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Jérôme Le Thor (Autre)
EAN : 9782235002837
316 pages
Éditeur : Tallandier (30/11/-1)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Rois de la débrouille, ces combattants du petit bonheur, Phonphonse, Musique, Neunoeil, Milo, nouveaux Pieds-Nickelés, traversent les noires années de guerre armés de cet esprit de drôlerie qui en fera des héros malgré eux. Voici le vol de la bicyclette d'un feldgendarme, larcin bien encombrant. Voici de méchantes explications nocturnes dans la rue, avec des copains passés de l'autre côté. Voici aussi le coup de projecteur inattendu sur l'enfance abandonnée du petit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
19chantal
  21 octobre 2017
Les combattants du petit bonheur : comme ce titre sonne bien, comme il vibre bien avec le contenu. On a tous lu des livres racontant la seconde guerre mondiale. je trouve que celui-ci nous éclaire bien sur le quotidien des civils à Paris durant cette période. Pas d'emphase ni de grandiloquence, pas de mélo juste de la lucidité et du rire à la sauce Boudard. Pauvre France que cette France pauvre, voire très pauvre, vivant d'expédients, de combines un peu louches, très machiste. Rien n'était rose surtout pas pour les femmes. Mais Boudard nous fait rire avec son argot truculent mêlé de mots relevés et d'allusions littéraires. Il a l'honnêteté d'analyser les situations et de dire combien le hasard pouvait faire pencher la balance d'un côté ou d'un autre : collabo, résistant, les deux, rien du tout, opportuniste. Il écrit en 1977. Il regarde avec l'oeil ironique ou désolé de celui qui s'est extirpé de la mêlée.
Cela reste ses années de jeunesse, celles que l'on oublie pas, où on est à la recherche des petits bonheurs, du petit bonheur, au petit bonheur la chance.
Les amoureux de la langue, des langages et des mots aimeront Boudard.
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viduite
  08 mars 2020
La Résistance et ses jactances, l'Occupation et ses truandages, l'engagement au petit bonheur - avec les petits potes, joie et désir -, la vie d'un quartier populaire, le XIII, avec sa misère et sa mémoire des luttes. Dans une langue fleurie, délicieusement argotique et avec la gouaille et le sens insoumis de la provocation allant de pair, Alphonse Boudard donne à voir, sentir et toucher, une époque. Les combattants du petit bonheur s'offre comme un témoignage précieux qui parfois s'égare dans le relativisme moral d'une comparaison un rien trop automatique avec son époque d'écriture.
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alberthenri
  04 août 2015
Boudard, retrace dans ce roman truculent, et parfois grave, mais toujours lucide un épisode de la seconde guerre mondiale: la libération de Paris.
Bien sûr, c'est L Histoire vue par le petit bout de la lorgnette, rien n'est ni tout blanc, ni tout noir,c'était d'ailleurs une constante chez l'auteur de "La cerise", savoir, sous un style "Célino-Rabelaisien", nuancer les choses montrer les gens et les faits sans fard sous couvert de comédie picaresque.
Un écrivain, aujourd'hui disparu, qui mérite d'être toujours lu et (re)découvert.
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Joad
  14 octobre 2020
Encore une belle pièce d'artillerie que ce Boudard modèle 77. Cette fois-ci le bougre est jeune, résiste aux feldgendarmes, à l'ausweiss, à la milice... le tout à sa façon c'est-à-dire en dehors des clous cinématographiques et resistantialistes: sans héroïsme, un peu lâcheté, parfois un peu de bravoure et de la chance, surtout.
On voit les compagnons de jeunesse de l'auteur, que cela soit Musique, Neunoeil , Fernand, Marcel et d'autres comparses. Comme d'hab, le Boudard parle d'amour, il peut pas s'en empêcher. Cette fois-ci c'est Caroline puis une grande peu farouche et enfin une bourgeoise.
La toile de fond? La vie sous l'Ocup et l'apprentissage de la guerre avec la Libération de Paris. On assiste à des jeux d'enfants qui demeurent au fond des jeux de guerre. L'amateurisme est là, la mort de jeunes et vieux innocents aussi.
Dans les chemins noirs véritables donc, loin de la prose kafkaïenne éthérée de Modiano.
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bendanco
  25 mars 2016
