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ISBN : 275787442X
Éditeur : Points (20/09/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.66/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Face aux crispations identitaires qui dominent aujourd’hui le débat public, comment défendre une conception ouverte et pluraliste de l’histoire ? Et faut-il pour cela abandonner l’objet « Histoire de France » aux récits simplificateurs ?
À ces questions, les historiennes et historiens engagés dans cette aventure éditoriale ont tenté d’apporter des réponses simples et concrètes. Elles tiennent dans la forme même du livre : une histoire de France, de toute la F... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
ivredelivres
  16 mars 2018
Avant de vous décider à acheter ou emprunter ce livre vous avez le choix entre deux types de critiques : soit l'on estime que cet ouvrage est « le fossoyeur du grand héritage français » dixit Alain Finkielkraut notre homme en vert, soit qu'il soit là pour « déplacer, dépayser, et élargir notre histoire » dixit Patrick Boucheron.
Je dois avoir un côté centriste (c'est à la mode n'est-ce pas ?) car si j'ai beaucoup aimé ce livre, j'ai trouvé ici ou là quelques discours un peu trop négatifs qui tendent à culpabiliser le lecteur d'aujourd'hui, mais cela ne concerne que quelques chapitres d'un très gros livre qui reste un travail passionnant pour nous aider à regarder la France les yeux bien ouverts sur le monde et où le positif l'emporte largement.

Patrick Boucheron et l'équipe d'historiens qui l'entoure ont décidé de choisir 146 dates dans l'histoire de la France, des faits et des personnages, pour illustrer l'évolution de la nation France.On va des dessins de la grotte Chauvet aux attentats de 2015.
C'est donc une histoire que vous pouvez lire comme je l'ai fait en suivant la chronologie ou vous pouvez piocher au hasard de vos envies et de votre curiosité, chaque chapitre étant une unité indépendante avec sa propre bibliographie et un nombre limité de pages ce qui permet de rapidement se faire une idée du sujet traité.
Pour aller dans le sens de Finkielkraut il y a en effet des choses passées sous silence, la littérature est très peu présente ainsi que l'art. Mais l'ensemble est éclairant, loin des discours simplistes de certains pseudo historiens style Lorant Deutsch.
Une date : 34000 ans avant JC et ces hommes « les premiers à avoir fréquenté cette grotte, les auteurs de ses principales fresques » quelque part dans le sud de la France. Ils illustrent ce « grand art des cavernes » , inventent un langage qui aujourd'hui nous émerveille.
Des personnages : Des gaulois au Sénat de Rome en 48
On a longtemps appris que nos ancêtres et les romains n'étaient pas dans les meilleurs termes mais savez vous qu'un jour une délégation de notables venus « d'Aquitaine, de Lyonnaise, de Belgique »est allée réclamer le droit d'accéder et de siéger au Sénat ? C'est bien fait pour flanquer un coup à nos irréductibles gaulois ça !
Un homme et une ville : Troyes en 1105
La Champagne a abrité un homme d'exception qui commenta la totalité de la Bible et du Talmud. Il s'appelait Rachi et peut être « considéré comme l'un des premiers grands auteurs français »
Il passa sa vie en Champagne mais son savoir plane encore aujourd'hui dans « les synagogues du monde entier, des grandes villes américaines aux hameaux du Yemen, du Birobijian à Canberra » La ville lui a consacré un musée.
Un fléau : La peste noire 1347 et des foyers aux quatre coins du monde, en Ukraine, en Chine, véhiculée par les marchands persans, arabes, grecs, vénitiens, génois. Elle interrompt même la Guerre de cent ans mais atteint les villes de France plutôt que les campagnes. Elle fit aussi d'autres sortes de morts comme les 2000 juifs victimes d'un pogrom à Strasbourg, il fallait bien trouver un bouc émissaire.
Une ville : Dunkerque 1662
Une ville sur laquelle Louis XIV met la main alors qu'elle était jusque là un repaire de corsaires, un nid d'espions hollandais et anglais, bref un port très cosmopolite.
1825 et la première intervention humanitaire de la France et la première réflexion sur le droit d'ingérence. Vous avez devinez ? oui rappelez vous
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.
1917 : pendant que la Première Guerre fait rage, en Nouvelle Calédonie la révolte des Kanaks vient rappeler que ces français malgré eux refusent d'aller se battre pour la France en Europe. Colère que les Kanaks mettront en mots grâce à des « poésies-récits ».
