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ISBN : 231500540X
Éditeur : Max Milo (06/03/2014)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Le décor était planté. La comédie pouvait commencer. Les échecs sont la traduction sur une planchette de bois de la vie et de la mort, du sang et de la haine, de la colère et de la force. Et le sang, la mort et la haine débordent si souvent de l?échiquier? En 1927, au Teatro Colon de Buenos Aires, deux maîtres d?échecs s?affrontent : le Cubain José-Raul Capablanca, considéré comme le plus grand joueur de tous les temps, et le Russe Alexandre Alekhine, qui tente de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
Apikrus
26 mars 2014
En 1942, un ancien professeur de mathématiques féru d'échecs se souvient et nous raconte…
Quinze ans auparavant, il a accompagné son compatriote cubain José Raúl Capablanca en Argentine alors que ce dernier remettait en jeu son titre de champion acquis en 1921. Il y affrontait le franco-russe Alechine.
Des personnalités et des stratégies très différentes s'opposèrent dans ce duel. La compétition sembla toutefois rapidement sortir des 64 cases noires et blanches ! En effet, le champion Capablanca se trouva associé à des meurtres mystérieux.
Dans ce polar, l'auteur mêle habilement la fiction policière à la réalité historique. La compétition entre Capablanca (considéré comme le plus grand joueur d'échecs de tous les temps) et Alechine a bien eu lieu, en 1927. le parallèle entre le jeu et des événements qui lui sont extérieurs est particulièrement habile : les compétiteurs évoluent ou s'affrontent dans ces deux mondes. Les portraits de chacun, en partie inspirés des personnages réels, donnent au récit sa cohérence d'ensemble et sa crédibilité. J'ai trouvé la lecture très plaisante, avec une ambiance bien restituée mais sans un suspense haletant. Pourtant, les surprises finales sont bien au rendez-vous, comme dans un bon polar.
En fin d'ouvrage, de brèves biographies de Capablanca et d'Alechine sont bienvenues. Cette postface m'a donné envie d'en savoir un peu plus sur chacun. Selon Wikipédia, Capablanca a imaginé une modification des règles du jeu (trop simples pour lui !) par l'adjonction de 16 cases supplémentaires et de 2 sortes de pièces nouvelles combinant respectivement les mouvements de la tour et du cavalier (l'impératrice) et ceux du fou et du cavalier (la princesse). Alechine, lui, développait une théorie raciale du jeu : les échecs aryens auraient été agressifs, alors que le concept selon lequel on pouvait gagner avec la défense pure aurait été sémitique.
Par sa thématique, ce livre m'a rappelé le roman policier 'Le Tableau du Maître flamand' d'Arturo Perez Reverte (1990), lequel me semble moins original dans le genre.
En résumé : cet excellent premier roman m'a donné envie de découvrir les futurs écrits de l'auteur. Il faut cependant avouer que le sujet de celui-ci m'a d'emblée inspiré.
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yv1
08 avril 2014
Précision liminaire : il n'est point besoin de connaître les échecs ni même de s'y intéresser pour apprécier ce roman, construit comme un polar, et mené de main de maître (normal aux échecs me direz-vous) de bout en bout. le championnat est une partie du contexte, de la toile de fond du livre, celle qui permet à l'intrigue de se dérouler ; l'autre partie est le Buenos Aires de 1927 : ses quartiers chauds, comme La Boca dans lequel la mafia règne et fait la police, le quartier des cabarets que Capablanca court tous les soirs pour ramener une femme dans son lit, pour écouter du jazz et boire, le bidonville de San Jorge dans lequel des Indiens s'entassent dans des conditions d'extrême dénuement. Tous ses quartiers où ils ne fait pas bon traîner, le soir particulièrement.
Autre précision, qui n'est point liminaire celle-ci, et pour cause, le championnat du monde décrit par JF Bouchard s'est réellement déroulé et Capablanca et Alekhine sont des hommes ayant vraiment existé, qui se sont affrontés en 1927 (trois pages en fin de volume dressent leur rapide portrait)