La guerre racontée en argot du point de vue d'un jeune homme embarqué dans les rangs des FTP mais qui aurait pu être de l'autre côté. Des scènes d'anthologie, dans un cinéma de l'avenue des Gobelins, on se croirait dans "Cinéma Paradiso", c'est fou ce qui se passe dans une salle obscure et qui est sans rapport avec le cinéma. Alphonse Boudard appelle ça du "spectacle vivant". Et puis il y a ces scènes que je ne pourrai jamais faire étudier à mes élèves et qui sont magnifiques à lire entre adultes avertis. le billot de la bouchère recèle bien des secrets...
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
EffeLouEffeLou   24 octobre 2014
" Le progrès, je le rencontre bien chaque jour avec ses brosses à dents électriques, ses machines à laver les pieds de cochon, ses petits gadgets, ses médicaments miracle, ses mouchoirs en papier cul... seulement, dans les moeurs, ça ne paraît pas éclatant de lumière ce que nous avons gagné depuis deux trois siècles. On ne torture plus en place de grève certes, ce n'est plus permis, mais on se rattrape au fond des caves en hypocrite. Les guerres nouvelles, tout y est bon, tous les coups pour anéantir l'ennemi... Les villes rasées au napalm, les camps d'extermination, les otages, le terrorisme... les bombes à retardement dans les voitures d'enfant. Plus de civils, plus de femmes, plus d'uniformes! On se tue de face, de profil, par-derrière, à droite à gauche, par en-dessous... sur le palier... entre la cuisine et la chambre... à même la famille! On pend les vaincus au nom du père et du petit père et de l'Oncle Sam."
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19chantal19chantal   21 octobre 2017
...et puis le miracle...la Môme Piaf à ses débuts...Il se passait quelque chose d'inoui lorsqu'elle attaquait La fille de joie est triste au coin de la rue là-bas ! Un silence dans la salle...l'émotion retenue en suspens. On était littéral sous le charme...ça participait de la magie. Des moments que je retrouve encore un peu lorsque sa voix sort d'un poste de radio à l'improviste. La voix, dirait-on, des entrailles de la rue, de Paris...la voix des sombres histoires de malfrats et de putes, de bonniches séduites par le charmeur de pacotille... des amours toujours à la musique de fête foraine...le cœur pain d'épice percé d'une flèche en sucre ! Les pauvres sentiments des pauvres qui ne peuvent s'exprimer qu'à la goualante naïve de la rue sans joie.
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lecassinlecassin   07 février 2017
Ça tient, les options politiques, l'engagement dans un sens, dans l'autre, parfois du hasard. On était tel jour, tel endroit... On a rencontré celui-là plutôt que celui-ci, et tout est joué.
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bebzbebz   20 juillet 2020
Bec d'Aigle...dont je ne sais plus le vrai blase... à la libération il s'est fait coincer, alpaguer par une foule furieuse... en uniforme de la milice. Châtié séance, sans tribunal, sans appel... roué de coups, lynché... jeté pantelant, déjà quasi mort sous les chenilles d'un char Sherman, le 25 août 1944. Il ne lui reste donc même plus trois ans à vivre, ce soir-là ! Il a raison, il croit, il est beau comme un blockhaus ! ... sûr de ce qu'il dit ... sincère con et déjà vaincu dans les astres ! Il aura pas le temps de faire ouf, de leur expliquer aux vengeurs du 25 août qu'il est socialiste, révolté anti-bourgeois... les chenilles judéo-anglo-saxonnes le réduiront encore plus bouillie qu'il aurait pu me réduire avec ses copains si j'avais pété de traviole. Difficile maintenant de l'accabler, son sang s'est confondu avec celui des autres, ses ennemis et puis ceux d'avant... de la commune !... le sang des pauvres et des imbéciles qui se trouvaient là au mauvais moment !
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lecassinlecassin   20 décembre 2011
Comment s'appelait-il autrefois ce cinéma ? Je me gratte...n'arrive plus à me souvenir. Il fait l'angle de la rue du Moulin de la Pointe et de la rue du Docteur Laurent. J'y allais souvent le samedi soir, comme dans la chanson, après le turbin.
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Videos de Alphonse Boudard (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alphonse Boudard
21 novembre 2009 :
Mot de l'éditeur :
« Je regrette de ne pas lavoir butée pendant quil en était encore temps. Nul besoin de réfléchir ni délaborer le crime parfait. Plus cest gros mieux ça passe.