1954 et l'appel de l'abbé Pierre « le pays se mobilise pour venir en aide aux mal-logés. le retentissement est international »

Il y a encore cette histoire d'un tailleur de pierre qui s'en va en Suède en 1287 pour construire la cathédrale d'Uppsala ou Dominique Vivant Denon cherchant à soustraire aux armées et pays d'occupation les oeuvres dont Napoléon avait enrichi le Louvre. le Nobel de Marie Curie ou la loi de 1927 facilitant l'accession à la nationalité française et qui me fait me souvenir de la lecture d'Adieu Volodia de Simone Signoret.
Ce ne sont que quelques exemples par forcément les plus importants mais parmi ceux qui m'ont plu ou qui ont attiré mon attention ou des sujets que je ne connaissais pas du tout.
Certains chapitres m'ont moins plus, par exemple celui sur Jean Calvin non que l'homme n'est pas important, mais l'affublé du terme d'« humaniste » me semble bien erroné quand on pense à Michel Servet qu'il envoya au bûcher ou à Sébastien Castellion qu'il accula à la misère.
J'ai eu quelques tiraillements aussi en lisant le chapitre sur la Terreur dont l'auteur semble dédouaner un peu vites les révolutionnaires de l'époque.
Pourtant dans leur grande majorité les articles sont intéressants, riches. Ils offrent une excellente synthèse en peu de pages, libre ensuite au lecteur d'aller parfaire son information.
Le portrait de la France qui ressort est plus bigarré, plus métissé que celui qui prévaut dans beaucoup de livres.
C'est une Histoire qui interroge, qui relance la réflexion, qui agace parfois mais qui toujours nous met en demeure d'élargir notre point de vue et rien que pour cela j'ai fait une place à ce livre dans ma bibliothèque, il va aller rejoindre le Petit Mourre qui lui répond à de toutes autres questions, ils se complètent bien.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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DOGONColas
  30 mai 2017
L'histoire de France est le sujet perpétuel d'une grande querelle qui transcende nos vies : doit-on céder au roman national ? Légende dorée ou roman noir ? Quelle(s) origine(s) choisir ? Quel enseignement ?
L'histoire a un rôle politique : celui d'apporter connaissances et savoirs à tous. Mais le lien entre « identité » et « histoire » échauffe automatiquement les esprits.
Avec l'élection présidentielle française de 2017, l'histoire de France a été saisie, manipulée, maltraitée, simplifiée, niée dans les discours politiques. Et c'est par égard à cette actualité furieuse et en réaction que fut rédigé « Histoire mondiale de la France ».
L'intention est louable : ouvrage collectif, savant et à destination d'un vaste public. Évidemment le succès commercial rencontré par ce livre enthousiasme.
Mais cette « Histoire mondiale de la France » souffre de plusieurs défauts et approximations, a minima pouvant être débattus. le livre a été pensé comme une réaction aux polémiques historico-identitaires, il est politique, militant même et de fait doit être lu tel quel : un discours orienté.
Le titre est regrettable « Histoire... », un singulier qui jure avec les 146 histoires, historiettes, nouvelles composant le livre. le « parcours buissonnier » est sensé permettre de rapprocher certaines histoires entre elles mais le choix des thèmes ne m'a pas convaincu.
Ces « Histoires » sont destinées au grand public : une bibliographie sommaire, pas de notes, un fil directeur parfois invisible, de courtes nouvelles historiques qui amplifient et frôlent parfois l'anecdotique … Un lecteur non-issu du monde universitaire qui chercherait à réétudier, redécouvrir l'histoire de France peut-il vraiment y trouver satisfaction ? S'il est militant peut-être.
« Histoire mondiale... » nous enseigne le titre. C'est le fil directeur de l'ouvrage de proposer un autre regard sur l'histoire de France, différente d'une histoire nationale close, une histoire qui rend hommage à ses dimensions extérieures, européennes, planétaires. Mais il m'a semblé lire plus une « Histoire par le monde de la France » qu'une « Histoire de la France dans le monde » et encore moins une « Histoire du monde et de la France ». A noter aussi que l'ouvrage ne s'inscrit pas complètement dans le genre des histoires des relations internationales.
Surtout « l'ouverture » du livre où s'expose l'intention de ses auteurs m'a été plus d'une fois dérangeante. D'abord par le rejet catégorique des historiens critiques (« le rappel à la complexité ne peut être le dernier mot des historiens, sauf à se faire des professionnels du désenchantement »). Je considère que l'historien est un scientifique, un chercheur, un créateur de lien social, un médiateur entre le savoir et le public. P. Boucheron tient ici des mots très durs, qualifiant de fait ses collègues soit d'enchanteurs publicistes (« aux facilités narratives d'un récit s'éloignant sans scrupules de l'administration de la preuve ») ; soit de désenchanteurs au labeur « morne et austère ».
