. Ceux qui font vivre les marchés : traders, opérateurs, spéculateurs, ont vu leur nombre et leur puissance se multiplier, tout comme l'étendue des dégâts qu'ils peuvent causer.
Par ailleurs, toujours selon J.-F. Bouchard, les économistes ne comprennent plus rien ou presque au fonctionnement du système aujourd'hui. Et personne ne semble envisager de s'attaquer à une réforme de fond du capitalisme financier moderne. Kondratiev semble bien avoir raison, il faudra vivre avec... ou pas.
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Patmarob
  17 mars 2019

« L'éternelle truanderie capitaliste » est sorti en librairie en février 2019, l'analyse est donc étayée par l'actualité des faits et la présentation de protagonistes contemporains. Jean –François Bouchard est économiste, écrivain et romancier. Il a travaillé pour les grandes banques et les grandes institutions internationales. En poste dans plusieurs pays étrangers (Roumanie, Bulgarie, en Afrique..), il a acquis une expérience élargie des problèmes de la finance au niveau mondial.
Jean –François Bouchard rend hommage à un économiste russe Nicolas Dimitrievitch Kondratieff exécuté sous l'ordre de Staline en septembre 1938. Sa remarquable capacité d'analyse mathématique et son intelligence l'avaient amené à établir que le capitalisme est un système éternel. Secoué par des crises cycliques d'une soixantaine d'années, la capacité du capitalisme à se renouveler, à dynamiser la recherche et le profit lui ont permis de rebondir et de s'adapter. Pourtant, le développement sans mesure de la finance ne produit plus de croissance. le système accélère les inégalités, la recherche sans limite du profit financier provoque des crises à répétition qui sème doutes, critiques et violentes réactions des peuples. Dans une première partie, l'auteur expose le « nouveau visage des dictatures capitalistes ». Il souligne le lien étroit des politiques et des financiers, quand les responsables et décideurs (Tony Blair, José Manuel Barroso…) empruntent les chemins professionnels des deux entités. Une caste se constitue, elle cherche la stabilité en se cooptant . Les liens étroits entre les deux mondes, pouvoir et grande finance, épargne les banques des poursuites judiciaires. Elles agissent en toute impunité. Dans « la fin des nations », J-F Bouchard dénonce la loi des marchés boursiers, quand une liberté sans contrôle profite à des escrocs sans morale. Les états ont perdu l'autorité sur leurs choix économiques et financiers, ils font partie du grand marché mondial. Certes, l'Histoire rappelle que Jakob Fugger a appuyé et assuré le pouvoir de Charles Quint au XVIème siècle. Une troisième partie souligne « l'émergence des aveugles », ces spécialistes qui expliquent les crises a posteriori avec la « bêtise la plus insensée ».Quand les opinions des grands économistes ne sont « qu'un pathétique foutoir ». Dans une quatrième partie,« le cynisme et la propriété », l'auteur reconnaît que le capitalisme a permis un accroissement des niveaux de vie, le recul de la misère mais qu'il produit plus aujourd'hui de richesses. La recherche maximale du profit accélère les inégalités, le déplacement des zones d'activité, l'exploitation des richesses…En conclusion, l'auteur reconnait que le système actuel ne correspond plus au libéralisme originel. Les impasses imposeraient des réformes de fond, l'auteur en souligne leur venue hypothétique. Sans être pessimiste, il montre que tous les possibles sont devant nous.
Le livre est clair, actualisé et présente un champ d'analyse intéressant car il est remis en perspective. L'auteur ne manque pas d'humour et d'autocritique sur son poste d'expert économiste. le langage est lisible, compréhensible, certains commentaires et expressions reprennent les réactions et mots familiers que le lecteur peut utiliser devant les annonces de salaires, bonus, retraite chapeau…. Vertigineux.
Merci aux éditions Max Milo et à Babelio pour cette découverte.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   12 juillet 2019
La dette publique est en effet de nos jours la plus grande source d’illusions, d’avis erronés et d’imbécillités du monde.
La première question à se poser est en effet la suivante : cette dette, un pays doit-il véritablement la rembourser un jour ? Pourquoi ne pas tout simplement dire aux créanciers : « Messieurs, voilà déjà bien longtemps que vous encaissez des intérêts pour cet argent que vous avez obtenu gratuitement auprès de votre banque centrale, et dont vous n’avez apparemment pas l’usage puisque vous l’immobilisez depuis des années pour financer notre dette. Désormais, c’est terminé ! Provisionnez donc tout cela dans vos comptes, et on n’en parle plus ! »
La Russie bolchévique a procédé ainsi, puis a traversé l’histoire économique du XXe siècle dans les conditions que l’on sait. Cet immense pays, après ce défaut de paiement qui fut le plus célèbre, le plus important et le plus ruineux de l’Histoire, est sorti de cette période communiste avec un endettement remarquablement bas : en 2016, tandis que la Russie était devenue depuis de nombreuses années un membre très actif de l’économie de marché, sa dette publique s’élevait à 18% de son PIB, soit environ cinq fois moins que la France.
Un pays peut donc tout simplement ne pas payer ses dettes, et s’en tirer finalement beaucoup mieux que ses créanciers.