Elle faisait le ménage monsieur le commissaire. Elle a dû glisser sur le carrelage quelle venait dastiquer. On pouvait lui reprocher bien des choses, mais une vraie petite fée du logis, une maîtresse-femme. Quest-ce qui sest passé? on ne le saura jamais. Mauvais contrôle du pied dappui, fort justement monsieur le commissaire, le coup du lapin. La faute à pas de chance, encore une fois.

Jaurai dû lui mettre un grand coup derrière sa gueule alors que tout le monde ignorait encore notre différent. Les Boulard ? Un exemple pour tous les couples modernes. Jamais un mot plus haut que lautre, aimables avec les voisins, bonjour et bonsoir. Jaurai utilisé le cendrier en granit de Bénodet. Jaurai pris mon élan, de toutes mes forces et de toute ma rage, pour la frapper à larrière de son crâne vide. Plus tard, bien plus tard, jaurai appelé le SAMU. Oui, ça a dû se passer il ny a pas bien longtemps docteur. Mais jétais en train de bricoler dans le garage, je nai rien entendu parce je perçais des trous dans de la tôle. Cest que je construis un cabanon pour abriter les outils de jardin. Ce nest pas que jai beaucoup de terrain, mais ça me détend de pratiquer lart potager. Et puis, cest pas les légumes quon trouve dans le commerce. Des saveurs et des parfums incomparables. Ah oui, ma femme. Quand jai constaté, il devait déjà être trop tard. Enfin, je ne suis pas médecin. Je ne peux pas juger, mais elle était très pâle. Quest-ce que vous en pensez docteur?

Lélectrocution à la machine à laver, cest pas mal non plus. Combien de femmes disparaissent chaque année alors quelles accomplissaient leurs tâches domestiques? Elle avait grand soif, mais elle avait la manie de stocker les produits pour déboucher les cabinets dans des bouteilles deau minérale. Elle faisait les vitres au troisième étage un jour de grand vent. Elle préférait le bain à la douche, pourtant elle sétait toujours refusée à apprendre à nager. Elle avait la manie de garder près delle une bougie pour la sieste.

Ca fait trois lignes, dans les journaux, à la page des faits divers. Personne ne sen émeut. Sinon les proches, évidemment, car le plus dur cest toujours pour ceux qui restent.
elle est tombée à la renverse, sa tête a porté contre le rond des chiottes. Une belle mort, elle ne sest pas vue partir. Exactement, comme vous dites »

Lorsquil écrit, lorsquil se laisse porter par le jaillissement des mots, Serge le Vaillant ne manque pas de soumettre ses textes à lépreuve du « gueuloir » de Flaubert, de les lire à haute voix pour mieux les fignoler. Ancien capitaine au long cours, grand homme de radio, grand chef dorchestre des nuits de France Inter, cet orpailleur de la langue française, quelle soit verte ou noire, est un magicien. Il na pas seulement le talent de conteur dun Gérard Sire ou dun Jean-Pierre Chabrol. le culte des mots ciselés, des mots torchés, la faconde dune prose féconde, le sens de lorgie verbale.
Ses textes ont le verbe acide et tendre, le verbe au goût de pomme dApi, celui qui baptise et qui tue, qui bénit et qui excommunie, qui conjure et qui absout, qui enfante et qui explose, qui hurle et qui chuchote, qui pleure et qui pavoise. Serge Levaillant appartient à la lignée des Rabelais, des Villon, des Rostand, et plus près de nous des Céline, Léon Bloy, Auguste le Breton , Albert Simonin, Francis Blanche, Alphonse Boudard, Michel Audiard, et autres Frédéric Dard. Il est un magicien, un orpailleur de la langue, quelle soit verte ou noire, ciselée ou torchée : avec lui les mots croustillent. Ils mordent, ils aboient, ils cajolent. Ils sont tour à tour tendres et cruels, nourris de vinaigre et de miel, de gifles et de caresses. Ils décapent. Ils émeuvent. Ils déchaînent des crises de rires et de jubilation. Ils touchent à la fois nos coeurs et nos zygomatiques.
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