Vouloir s'inscrire et s'inspirer des écrits de Braudel est également une démarche louable ! Bien que je doute que le lecteur non-issu du monde universitaire soit au fait de l'historiographie en France. Et il m'apparaît surprenant que P. Boucheron n'évoque absolument pas les travaux historiographiques des années 1990-2000. A croire que depuis les années 1980, Braudel et Nora la réflexion sur l'histoire de France n'a guère évolué. Si c'est un oubli c'est un oubli très regrettable.
L'ouvrage est militant et orienté, son discours doit être analysé et compris pour que le lecteur ne puisse être trompé lors de sa lecture. Il veut s'émanciper des modèles déjà existant mais à un discours identitaire de l'histoire est-il judicieux d'opposer un autre discours identitaire qui n'est que son opposé ? le livre a été écrit avec plusieurs plumes, dans une certaine précipitation pour que sa publication coïncide avec l'actualité présidentielle, il n'y a pas de carte, peu d'illustration ; bref cet ouvrage m'a déçu. Plus « Histoires mondialisées en France » qu' « Histoire mondiale de France ».
Reste le positif : pouvoir apprécier des perspectives différentes, savantes sur l'histoire ; et considérer que ce livre est une synthèse récente, une pierre à ajouter au mur du grand débat sur l'histoire de France. En faisant abstraction de son intention militante, l'ouvrage est un excellent complément aux synthèses plus « classiques ».
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Bigmammy
  17 août 2017
Lorsque cet ouvrage est sorti au début de l'année 2017, il a bénéficié pour sa promotion d'une extraordinaire polémique et d'une diffusion exceptionnelle pour un livre d'histoire … J'ai préféré attendre que les éructations des uns et des autres se calment pour le lire tranquillement, dans le calme de ma campagne. Férue de livres et d'histoire, je collectionne les anciennes et les modernes Histoires de France … depuis Ernest Lavisse jusqu'à Mac Ferro, et suis une admiratrice sans borne de Fernand Braudel …
Donc, j'ai beaucoup apprécié cet énorme bouquin avec ses chapitres ultra-courts – pas toujours de la même qualité, il est vrai – mais sans notes de bas de page, faciles à lire à petites doses ou, comme moi, dans l'ordre chronologique, pour y découvrir plein de notations laissées sous silence la plupart du temps sur quelques dates-clés de notre histoire. Une brillante démonstration de l'influence de la France dans le monde de son temps et de la perméabilité des mouvements du monde dans notre histoire politique. Un discours qui permet un dynamitage parfaitement documenté de certains mythes nationalistes, forgés après coup  pour des raisons de politique intérieure – en particulier à la suite de la défaite de 1870 – par les historiens révérés de la Troisième République.
Des notations decoiffantes : les héros de la France sont souvent d'origine étrangère, comme par exemple Saint Martin de Tours, révéré dans toute l'Europe … Paradoxe : les auteurs – que certains polémistes qualifient « de gauche » - insistent sur les fondements chrétiens de l'identité française (exemple : la fondation de l'abbaye de Cluny en 910 par le duc d'Aquitaine et son épouse, symbole de l'alliance de deux familles dont les domaines étaient contiguës, sans oublier toutefois que les célébrations du millénaire de cette fondation servirent de symbole à une partie antidreyfusarde, catholique et se considérant victime de la persécution laïque de 1905).
Le choix des dates est naturellement contestable, car il s'agit parfois de non-événements (comme 987). En revanche, des événements passés inaperçus, sauf des chercheurs, émergent : l'ordonnance de 1357 qui pose la question des Etats Généraux dans l'équilibre des pouvoirs, symbole de la réforme de l'Etat et de la mise en place d'une fiscalité moderne puisque le roi n'a plus la possibilité de financer la guerre avec les seuls revenus seigneuriaux.
On y découvre aussi des perles : la loi instituant le 8 mai comme fête nationale est datée du 10 juillet 1920 en référence à la levée du siège d'Orléans par Jeanne d'Arc, le compilateur-auteur des « Mille et une Nuits », Antoine Galland (1646 – 1715), s'était largement inspiré d'un maronite d'Alep, Hanna Dijâb … J'ai aimé les visions transversales sur l'évolution de la Côte d'Azur, les loisirs, et beaucoup appris sur des événements des années d'après-guerre, dont enfant, j'avais entendu des éclats comme le barouf littéraire lors de la parution du livre de Simone de Beauvoir « Le Deuxième Sexe », été étonnée de l'excellent article de Marc Lazar sur la mort de Staline et des éclaircissements de Jean-Pierre Bat sur la décolonisation gaullienne et l'affaire des diamants de Bokassa.