Sur ces bases, JF Bouchard construit un polar diabolique, qui ne se présente pas vraiment comme un roman policier mais qui de fait, en adopte les codes. C'est Arturo Balazan, professeur de mathématiques, ancien prof de Capablanca à La Havane, secrétaire d'icelui pour cette compétition qui est le narrateur. Homme vieillissant, il n'est jamais sorti de Cuba, n'a jamais vu de téléphone, de cuvette de toilettes avec chasse d'eau, et, bien que plutôt bel homme n'a jamais vraiment eu de relation avec une femme et se sent émoustillé par les chanteuses et les entraîneuses des cabarets argentins. C'est un homme effacé, doux et plein d'admiration pour Capablanca qui lui est tout le contraire. Homme à femmes, il a du succès dans tout ce qu'il touche, que ce soit le sport, les échecs, les mathématiques, la séduction. L'auteur n'en fait pas un personnage sympathique, imbu, il parle de lui à la troisième personne du singulier voire avec un "nous" royal
Lorsque la première lettre arrive, elle ne le bousculera pas trop dans ses assurances de gagner la partie, on dirait même qu'il prend le défi qui lui est lancé d'empêcher un meurtre comme un jeu, une dose d'adrénaline en plus pour le satisfaire.
Remarquablement écrit, ce roman entre dans la tête de ses personnages, très différents les uns des autres, avec, honneur au champion, une place prépondérante pour Capablanca, et le professeur Balazan, le narrateur. JF Bouchard use d'une belle langue classique, des belles phrases, des conjugaisons avec imparfaits du subjonctifs, une langue intemporelle, qui, en plus du thème abordé n'est pas sans rappeler le joueur d'échecs de Stefan Zweig (je ne compare pas les deux écritures, je les relie) ou le très beau La dernière ronde de Ilf-Eddine. Je l'ai classé assez vite dans la catégorie des polars, mais il peut être lu par des gens n'aimant pas ce genre, disons que c'est un roman avec une intrigue.
Un excellent roman avec un contexte fort et des personnages décrits minutieusement dans leurs tourments, leurs questionnements, leurs doutes ou leurs assurances ; maîtrisé de bout en bout, je n'en ai pas lâché une ligne. Je suis même allé faire des recherches ensuite sur Capablanca et Alekhine et le championnat de 1927. Des personnages forts qui resteront en mémoire, grâce peut-être à ce petit plus qu'est leur existence réelle.
Conseil final, si vous faites des recherches sur ces deux joueurs, n'allez pas trop loin, laissez-vous le petit suspense supplémentaire de découvrir, petit à petit, qui a remporté ce championnat de 1927. le favori, le surdoué Capablanca ? le challenger Alekhine ?

Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Citations & extraits (2) Ajouter une citation
cardabellecardabelle02 juin 2016
Il arrive que certains hommes soient des miracles de Dieu.
Je distrais mes vieux jours en faisant leur connaissance au cours des longues heures que je passe à la bibliothèque de la Havane.

[...] Léonardo Da Vinci me fascine car il était l'un de ces êtres d'exception.Il était doté de tous les dons.

[...] Je ne suis pas l'un de ces hommes d'exception.
[...] Ma vie s'est passée ici à la Havane, où j'exerçais mes modestes fonctions de professeur de mathématiques...
Mais j'ai eu le privilège de côtoyer l'un de ces hommes miraculeux qui, comme une comète traversent parfois le ciel du genre humain.

Il s'appelait José Raùl Capablanca.

J'étais présent le jour où son génie a éclaté sous les yeux d'une immense assistance...
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yv1yv108 avril 2014
Toute une journée à faire les antichambres des ministres avec l'ambassadeur. Nous avons vu le ministre de la Justice, le ministre de l'Intérieur et même un court instant le premier ministre. Tous ont été très honorés de me serrer la main ! (p.54)
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