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colimassoncolimasson   05 juillet 2019
Dans son étude de l’économie capitaliste et des cycles qui l’animent, Kondratieff affirme que le système évolue par périodes de soixante ans. Il distingue quatre phases au sein d’un cycle complet, qui correspondent aux quatre saisons du calendrier :
-Le printemps est la période d’expansion robuste de l’économie, accompagnée d’une inflation soutenue. Plusieurs effets bénéfiques se font sentir pendant le printemps : baisse du chômage, hausse des salaires, diffusion de la prospérité, réduction de la pauvreté. Si l’on cherche à repérer cette phase au cours du cycle le plus récent, c’est la période des Trente Glorieuses, entre 1945 et 1974.
-L’été qui s’ensuit est une première période de stagnation d’une dizaine d’années, avec à la fois un chômage croissant et une inflation persistante. Dans le cycle récent, il s’agit de l’après-choc pétrolier, entre 1975 et 1984.
-L’automne, qui dure une quinzaine d’années, voit un retour de la croissance, mais accompagnée de la déflation et d’un développement de la consommation grâce à l’expansion de l’endettement. Dans notre histoire moderne, cette saison ressemble furieusement à la période 1985-2008, laquelle eut une durée de vingt-trois ans, donc sensiblement plus longue que l’automne que Kondratieff avait calculé dans sa théorie.
-Enfin, l’hiver voit l’éclatement d’une crise qui résulte de toutes les tensions accumulées dans l’économie […]. Les richesses artificielles nées de l’excès d’endettement sont détruites, la déflation et le chômage s’installent, dépression et récession règnent. Dans la théorie originale de Kondratieff, la durée de l’hiver est de cinq ans. En ce qui concerne la période actuelle, la crise a éclaté en 2008 et le monde capitaliste n’en sortira probablement pas avant quelques années encore : pour beaucoup de raisons structurelles et conjoncturelles, aucune perspective de reprise sérieuse de la croissance ne semble se dessiner avant les années 2020-2025.
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colimassoncolimasson   24 avril 2019
[…] le marché des changes où l’on achète et vend les devises de tous les pays enregistre, sur le plan mondial, un montant quotidien d’environ 5 000 milliards de dollars. Or, le montant quotidien des échanges mondiaux de biens et de services s’élève en moyenne à 72 milliards de dollars sur les dernières années. Cela signifie qu’une dérisoire proportion de 1.46% des transactions sur le marché des changes couvre la totalité des besoins en devises des exportateurs et importateurs mondiaux de biens et de services.
A quoi servent les 98.54% restants de l’activité sur ce marché des changes ? A autre chose : des opérations de couverture, des opérations à terme, et surtout, surtout, surtout… à la spéculation.
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colimassoncolimasson   01 octobre 2019
Les grands prêteurs internationaux sont persuadés depuis longtemps que les Etats ne remboursent jamais leurs dettes ; ils n’ont pas cette touchante naïveté. Pour eux, le problème n’est absolument pas là. Ils raisonnent différemment : un Etat n’est pas un ménage qui contracte un emprunt sur vingt ans pour financer son logement. Un Etat est une entité éternelle ; si cette entité éternelle peut vivre confortablement, à un moment donné de son histoire, avec un taux d’endettement de 100% du PIB, alors il peut vivre pour l’éternité avec cette dette de 100% du PIB. Il lui suffit de maintenir le taux de chômage, le niveau de croissance, le montant de recettes fiscales et les équilibres budgétaires qui lui ont permis de contracter ou de renouveler cette dette, et qui permettront de payer les intérêts.
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colimassoncolimasson   18 avril 2019
On trouve toutes sortes de conspirationnistes : les plus malsains sont les décérébrés dont les quelques neurones résiduels croient à des complots de type judéo-maçonnique, comme en France les sympathisants antisémites de l’extrême-droite qui se nourrissent des écrits d’Alain Soral, Thierry Meyssan ou Emmanuel Ratier. Les plus comiques sont les tenants d’un complot à tendance judéo-britannique, comme l’antisémite américain Lyndon Larouche, ou son affilié européen, Jacques Cheminade, candidat à l’élection présidentielle en 1995, 2012 et 2017, qui défendait à une époque le sympathique projet d’aller coloniser la planète Mars. Ceux qui croient à un complot nazéiforme sont probablement les plus bêtes ; ils se multiplient en Grande-Bretagne, tel Boris Johnson ou Nigel Farage qui croient que l’Union européenne est un projet d’essence hitlérienne, et font d’autres regrettables émules en Grèce ou en Italie. Les plus nombreux, comme Caroll Quigley, sont persuadés qu’une oligarchie mondiale dirige les événements géopolitiques dans le seul intérêt de s’enrichir toujours plus au détriment des populations qu’ils manipulent.
En un sens, les crétins antisémites qui véhiculent cette ignoble peste brune d’un autre temps, les paranoïaques pathologiques et les conspirationnistes délirants n’ont pas entièrement tort : un modèle à peu près unique de gouvernement économique domine plus ou moins la planète.
Toutefois, ce pouvoir n’est pas de nature complotiste.
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Videos de Jean-François Bouchard (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-François Bouchard
Arcelle Appolon lit le texte Enfin de Jean-François Bouchard, tiré du recueil ''Bonjour voisine'' dirigé par Marie Hélène Poitras (Mémoire D encrier, 2013)
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