Un propos salutaire, celui de montrer tout ce que la France d'aujourd'hui doit au monde pour son rayonnement international, au-delà de toute manipulation et concurrence de mémoire, une méthode accessible à tous pour mieux connaître notre histoire insérée dans celle des nations et combattre certains fétichismes du « Roman national ».
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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CineKino
  13 novembre 2017
Paru début 2017, il m'aura fallu plus de six mois pour lire ce pavé – 800 pages et 1,35 kg tout de même - sur l'histoire de la France et finalement un peu celle du monde, à raison le plus souvent d'une chronique par jour. Loin du récit qu'on pourrait lire en continu, l'ouvrage, écrit par plus d'une centaine d'historiens (des universitaires inconnus du grand public, pas les historiens auto-proclamés qu'on lit, entend et voit trop souvent dans les médias), regroupe en effet près de 150 chroniques, traitant d'une date et d'un évènement ou d'un phénomène particuliers, de la préhistoire aux attentats de 2015.
Certaines dates sont inévitables, d'autres plus surprenantes, mais ont toujours quelque chose à raconter sur la formation et l'évolution de notre pays. Chaque chronique ne dispose que de quatre pages (pourquoi pas, cela oblige chaque auteur à rester centré sur son sujet, dommage que cela se traduise par contre régulièrement par une cinquième page presque toute blanche) mais se révèle très dense et mérite donc une lecture attentive, d'autant plus pour un néophyte en la matière comme moi (une bibliographie complète par ailleurs chaque chronique pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin). Je trouve d'ailleurs qu'il manque un encart explicatif en début de chronique pour raconter et situer l'évènement, ainsi que des définitions et chronologies en fin d'ouvrage pour mieux relier les épisodes. Je me suis parfois retrouvé perdu avec des personnages ou des notions que je ne connaissais pas. Beaucoup de textes sont très accessibles cependant et, si le style et la clarté de chaque auteur peut varier sensiblement (on sent que liberté a été laissée à chacun de s'exprimer à sa façon sans tout formater), les récits et analyses sont toujours intéressants.
On y parcourt donc l'histoire du pays, pas l'histoire aigrie et qui sent le renfermé qu'on nous raconte trop souvent mais une histoire sur la (très) longue durée (le territoire avant la création de la France en elle-même), ouverte sur le monde et nourrie d'échanges, de ce que la France a apporté au monde et inversement. On y découvre un regard bien différent de ce qu'on lit parfois, un regard objectif d'historien établi sur des recherches rigoureuses, qui détruit d'ailleurs certains mythes au passage. Un ouvrage salutaire en cette période de repli sur soi national, et en tout cas passionnant pour les novices comme pour les férus d'histoire.
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Lesaloes
  07 octobre 2018
Espiègles pieds de nez à l'histoire officielle ?
Ça fait/fera bien sûr grincer des dents. Aux tenants du roman national pur et dur, moi le premier. Mais c'est si intelligemment écrit par une pléiade de 132 spécialistes, sans pédanterie, hermétisme ou surabondance de notes et de références, à la portée du lecteur de base, dont nous sommes - les auteurs adoptent les jalons chronologiques traditionnels pour leurs courts chapitres d'une dizaine de pages - qu'on choisit allègrement nos « parcours buissonniers » pour faire notre miel (ou non !) des grands évènements de notre récit citoyen revu, revisité ou corrigé sans a-priori, avec à la lecture le ressenti de grands érudits anticonformistes, ravis de leur entreprise de désacralisation de notre Histoire.
Tout y passe, depuis la préhistoire de notre territoire « cul-de-sac de l'Eurasie, isthme continental pour l'Afrique » évoquée par la grotte Chauvet, comme un début de roman, « C'était il y a 36.000 ans, au début du printemps. Ils marchent en direction de la grotte, lui, le plus jeune garçon, suivant leurs pas », ou par la passionnante découverte de la Dame de Brassempouy, dans les Landes, première figurine humaine de 3,65 cm taillée dans de l'ivoire de mammouth il y a environ 25.000 ans.
