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Critique de bdelhausse


bdelhausse
  11 septembre 2018
J'ai découvert Monsieur Joseph via l'excellente série de BD de Fabien Nury et Sylvain Vallée. J'ai découvert Alphonse Boudard grâce à Monsieur Joseph... Entendons-nous bien, je connaissais Alphonse Boudard de tronche, et pour ses apparitions télé... mais je ne l'avais jamais lu.

Le style d'abord. C'est vif, cash, sans ambage, mais avec une poésie gouailleuse très folklo. On pourrait qualifier cela de "parler vrai". Beaucoup d'argot. Des néologismes de bon aloi. Quand il faut inventer un mot pour résumer sa pensée, Alphonse, il fonce.

Le fond ensuite. Alphonse Boudard a croisé Monsieur Joseph, dans les couloir d'une prison. A ce moment, Boudard ne sait pas qui est ce type qui fait tourner les geôles autour de lui, s'octroyant des avantages et des faveurs, y compris de la part des matons..

Bien des années plus tard, on lui commande la bio de Joseph Joanovici. Alors Boudard instruit à charge et à décharge. Il compulse, interroge, fouille, embrouille, débrouille... et quand il trouve il le dit, et quand il ne sait pas, il n'élabore pas. Il déclare tout de go qu'il ne sait pas. C'est anecdotique, sans doute, mais moi cela m'a plu cette franchise. Les supputations boudardiennes sont présentées pour ce qu'elles sont. Pas comme des faits.

Résistant ou collabo? Vrai candide ou franche ordure? Innocent ou manipulateur? Simple commerçant ou menteur patenté? Boudard ne tranche pas vraiment. Parfois on sent poindre une once d'empathie, pas de la sympathie. Mais une forme d'inclinaison. de compréhension. Voire d'admiration quand les personnes qu'il interviewe continuent à décrire le charisme, la tchatche, l'aura de Monsieur Joseph, bien des années après sa mort.

Et parfois, le Boudard, il est perdu. Il avoue son désarroi face aux manoeuvres de Monsieur Joseph. Comme quand il part en Israël avec de faux papiers, afin de se faire reconnaître comme Juste parmi les Justes. C'est vrai que ce départ, plongeant Joanovici dans l'illégalité ressemble à un coup de force de la dernière chance. S'il avait réfléchi, il se serait sans doute rendu compte qu'Israël, état naissant, n'avait pas le choix de le rejeter...

Je retiendrai l'époque troublée, les trafics, les compromissions... Jacques Delarue dans un de ses livres montre également que si Monsieur Joseph deale dans les métaux, un autre Juif va faire le même parcours dans le textile. O tempora o mores...
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