Notre culte d'Alésia1 est à l'origine de notre « syndrome de la défaite glorieuse » (les dernières en 1940 et en 1954 en Indochine à Diên Biên Phu), le mythe de Poitiers - en réalité la bataille eut lieu à Tours - banalisée, « une bataille comme il y en eut des dizaines d'autres, gagnées ou perdues, avant ou après », les occasions manquées et échecs de Charles VIII et François 1er s'obstinant dans leur rêve italien, « ratant le monde » des grands découvertes malgré notre immense façade maritime, etc. Et il nous en reste à lire.
On se situe à l'opposé d'une reconstitution romancée de notre Histoire, d'un destin français, des morceaux de bravoure en autant d'outils pédagogiques, pour nous fondamentaux, propres à forger et cimenter l'identité française, en une fierté du récit national qui nous rassemble. Il n'empêche : on apprécie la fraîcheur salutaire de ce vent de nouveauté venu du grand large, la volonté d'une nouvelle génération d'historiens d'éviter la mainmise du politique sur les faits historiques, la considération de lecteurs traités en adultes responsables, capables de peser et d'affronter les réalités du monde.
« Innovant et ouvert [...] réconciliant l'art du récit et l'exigence critique » selon les mots mêmes du maître d'oeuvre Patrick BOUCHERON, professeur au Collège de France, l'Histoire mondiale réussit son parti pris de livre de vulgarisation savante et captivante. Il convient bien sûr pour nous de ne pas limiter notre grille de lecture à la seule ligne éditoriale du livre contre « l'étrécissement identitaire » mais bien de l'utiliser comme source de réflexions nous permettant de nous forger notre propre philosophie de l'Histoire : hasard ou nécessité ? Un incontournable, à recommander.
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critiques presse (2)
Bibliobs   03 avril 2017
Oui, cette «Histoire mondiale» joue un peu trop complaisamment au «cadavre exquis» un tantinet surréaliste.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeJournalDuDimanche   16 janvier 2017
La lecture de cette "histoire élargie" invite "à dépayser l'émotion de l'appartenance et accueillir l'étrange familiarité du lointain", écrit Boucheron, qui rappelle que l'histoire est un "savoir critique sur le monde et non un art d'acclamation ou de détestation"
Lire la critique sur le site : LeJournalDuDimanche
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
KjeldKjeld   28 décembre 2017
On a souvent, et paresseusement, attribué au choc pétrolier la responsabilité de la crise économique, du ralentissement de la croissance (et même d'une récession en 1974-1975), de la montée du chômage et du déficit des finances publiques. Est ainsi né, dès 1979, sous la plume de Jean Fourastié, le mythe d'une période heureuse de modernisation et d'abondance avant cette crise, sous l'appellation de "Trente Glorieuses" (pour désigner les années 1946-1975), appellation aujourd'hui largement remise en cause par les historiens. La réalité est plus complexe, car le "modèle fordiste" de croissance et d'accumulation du capital accusait déjà des signes d'essoufflement à la fin des années 1960 et au début des années 1970 : équipement achevé des ménages pour la plupart des biens qui avaient tiré la croissance, combativité ouvrière, contestation de la jeunesse, baisse de la profitabilité industrielle...
Article 1973, un monde ouvert et épuisé par Christophe Bonneil, page 703
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LesaloesLesaloes   07 octobre 2018
1494
Charles VIII descend en Italie et rate le monde. Pendant qu'à Tordesillas les puissances ibériques se partagent le monde, le jeune roi de France Charles VIII s’enivre à Naples des charmes de l'Italie. L'expédition n'est-elle qu'une regrettable diversion dans le récit de la construction de l'Etat royal ? “Au contraire, répond Michelet, l'événement est « immense et décisif » car il donne le coup d'envoi à la Renaissance.
L’une des têtes de chapitre d’Histoire mondiale de la France, 1040 p. le Seuil, Points Histoire, 2018
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Topper67Topper67   05 novembre 2017
C'est que les Phocéens n'avaient pas fondé Marseille pour développer des échanges avec les populations locales - et encore moins pour les civiliser -, mais dans le but de créer un point d'appui sur une route maritime transméditerranéenne bien établie.
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DLNDLN   20 février 2017
Tout cela fait-il une histoire ?
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Videos de Patrick Boucheron (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Boucheron
Par Patrick BOUCHERON, Professeur au Collège de France.
Louis Marin est l?un des théoriciens les plus pénétrants de l?idée de représentation. Mais il fut aussi, à sa façon, un historien des images, scrutant ses lectures traversières leur puissance de dire et d?agir. Moins biographie que portrait d?un intellectuel au travail, la conférence se veut d?abord une réflexion personnelle sur la manière d?être aujourd?hui historien avec Louis Marin.
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